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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 23:16

 

Le public a succombé à son charme très rapidement. Son concert du 9 octobre au centre culturel français a presque affiché plein. Actuellement, le jeune Théo est en train de mener sa carrière musicale en vrai professionnel.

 

Le défenseur de la tribu malgache «Mikéa» dont il est issu et dont le groupe porte le nom a déclenché la fibre de l’enchantement et de l’émerveillement chez le public le temps qu’a duré le concert.

 

Par le biais de sa musique, le béko, Théo Rakotovao est devenu le symbole et simultanément le défenseur de la tribu malgache, Mikéa. Et, pourtant, lorsqu’il décide de se lancer dans une carrière musicale, personne ne donne cher sa peau.

 

En 2005, il sort son premier album «Longo» et en 2009 «Taholi». Avec son triomphe au «Prix Découvertes Rfi Musiques » de 2008, les portes de la scène internationale s’ouvrent à lui grandement. Donnant ainsi un coup d’accélérateur à sa carrière musicale. Entre temps, il a participé à des festivals internationaux comme le «Timitar» au Maroc en 2006 et le «Sakifo» en 2007 à la Réunion.

 

Il a été ce 9 octobre à Nouakchott dans le cadre d’une tournée internationale qui l’a déjà mené au Tchad, au Gabon, en République Démocratique du Congo, au Mali, au Burkina Faso, au Ghana et bientôt au Sénégal et enfin au Cap-vert où il devra boucler son voyage.

 

Théo Rakotovao appartient au peuple Mikéa qui vit au sud-ouest de Madagascar. «Je viens de là-bas et toute ma famille y vit», précise-t-il.
                           52 MIKEA[1]

Aujourd’hui, il nourrit des appréhensions de voir ce peuple et son environnement (la forêt) disparaître parce que menacés de toute part par la déforestation et les envies pantagruéliques des industriels du bois qui se soucient de tout sauf de la préservation de la nature et de certains patrimoines culturels.

 

«J’ai donné le nom de Mikéa à mon groupe pour justement lancer un cri d’alarme pour sauvegarder cette culture qui est presque en voie de disparition», explique-t-il.

 

Aujourd’hui, il n’appartient plus à la seule tribu Mikéa, au Madagascar encore moins à l’Afrique. Il appartient à tout le monde. A l’entendre chanter, on croirait entendre la voix de Tracy Chapman, de Lokua Kanza ou de Richard Bona.

 

Sa voix forte et transperçant de même que sa musique qui rappelle quelque part la musique zoulou et le blues américain ne se consomment plus uniquement à la Grande Ile. Il représente la musique africaine. «En Afrique, il n’y a pas grand-chose mais on a nos musiques et nos cultures », dit-il.

 

Originaire du sud-ouest de Madagascar, Théo Rakotovao joue un genre musical personnel, le béko’n blues qui est un mélange de chant traditionnel où il raconte les difficultés de la vie et notamment de…l’Afrique.

Ces chansons sont aussi de véritables hymnes à la femme malgache comme «Mimy» qu’il a chanté ce soir et dédié à sa mère et à travers elle à toutes les femmes du monde. Tantôt jouant avec son Kabossé (son fidèle compagnon), tantôt avec sa guitare, il nous a entraînés entre deux ballades rythmées par des battements de jambes à voyager au cœur de la forêt malgache. Sa musique (le blues malgache comme il dit) est aussi un mélange d’acoustique où domine le Kabossé qu’il a passé toute sa jeunesse à titiller, dans son village.

 

Depuis qu’il a remporté le «Prix Découvertes Rfi Musiques», il s’est retrouvé dans un état de grâce qui lui a permis de voyager en Afrique et un peu partout à travers le monde pour partager la musique malgache. «On connaît Madagascar mais on ne connaît pas vraiment la musique malgache. Le Prix Découvertes Rfi Musiques a été un coup de pouce très important », explique-t-il.

 

A la fin du spectacle, il a offert au public une très belle reprise de «Hey Joë» de Jimmy Hendrix. «Quand je l’ai écouté pour la première fois, ça m’a rappelé la manière de chanter chez nous », confie-t-il.

 

Babacar Baye Ndiaye

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Published by Babacar Baye Ndiaye - dans Evenements-Concerts
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