Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:42

Tily-Men.JPGDeuxième finaliste du Concours Assalamalekoum Découverte, Amar Seck alias Tily Men flotte sur le rap depuis 1999. Cet originaire de la ville de Rosso en Mauritanie où il est né en 1983 s’est fait connaître d’abord à travers le collectif rossossois "Bagne Bagne Nangou" et de celui du 6e arrondissement de Nouakchott "Bad Clan". Avant de monter en 2008 WGD "Wakh nga deug" avec Moussa Mbengue alias 3R, Cheikh Fall alias Tom et Malick Thioub alias Lickmy.

 

La musique de cet infatigable traqueur de l’ignorance et de l’injustice est inspirée par la vie sociale. Très jeune déjà, il sonnait vrai. "Je me suis toujours considéré comme un envoyé de Dieu", assure-t-il. La condition humaine de sa ville natale, la pauvreté, la misère, le chomage des jeunes l’ont amené très tôt à prendre conscience. "Pour affronter tout cela, je ne voyais qu’un seul refuge : la musique", dit-il.

 

Cet admirateur de Method Man, de Busta Rhymes et de Sticky Fingaz a pu surmonter les obstacles de la vie et apaiser ses atermoiements grâce au rap qu’il mettra, par la suite, au service de la dénonciation constructive. Depuis qu’il a découvert Assalamalekoum Découverte, sa vie a pris une autre tournure.

 

"Cela fait trois ans que je suis à Nouakchott, que je ne suis pas monté sur des scènes. Depuis que je participe à Assalamalekoum Découverte, j’ai franchi une étape majeure dans ma vie et carrière musicale", avoue-t-il.

 

L’ascension musicale de Tily Men ne relève pas du contraste et du miracle. Révulsé par la vie qu’il menait à Rosso où il détonnait avec son speed underground qui demande beaucoup d’effort au niveau des cordes vocales, il débarque à Nouakchott, en 2002. Après avoir claqué, en seconde, les portes du lycée.

 

Là, aussi, à El Mina, il y affronte la cruauté de la vie. Et veut se faire une nouvelle vie scolaire en s’inscrivant au lycée technique de Nouakchott pour y apprendre la mécanique. Mais, le cœur n’est pas à l’ouvrage. Visiblement, il s’est trompé d’adresse. Il abadonne définitivement les études et se met à construire son univers musical.

 

"En classe, la musique occupait mes pensées, se souvient-il. Je ne prêtais pas attention aux cours et explications des professeurs. Au fur et à mesure, la musique prenait le pas sur mes études. Du coup, je ne pouvais plus tenir la barre". Il cède face au rouleau compresseur de la musique. Dès lors, il se met à écrire, à l’apprentissage de la vie, à vouer à la musique une passion divine. Il commence à ressentir naître chez lui une forme de révélation et d’ambition forte.

 

Jusqu’au jour où il a écho du Concours Assalamalekoum Découverte. "C’est une forme de promotion qui peut mener partout", se dit-il. Alors, il ne tergiverse pas à se ruer sur les brancards, espérant que cela peut, un jour, le mener un peu partout à travers le monde. Mais, il est clair que sa vie ne s’arrêtera pas avec Assalamalekoum Découverte.

 

"Je veux avancer dans ce que j’aime, montrer à tout le monde que j’ai des jambes solides pour réaliser mes rêves", soutient-il, convaincu de ses propos. Qui sont taillés dans le roc de la frustration, de la déception, de la révolte et de la contradiction que vit la jeunesse mauritanienne à qui il ne manque pas de rappeler que la vie n’est pas simplement "boire du thé et passer toute la nuit à veiller".

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

Partager cet article

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans RapRim
commenter cet article

commentaires