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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 16:55

Album sans nom 0081Jusqu’au 31 décembre 2O1O, le 3e Festival Mondial des Arts Nègres bat le plein à Dakar, à Saint-Louis, à Ziguinchor, à Kaolack, à Thiès, à Diourbel…et présente une programmation inédite d’ateliers, d’évènements itinérants, d’expositions et de concerts inédits de chanteurs ou de groupes de musique venus d’Afrique, du Brésil, de l’Europe, des Etats-Unis d’Amérique.

 

Parmi eux, Ousmane Gangué qui s’est produit ce 15 décembre aux pieds du Monument de la Renaissance Africaine, une imposante structure haute de 52 mètres en bronze et en cuivre. Cridem a assisté au spectacle d’Ousmane Gangué, une voix de la musique mauritanienne.

 

Il y’a cinq ans, Ousmane Gangué sortait son premier album, Yesso, produit par "Jololi", un label qui appartient au musicien sénégalais Youssou Ndour. Le succès est immédiat. Il épate le public et ses morceaux et clips passent en boucle sur toutes les radios et rares télévisions qui n’avaient pas encore pignon sur rue comme aujourd’hui. Au Sénégal comme en Mauritanie, Ousmane Gangué est désormais l’un des artistes les plus en vue de la scène musicale.

 

Album sans nom 0104Entre temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Mais, ce spectacle d’Ousmane Gangué dégageait des airs de retour en terre sénégalaise. Ce soir-là, Ousmane Gangué que l’âge et l’expérience ont fortement mué, a offert une dose de musique savamment fouettée de sonorités entraînantes, chanté des airs de musique connus, des rythmes de musique inédits. Il interprétera "Yontam", "Hika Wely", "Nenam", "Rendomen", "Africa" et "Malisadio" dans un live époustouflant et électrifiant.

 

Vêtu d’un frafra qui laisse entrevoir toute son élégance, Ousmane Gangué qui scintillait de joie et souriait sans arrêt, était entouré sur scène de Guéladjo Saidou Bâ (le compagnon de toujours), de Domi Blanc Bec (Big Bronzeur Band), de Papis Diarra (Walfadjiri), de Jules Diop (batteur de l'artiste sénégalais Pape Diouf), de Houdou El Hadj Amadou Dieng, de Cheikh Saad Bouh Mboup et de El Hadj Mbaye. Le décor est somptueux et la sonorisation provoque des envies languissantes.

 

Album sans nom 0153Il est 20h 15, lorsqu’Ousmane Gangué, ouvre le concert avec son morceau "Africa", un morceau dans lequel il prône le rapprochement des peuples africains, pour le plus grand plaisir d’une minorité de fans qui connaissaient déjà ses morceaux par cœur. Dans la foule, il y’avait des touristes comme Alberto qui vient de l’Italie. Il témoigne : "C’est vraiment grandiose.  On n’a pas senti le spectacle passé très vite. C’était incroyable. C’était la première fois que je découvre ce chanteur. "

 

Ce soir-là, Ousmane Gangué, très à l’aise, a donné un spectacle d’une haute facture où le public fasciné par les envolées lyriques que gueulaient le tama et les percussions dégustait sa voix forte et chaleureuse, sous l’œil admiratif de cet homme portant son enfant sur son biceps et tenant sa femme par la taille.

 

Quelques heures, plus tard, nous voilà à "Just 4 You" où Ousmane Gangué doit se produire, tirant ainsi un trait sur sa participation au 3e Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar.

 

Là aussi, Ousmane Gangué va chauffer les luminaires. Comme aux pieds du Monument de la Renaissance Africaine, l'Enfant de Rindiaw va littéralement secouer "Just 4 You". L'auteur de "Yontam" et de "Hika Wely" invitera sur scène son jeune frère, Bocandé, Jacques Keita de Takeifa, Fanta Cissikho et Brahim.

 

Puis, Ousmane Gangué, va entraîner le public dans ses ballades acoustiques avant de céder le podium à Cheikh Lô qui se produisait lui aussi ce soir-là à "Juste 4 You". Album sans nom 0174

 

                                            

 

Cridem: Que représente pour vous le fait de jouer au 3e Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar?

