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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 05:55

Coumbane-Mint-Ely-Warakane.jpgEn Mauritanie, hormis ses passages dans les cérémonies de mariage ou les soirées privées, l'interprète de "Ya Rebbi ya el Majid" chante très rarement sur une scène.

Auteure d’un unique album intitulé Mauritanie, Coumbane Mint Ely Warakane s’est produite le 6 décembre dernier sous une tente à l’Institut Français de Mauritanie (IFM), avant de s’envoler vers l’Algérie le 21 décembre prochain pour participer à la septième édition du Festival international de Soufisme, de culture et de musique à Annaba.

On l’ignore presque en Mauritanie. Coumbane Mint Ely Warakane est l’une de ces rares chanteuses bardées de trophées qui témoignent de ses succès à des évènements de musique comme celui du Festival Kawafel au Maroc, du Festival international de musique mystique de Konya en Turquie ou encore du Festival des musiques du désert de Merzouga au Maroc.

Partout où elle est passée, cette fille de Mohamed Ould Ely Warakane et de Marième Mint Meydah a su bien marquer sa carrière musicale qui l’a mené un peu partout en Europe, au Maghreb et dans le Monde Arabe.

En 2009, elle sort son premier album, Mauritanie, qui colle aux racines de la musique traditionnelle, sous la direction artistique de Michel Guignard. Produit par la Maison des Cultures du Monde en France, ce disque de huit titres inédits dévoile la personnalité musicale de Coumbane Mint Ely Warakane. On y retrouve Cheikh Ould Abba à la Tidinit, Béchir Ould Meguet au Tbal, Lemate Mint Soukabé et Yaghouta Ahmédou El-Meydah aux chœurs.

La force de cet album réside dans l’élévation des mots, des paroles et de la musique. Par exemple, dans le titre Tabl el mahsar yanga, Coumbane Mint Ely Warakane y étale la grandeur de l’Emir du Trarza. Elle introduit également dans cet album la chanson Jawnaya écrite par son illustre père pour lui rendre hommage.

Ce soir-là, lors de son concert, elle a repris solennellement d’autres chansons de cet album comme Manna khayvine, Ikhsarit viha dhal mahsar, Tabl el-mahsar yanga ou encore Dhal biya gal inou nassini au grand plaisir du public bigarré. Ce spectacle était agrémenté par son éternel sourire qui a pourfendu l’enveloppe nocturne, faisant presque oublier à la foule ses soucis.

Coumbane Mint Ely Warakane a débuté sa carrière de chanteuse en 1979 à Nouakchott, après avoir été la protégée de Wana Mint Boubaane, femme d’Ahmed Ould Meidah que l’on surnomme James Brown, qui l’a initiée à la pratique de l’ardine, à Méderdra. Puis, c’est auprès de l’incomparable Seymali Ould Mohamed Vall qu’elle fera ses premiers pas dans la musique traditionnelle. Avec ce dernier, il sera au Maroc, en Algérie, en Lybie et Tunisie.

"Il m’a beaucoup forgé dans la perfection et la maîtrise de la chanson. C’était mon professeur", commente-t-elle, à propos de Seymali Ould Mohamed Vall. Et, aujourd’hui, rares sont les chanteuses qui peuvent se targuer d’être un produit de Seymali Ould Mohamed Vall. Coumbane Mint Ely Warakane est de celles-là.

A 47 ans, Coumbane Mint Ely Warakane est plus que jamais soucieuse de hisser le drapeau de la musique mauritanienne. "Sur toutes les chaines du monde, toutes les musiques du Monde sont diffusées sauf celle de la Mauritanie. Cet état de fait me ronge, me frustre", explique cette admiratrice de Julio Iglésias.

En attendant, celle qui s’enthousiasme aux voix de Michael Jackson, d’Oumou Kelthoum, d’Abdou Khalim Havez, de Dimi Mint Abba, de Seydoum Ould Eyde, de Malouma Mint Meydah ou de Mohamed Ould Meydah continue, comme en cette soirée du 6 décembre à l’Institut Français de Mauritanie (IFM), à rendre gais comme des pinsons ses nombreux fans.

Babacar Baye Ndiaye


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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Evenements-Concerts
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