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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:35

Le Centre Culturel Marocain (CCMA) de Nouakchott est  un véritable espace où la culture se cultive dans toute sa diversité. Mais, il faut peut-être rappeler qu’aujourd’hui le CCMA se distingue d’abord par l’esprit d’un  homme. Mohamed Kadiri, son directeur qui se refuse tout immobilisme bureaucratique accompagne non seulement  les événements, mais il est à la fois réceptif à toute suggestion  novatrice allant dans le sens créatif qu’il s’est imposé.

 

Le samedi dernier, le 5 février, à 10 heures, le CCMA avait donné  rendez-vous à l’action. Ce jour-là, il y avait déjà beaucoup de monde au Centre culturel marocain.

 

Dans la grande salle de lecture, les tables avaient été poussées, et au lieu  des lecteurs silencieux, penchés sur leur ouvrage favori ou l'œil rivé sur l'écran d'un ordinateur, ils étaient presque 20 qui  couraient sur la scène et dans la salle, se regroupaient soudain pour bouger ensemble, comme de monstrueuses machines, soufflantes ou miaulantes, se lançaient des invectives en brandissant le poing, marmonnaient, chuchotaient ou braillaient.

 

Pourtant ce n'était pas des enfants ni même des adolescents, mais de solides adultes qui s'agitaient ainsi. Point de manifestation anarchique non plus : en y regardant de plus près, ce désordre apparent suivait en fait un ordre précis, les déplacements traçaient des lignes de sens dans l'espace. Le programme était annoncé : ce matin-là, le CCMA en collaboration avec la troupe Olalarte lançait la première journée d'atelier consacré à l'enseignement des pratiques théâtrales.

 

Pas de conférence aujourd’hui : la journée est celle de l'action. Comprendre en bougeant, apprendre en pratiquant, c'est toute l'originalité du processus mis en place par Mick Gewinner, responsable de la troupe Grupolalarte.

 

"Avant de penser à monter une pièce, avec ou sans textes, l'atelier permet d'explorer par l'action, le mouvement et la voix les différents paramètres du jeu de l'acteur, sa relation à l'espace, à ses partenaires, à son corps. C'est à cette condition qu'il devient possible d'improviser, et de rendre les acteurs, amateurs ou professionnels, enfants, adultes ou adolescents, capables de passer du texte à la scène. C'est ce qui permet d'évaluer aussi la qualité et le rythme des propositions." 

 

16 participants, dont 10 enseignants et 6 acteurs et metteurs en scène des compagnies Vents du sud et Nomade se sont retrouvés de 10h à 15h30 au Centre Culturel Marocain. Au lieu de faire la grasse matinée, enseignants ou acteurs, tous amenés à gérer des groupes d'enfants, d'adolescents ou d'adultes, ils sont ici parce qu'ils se soucient de donner toute sa place aux pratiques théâtrales.

 

Ecole de maîtrise, de son corps, de sa voix, école citoyenne, qui enseigne fondamentalement à régler la relation avec l'autre, avec le collectif et avec soi-même, les pratiques théâtrales, qui vont de la diction chorale ou en duos, trios, de la simple mise en espace d'un texte, d'une rapide improvisation à partir d'une situation, à la mise en scène d'une œuvre, ne sont pas assez développées ni respectées dans les systèmes éducatifs, comme c'est le cas dans le système anglo-saxon. Or tous ces praticiens du théâtre ou ces formateurs  connaissent bien la demande de la part des enfants et des adolescents. 

 

Grâce au dynamisme et à l'hospitalité attentive de son directeur, Mohamed Kadiri, le CCMA a donc permis cette journée de sensibilisation, centrée sur le travail du collectif, du chœur. Une autre session est prévue le samedi 12 février, qui sera davantage consacrée aux questions de mise en scène, et une troisième à l'école du spectateur.

 

Formateur de formateurs en France, metteur en scène qui compte plus de 30 spectacles réalisés avec des amateurs et des professionnels, Mick Gewinner animera ces deux sessions. Elle a toujours milité pour le développement de l'enseignement du théâtre, en milieu scolaire et universitaire, et dans tous les établissements culturels : Le jeu dramatique est selon elle : "Ecole de concentration, de maîtrise de soi et de motivation ".

 

Elle a trouvé en Mohamed Kadiri un partenaire idéal, parce qu'il est, lui aussi, soucieux de promouvoir la lecture comme action et de diversifier les actions de lecture, en plus du ciné-club et des expositions de peinture.

 

D'ailleurs, il pourrait y avoir bientôt un cycle de films de théâtre au CCMA, mais ceci est une autre histoire. A suivre...

 

Source : Le Calame

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Portraits-Rencontres
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