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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:08

    ATIGH-copie-1
La caravane de dromadaires qui a quitté le village d’Ivigaren le 25 janvier dernier est arrivé depuis ce 5 février à Nouakchott et plus exactement au centre culturel français de Nouakchott, l’ultime étape de cette caravane nomade.


Pendant 10 jours, l’équipe de cette caravane composée de 5 canadiens et de 6 mauritaniens a bravé la chaleur et le froid pour parcourir plus de
100 kilomètres. L’initiateur de cette caravane de dromadaires est Mohamed Mahmoud Ould Atigh, un montréalais d’origine mauritanienne. C’est lui d’ailleurs qui est l’initiateur du Festival Nomade d’Ivigaren qui en était à sa seconde édition.


Cet évènement qui se déroule tous les ans est devenu un moment privilégié pour les habitants de ce village situé à
119 km au sud de Nouakchott d’exhiber leur mode de vie traditionnelle et nomade. Une manière aussi d’arborer, contrairement à ce que pensent certains, qu’ils n’ont pas perdu leurs valeurs, leurs traditions et leurs modes de vie. Face à la sédentarisation de plus en plus accrue qui menace les contrées de l’intérieur du pays comme Ivigaren, Mohamed Mahmoud Ould Atigh semble avoir trouvé la bonne formule : exhorter les populations, par l’entremise d’évènements culturels et d’activités génératrices de revenus, à développer leur village, seule possibilité de combattre la pauvreté à ses yeux et de ne pas abandonner non plus leur contrée faiblement pourvue en infrastructures.


Si cet homme a abandonné sa famille, son village et sa patrie pour aller vivre au Canada, nous a-t-il confié, c’est pour pousser les habitants de son village à ne compter que sur leurs propres initiatives. Grâce à lui donc, Ivigaren qui était oublié comme beaucoup d’autres villages du pays est devenu un nom qui attire l’attention, un village où l’espoir a jailli.


Entre lui et le Canada, c’est devenu presque comme une histoire d’amour. Aujourd’hui, ce pays est devenu la seconde patrie de ce mauritanien à la mentalité et à l’esprit canadiens. Et c’est avec beaucoup de tendresse et de connaissance qu’il parle de ce pays exotique. "Le Canada est une grande nation. C’est un pays très différent des autres pays. C’est un pays qui permet à l’émigrant de bien s’intégrer. C’est un pays où tu peux devenir quelqu’un.

Il faut juste travailler. Il n’y a pas de racisme. Je le dis honnêtement. Il n’y a pas de problème religieux. C’est un pays de liberté", explique-t-il.


A Montréal, Mohamed Mahmoud Ould Atigh fait partie du cercle très restreint des promoteurs galonnés de la gastronomie africaine. Le restaurant qu’il y a ouvert, depuis à peine deux ans seulement, est devenu un haut lieu de dégustation et de la culture africaine. "J’essaie de créer un lien entre le peuple canadien et le peuple mauritanien dans une dimension internationale beaucoup plus large", se justifie-t-il.


Sa philosophie, c’est pousser les mauritaniens à s’accepter et à vivre ensemble. Et pour lui, le Canada peut constituer un exemple parfait pour
la Mauritanie dans le domaine de la cohabitation communautaire, du respect des différences et de la diversité culturelle. Depuis deux ans, à cette période précise, il vient délivrer son message de paix, d’amour et de fraternité qui l’habite profondément aux populations d’Ivigaren.


Loin de se sentir dépaysé, Mohamed Mahmoud Ould Atigh se considère presque comme chez lui, au Canada nonobstant sa différence culturelle et confessionnelle. "Je suis un musulman. Et quand je mets les pieds au Canada, que je veuille prier, les services de sécurité ou de l’immigration m’offrent une natte et m’orientent. Cela me touche énormément. C’est très simple mais c’est un geste pour dire qu’on t’accepte tel que tu es", raconte-t-il.


Mohamed Mahmoud Ould Atigh est aujourd’hui un exemple vivant de ce que devrait être
la Mauritanie, un pont entre différentes cultures. Amener les canadiens à connaître la Mauritanie et vice-versa, tel est aujourd’hui son sacerdoce.

 

Pour fêter d’ailleurs l’arrivée de cette caravane, la poutine qui est un plat national du Québec composé de pommes de terre frites arrosées d’une sauce canadienne a été préparée. Les visiteurs ont eu à découvrir aussi divers produits ramenés par la caravane allant du sirop d’érable, de canneberges et bleuets séchés aux sacs de produits artisanaux des femmes d’Ivigaren en passant par les épices, le sel brut, la viande séchée et le poisson séché d’Imraguen. Rendez-vous est donné, Incha Allah, en 2011 à Ivigaren où seront attendus différentes nationalités étrangères pour célébrer la troisième édition du Festival Nomade d’Ivigaren.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Evenements-Concerts
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