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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 19:20

Habobe-Bassal.JPG 

Leur passage sur la scène de "Assalamalekoum Hip Hop Festival" du 16 avril n’a fait que confirmer qu’ils ont bel et bien une place dans le mouvement du Hip Hop en Mauritanie. Tout le public qui était là ce soir-là est tombé sous le charme de ce groupe de rap qui a fini par s’imposer.

 

Le groupe est composé de trois membres : Mika, Cheikh Oumar et Abou qui est le leader incontesté de Habobé Bassal. Ils sont venus au Rap pour lui injecter du sang neuf. Il n’y a aucune utopie dans leurs propos. Leurs chants l’illustrent parfaitement. Entre ce groupe et le public, c’est toujours une véritable communion. Dans leurs textes aux messages denses, ils titillent avec l’amour, la drogue, le Sida, les grossesses indésirables…

 

Sur scène, ils arborent un accoutrement assez original qui renvoie aux couleurs de leur origine, le Fouta. Un groupe authentique tant dans l’accoutrement et les paroles. Pas de bling bling. "Faire du Rap, ce n’est pas faire de l’imitation. Ce n’est pas forcément copier les rappeurs américains. Nous devons chercher plutôt à valoriser notre culture et nos costumes traditionnels. Ça peut permettre de lutter contre la pauvreté et le sous-développement. On se trompe en pensant qu’en puisant dans d’autres cultures on peut évoluer", explique Yaya Diallo, manager de Habobé Bassal.

 

Pour marquer la différence et se faire remarquer, c’est prendre un tel virage : être original dans la création. Habobé Bassal sait capturer l’émotion du public à qui il donne tout ce dont il réclame. Le public est toujours friand de choses qui l’émerveillent et de ce qu’il a envie d’entendre. Sur scène, ils font étalage d’une finesse hors pair. A les entendre chanter, on ne peut qu’être séduit. Tout Nouakchott connaît ce groupe de Rap qui est partagé entre les concerts dans la capitale et à l’intérieur du pays notamment dans la vallée où ils sont originaires.

 

Malgré toute cette notoriété, on ne semble pas presser le pas pour sortir un album. Leur fil rouge, c’est la patience. Le manager explique : "Nous sommes en préparation. Nous avons déjà calé plusieurs morceaux. C’est vrai que les gens sont pressés de nous voir sortir notre premier album. Il faut s’assurer d’abord, avant de sortir un album, qu’il y aura un public qui va l’acheter. Il faut avoir beaucoup bougé à l’intérieur du pays. De ce fait, il n’est jamais trop tard pour sortir un album".

 

Le mot d’ordre chez Habobé Bassal est donc clair : bien peaufiner la sortie de leur album pour mieux accrocher le public. Dans leur musique, on y retrouve, au grand plaisir des sens, des sonorités traditionnelles et rythmes modernes. Pour cibler un large public, ils chantent presque dans toutes les langues du pays. Ils ébruitent dans leurs chansons des messages bien réfléchis. Pas de carte d’identité dans leurs textes. Le tout dans un flow hardcore.

Habobé Bassal a acquis aujourd’hui une certaine notoriété et une image de grand groupe de Rap en devenir. Pour autant, l’euphorie ne semble pas gagner leur cœur. "C’est très facile de se faire connaître. Ce qui est difficile, c’est de gérer une carrière musicale. La preuve, des artistes se sont éteints parce qu’ils n’ont pas pis en considération ce paramètre", souligne Yaya Diallo pour qui le foisonnement et la percée de certains groupes de Rap ne hantent pas leur sommeil. "Nous travaillons pour réussir. On ne se préoccupe pas de ce que font les autres".

 

A Habobé Bassal, c’est du militantisme pur et dur. On compare le trio qui le compose à celui de Diam Mint Tekky. Leur prochaine étape sera de bousculer les groupes de Rap qui ont fini par s’installer dans le cœur des mauritaniens : Military Underground, Ewlade Leblade, Diam Min Tekky…Ils étaient dans le ravissement lors de la deuxième édition de Assalamalekoum Hip Hop Festival où ils ont bien réussi à faire frissonner le public. Histoire de montrer qu’ils n’ont pas été là par hasard. "Si nous sommes présent à ce festival, c’est grâce à notre sérieux et notre talent. Monza nous a vus jouer à moult reprises, c’est pour cela qu’il nous a sélectionnés", dit Yaya Diallo.

 

Habobé Bassal est du genre à dire tout haut ce qu’on murmure. C’est pour donner sens à leur combat. Leurs coups sont irrésistibles et n’épargnent personne même Mohamed Ould Abdel Aziz. "Nous conseillons aux mauritaniens de ne pas le laisser présider aux destinées de la Mauritanie. Il est plus assassin que Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya. C’est ce dernier qui l’a formé mais il est plus dangereux que lui", affirme le manager du groupe.

 

Même pas peur ! Il n’y a qu’eux qui osent parler ainsi. "On n’a pas peur d’être jeté en prison. Au contraire, ce sera pour nous une grande fierté", clame haut et fort Yaya Diallo qui explique qu’ils ne le font pas pour la gloire. Mais pour que les choses bougent. "Chaque matin qu’on se réveille, on nous parle d’unité nationale ou de démocratie. Mais, on n’a rien vu".

 

Babacar Baye Ndiaye

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