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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 22:35

D’une manière générale, la musique mauritanienne n’est pas encore à la place qui devrait lui être dévolue dans le gotha des musiques du monde. Là où les musiques sénégalaise, ivoirienne, malienne, égyptienne ont bonne image, la musique mauritanienne a du mal à percer. Ce sentiment est aussi celui de Néfertiti Diop, une jeune pousse de la musique mauritanienne. Comme quoi, notre musique a besoin d’une cure de jouvence pour rivaliser avec les autres musiques.

Voilà à peine plus d’une année que cette artiste musicienne évolue dans le milieu de la musique. Pour elle, on est sur un terrain encore vierge, en se basant sur sa propre expérience. "Il y a énormément de perspectives, de choses à faire. Les potentialités sont là", assure-t-elle. "La volonté est là aussi", poursuit-elle.


Diantre ! Qu’est-ce qui empêche dans ce cas donc la musique mauritanienne d’être d’attaque, de gagner un Grammy Awards ou d’obtenir un disque d’or ? A cela, il faut certainement répondre par un manque d’ambition et de conviction de la part de nos musiciens. Mais, pour Néfertiti, cet état de fait est essentiellement lié à un déficit de communication entre les différents artistes musiciens. Chaque musicien se croit être le meilleur, vit, du coup, dans son petit coin, croyant bien faire alors que cela ne fait que ralentir le décollage de la musique mauritanienne, un problème incurable et non négligeable.


Nos artistes omettent souvent que "l’union fait la force", rappelle Néfertiti Diop. Pour autant, elle n’y est pas allée avec le dos de la cuillère pour dénoncer l’attitude de certains de leurs précurseurs qui ont fait, à un moment de leur vie, la pluie et le beau temps.


"On voit certaines personnes qui ont énormément d’acquis, de l’expérience mais qui, au lieu d’appuyer la nouvelle génération de musiciens, préfèrent plutôt mettre les bâtons dans les roues", dit-elle en expliquant que c’est un handicap cruel qui a bloqué d’une part l’évolution de la musique mauritanienne.


Une telle attitude n’est pas que spécifique au milieu de la musique. Elle est perceptible aussi dans tous les milieux artistiques et culturels. Cette situation, ne pas encadrer les jeunes pousses de la musique mauritanienne, est certes exaspérant mais, à en croire Néfertiti Diop, elle ne devrait pas les empêcher d’évoluer ou les pousser à en souffrir davantage.

                       NEFERTITI1.JPG
A titre d’exemple, elle cite son cas. "J’ai essayé de constituer un groupe, il y a un an avec une chanteuse que tout le monde connaît et qui s’appelle Dioba. Ça n’a pas été du tout facile parce que moi, étant novice, elle, ayant eu à faire quand même quelques scènes. On ne le voyait pas très bien au début. Le temps ne ment pas. Par la suite, ça a marché. Tant mieux pour moi et pour elle", se souvient-elle.


Mésestime, manque de considération, de réciprocité, sous-estimation, arrogance, mépris déguisé…C’est aussi cela le milieu de la musique mauritanienne. Ce qui n’a pas manqué de piquer au vif Néfertiti Diop.

"On se jauge trop. On a tendance à avoir la tête ailleurs. Quand on réussit une prouesse, on se prend immédiatement pour une star alors qu’on n’est absolument rien du tout, qu’on n’a rien fait encore dans l’histoire de la musique mauritanienne", fait-elle remarquer.


Nos musiciens n’ont pas encore réussi à donner à la Mauritanie une musique qui va devenir le symbole de toute une nation et de tout un peuple comme le Sénégal avec le Mbalax ou le Brésil avec la Samba.

Néfertiti Diop regrette aussi que des musiciennes comme Dimi, Malouma ou Noura entre autres qui ont un certain standing international ne puissent pas faire profiter à la nouvelle génération de chanteurs de leur image et de leur expérience.

Un tel brassage pourrait éviter à la musique mauritanienne de finir en eau de boudin.
Pour autant, Néfertiti Diop vit pleinement son statut de jeune pousse de la musique mauritanienne. "Le plus dur a été fait, c'est-à-dire me faire connaître dans le milieu musical. Ça n’a pas été du tout facile au début. Mais, comme on dit, il n’y a que le travail qui paie", confie-t-elle avant de nous souffler subrepticement à l’oreille : "Avec la musique, on ne peut pas tricher. Ça passe ou ça casse !".

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Musique
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