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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 20:26

Abou Diou Deh

Invité de la deuxième édition de la Nuit du Fouta qui a eu lieu le 11 juillet et de l’artiste Ndèye Coumba Dia, lors de ses soirées du 5 et 6 juillet, Abou Diouba Deh a renoué avec le public de Nouakchott, après des années d’absence.

Le 15 septembre prochain, à Dakar, puis, une semaine, plus tard, à Nouakchott, il va célébrer ses 33 ans de chansons. Une belle manière pour lui d’amorcer son retour en force autant au Sénégal qu’en Mauritanie qui lui a tant donné sur le plan musical et relationnel. En attendant, on va remonter la pente de son parcours musical et personnel fait de succès, de mélancolie et de drame personnel.

Né en 1968 à Ndiayène-Wadabé, à Podor, dans le nord du Sénégal, Abou Diouba Deh a passé sa jeunesse dans cette localité, avant d’aller à la conquête d’autres rivages plus prometteurs, accompagné de son éternel acolyte Djiby Baidi Dia. Dès ses premiers pas dans la chanson, il accompagnait de grands joueurs de Riti (une sorte de violon traditionnel à une ou deux cordes) tel que Mamadou Tobi qui a nourri sa pensée.

Cet auteur-compositeur-guitariste a apporté une nouvelle identité à la musique Peule dont le plus grand promoteur reste Baba Maal. En 1979, avide de rencontres et de découvertes, le jeune chanteur voyage en Mauritanie pour la première fois, y développe très rapidement des relations amicales et fraternelles. Loin des sentiers battus de son village natal, Abou Diouba Deh sillonne une voie musicale qui lui ouvre les portes de la notoriété notamment en Mauritanie où il ne se passe pratiquement pas un mois sans qu’il ne se produise.

Aujourd’hui encore, sa voix résonne toujours à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, à l’arrêt des bus du 5e arrondissement, à Kiffa, Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Zouerate… Une étoile est née. Petit à petit, Abou Diouba Deh devient une voix parmi les voix de la musique sénégalaise. Sa voix transcende désormais les frontières du Sénégal et de la Mauritanie. Il voyage en Gambie, en Côte d’Ivoire, en France, au Mali, au Bénin, au Congo, au Gabon, en Belgique, en Espagne, à Togo, au Pays-Bas

Coup sur coup, il enchaîne des sorties d’albums à succès qui suscitent de véritables clameurs d’admiration auprès de son public. On doit à cette voix hors-pair, Poulo Gaynaako (1992), Bélé Ndenndi (1995), Tendoungal Toro (1996), Adaajiimen (1998), Dimo (2000), Guido Léñol (2002) et Yéwendé (2003).

Puis, il est frappé par des disparitions dramatiques. D’abord, celle de sa femme, Fatimata Haidara en 2003. En 2005, il perd également son père, Diouba Deh.  Des pertes qui le marqueront à fers rouges et dont il aura dû mal à faire le deuil. La même année, il se marie, à Nouakchott, à une mauritanienne. Nait de cette union un garçon.

Néanmoins, son cœur continuait à se briser en mille morceaux. Son génie musical semble l’avoir quitté puisqu’il montre des airs de n’avoir plus goût à la vie et à la musique, après cette succession de drame. Aujourd’hui, Abou Diouba Deh s’est mis dans une posture définitive de relancer sa carrière musicale, a conçu une nouvelle démarche artistique pour prendre sa revanche sur la vie.

A ce propos, il confie avoir mûri l’idée d’organiser un festival qui va réunir des artistes sénégalais et mauritaniens qui chanteront pour l’unité, la paix et la fraternité. Une manière pour lui de pérenniser son rôle de tête de pont entre le Sénégal et la Mauritanie qu’il a toujours défendu dans ses paroles, gestes et chansons.

Babacar Baye Ndiaye

 


 


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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Portraits-Rencontres
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