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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 18:13

sOYASoya Watt anime avec Abdallahi, Makhou et Pape Diallo l’émission "Chebab" qui passe à la TVM Plus tous les mercredis entre les deux JT de 20h et de 21h 30. Cette émission connaît un succès grandissant auprès des téléspectateurs. Mais derrière ce succès apparent se cache bien une situation délétère presque commune à tous ceux exercent le métier de journaliste ou d’animateur : deux ans de travail sans embauche ni congé.  Dans l’interview suivante, elle répond à plusieurs questions, dont celles relatives à leurs conditions de travail, à la nécessité d’adapter leur émission aux nouvelles exigences de la société mauritanienne, à leur rôle de participer à l’éveil des consciences…

 

Le Rénovateur Quotidien : Comment est-ce que vous élaborez la conception thématique de votre émission "Chebab" qui est très suivi dans les foyers ?

 

Soya Watt : Au tout début du lancement de cette émission, on faisait l’enregistrement à la Maison des cinéastes dirigée par Abderrahmane Ahmed Salam. C’est à la suite d’un coup d’essai de trois mois concluant que les responsables de la TVM Plus ont proposé à que cette émission s’y fasse dorénavant.  Le choix des thèmes se faisait de concert avec Abderrahmane Ahmed Salem. On privilégiait plus les sujets qui touchent directement la jeunesse mauritanienne.

C’est plus tard, lorsqu’on s’est installé à la TVM Plus, qu’on a commencé à diversifier nos thèmes. Chaque semaine, nous abordons un nouveau sujet d’ordre social, économique, culturel, politique... On descend sur le terrain pour faire nos reportages, nos recherches sur le sujet qu’on devra aborder la semaine. A notre retour au studio, on fait le montage et les derniers réglages.

 

Le Rénovateur Quotidien : Votre travail s’effectue-t-il dans de bonnes conditions ?

 

Soya Watt : Pas du tout ! Nous enregistrons parfois nos émissions dans des conditions assez difficiles. Nous faisons parfois des plateaux sans reportages. On a souvent des problèmes de caméra, de montage. En conséquence, on ne pourra pas montrer les éléments de notre reportage à nos téléspectateurs. Dans de pareilles circonstances, on est obligé de rediffuser.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et souvent, vous en abusez. C’est dû à quoi ?

 

Soya : Les rediffusions sont dues à des problèmes techniques et matériels. Par exemple, lorsqu’il y a de grands évènements, on éprouve toutes les peines du monde à ce qu’on nous disponibilise une caméra. On peut rester de 9 heures à 14 heures à attendre... Les problèmes de micro, de cameras sont récurrents. Il nous arrive aussi de faire le pied de grue en vain. Dans ce cas, on sera obligé de rediffuser l’une de nos émissions précédentes. C’est indépendant de notre volonté !

 

Le Rénovateur Quotidien : Comme son nom l’indique, votre émission est un programme qui s’adresse d’abord à la jeunesse. Mais, aujourd’hui, celle-ci ne semble plus s’y retrouver. Que répondez-vous ?

 

Soya Watt : On a fait beaucoup d’efforts pour améliorer la conception thématique de notre émission. Et, dire que la jeunesse mauritanienne ne semble pas se retrouver dans notre programme, c’est se tromper de route. Puisque, malgré nos faibles moyens, nous essayons tant bien que mal d’aller à la rencontre des populations et notamment des jeunes pour mieux comprendre leurs préoccupations. On n’est pas là pour apporter des solutions. On est là pour susciter juste le débat, attirer l’attention sur certaines choses que les mauritaniens vivent. Nous demandons juste l’indulgence des gens et qu’ils comprennent surtout que ce n’est pas une sinécure. Nous exerçons parfois notre métier dans des conditions peu amènes. Aujourd’hui, l’émission "Chebab" a une côte d’audience très importante. La preuve, c’est qu’elle est même regardée par des grandes personnes. Ce programme à la fois éducatif, culturel, social…est un programme inclusif et rassembleur, une émission qui reflète toutes les composantes communautaires du pays. Nous avons fait de nombreuses émissions qui abordent les difficultés de la jeunesse mauritanienne. Nous sommes en train de concevoir un nouveau rubriquage de notre émission pour mieux nous rapprocher de la jeunesse mauritanienne. On fait de notre mieux malgré les anicroches par-ci et les crocs-en-jambe par-là. Les idées ne manquent pas. Ce sont les moyens qui ne suivent pas.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous arrive-t-il parfois de cogner parfois sur le laxisme des pouvoirs publics ?

 

Soya : Oui ! Par exemple, récemment, on a évoqué les difficultés que rencontre la musique mauritanienne. Certains font endosser cette responsabilité sur le compte de l’Etat. Certes, les pouvoirs publics ont une part de responsabilité dans cet échec. Mais, aussi, nos artistes ne peuvent pas être déculpabilisés. Et pourquoi ne se mobilisent-ils pas pour montrer vraiment leur ras-le-bol, se faire entendre ?  

 

Propos recueillis par

Babacar Baye Ndiaye

 

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Published by leducdejoal - dans Interviews
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