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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 23:06

Trois ans après la sortie de leur premier opus GONGA, le trio de Diam Min Tekky composé de Mar, d’Ousmane et de Hané reviennent sur le devant de l’actualité musicale avec un nouvel album de 12 titres inédits, GONGA…dont la sortie a eu lieu ce 21 janvier dernier. Retour sur un concert dédicatoire qui a époustouflé tout un public.

Jeudi 21 janvier 2010.

Nous sommes à l’ancienne maison des Jeunes, lieu où Diam Min Tekky a décidé d’organiser son concert dédicatoire pour la sortie de son deuxième album, GONGA, autrement dit la vérité. Ce soir-là, quelque chose de significatif et de particulier était en train de pousser dans les tripes du mouvement de rap mauritanien.


A 21 heures, la salle est déjà pleine. Tous les regards sont rivés, après les prestations de Adviser, de Minen Tèye, de l’Enfant de
la Rue, de Bad’s Diom, de RJ, de Habobé Bassal, de Number One African Salam, de Franco Man…sur le petit écran placé à l’extrémité du mur septentrional de la salle des spectacles.


Toute la salle est excitée. On voit apparaître le groupe en train de s’affairer pour rejoindre l’ancienne maison des jeunes où un public monstrueux attend dans une salle pleine à craquer. Dans un premier temps, on avait cru que la scène était transmise en direct puisqu’elle a été tournée à la tombée de la nuit. C’est le bouleversement. "Nous n’avons rien à donner à part partager cette peine avec eux", exprime Mar, le leader du groupe, à l’endroit des populations d’Haïti.


Tout le monde s’agite. Personne ne voudrait que cette séquence lui échappe. Mais, plus tard, on découvrira que c’était du bluff hors pair destiné à impressionner et tutti quanti. Pour autant, reconnaissons-leur cela : ils ont été audacieux et visionnaires. Grâce à l’inventivité et à l’imagination de Pro Pub Laser. La scène a tous les ingrédients d’un show à l’américaine. Et brusquement, c’est le flou. On ne comprend rien.


Au fond, on entend : "On nique le système/Du Président au planton/On n’a pas besoin d’un Président/On fout le fire", entonne, en refrain, le trio. La salle est en transe. Ce soir-là, Diam Min Tekky a montré qu’il n’avait pas pris de ride. Loin de là. D’ailleurs, de morceaux en morceaux, le groupe va honorer sa réputation : battre en brèche sur ce qui ne va pas comme l’aime le public. "Diam Min Tekky n’est pas facile à convaincre. Les routes, c’est bien beau. Mais, nous attendons plus de vous", assène Mar.


Décidemment, le groupe est plus que jamais convaincu de se fier toujours à son instinct. Les morceaux s’enchaînent : Holle Djondo Monne, Feely Touba, Komin Sec Bé, Gonga, On insulte le système, Saha Métat, Ghetto, Soldats 100 salaire, Babylone, Néné, 89, Fan’s. Avec le même rythme.


Un parfum d’amertume, de revendication, de ras-le-bol, et de désespoir flotte bien sur la scène de la salle des spectacles de l’ancienne maison des Jeunes. "Nous, on est contre les terroristes", "Indiquez-nous nos les fosses communes pour qu’on puisse récupérer nos morts", "Nous voulons de nouveaux hommes politiques honnêtes"…

La réalisation de l’album qui a été vendu à 1000 exemplaires, le temps d’un concert, n’a pas été de tout repos pour Diam Min Tekky. Et grâce à l’appui de quelques personnes et leur économie, le groupe a réussi, quoique peu évident, à mettre sur le marché national un produit.


La misère ambiante qui règne dans les quartiers périurbains de Nouakchott, la politique politicienne, les hommes politiques véreux et corrompus, le passif humanitaire, la situation des réfugiés, la pauvreté, les coups d’Etat, le faible accès des citoyens aux soins de santé…GONGA…est un album à l’image du collectif : osé, critique fracassant !


Un nouveau souffle de la musique Rim-hip hop, mélange de sonorités traditionnelles éblouissantes, de rap, de ragga. Au total, 12 morceaux et de nombreux artistes invités parmi lesquels on peut citer Baba Maal, Cee Pee, RJ et biens d’autres. Un invité de dernière minute viendra se joindre à la fête : Demba Dia, un chanteur sénégalais. "Je vous encourage. Et j’espère que vous êtes conscient que c’est à vous de relever le défi", leur a-t-il dit.


Maintenant que le plus dur a été fait, plus rien ne semble arrêter Diam Min Tekky. Certainement, l’étape suivante, ce sera la conquête du monde après avoir conquis
la Mauritanie et gratifié ses fan’s d’un concert inaltéré qui a submergé toute la salle.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Evenements-Concerts
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