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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 19:23

1Les pontes de l'establishment du showbiz qui tiraient la musique mauritanienne donnent aujourd'hui l'impression de traverser un trou d'air, de ne pas progresser. En 2010, à titre d’exemple, peu d'albums ont été sortis. Nos chanteurs ne savent pas trop comment s'y prendre pour tirer la musique mauritanienne de sa torpeur. Alors, sont-ils à ce point là en panne d'inspiration.

 

"Ce n'est pas une histoire de panne d'inspiration, contredit Ousmane Touré. C'est plutôt un problème de moyens. Par exemple, quatre vingt dix pour cent des productions musicales sont des auto productions. Les gens n'ont pas suffisamment de moyens."

 

Résultat, peu d'artistes peuvent se taper le privilège de s'offrir des frais d'enregistrement (entre 25.000 et 50.000 UM), de mixage et de duplication (trop chère). A cela s'ajoute l'absence de chaine de diffusion et de distribution. En conséquence, la qualité musicale est au rabais.

 

Les chanteurs mauritaniens ne semblent pas toujours mesurer les enjeux financiers et économiques de l'industrie musicale et ne comprennent pas encore qu'ils ne peuvent plus se suffire à des aides à la production qui ont, jusqu'ici, permis à certains d'entre eux de tirer leur épingle du jeu.

 

Pour se tirer de cette mauvaise passe ainsi et donner un certain statut à la musique mauritanienne en Afrique, Ousmane Touré explique qu'il faut faire un travail de qualité, seule gageure de succès.

 

"Il ne faut pas se voiler la face. Pour bien vendre, il faut se positionner dans les Musiques du Monde ou World Music. C'est dans cette catégorie où l'on peut trouver des producteurs. Actuellement, par rapport à l'Europe par exemple, le marché du disc est très saturé. En conséquence, pour vraiment se faire accepter, il faut faire un travail de qualité en sortant du lot. C'est un travail de longue haleine", ajoute-t-il.

 

Ousmane Touré est le bassiste de la chanteuse Malouma Mint Meydah. Il est l'un des fondateurs, avec Ousmane Gangué et Guéladjo Ba, du groupe Koodé Pinal. Ce monstre sacré de la musique mauritanienne accompagne souvent des groupes de musique de la place.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Le Fil de l'Actu
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