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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 18:30

Noura JeichLorsque Noura Mint Seymaly chante, entonne sa voix à la fois exquise et douce, elle nous rappelle les grandes voix du blues. Cette jeune femme pleine de charme, irrésistible et de grâce n’est autre que la fille de feu Seymali Ould Mohamed Vall, grand maître de la musique mauritanienne. "Hiya Mine Hiya", c’est elle.

 

Véritable hymne à l’amour, cette belle chanson l’a révélée au grand public. Ce clip tourne en boucle à la télévision nationale. Sorti en 2004, dans l’album "Tarabe", cette chanson chante la beauté et la sensualité de la femme noire.

 

Ce morceau, mélodiquement arrangé, a été composé par son grand frère, Souleymane Ould Mohamed Vall. C’est aussi un clin d’œil à tous ceux qui ont été séparés de leur être le plus cher, du fait de certains préjugés sociaux ou raciaux, ou de circonstances.

 

Dans sa musique, Noura Mint Seymaly utilise les textes sacrés de l’Islam pour lancer des messages de paix, de tolérance, de liberté. Elle chante aussi l’unité et dénonce l’hypocrisie, les conflits et les divergences qui, selon elle, n’aboutissent à rien de bon.

 

Elle fait aussi bien la musique traditionnelle que moderne. Tout prédestinait donc Noura Mint Seymaly à la musique. "Elle a enlevé de sa tête qu’elle est une griotte pour devenir artiste", soutient Jeich Ould Chighaly. Elle est la fille de feu Seymaly Ould Mohamed Vall qui fut un grand compositeur de musique. Toute sa famille fait de la musique. Noura Mint Seymaly est l’antipode de Malouma Mint Meidah sur le plan de l’engagement politique.

 

Dans un souci d’ouverture, Noura Mint Seymaly a rajouté à sa musique traditionnelle une forte dose de sonorités modernes dans lesquelles on retrouve du jazz, du zook machine, de la world music… Dans chacun de ses concerts, elle joue pendant un quart d’heure ou une demi-heure de musique traditionnelle non stop. Sans batterie, ni clavier, encore moins une guitare. Rien que des sons de tambour, de la harpe et du luth. "C’est pour montrer que nous n’avons pas oublié nos racines", explique Noura Mint Seymaly.

 

Le tambour, le luth ou la harpe sont des instruments typiquement mauritaniens, des instruments qui font partie de la société traditionnelle maure. Noura Mint Seymaly rassure donc : il est hors de question de les ranger dans les tiroirs. "Même si on part en Europe, on va les emporter avec nous", insiste-t-elle.

 

Métisse, Noura Mint Seymaly est issue de famille de griots. D’ailleurs, cela se ressent profondément dans sa musique qui mêle sonorités modernes et traditionnelles. Sa musique porte en elle les germes de ses origines africaines."Sa musique n’est pas de la musique arabe. C’est une musique africaine", précise son mari, Jeich Ould Chighaly.

 

Un jour, un français du nom de Philippe Colucci tombe sous le charme de la musique de Noura Mint Seymaly. Aussitôt, il décide de l’aider dans la sortie de son premier album "Tarabe" en dépensant plus de 1.500 € dans la production et l’enregistrement. L’album contiendra 12 chansons inédites, qui vont révéler une autre facette de la musique mauritanienne.

 

Dans "Tarabe", Noura Mint Seymaly va s’entourer de Youssou Camara, d’Ousmane Touré, de Philippe Colucci et de Lamine Kane. "Elle a eu beaucoup de difficultés à sortir son premier album", se souvient Jeich Ould Chighaly. "Je me rappelle, une fois, que sa maman lui avait donné 40.000 UM pour l’aider dans l’enregistrement de son album". Cette période est derrière nous maintenant. Fini les cachets misérables !

 

La trentaine, Noura Mint Seymaly rêve déjà de conquérir le public Mauritanien et surtout de se lancer à la conquête du monde. Pour ce faire, elle devra réussir d’abord à s’imposer en Mauritanie comme l’ont réussi à le faire les Malouma, Dimi et consorts.

 

Talentueuse, elle ne se glorifie pas pour autant d’être aujourd’hui la nouvelle figure montante de la musique maure. Elle croit réellement en elle, en son destin de devenir un jour une star de la scène musicale internationale. Aujourd’hui, le succès qu’elle a auprès de la jeunesse mauritanienne qui semble l’apprécier bien et sa participation à plus de trois festivals internationaux lui redonne espoir et l’encourage dans ses ambitions.

 

Toutefois, Noura Mint Seymaly a connu des hauts et des bas durant sa carrière musicale. Mais, elle a fait de belles découvertes avec pas mal de grands musiciens comme par exemple Habib Koité, Habib Faye (bassiste de Youssou Ndour) et Ismaël Lô. Les projets ne manquent pas. Ce qui fait défaut, c’est les thunes. D’ailleurs, c’est ce qui retarde encore la sortie de son second album, "Howl"."Les choses commencent petit à petit à évoluer", tente d’assure Jeich Ould Chighaly.

 

Leur métier exige énormément de temps. Partagés entre les voyages, les rendez-vous et les répétions, Noura Mint Seymaly et Jeich Ould Chighaly n’ont plus assez de temps pour se consacrer entièrement à l’éducation de leurs enfants."C’est très difficile. Mais, on essaie de supporter!", confie Jeich Ould Chighaly.

 

A l’école, c’est elle qui chantait à l’occasion des festivités. A cette époque, elle exhibait déjà ses talents de future musicienne. Celle qui est aussi l’amie des rappeurs, puisqu’elle a fait des duos avec Diam Min Tekky, Waraba et la Rue Publik, en appelle la femme mauritanienne à changer de mentalité en aidant leur mari au foyer.

 

Noura Mint Seymaly est en train de faire des progrès considérables en termes d’apprentissage de la langue de Shakespeare, comme celle de Molière. Pour elle, c’est nécessaire de maîtriser l’anglais et le français pour si l’on veut vraiment conquérir aujourd’hui de nouveaux publics.

 

Derrière Noura Mint Seymaly, il y a Jeich Ould Chighaly, son mari, qui joue un rôle décisif dans sa carrière musicale. En plus d’être son mari, il est son guitariste et en même temps son manager. Mais aussi, son interprète. Grâce à lui, on a pu s’entretenir avec Noura Mint Seymaly.

 

Comme elle, Jeich Ould Chighaly est issu de famille de griots (les Chighaly de Kaédi). Il a très tôt été initié à l’art de jouer de la tidinit et de la guitare par son père, Youba Moctar. Ils forment un charmant couple. D’ailleurs, ils ne se quittent presque jamais. Voilà en effet plus de 13 ans qu’ils sont mariés. "On se comprend entre nous", explique Jeich Ould Chighaly.

 

Leur rencontre remonte à 1996. Un coup de foudre, disent-ils. Jeich Ould Chighaly. Le mariage s’en suivit. Depuis, ils ne se sont plus quittés parce qu’ils se sont juré fidélité."Certes, je me fatigue pour elle. Mais, c’est dans notre intérêt", avoue-t-il en affirmant que c’est lui qui gère tout actuellement, en plus d’être le chauffeur de madame. Quelle galanterie !

 

Babacar Baye Ndiaye

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Published by leducdejoal - dans Portraits-Rencontres
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