Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:56

0.jpgLe collectif des jeunes artistes plasticiens mauritaniens, M-Art, à l’origine du Festival d’Art Plastique, a restitué, ce mercredi 20 avril, les œuvres collectives réalisées durant la résidence d’arts plastiques au Musée National de Nouakchott.

 

La restitution de cette création collective a été suivie par un défilé de mode de Bana Corel qui présentait, pour la première fois, ses créations au public.

 

Dans le hall de l’Institut Français de Mauritanie, une curieuse architecture suscite une grande attraction : une embarcation, pleine à craquer comme un œuf, contenant des personnages fantasmagoriques, attire, de prime abord, le regard des visiteurs.  

 

A quelques pouces de là, des drapelets, surplombant la barque, flottent dans l’air, où l’on peut lire, à peine, des inscriptions en noir et rouge, du genre : dégage, vive la liberté, we want freedom, stop the killing, vive la révolution, go out, no more ware, non au nucléaire, stop à la guerre.

 

Puis, de loin, un autre spectacle, insolite, vous captive: celui des sculptures d’Oumar Ball, déboussolantes et feignant de dévoiler leur intimité. En s’approchant, ces frêles créatures, faites de boue, de tissus et de fil, arborent fièrement leur physique. On les croirait presque venues de nulle part et incapables de transparaître leur émotion.

 

Entre deux pas, on tombe entre les mains d’étranges créatures qui se dérobent derrière de drôles masques à gaz. Puis, on est vite happé par ce spectacle macabre au bord de la mer où l’on découvre des morts qui gisent, vomis par les vagues de l’océan.

 

Des personnages, faits à base de sacs récupérés, de fils de fer, du fer forgé, semblent vous dire : "Pitié, aidez-nous!". Le collectif des jeunes plasticiens mauritaniens y imaginent des ambiances qui poussent à réfléchir, qui émeuvent et renvoyant à l’actualité qu’ils réinventent : celle des révolutions dans les pays arabes, l’immigration clandestine, les catastrophes naturelles accompagnées d’images catastrophiques. Le spectacle, savamment pensé et bricolé, présente le monde d’aujourd’hui tel qu’il est.

 

Le collectif des jeunes artistes plasticiens mauritaniens, M-Art, nous invite, à travers une promenade sans perspectives, à se mettre à l’heure du bouleversement des incertitudes de l’Humanité, dans toute sa vulnérabilité.  

 

"Nous avons voulu tirer la sonnette d’alarme, conscientiser nos décideurs et nos politiques, en leur disant  qu’il est temps de s’arrêter, de regarder ce qui se passe et d’assumer leurs responsabilités. Parce que, nous sommes en train d’aller tout droit vers le chaos", explique Mansour Kébé, commissaire de l’exposition.

 

Au fond de la galerie, là, aussi, on tombe curieusement sur des personnages qui regardent la télévision, presqu’imperturbables. "Tout se passe maintenant à travers les médias. Tout le monde, aujourd’hui, veut savoir ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Juste, pour dire, que nous vivons dans un monde planétaire", poursuit Mansour Kébé.

 

A leur tour, les visiteurs sont embarqués à leurs dépens. "Ils sont extraordinaires et vraiment très inspirés", s’émerveille l’un d’entre eux.

 

L’éblouissement des visiteurs va se prolonger jusque dans la soirée avec le défilé de mode, pour la première fois, de Bana Corel qui veut désormais se faire une solide réputation dans le stylisme. Les belles tenues de cette crème de la jeune création mauritanienne dans le domaine de la mode ont été dévorées, avec beaucoup de gloutonnerie, par le public.

 

La manifestation a tellement drainé du monde que les proximités du podium installé au K.fet de l’Institut Français de Mauritanie étaient devenues trop étroites. Les prestations de Dioba Guèye et de Papis Koné ont installé le public dans un paysage musical enchanteur.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

  soyawatt1-1384.JPG8.jpg9.JPG6.jpg4.jpg7.jpg3.jpg10.JPG21

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Peinture-Exposition-Photographie
commenter cet article

commentaires