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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 00:13
 
                     Daouda Kane-copie-1
Chaque 27 mars, on célèbre la Journée Mondiale du Théâtre. Á cet effet, la compagnie théâtrale "Vents de Sable" qui œuvre pour la promotion du Théâtre en Mauritanie a présenté un spectacle inédit, unique en son genre à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

Comme partout ailleurs, la Mauritanie a célébré cette journée. Sauf qu’elle est passée presque inaperçue dans notre pays. Et, c’est dommage qu’il en soit ainsi ! Cela démontre tout simplement, encore une fois, tout le mépris, l’insouciance et le peu d’intérêt qu’on accorde à tout ce qui touche à l’art.

Dans tout Nouakchott, il n’y a que l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara, un des rares espaces d’expression des arts appartenant à des mauritaniens, qui avait abrité un plateau inédit monté en partenariat avec Daouada Kane et la participation de l’Association des Filles Étudiantes de Mauritanie (AFEM).

Cette association, l’Afem, est née pour promouvoir l’égalité des chances entre les garçons et les filles et œuvre, à travers un programme d’action, au plein épanouissement des filles mauritaniennes en luttant, comme par exemple, contre certaines pratiques dangereuses comme les mutilations génitales féminines.

L’Association des Filles Étudiantes de Mauritanie se veut aussi porteuse d’un message d’éveil des consciences et des mentalités. Dans ce sens, d’ailleurs, en marge de la Journée mondiale du théâtre, elle a présenté un spectacle qui traite de la question de l’absence de prise de conscience chez la plupart des jeunes filles étudiantes.

Aux antipodes de celles-là trompées souvent par les mirages de la ville, il y a –heureusement- celles qui sont courageuses et engagées. Ce spectacle, à la fois réaliste et sobre, lève un coin du voile sur le degré de perception mentale de ces filles là obnubilées par les mondanités de la vie, les sorties entre copains et copines, les soirées de Dj Édouardo…

Ces filles, dans le spectacle, sont représentées par Adama, un exemple typique de la fille mondaine. Leur naïveté résume parfaitement leur état d’esprit. Tout traverse leur esprit sauf l’ambition. Donc, pas de perspectives ! "On n’est pas là pour les études. On est là pour s’amuser", s’écrie Adama, dans le sketch. Sa fin sera, hélas, pitoyable puisqu’elle va sombrer dans l’échec universitaire. Pendant ce temps-là, son antipode, Hawa, récompensée par son effort, jubile de joie. Hawa, elle, tout le contraire de Adama, est une fille studieuse, circonscrite, qui ne croit qu’à ses études auxquelles elle tient beaucoup comme à la prunelle de ses yeux. Bonne étudiante consciente de son avenir, elle rafle toutes les bonnes notes en classe…

Après ce spectacle, les comédiennes en herbe de l’Afem cédèrent la place à Daouda Kane. Toujours égal à lui-même, Daddy n’a pas, une fois encore, laissé personne indifférente. Les éclats de rire fusaient de partout dans la salle. Ses montées sur scène sont toujours rafraîchissantes et bien appréciées du public ! Il est tellement étrange sur scène qu’on le croirait presque venu d’une autre planète. Pour ce nouveau spectacle, tous les sujets d’actualités ou presque, souvent inspirées d’histoires réelles, y étaient évoqués : la perception du terrorisme chez les occidentaux, la politique, la cherté des consultations à l’Hôpital…Il s’est même permis de se gausser drôlement des journalistes !

Pendant presqu’un tour d’horloge, Daouda Kane nous a fait pleurer de joie, de plaisir comme lui, seul, sait le faire. Tout ce qui manquait, pour l’immortaliser, c’était juste des caméras.

Dans le public, il y avait un certain Abderrahmane Ould Salem, directeur de la Maison des Cinéastes. Lui aussi, comme le reste de l’assistance, il est tombé sous le charme de la prouesse théâtrale de Daouda Kane qui a démontré, avec ce spectacle, qu’il méritait bien le nom de "Maître des canulars". "J’ai été agréablement surpris du spectacle de Daouda Kane, confie-t-il. C’est une création théâtrale individuelle pleine d’émotions et de petits détails de notre vie quotidienne. C’est aussi une création riche d’expériences et de complicités de la vie sociale des jeunes, des filles, des femmes, des hommes, des mariés, de la rue…Franchement, bravo à Daouda !"

La Maison des Cinéastes travaille avec Daouda Kane dans le cadre d’un programme cinématographique qui porte le nom de "Ciné majuscules". "C’est un très grand ami de la Maison des Cinéastes. On travaille ensemble tout le temps", révèle Abderrahmane Ould Salem.

Comme pour reprendre son expression, il nous avait vraiment mis sous son pied après le spectacle. Tout le monde a aimé !

Babacar Baye Ndiaye

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Théâtre-Humour-Comédie
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