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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:09

 

Revoilà Monza, cette fois en solo, dans un nouvel album "Mauritaniana" ou "Ma Mauritanie" en français, après "Président 2 la rue publik" sorti en 2004 à Nouakchott. Cet album, très attendu, va sortir en perspective de la fête de la musique du 21 juin prochain.

 

L’album "Mauritaniana" est une aspiration de l’artiste, de ce qu’il voudrait que la Mauritanie soit, de sa vision des choses et son point de vue en tant que citoyen au sujet de la marche de son pays.

 

Monza est formel : Mauritaniana est loin d’être un album engagé. Il s’agit, en effet, dans cet album, de poser un regard critique sur la société mauritanienne. "C’est le discours d’un artiste pensant. Je donne mon point de vue sur la situation du pays. Après, c’est axé sur des faits concrets, sur des thèmes qui touchent les populations, qui concernent les institutions et ceux qui l’incarnent dans leur manière d’agir, de prendre les décisions et de faire leur travail", explique Monza.

 

L’album est composé de 12 titres. On peut citer, entre autres titres, "2009", "Je parle", "Ils nous mentent", "La causa buena" (duo avec l’artiste franco-dominicain Baltha-Baltha), "Ok, ça marche!", "Vivre mes rêves", "On m’a dit"…Le contenu de l’album a été écrit en un temps records de 21 jours. "Les titres de l’album sont inspirés de ma vie et des discussions (Ch’tary) que j’ai eues ou entendues ça et là", dit-il.

 

Mauritaniana est outre des histoires révélatrices, des vécus personnels de l’artiste. Mais aussi un album-constat. Pas de polémique ni d’attaque personnelle ou frontale. Dans cet album, Monza a tout simplement pris son stéthoscope pour ausculter la Mauritanie.

 

Mais aussi, une réponse à ceux qui disent que Monza est définitivement enterré par la nouvelle vague de génération de rappeurs ou de groupes de Rap."C’est un petit cadeau fait à la Mauritanie et aux Mauritaniens. Je n’ai pas fait beaucoup de scènes en Mauritanie. Mais, c’est juste pour dire que je suis encore là", rappelle-t-il.

 

Le message est donc limpide. Et, apolitique ou pas, l’Album "Mauritaniana" est de ces albums-là qui nous font saliver, qu’on aime découvrir parce qu’il exprime incontestablement une certaine soif de changement de cap, d’aller de l’avant comme à l’image de son concepteur qui a toutefois précisé que l’aventure avec la Rue public continue toujours.

 

Avec cet album, Monza veut marquer les esprits en jouant son va-tout. Toutefois, il avertit : "Cet album n’est pas le meilleur de ce que je peux faire. C’est un album qui a été enregistré en peu de temps, à l’arraché, sur l’inspiration du moment".

 

Vous êtes prévenu. Mauritaniana n’est pas un album qui sera distribué à grande échelle. Le tirage sera de 500 Cd, sur le compte de Monza qui a entièrement financé cet album réalisé en France. Pour éviter toute vente, il a promis de s’occuper personnellement de la distribution qui sera gratuite.

 

"C’est interdit la vente mais elle peut être dupliquée à souhait", assure-t-il.

Très engagé et très critique aussi, le Président 2 la rue publik, ne craint pas que son nouvel album ne soit censuré. "Je ne vois pas la raison pour laquelle, Mauritaniana devrait être censurée. Cet album lui-même prône une Mauritanie libre, une Mauritanie qui laisse les artistes s’exprimer, une Mauritanie où la liberté d’expression existe", murmure-t-il.

 

Mauritaniana est à coup sûr une tourmente qu’il est venu lâcher dans la marmite du Hip Hop mauritanien qui semble depuis quelques temps faire le ménage avec la politique notamment en cette période électorale. "Je n’adhère pas à l’idée de politiser la musique de façon générale, fulmine Monza. Je suis un artiste engagé, un artiste apolitique, un artiste à part, un enfant du bled mais pas un griot du bled. On est tous des enfants du bled et je ne suis pas de la catégorie des griots du bled".

 

En réaction à la présente campagne électorale, le Président 2 la rue publik a appelé les candidats à l’élection présidentielle de respecter leurs promesses et leurs engagements une fois élus à la tête de l’Etat. "Le modèle d’une Mauritanie à laquelle je crois, rappelle-t-il, ce n’est pas une Mauritanie divisée. C’est plutôt une Mauritanie multiculturelle, plurielle où les forces se rejoignent, où le dialogue est pur, où l’hypocrisie est rayée, une Mauritanie stable et pérenne".

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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Published by Le Blog de Babacar Baye Ndiaye - dans Chroniques Albums
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