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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 20:51

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Ethmane Mohamed Vall Kbeydich, la cinquantaine, est un homme de culture. Cet homme est un administrateur au niveau de la commune d’El Mina en tant que chef du service technique. Il faisait partie de la délégation accompagnant l’Union Kajamoor des Ressortissants Casamançais en Mauritanie (UKRCM) qui s’est déplacé du 22 au 25 avril dernier à Ziguinchor pour assister au 1ier festival des cultures urbaines et danses traditionnelles. Entretien.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous avez assisté au festival international de Ziguinchor qui s’est déroulé du 23 au 25 avril dernier. Quelle appréciation en faites-vous ?

 

Ethmane Mohamed Vall Kbeydich : C’est la première fois que j’arrive à atteindre cette contrée lointaine du Sénégal bien qu’étant né à Saint-Louis du Sénégal où j’ai grandi et fait mes études. J’ai été réellement ému par un peuple de grande hospitalité et de très grand caractère. Je félicite Abdoulaye Baldé qui a eu l’idée de préparer ce festival qui a permis à certains peuples voisins du Sénégal ayant de longues relations séculaires d’échanger et de mieux se connaitre.

 

Le Rénovateur Quotidien : La Mauritanie peut-elle s’inspirer du festival international de Ziguinchor, pour éventuellement, organiser une grande manifestation culturelle allant dans le sens de la consolidation de l’unité nationale et de la mise en exergue de sa diversité culturelle ?

 

Ethmane Mohamed Vall Kbeydich : Peut-être, oui, dans le domaine de la diversité culturelle. Au sujet de l’unité nationale, elle est en train d’être consolidée. Il y’avait un problème relatif passif humanitaire.  A ce niveau, il y’a eu un début de règlement. Le régime actuel déploie tous les efforts afin qu’il y’ait une entente entre les différentes communautés qui composent la Mauritanie. Il est dans l’intérêt de tous de mettre de côté les querelles intestines et chauvines pour construire le pays. Cela sous-tend qu’il faut mettre des hommes à la place qu’il faut, capables de gérer ce qu’on leur confie. Je souhaite dans l’avenir que la Mauritanie ait ce genre de manifestation culturelle qu’elle soit intermaghrébine ou interafricaine. Nous sommes un trait d’union entre l’Afrique subsaharienne et le monde maghrébin. Il est nécessaire qu’il y’ait des échanges culturels entre les différents peuples. Cela permet de mieux consolider nos relations.

 

Le Rénovateur Quotidien : La mairie de Ziguinchor est aujourd’hui dirigée par Abdoulaye Baldé, initiateur du festival international de Ziguinchor. On soutient qu’il aurait des origines guinéennes. Son cas peut-il se reproduire un jour en Mauritanie où un fils d’immigré peut se retrouver maire de la ville de Nouakchott, de Nouadhibou ou d’Atar par exemple ?

 

Ethmane Mohamed Vall Kbeydich : Je ne suis pas un devin pour prédire une telle situation. Toutefois, j’apprécierai que la chance puisse un jour parvenir à faire un fils d’immigré qu’il soit guinéen, malien, marocain, sénégalais, algérien un maire d’une ville mauritanienne. Dès l’instant que ce dernier est de nationalité mauritanienne et conformément au code de la nationalité, il est comme tous les autres citoyens du pays ; les mêmes inégalités de chance lui sont ouvertes. Je pense que cela peut bien arriver un jour parce que nous sommes dans un processus de mondialisation et chaque jour qui passe, ce sont de nouveaux horizons qui s’ouvrent devant nous. On est obligés de suivre le rythme de la démocratisation, de l’évolution des droits de l’Homme et du respect des libertés publiques.

 

Le Rénovateur Quotidien : Derrière ces vœux pieux, croyez-vous que les mauritaniens sont aujourd’hui prêts à accepter de voir un fils d’immigré les diriger ?

 

Ethmane Mohamed Vall Kbeydich : Les mauritaniens sont de différentes composantes. Ils ne peuvent accepter que ce que leur constitution qu’ils ont votée leur exige. Prenons l’exemple de la question de l’arabité qui a fait couler beaucoup d’encre. Mais, tout le monde avait voté en faveur du oui pour la constitution de 1992. Personnellement, je n’ai pas voté pour cette constitution. Car, j’ai senti dans cette constitution, des vices de fond. La langue arabe, en tant que langue officielle, tout le monde l’avait voté. Mais, ce n’est pas cela la réalité du problème. La langue française a toujours existé ; elle a toujours été prônée comme une langue de travail et nous la parlons jusqu’à nos jours. Il est vrai qu’au milieu de nos frères négro-mauritaniens, il y’en a qui maitrisent l’arabe mieux que nous. L’arabe, c’est la langue de notre religion.

 

Propos recueillis par

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by ducdejoal - dans Interviews
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