 

Ousmane Gangué: J’ai participé à de nombreux festivals internationaux organisés par de grands pays. Et, pour moi, participer à un festival comme le Festival Mondial des Arts Nègres, constitue une fierté.

 

Ce festival dédié à la renaissance africaine se déroule cette fois-ci à Dakar où j’ai sorti mon premier album, Yesso. C’est un plaisir d’être parmi les artistes choisis pour jouer devant le peuple sénégalais. Album sans nom 0073

 

Cridem: Le 3e Fesman célèbre l'homme noir, la culture noire, le continent noir, la renaissance africaine. Que pensez-vous de cela?

 

Ousmane Gangué: On a connu la traite négrière et la colonisation qui sont aujourd’hui de vieux souvenirs. Cela a été possible grâce à la mobilisation du peuple africain et le refus de celui-ci de continuer à se plier éternellement comme un roseau.

 

Cela me fait plaisir qu’on célèbre, à travers le Fesman, l’homme noir, la culture noire, le continent africain et la renaissance africaine. Le Fesman a permis de casser les barrières entre les pays africains et de renforcer les liens qui existent entre les peuples africains. Cela me réconforte que la Mauritanie ait été invité à participer à ce Fesman. Album-sans-nom-0134.JPG

 

Cridem: Qu'est-ce que cela vous fait de revenir à Dakar où vous avez sorti votre premier album "Yesso" en 2005?

 

Ousmane Gangué: C’est vrai que les gens ont commencé à me découvrir lorsque j’ai sorti mon premier album, Yesso, produit par Jololi en 2005. Ici, au Sénégal, on ne m’a jamais vu en live. On m’a connu à travers mes clips qui passaient en boucle sur les chaînes de télévision. De préférence, j’aurai aimé que les sénégalais me découvrent à travers le live. C’est toujours un plaisir de revenir au Sénégal où j’ai sorti mon album.

 

Album sans nom 0073Cridem: Vous allez célébrer les 12 ans d'existence de votre groupe, Kodé Pinal, à Dakar. Est-ce que l'organiser dans la capitale sénégalaise signifie beaucoup de chose pour vous?

 

Ousmane Gangué: Cela me fait très mal de ne pouvoir pas organiser l’anniversaire de mon groupe en Mauritanie. Mais, il faut que les gens comprennent que la musique, c’est un business, une affaire de gros moyens. La musique mauritanienne est en train de mourir à petits feux à cause de l’absence de soutien. Les mauritaniens pensent que soutenir un artiste, c’est jeter de l’argent par les fenêtres. Non ! Si, on m’avait soutenu dans mon propre pays, je n’aurais jamais adressé une sollicitation au Sénégal pour y organiser l’anniversaire de mon groupe.

 

Album-sans-nom-0163.JPGJe sais qu’il y’a des mauritaniens qui peuvent soutenir sans coup férir la musique mauritanienne mais ils ne vont jamais le faire. Doit-on continuer à accepter que d’autres soutiennent nos musiciens alors qu’on peut s’en passer ? Aujourd’hui, à part Ahmed Hamza, quel est ce mauritanien qui est prêt à soutenir un artiste. Je suis prêt à rester en Mauritanie à condition que la situation évolue. Je n’ai que la Mauritanie. Je suis prêt à la représenter, à la défendre. Je suis prêt à m’engager pour la Mauritanie.

 

Mais, à condition qu’il y’ait un retour de l’ascenseur. Je suis prêt à travailler et à soutenir n’importe quel mauritanien qui a pour ambition de développer son pays. Au passage, c’est le lieu de féliciter Mohamed Ould Abdel Aziz. Je ne suis pas un politicien mais je tiens à le féliciter tout de même. Cela fait deux ans que je ne suis pas venu en Mauritanie. Mais, lorsque, j’ai emprunté la route de l’aéroport, j’étais fier, fier d’être un mauritanien, fier de Mohamed Ould Abdel Aziz qui est train de transformer le visage de notre capitale. A ce titre, j’estime qu’il mérite d’être soutenu. Je le soutiens tout en l’appelant à soutenir la musique et les artistes mauritaniens.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
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