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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 22:00

Après la sortie virulente du Bureau Mauritanien pour la Promotion de la Musique (BMPM) contre le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, c’est au tour de l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie(UAPM) d’enfoncer le clou.

 

La raison ? Le refus de la part du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports de lui venir en aide, à la suite de son délogement de la maison qu’elle occupait. Une attitude qui n’a pas manqué d’ulcérer Mokhis, le président de l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie (UAPM).

 

"J’ai toujours averti le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports sur les fortes possibilités que la Maison des Artistes soit fermée un jour ou l’autre faute de subventions", a déclaré Mokhis.

 

"La preuve, d’ailleurs, on a été, jusqu’à la dernière minute, voir la Ministre [Cissé Mint Cheikh Boïde] pour avoir une audience avec elle. A la suite de cette audience, elle nous a fait comprendre qu’elle ne pouvait pas louer une maison en dehors du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, mais que si, elle nous trouvait une maison qui appartient au Ministère, elle est prête à nous céder une ou deux pièces", a-t-il poursuivi.

 

Depuis, c’est le silence radio au niveau du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports pour trouver une solution à l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie (UAPM) qui a, entre temps, roulé sa bossé un peu partout pour avoir un espace où les artistes peintres pourront exercer leur métier.

 

"On a été voir le Musée National qui dépend directement du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. On n’a rien trouvé. On a trouvé des hangars, tous, occupés. On a été voir l’Ancienne Maison des Jeunes. Il y a des pièces qui sont vides mais apparemment la direction ne veut pas les céder à notre association. Tout ce qu’ils nous ont dit, c’est qu’ils n’ont pas de place et qu’ils ont même occupé une ancienne infirmerie pour en faire un bureau. On a été voir aussi la Nouvelle Maison des Jeunes qui a été toujours libre et vacante. Le directeur nous a fait espérer à un moment donné. Finalement, il n’a pas tenu parole. Il nous a servi comme prétexte la présence du matériel du Challenge Sidi Abbas. Je me demande qu’est-ce qu’il peut bien faire dans une maison des jeunes, conservé, qui occupe un magasin alors qu’il peut servir à une association surtout comme la nôtre", explique le président de l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie(UAPM).

 

Mise au parfum de cette situation dans l’optique de bénéficier de son appui, la Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Cissé Mint Cheikh Boïde, leur a fait savoir, rapporte Mokhis, qu’elle ne pouvait pas financer une association comme l’Union des Artistes Peintres Mauritaniens (UAPM) qui peuvent se débrouiller puisqu’ils vendent leurs œuvres et, du coup, peuvent trouver les moyens de subvenir à leurs besoins.

 

De tels propos servis par la Ministre ont surpris plus d’un artiste peintre notamment le Président de l’Union des Artistes Peintres de Mauritanie (UAPM).  Pour la Ministre donc, pas question de subventionner les artistes peintres ainsi que les artisans qui se font de l’argent à ses yeux. Par contre, elle serait prête à subventionner le Sport, le théâtre, la poésie…

 

"On est vraiment déçu. Quand on nous dit, qu’on ne peut pas vraiment subventionner une association d’artistes plasticiens alors que c’est une association qui ne regroupe que trente éléments, c’est vraiment incompréhensible", laisse échapper Mokhis.

 

"Nous avons plus d’un million de poètes. Tout est fait aujourd’hui pour encourager l’émergence de poètes. Pourquoi les autres disciplines sont marginalisées. Au Sénégal, au Maroc, en Algérie, les artistes sont subventionnés", a-t-il indiqué.

 

"Depuis six ans, on tire la sonnette d’alarme. Ce sont les artistes qui paient leur loyer. Une ou deux fois peut-être, le Ministère est venu tant qu’on était vraiment sous les verrous pour nous donner quatre cent mille ouguiyas, juste pour nous permettre de payer quatre mois d’arriérés de loyer", dit-il.

 

"Qu’est-ce que ça coûte de prendre en charge une maison d’artistes plasticiens pour cent mille ouguiyas", s’interroge Mokhis. "Nous ne demandons pas plus. Les artistes peuvent travailler. Notre seul problème, en tant qu’artiste, c’est de pouvoir mettre un terme à ce problème de loyer qui nous handicape à chaque fois. Nous sommes des pères de famille comme tout le monde. Ce problème de loyer nous empêche de produire. Même si on travaille, à la fin du mois, on est obligés de bazarder quelques toiles pour nous acquitter du loyer. Tout ce que nous demandons à l’Etat, c’est juste réagir", poursuit-il.

 

Aujourd’hui, tous les artistes qui louaient cette maison sont repartis chez eux pour y travailler. Et, quant au sujet de l’Union des Artistes Peintres, "elle est maintenant dans les cartables", ironise Mokhis.

 

Dans cette maison qui jouxte à l’ancien siège de la Fondation Khattou Bint Boukhary, il ne reste plus que les traces encore fraîches des jets de peinture, seul indice, qui rappellent qu’elle a été occupée par des artistes peintres qui s’attèlent déjà à joindre difficilement les deux bouts.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by Le Blog de Babacar Baye Ndiaye - dans Peinture-Exposition-Photographie
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