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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 16:29

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La ville de Rosso mérite mieux cette situation désarmante dans laquelle elle est plongée depuis des lustres. Ainsi, le Festival Walo Musique constitue, pour de nombreux jeunes de cette ville, un pari pour extirper Rosso de l’oubli et y rallumer la joie de vivre. Pour la première fois, la ville de Rosso accueillait un festival.

 

Ce 5 juin 2010, à Rosso, dans la soirée, de Satara à Escale en passant par Médine, Ndiourbel, Jamaïque sans oublier Guéné Meu Deukbi, Kounguel et Garack, les jeunes de ces différents quartiers se sont donnés rendez-vous à l’unique stade sans gazon de la ville pour assister à la première édition du Festival Walo Musique.

 

Sur la tribune découverte du stade Ramdane de Rosso où souffle un vent léger en cette période d’été, des centaines de personnes sont entassées et attendent le début de la 1ière édition du Festival Walo Musique sponsorisé par la Mattel. Comme Sokhna Diagne, 15 ans, de nombreuses jeunes filles bien nippées se sont déplacées pour découvrir la pléiade d’artistes invités. "Je suis venue voir Waraba, la Voix du Peuple et Maag Daan", dit-elle. Au menu de la soirée, plus d’une vingtaine de groupes de musique.

 

Le mouvement du Hip Hop rossossois a montré toute sa créativité avec les prestations d’Aldi-Soldier, Jobal Art, Maag Daan et A.B.10. "Il n’y a rien à Rosso. Même pas de festivités. Alors, si, on a l’opportunité d’avoir ce genre de manifestations comme le Festival Walo Musique, cela ne fait que redonner de l’espoir à la jeunesse de Rosso", confie Sadio Ndiaye du collectif de rap "La Voix du Peuple".

 

Vers les coups de minuit, les artistes se succèdent sur la scène, se déchainent et entraînent dans leurs mouvements le public. Waraba, Jobal Art et le chanteur sénégalais Babacar Seck accompagné de sa danseuse réussiront à soulever le public. Puis Aldi-Soldier, Maag Daan, F.G.92, Dj Overdoz, A.B.10, F. Diou de Military Underground et Bad’s Diom se succèdent sur la scène sans véritablement enflammer le public.

 

Tout d’un coup, l’électricité s’interrompt. Le stade devient noir. Personne ne comprend rien. Après quelques minutes, l’éclairage revient. Les organisateurs soupçonnent un acte de sabotage. On apprendra que c’est le câble d’alimentation en électricité qui a été débranché par des jeunes malintentionnés. On n’a même pas fini de gloser que l’électricité disparait à nouveau. Lassé d’avoir trop longtemps attendu, le public commence à s’effilocher. Le Festival Walo Musique qui était parti pour rester à la page va finalement se terminer en queue de poisson.

 

Le vin était déjà tiré et il fallait le boire. Et ceux qui ne sont pas montés sur la scène pour apprivoiser le public se sont mis à vouer aux gémonies les organisateurs et leurs conditions d’hébergement en râlant à tue-tête leur déception et refusant de ne rien comprendre ni admettre quoi que ce soit. Entre les organisateurs et les techniciens, chaque partie se renvoyait la patate chaude.

 

C’est sur cette accablante ambiance que prendra malheureusement fin la première édition du Festival Walo Musique, une première du genre à Rosso. Certes, les organisateurs, notoirement transcendés par l’évènement, n’ont pas été au rendez-vous. C’est vrai aussi que le Festival Walo Musique de 2010 n’a pas connu le succès escompté.

 

Aujourd’hui, même si, il n’y a aucune raison de le ménager, Biri Elimane Diallo a quand même osé et a eu l’envie de ressusciter Rosso, cette ville à l’article de la mort parce qu’abandonnée par une élite politique aux abonnés absents. Avec toutes les difficultés qu’ils ont eu à chevaucher, les organisateurs comprendront qu’organiser un festival qui se veut ambitieux et pérenne n’est pas une mince affaire.

 

Dans ce genre d’évènements, chaque détail compte et tout n’est pas gagné d’avance. Cela dit, il ne faudrait pas qu’ils pensent que le pari est loin d’être gagné. Il ne faudrait pas non plus que ce brin d’optimisme, d’espoir et de courage qu’ils ont allumé en nous s’éteignent cette année. Non. Si, aujourd’hui, des festivals comme "Assalamalekoum Festival International" ou "Festival International des Musiques Nomades" ont réussi, c’est parce qu’il y’a eu des institutions qui se sont investies et les ont accompagnés. Avec la première édition du Festival Walo Musique, quelques bonnes ont accepté d’accompagner cet évènement. Il s’agit en premier lieu de la Mattel qui a été le sponsor officiel, de Global Transport qui a assuré le transport aller-retour des artistes, d’Ewleigatt (Eau minérale), de l’ambassade d’Allemagne, du Hakem de Rosso, du Wali de Rosso, du commissaire de Rosso qui a mis à la disposition des organisateurs des éléments de sécurité, de la délégation régionale de la culture, de la jeunesse et des sports, de la Société des Bacs de Rosso (SBR) et du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports.

 

Certainement, si la municipalité de la ville de Rosso avait fait sienne cette manifestation, à travers une implication réelle, il y’aurait moins de soucis et de couacs. En Mauritanie, il y’a des énergies qui veulent se libérer mais elles ont en face d’elles d’énormes montagnes d’épreuves, de croc-en-jambe et d’égoïsme à surmonter.

 

On pourra admonester l’initiateur du Festival Walo Musique et son équipe d’amateurisme ou d’avoir commencé du mauvais pied. Mais, une chose est sûre : c’est dans les épreuves de la vie qu’on se forge. Et, on espère que la seconde édition comblera tous ces manquements !

 

Babacar Baye NDIAYE

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Published by leducdejoal - dans Evenements-Concerts
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