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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 19:03

Sutdio Holpac 7051

Quelque part à E-Nord, au Studio Holpac, une trentaine de personnes s’entassent dans une pièce rectangulaire. Ils sont là depuis 19 heures. Puis, entre deux conversations, un homme de taille transparente apparait et tape des mains.

A son tour, l’assistance se plie pour l’écouter. A l’ordre du jour : la présentation des différents scénarii et le choix des acteurs. Tour à tour, les dix réalisateurs, retenus dans le cadre des "Ateliers Studio Holpac 2012", vont se succéder pour parleur du synopsis de leur film de fiction.  Abdoulaye Sall, 40 ans, prend l’initiative d’exposer en premier son court-métrage.

Tout comme les autres réalisateurs, il va réaliser un film de fiction sur les violences conjugales qui interroge la relation époux-épouse. Une manière pour lui de porter leur souffrance à l’écran. "Les victimes de violences dénoncent très rarement ce qu’elles subissent", argue Abdoulaye Sall. "Il faut dénoncer ces violences", dit-il.

A 40 ans, ce pharmacien de formation compte faire une cure de jouvence dans le domaine du métier de réalisateur. Lorsqu’on a des maîtres à penser qui ont pour noms Henri Duparc, Euzhan Palcy, Sydney Sokhna et Med Hondo, cela donne envie de suivre leurs pas.

C’est en 2011 qu’Abdoulaye Sall, qui a toujours aimé le cinéma, décroche son premier rôle dans un film de Yoro Banor, formé lui aussi par le Studio Holpac. "C’est à partir de là que j’ai commencé à prendre goût au métier de réalisateur", explique-t-il. Aujourd’hui, il a l’opportunité de concrétiser son rêve d’enfance en se formant au métier de réalisateur. "Je pousserai la barre très haut", assure-t-il.

"L’image exprime mieux que l’écriture"

Aller très loin, c’est aussi l’ambition d’Alioune Sidi Mouzeurigue qui va réaliser "L’Extrémisme", un film dans lequel il survole la question du terrorisme et du dialogue religieux. Très tôt, ce dévoreur de cinéma américain et arabe notamment Egyptien a compris que l’image est devenue une courroie de transmission des idées.

Pour cet étudiant en développement local et travail social qui exerce aussi le métier de journaliste : "l’image parle mieux que l’écriture". Il rejette aussi dans ce film l’hypocrisie de la société tout en affichant ses ambitions de partager ses idées en dehors des frontières de la Mauritanie.

Les verrous des métiers de réalisateurs ont aujourd’hui sauté en Mauritanie. Des voies sont désormais ouvertes aux jeunes femmes. Par leurs idées, elles donnent leur vision des choses, veulent être à l’avant-garde des questions qui touchent  sensiblement leur société, la marche de leur pays. Elles n’hésitent pas à le clamer haut et fort.

À l’image de Binetou Diop, 24 ans, qui a fait de l’image son cheval de bataille contre la propagation de la maladie du VIH/Sida. Son film s’inspire d’une histoire réelle qui s’est déroulée à Nouakchott. Elle voit l’arrivée des jeunes femmes sur les terres fermes du cinéma comme une volonté de participer au développement du secteur.

Finies les phrases du genre : la place de la femme est au foyer. "C’est l’ère de la parité. Aujourd’hui, tout ce qu’un homme peut faire, une femme en est capable", affirme Binetou Diop. "Les femmes veulent aussi leur part du gâteau", ajoute-t-elle. "Etre réalisatrice, c’est un long chemin à faire. C’est une situation très contraignante qui demande beaucoup de sacrifice", avertit Ly Hamet Oumar.

"Des modèles pour d’autres"

Deux ans après sa création en 2010, Studio Holpac est devenu un laboratoire de fabrique de réalisateurs et de réalisatrices. Son directeur, Ly Hamet Oumar, a initié depuis son retour en Mauritanie une politique courageuse de promotion du cinéma en lançant les "Ateliers Studio Holpac".

En mettant en place le Studio Holpac, Ly Hamet Oumar a une idée derrière la tête: produire une génération de réalisateurs. "Qui seront des modèles pour d’autres qui veulent faire une carrière dans le domaine du cinéma", explique-t-il.

Pour lui, c’est déjà une victoire. "Tous les dix réalisateurs que nous avons formé savent maintenant écrire leur scénario, savent faire le découpage technique, savent diriger un casting, savent le rôle du réalisateur et de celui des acteurs, savent faire la séparation entre les films, les plans nécessaires. S’ils ont un bon cameramen, ils savent faire un film", commente Ly Hamet Oumar, avec beaucoup de fierté.

Ce 24 septembre, les dix films réalisés dans le cadre des "Ateliers Studio Holpac" seront projetés à l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

Babacar Baye Ndiaye

Tous droits réservés©Cridem2012

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Reportages
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