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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 22:25

                                            
Les mauritaniens, on l’ignore peut-être, raffolent aussi du théâtre. Et pour lui redonner du lustre, Daouda Kane qui sera sans nul doute l’artiste le plus vu de ce mois de décembre (le 16, il sera au CCF), a trouvé juste : initier la «Nuit du rire» dont la première édition a eu lieu à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara situé à la Socogim PS ce 4 décembre.

 

Ils étaient tous là et ils ont tous assuré. Yasmine Diallo, la femme tendre et élégante. Bouna Diakité, le grand cuisiner. Sophie Diallo, l’intellectuelle qui se cache derrière ses binocles. Khalilou Diagana, le fantasmagorique toujours en costume. Et, enfin, Daouda Kane, le maître des canulars et éventuel candidat à l’élection présidentielle de …2014.

La nuit est tombée sur l’Espace Diadié Tabara Camara. Il est 20h. La salle est pleine. Sur l’estrade, à part une inscription au mur en gros caractères indiquant que c’est la Nuit du rire, un pupitre et deux canettes de Hawaï transformées en micro, rien ne montre qu’il s’agit de la Nuit du rire.

 

D’un coup, surgit Dj Paco. «Votre attention, s’il vous plait », lance-t-il à l’endroit du public un peu distrait pour annoncer le début de la soirée. Les choses sérieuses commencent. Le public retient son souffle. Papis Koné, de sa guitare qui ne la quitte presque jamais, ouvre la soirée avec son morceau «Wadiour» et nous entraîne dans son univers acoustique.

 

Des sketches, de toutes les saveurs, on en a entendu ce soir-là. Tantôt, c’est les voleurs de courant qui sont attaqués au vitriol. Tantôt, c’est des piques qui sont lancées à nos administrateurs. Personne n’y échappe même nos hommes politiques.

 

Dans ces sketches, on y retrouve, avec un tantinet de sarcasme et de drôlerie, des airs d’une campagne électorale où l’on passe tout le temps à promettre ceci ou cela…sans jamais les tenir une fois élu maire, député ou Président de la République. De l’immigration clandestine à l’éducation en passant par la scolarisation des filles, les scènes de ménage, la polygamie, les travers de la société, tout est passé à la loupe. 
                             61daouda[1]
Pendant plus d’un tour d’horloge, le public, entre deux régales, ne s’est pas privé de déguster les vannes de «Vent du Sable». A la fin du spectacle, tout le monde a aimé et bien apprécié.

 

Des cris d’enthousiasme, des mots d’encouragement et de félicitation, des bravos accompagnés de salves d’applaudissement, des empoignées de main et des accolades ont fusé de partout dans la salle qui était devenue trop petite ce soir-là pour contenir tout le beau monde qui était venu admirer Daouda Kane et le Vent du Sable. Et tant pis pour ceux qui ne sont pas venus ! Le sillon est déjà tracé pour cette compagnie théâtrale.

 

«Je suis tout d’abord ému et à la fois heureux de savoir qu’il y’a des mauritaniens et des mauritaniennes qui ont le sens de l’art, qui ont vraiment cette vocation-là dans un pays où il y’a vraiment un vide culturel, où il n’y a pas de politique culturelle, où il n’y a personne pour les encourager. Je suis très content d’avoir assisté à cette soirée. Ils sont dans le début du travail et je pense que s’ils sont encouragés, ils peuvent faire des merveilles. J’en suis convaincu. C’est des jeunes qu’il faut soutenir », a confié M. Fara Ba.

 

«J’éprouve une grande satisfaction et le public a répondu présent. Cela prouve que le théâtre est une activité qu’il faut organiser en Mauritanie puisqu’il fait partie de notre culture. Les mauritaniens aiment le théâtre. On voit des scènes de théâtre partout, dans la rue, devant les boutiques, sous les arbres, dans la circulation où se passent des choses extraordinaires. On peut se servir du théâtre pour faire véhiculer des messages et plus particulièrement le rire. On est dans une société où il y a tellement de choses qu’on a besoin d’évacuer. Quand des gens viennent à l’Espace culturel et qu’ils sortent avec le sourire, cela me fait plaisir», a renchérit Siré Camara, directeur des activités de l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

 

La Nuit du rire est l’aboutissement de deux mois de réflexion pour en fin de compte susciter davantage de vocation théâtrale en Mauritanie. Et comme l’explique son initiateur Daouda Kane, ce n’est pas seulement une Nuit pour faire rire. «C’est pour d’abord lancer des messages qui nous concernent tous à travers des sketches comiques », précise-t-il.

 

Au début, Daouda Kane avait invité 7 groupes de théâtre. Seul Saldou Art a honoré sa présence. Tout le reste à savoir ACATT, Timtimol, Dekkal Thiossane, El Mashiral Jedid et l’Association Sportive et Culturelle des Ressortissants de Guidimakha (ASCRG) a décliné l’invitation. Quant à Sifa Hanki Pinal Handé, pour des raisons de tournée à l’intérieur du pays, n’a pu être présent. Au bout du compte, Daouda Kane semble déçu.

 

«C’était très complexe de réussir la première édition. Déjà, je dis Dieu merci. Ce n’est pas mal comme début. C’est vrai que la déception est là. Les compagnies de théâtre qui m’avaient dit oui dès le début ne sont pas présentes. Mais, j’ai compris. Quelque part, ce n’était pas évident. Ce n’est pas de cette manière qu’elles devaient réagir », dit-il.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Théâtre-Humour-Comédie
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