Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:30

23Ce 7 juin 2009, dans le hall du siège central de la Banque Nationale de Mauritanie (BNM), 47 tableaux sont accrochés un peu partout aux murs. Leur contact vous subjugue et vous procure un émerveillement viscéral. L’ambiance est inhabituelle et le décor somptueux et inédit. On se tapote, se donne des accolades, admire les tableaux en sirotant ou croquant des amuse-gueule, se serre les poignets, improvise un sourire, échange des propos ou des salamalecs…

 

L’atmosphère est détendue et les visages radieux. Dans ce méli-mélo, on y côtoie, des VIP, des hommes politiques, des artistes, des diplomates, des hommes d’affaires. Subitement, une voix s’élève entre les échos du hall pour annoncer le début de l’exposition de Khadijétou Mint Ismaël et Mansour Kébé placée sous le thème "L’art au service du développement" qui traduit là une volonté de la part de la Banque Nationale de Mauritanie (BNM) de donner un coup de pouce aux arts plastiques et aux artistes.

 

Mansour Kébé, dans une voix chevrotante, lit un discours dans lequel, lui et Khadijétou Mint Ismaël, dresse des lauriers à Mohamed Ould Noueigued, président de la Banque Nationale de Mauritanie (BNM) pour son soutien, ses conseils et surtout pour avoir accepté avec enthousiasme de recevoir cette exposition d’Art dans le hall de sa banque.

 

2-4A leurs yeux, le président de la BNM, en suscitant cette rencontre entre les artistes et le mécénat, souhaite non seulement conserver et faire connaitre notre patrimoine culturel, mais aussi permettre à l’Art mauritanien de se hisser dans le concert du monde de l’art contemporain.

 

Khadijétou Mint Ismaël et Mansour Kébé espèrent qu’avec la présence de cette grande banque nationale et celle des pouvoirs publics à cette première manifestation dans ce lieu de rencontre et d’échange, on peut maintenant parler de la renaissance de la culture mauritanienne qui permettra assurément par son originalité et sa richesse d’entrainer un véritable rayonnement culturel de notre pays à travers le monde.

 

Un tel discours n’a pas manqué d’émouvoir l’homme d’affaires Mohamed Ould Noueigued qui a précisé que cette exposition vise avant tout à encourager les artistes-peintres qui ont dû mal souvent à vendre leurs œuvres jusque-là méconnues des masses populaires. "A travers ce vernissage, nous voulons encourager la créativité et l’innovation", a-t-il indiqué.

 

3-3Les commentaires sont unanimes. Et, pour de nombreux invités, cette exposition est, à n’en pas douter, un nouveau virage dans la promotion des arts plastiques en Mauritanie. "Je considère que ce vernissage est une manifestation peu banale et très importante. Ce n’est pas la première fois qu’il y’ait une exposition d’arts plastiques en Mauritanie. Mais, c’est la première fois qu’un homme d’affaires mauritanien apporte son soutien, son encouragement à des créateurs. Cela est un évènement extrêmement encourageant pour ces derniers", a déclaré Marième Daddah, présidente de la fondation Moctar Ould Daddah.

 

Elle poursuit : "Je connais Khadijétou Mint Ismaël. Je l’ai aidée dans ses premiers pas. Il y’a maintenant 4 voire 5 ans. Et ses premières expositions, elle les a faites, encore balbutiantes, à la fondation à l’ancien siège. Je l’ai poussée. Elle ne voulait pas. Elle était encore timide. Elle a acquis aujourd’hui de l’assurance. Mansour Kébé, je le connais aussi. On a travaillé ensemble. C’est un peintre déjà affirmé et tout à fait, comme on dit familièrement, dans ses bottes".

Le directeur général de l’Office National des Musées, Kane Hadya Mamadou, ne s’est pas privé, lui, de jeter un regard critique sur les tableaux de Khadijétou Mint Ismaël et de Mansour Kébé pour en souligner la nécessité de sortir des sentiers battus.

 

Khadijetou Mint Ismael Mansour Kebe"Je crois qu’il manque un peu d’évolution. Je connais les deux artistes depuis 2 ou 3 ans. Mais, il n’y a pas eu vraiment de changement. Or, l’art a besoin de changement. Ce sont les mêmes thématiques et le même style. J’ai remarqué, par contre, deux tableaux de Mansour Kébé avec un changement au niveau des couleurs noire et claire alors que sa couleur préférée était le bleu", dit-il en attribuant cette situation à l’absence de critiques d’art.

 

"L’art, c’est comme la littérature", précise-t-il. Sous-entendu. "S’il n’y a pas de critique, il n’avance pas. On n’a pas de spécialistes en art pour pouvoir faire des critiques et des journalistes spécialisés en culture qui peuvent critiquer aussi ce que font les artistes-peintres. Khadijétou Mint Ismaël et Mansour Kébé sont deux artistes très connus qui font un excellent travail".

 

Babacar Baye NDIAYE

Partager cet article

Repost 0

commentaires