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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:34

Habobe e bassalSix ans après sa création, le groupe de rap "Haboobe e Bassal" trace une ligne sur sa discographie avec "Yo Bone Waas Dono" sorti le 14 juillet 2011 à Nouakchott. Un album qui fait la part belle au Rap Nguenndi. Un brin de Nguenndi dans le rap de Haboobe e Bassal se goutte avec beaucoup de délectation. D’ailleurs, dès les premières notes, on est vite captivé. Dans cet album, le collectif y donne un bon coup de fouet au rap mauritanien peu innovant.

 

Tout le monde l’attendait depuis 2009, mais c’est finalement jeudi 14 juillet 2011, au soir, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, que la sortie du premier album du groupe de rap Haboobe e Bassal a eu lieu.

 

Comme les featuring sont dans l’air du temps dans le rap mauritanien, Haboobe e Bassal, là-dessus, ne déroge pas à la règle et ne s’en prive pas. Dans cet album, on y retrouve la forte et cuivrée voix de Seydou Sow de Walfadjiri, la voix exotique de Mamadou Khoulé, celle de Pape Sao, de Silèye Kidé, de Bâ El Hadj. On retrouve également au micro deux voix féminines scintillantes. Celle de la rappeuse de l’ex-groupe de rap "Les Filles du Bled" Dikha qui prête sa voix corrosive et insoumise au morceau "Dewgal" et celle, chatouillante, de la chanteuse Bissau-guinéenne Djaly Bintou dans le morceau "Yo Bone Waas Dono".

 

Avec "Yo Bone Waas Dono" qui s’écoute avec beaucoup de patience, le collectif de rap originaire de la Socim de Nouakchott s’impose comme un véritable ambassadeur du rap Nguenndi. L’album, véritable courroie de transmission du rap Nguenndi, contient au total 15 titres inédits en plus d’un remix.

 

Pour donner plus de couleurs à leur album et sortir des sentiers battus de la musique de programmation, Haboobe e Bassal a travaillé avec Papis Koné, Ousmane Touré, Sidi Sy, Guéladjo Bâ, Papis Diarra, Barou Toksel, Hamadi Molo, Youba Guissé. Aux côtés d’eux, figurent d’autres musiciens comme Mamadou Sadjo au djembé, Diddal Jaalal au niagnorou (violon), Baila à la Kora.

 

Les coups de poings d’Abou Fall, la voix éclectique de Mika Fall et les cascades vocales de Cheikh Oumar Anne donnent du tonus à l’album. Entre reggaeton, reggae, rap, "Yo Bone Waas Dono" transpire un air de vibrations entrecroisées et fait découvrir le talent d’arrangeur de Haboobe e Bassal. Et, sur quelques pistes, le groupe se livre à de véritables scènes de confessions et d’extériorisation.

 

Cet album s’écoute et à la fois se danse. Il emprunte les variations des différentes mélodies inspirées par la tradition, prend par des pincettes la vie, refuse de se perdre dans le labyrinthe politique. Mais, cela n’empêche pas au groupe comme dans le morceau "Ndimaagu" de crier haut et fort la manière dont les choses évoluent en Mauritanie. Dans la même veine, l’album traite de la pauvreté, de l’immigration clandestine, du pillage des ressources halieutiques et minières du pays, des guerres et conflits en Afrique ou encore la nécessité pour la Mauritanie d’exorciser ses démons.

 

Ce que l’on ressent dans cet album, c’est cette envie de faire rentrer la Mauritanie de la musique dans l’histoire. Ce que l’on peut regretter peut-être, c’est que cet album est destiné à la consommation locale. Mais, on ne s’empêchera pas de saluer l’architecture de "Yo Bone Waas Dono" construit sur des slogans forts tels que la paix, la tolérance, la fraternité et la réconciliation. L’album est tombé à pic, à un moment où les incertitudes sont en train de prendre le dessus sur la conscience collective.

 

L’œuvre de Haboobe e Bassal, tissée de musiques carrément entraînantes, ouvre la voix désormais au rap Nguenndi, un style musical qui allie savamment musique urbaine et musique traditionnelle. Avec Haboobe e Bassal, le rap Nguenndi retrouve sa façade d’origine dans "Yo Bone Waas Dono". Seize titres y figurent, de "Yurminiima" à "Andu Hiiri" en passant par "Mauritanie ummo e jonnde" ou "Lammdo". Des morceaux de lourds calibres, très engagés et bien taillés dans le roc des convulsions et des vibrations de la vie qui redonnent vie à l’envie d’écouter.

 

Pêle-mêle, des appels à la démocratie, à la liberté, à la justice, à une Mauritanie débarrassée de l’impunité et de la ségrégation foisonnent comme des touffes de cheveux dans chaque morceau de "Yo Bone Waas Dono" et réveillent nos sensations. Cet album, qui dresse des lauriers à des références comme Nelson Mandela qui vient de célébrer ses 93 ans ou encore Thomas Sankara et cloue au pilori Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, est clos par la réinterprétation de leur morceau phare, Falomi, qui les a véritablement révélés au grand public. Une version actualisée mais hélas peu séduisante destinée certainement à réchauffer les nostalgiques.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Chroniques Albums
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commentaires

lamdofouta 21/07/2011 02:04



Merci babacar baye ndiaye,
un repportage que j'attendais avec impatience la commentaire est tres coherente avec le groupe seulement que tu n'as pas PARLE du climat de la salle de spectacle de l'emotion du public et
pourquoi pas un repportage foto comme tu as l'habitude de faire merci d'avance et bonne continuation