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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 14:25

Dioba à la guitareL’une des nouvelles voix de l’acoustique en Mauritanie vient de retrouver la lumière avec son tout premier album, Vagabond Tribe, très révélateur de son univers musical et personnel. On est allé à sa rencontre pour qu’elle nous parle de cet album aux compositions sobres et rafraîchissantes. Entretien.

 

Cridem : On s’attendait à voir un album carrément dans le registre du mbalax. Puis, subitement, là, vous nous offrez un album très acoustique. L’avez-vous voulu ou c’est un choix qui vous a été plutôt imposé ?

 

Dioba Guèye : La musique n’est pas un canevas. Ceci étant, je n’ai rien décidé. C’est mon producteur (Rusty Eklund, d’origine américaine vivant à Nouakchott, Ndlr) qui m’a proposé d’explorer les voies de l’acoustique.

 

J’avoue, ma foi, ce fut très excitant de tenter l’expérience pour ne pas être prisonnière de la création, de moi-même, de mon envie de liberté. La musique, c’est aussi un acte de libération, d’indépendance. Lorsqu’il m’a proposée de poser ma voix sur des notes acoustiques, je me suis aussitôt ruée sur les brancards de cette offre. Au début, je lui assurai les chœurs d’un groupe (Walfadjiri, Ndlr) avec qui il travaillait sur un projet d’album.

 

C’est par la suite que l’idée de faire un album et de me produire est née dans son esprit. On a défini les contours de l’album. J’ai suivi le rythme tout en ayant à l’esprit que la réussite de ce produit pourrait peser sur le décollage de ma carrière musicale.

 

Cridem : Pourquoi avez-vous voulu que votre album soit un album qui évoque vos expériences personnelles, les déceptions de la vie, l’amour ?

 

Dioba Guèye : Une création est souvent à l’image de son auteur. Mon premier album n’échappe pas à cette règle. Aussi, il n’est pas surprenant que cet album soit un album qui évoque, comme vous le rappelez, mes expériences personnelles, les déceptions de la vie, l’amour, l’espoir…Parallèlement à cette orientation, j’ai voulu que cet album soit un album de rencontre, de découverte.

 

Mon objectif dans cet album, c’était d’afficher mes marques, de dévoiler une facette de moi. Cet album, comme tant d’autres qui s’inscrivent ou s’inscriront dans la même veine, aura, je l’espère, pour effet d’ouvrir la Mauritanie au monde. Je crois que nous ne devons pas refuser l’ouverture, la modernité.

 

Cridem : Vous nous entraînez dans cet album dans un univers musical chaste. Et on sent, dès le premier morceau, cet esprit d’ouverture qui vous anime. Espérez-vous que cette voie va permettre à la musique mauritanienne de sortir la tête de l’eau ?

 

Dioba Guèye : J’ai vécu la sortie de mon album comme un véritable soulagement. Et, aujourd’hui, on n’est pas à l’abri de la mondialisation, de la modernité, de l’influence réciproque qui peut exister entre les différentes musiques du monde. On ne peut pas faire fi de cette réalité. Du coup, c’est très normal de sentir dans ma musique, dans cet album, une certaine dose d’ouverture.

 

C’est très évident également qu’on essaie d’expérimenter certaines musiques en espérant que ça va plaire au public, à notre public. C’est une absurdité de penser qu’on peut résister aux puissants courants, à l’heure actuelle, des musiques qui dominent le monde. La musique, c’est un moteur. En conséquence, prendre la pente ascendante peut constituer un nouveau départ de promesse. La musique mauritanienne est, aujourd’hui, à bout de souffle. Il nous appartient de lui réapprendre à respirer.

 

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

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Published by leducdejoal - dans Musique
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