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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 22:18

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Sa voix timbrée convient si bien au Ndjarou. Et contrairement, à la plupart de nos artistes qui ont tendance à reprendre les airs de Youssou Ndour, de Baba Maal ou d’un quelconque autre artiste étranger, Seydou Sow a réussi à devenir aussi atypique que son style musical, l’Afro peul, dans lequel il se confond.

 

"Seydou Sow est un artiste original, un artiste qui est un peu unique en son genre. Lorsqu’il chante, il dégage merveilleusement une tonalité qui impressionne. Quand vous êtes avec lui, il vous pousse à se surpasser", témoigne Papis Koné, chef d’orchestre de Walfadjiri.

 

Il s’arme d’ambition et de volonté puis commence à écrire ses chansons. En 2009, lui et sa bande de copains sortent leur premier album, Séhil. La réaction du grand public est positive. Celui-ci dégote un album inédit qui inaugure ainsi un nouveau style de musique, taillé sur mesure : l’Afro peul.

 

Mais, que de chemin parcouru avant d’en arriver là ! Seydou Sow a offert, lui et ses potes, à la musique Ndjarou, non sans superbe, toute la place qui lui sied aujourd’hui en lui donnant vie. Né d’un père douanier, Seydou Sow a vu le jour le 31 décembre 1975 à Nouakchott, grandi à Rosso (Mauritanie) et vécu un peu Diaguili.

 

En face de lui, ne cherchez pas à lui coller une origine, une étiquette, une identité. "Je suis africain", vous rétorquera-t-il. Cet ancien apprenti en électricité-auto et bâtiment reconverti en chanteur n’aime pas qu’on parle de lui. Il préfère qu’on le voie sur scène et le juge. Là, il caresse la musique dans le sens du poil. "Il ne faut pas se voiler la face. Rien n’est acquis dans la vie encore moins dans le domaine de la musique où j’évolue", élude-t-il.

 

Devenir comme Youssou Ndour ou rien

 

Seydou Sow veut aujourd’hui se tracer un parcours qui ressemblera à celui de l’artiste sénégalais Youssou Ndour, le roi du mbalax. A bas âge, il découvre la musique en écoutant ses chansons dont "Taaw" qui l’a beaucoup marqué tout comme le reste de son répertoire.

Certes, il n’a pas le magnétisme de Youssou Ndour, son idole, ni la voix de Baaba Maal, son reflet, ou encore celle de Abou Diouba Deh qui provoque chez lui la chair de poule. Mais, Seydou Sow qui a un esprit "Poulagu" sait que le chemin à parcourir est pavé d’embûches. Pour lui, l’artiste devient indéfendable lorsque ses sources d’inspiration sont tarissables. "Si un artiste est incapable de composer ses propres textes, celui-là ne mérite pas le titre de chanteur qu’il porte", explique-t-il.

 

Nomade et militant, Seydou Sow qui garde un pied-à-terre rêve d’une carrière internationale prometteuse. "Je suis un artiste et tant que tel j’appartiens à toute l’humanité", précise-t-il sans démagogie.

 

"La volonté et l’envie sont là", soutient-il. Ce sont ces deux mots-là d’ailleurs qui l’ont poussé en 1994 d’aller à l’école de la vie. "Je suis très curieux", souligne-t-il au passage. A l’école, Seydou Sow était terrible. Alors, perturbateur ? L’image lui allait. Déjà jeune, il aimait la musique mais n’a jamais osé prendre le micro en public. La musique a toujours constitué une sorte de drogue pour lui. "Le lait de vache, aussi", complète-t-il.

 

A l’école, tout ce qui l’intéressait, c’était la récitation et le chant où il excellait à merveille. Il rêvait déjà de musique à cette époque. "J’avais à l’esprit de faire de la musique mais je n’osais pas le faire", indique-t-il.

 

La raison, c’est que chez lui, la musique n’est pas une histoire de famille. A l’âge de vingt ans, il découvre, à Nouakchott, les affres d’être un jeune artiste dans un environnement très hostile où il est plus facile d’abdiquer que de porter une ambition. En confrontant sa vie avec la dure réalité du monde, Seydou Sow se forge une personnalité de musicien en faisant du théâtre avec le groupe "Piindi Pinal". Plus tard, il apprît le métier de chanteur derrière Nasser en choriste avant de passer devant le micro et devenir aujourd’hui le lead vocal incontesté de Walfadjiri de Nouakchott.

 

Depuis, porté par un vent d’optimisme, la musique semble le lancer comme sur des roulettes. Influencé par la World Music, biberonné par la musique traditionnelle peule, celui qui veut un jour parler l’anglais comme Barack Obama et le français comme Nicolas Sarkozy, l’une des nouvelles voix de la musique mauritanienne veut être considéré comme le "Roi du Ndjarou". La musique Pop avait son roi en la personne de Michael Jackson. Désormais, la Mauritanie en a un. Il s’appelle Seydou Sow. A trente cinq ans, il veut devenir comme Youssou Ndour ou rien du tout.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by ducdejoal - dans Portraits-Rencontres
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