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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 14:51

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La particularité du hip hop en arabe et des artistes musulmans de hip hop. Ce débat, organisé en marge de la 5e édition du Festival Assalamalekoum, avec la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), l’Institut Français de Mauritanie (IFM) et la Région Ile-de-France, a rassemblé dimanche à l’après-midi, Malikah, Médine, Monza et Mamadou Guèye.

Faire du hip hop dans le Monde Arabe pour une femme, c’est faire bouger les montagnes de préjugés qui se dressent devant vous. Malikah témoigne : "J’avais la chance d’avoir commencé dans un pays très ouvert par rapport au reste du Monde Arabe. Au début, c’était un peu mal vu, le fait que j’ai choisi le hip hop. On m’avait dit que c’était une musique américaine, que nous les arabes, ce n’était pas notre musique".

Comme ce fut le cas en France ou aux Etats-Unis d’Amérique, le phénomène du rap dans le Monde Arabe a progressivement gagné les femmes. A l’image de Malikah pour qui le rap est avant tout un mouvement, une culture, une musique qui peut s’adapter à tous les pays. "Je n’ai jamais eu de problème avec le fait que je sois arabe et musulmane, que je fasse du hip hop en tant que femme. De plus en plus, dans le Monde Arabe, on a des femmes qui commencent à faire du rap et on continuera à faire du rap", explique la rappeuse d’origine libanaise.

"Costume de rappeur conscient"

Comme Malikah, le rappeur Médine porte, depuis le début de sa carrière, le "costume de rappeur conscient". Inscrit dans une filiation de rappeur qui a toujours défendu les causes, des messages, Médine est issu de la génération des rappeurs comme Kerry James, de Joe Star ou d’Akhenaton d’IAM. Mais, il préfère qu’on le particularise par rapport à son côté de "rappeur conscient". "C’est l’image que j’ai envie de véhiculer. Je m’y sens bien. Je fais partie de la catégorie de rappeurs qui élèvent le débat, qui envoient des signaux positifs", explique Médine.

Ce débat a montré que le rap a de bonnes raisons d’existence dans le Monde Arabe, que le hip hop a toujours été un véhicule pour transmettre un message, une musique pour éduquer, un symbole d’identité et d’appartenance.

Malikah confie : "On essaie de récréer cette fierté d’être arabe. La culture hip hop est positive. Au lieu qu’on aide les jeunes dans la rue en train de se combattre ou de rejoindre des partis pour faire des guerres, ce serait mieux de les ramener vers le hip hop où ils vont pouvoir s’exprimer, crier leur rage d’une façon qui ne va pas détruire les autres gens. On est dans une période où le Monde Arabe connait des guerres, des révolutions, des problèmes comme la famine, la corruption. On est là pour faire un changement. On est là pour dire la vérité. On a beaucoup influencé les jeunes et on espère que cela va continuer parce qu’on le fait pour une bonne cause".

Fers de lance de beaucoup de combat

Le hip hop, c’est quelque chose de très pur, positif, conscient "qui change les gens et qui les rend mieux". Qui met en avant des principes, des valeurs islamiques, humaines comme le respect, l’amour, la solidarité, la foi. Le rap est devenu, par ailleurs, un moyen de s’émanciper humainement, de devenir meilleur pour améliorer son environnement pour beaucoup de rappeurs. Comme Médine qui laisse parler son parcours, son expérience. Son rap refuse toute forme de fanatisme et aborde notamment les questions identitaires sans lignes rouges. "Etre musulman, non pas seulement en France mais aussi en Europe et dans le monde, c’est clairement devenu un facteur d’exclusion. Aujourd’hui, être musulman, arborer une apparence musulmane, porter un simple prénom musulman est un facteur d’exclusion dans un groupe social quelconque notamment en Occident. Quand on traite le problème de cette façon, on refuse toute forme de prosélytisme".

Les rappeurs sont aujourd’hui des fers de lance de beaucoup de combat comme le racisme, l’injustice, la ségrégation, l’islamophobie. Alors, si, les rappeurs désertent  le terrain, sachant qu’il y’a très peu d’intellectuels qui vont le faire, qui va le faire ? Les hommes politiques ? Les sportifs ? "C’est un rapport de force qu’il faut continuer à maintenir et cela prend tout son sens", lâche Médine. "Le hip hop a changé les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Monde Arabe", renchérit Malikah. Comme quoi, le rap a toujours été un carburant, a toujours été au service des gens. Bref, d’être utile !

Babacar Baye Ndiaye

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Conférences
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