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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 13:07

Toumani-Diallo.JPGVoir Toumany Diallo derrière un micro n’est point surprenant. Il a vu défiler dans son enfance, au domicile de son père à Madina Ndiajbé, dans le nord du Sénégal, de grands musiciens comme feu Djabi Doua ou encore Goudja Mandjou.

Les dieux de la musique avaient décrété que ce natif de Soringo porterait très haut la voix de sa communauté. Portrait d’une voix en éclosion qui a décidé de ne plus jouer les seconds rôles sur la scène musicale mauritanienne. Le 15 mars 2012, il sera à l’affiche à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) pour confirmer son statut de voix en pleine éclosion.

De prime abord, lorsqu’on écoute Toumani Diallo, on sent chez lui un sens inné de la musique. Et, pourtant, le natif de Soringo a fait du chemin. Né en 1970, Toumani Diallo est le fils d’Hameth Tène Diallo qui fut un grand joueur de Doundou, une sorte de grosse caisse à bois servant de tam-tam. Il fut l’un des premiers artistes issus de la communauté soninké à se faire enregistrer, à l’époque, à Radio Mauritanie, bien avant l’apparition de la Télévision de Mauritanie (TVM).

C’est à Madina Ndjajbé, haut de lieu de la diversité culturelle entre poular et soninké, que Toumani Diallo a fait ses débuts dans le milieu des arts en se frottant d’abord au théâtre puis ensuite à la danse. Au même moment, il découvre le grand chanteur du terroir Ngary Law qui faisait, à l’époque, la pluie et le beau temps dans le Fouta aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie.

Toumani Diallo est éternellement guidé par son étoile. C’est ainsi qu’en 1998 qu’il rejoint la capitale mauritanienne, Nouakchott, y fait la connaissance de Kalidou Fall dit Kals qui deviendra plus tard son manager. Celui-ci, après lui avoir fait un test concluant, l’intègre au sein du groupe "Linkirémou" dont il est l’encadreur.

"Il avait déjà la voix, une très belle voix d’ailleurs. Mais, il ne connaissait aucune loi de la musique. Il ne respectait pas les mesures. Il chantait toujours dans le vide", se souvient Kalidou Fall dit Kals.

Pour étoffer son sens inné de la musique sous l’ombre de l’acacia, ce dernier, qui est aussi le bassiste de Thiédel Mbaye, l’introduit auprès de cette grande voix de la musique mauritanienne. Sa voix séduit et très rapidement, il devient membre à part entière de son groupe, le Yella Alamary. Il voyage. Et, de plus en plus, il assure les premières parties de Thiédel Mbaye, lors de ses spectacles, à Nouakchott, à l’intérieur du pays ou en dehors de ses frontières.

Avec Thiédel Mbaye, Toumani Diallo fera du chemin. Sa première heure de retentissement musical sonnera lors de l’enregistrement en février 2009 à Nouakchott de l’émission "Couleurs Tropicales" de Claudy Siar pour la première fois en Mauritanie. Il offrira au public une prestation musclée qui émoustillera Claudy Siar.

Son passage à l’émission de Claudy Siar marquera désormais un tournant décisif dans la suite de la carrière du jeune musicien qui affirme et affiche de plus en plus ses ambitions sur la scène musicale mauritanienne. Son nom est désormais à ranger aux côtés des grandes nouvelles voix de la musique soninké comme Demba Tandia ou Lansana Hawa même si ceux-ci ont déjà une longueur d’avance musicale et personnelle sur lui. En 2010, il ouvre son compteur discographique avec l’album, Sokhano (paysan) dans lequel il ne manque pas de rendre un vibrant hommage à son père qui lui a transmis le virus de la musique.

Produit par Kalitex Productions, cet album qui n’a pas connu trop de succès en Mauritanie en matière de diffusion lui fera opérer un changement néanmoins sur le plan personnel et notamment musical. "On y retrouve dans cet album de la musique ternaire (le yerbété), du reggae. Tout ça, pour montrer son ouverture d’esprit", explique Kalidou Fall dit Kals.

L’identidé musicale de Toumani Diallo est issue de croisement entre la musique moderne et traditionnelle. Ce qui fait de lui un des rares promoteurs de la musique fusionelle en Mauritanie. Une manière pour Toumani Diallo de refuser d’ores et déjà l’étiquette d’artiste du "terroir".

Depuis qu’il est revenu d’Algérie, à Tlemcen, "Capitale de la Cluture Islamique", Toumani Diallo se sonde. Aujourd’hui, près de 13 ans après ses débuts dans le milieu de la musique, il continue à faire de l’effort d’aller de l’avant. Comme tout aussi, de sortir prochaienement son deuxième album. Déjà, Kmara Productions veut s’arracher sa belle voix.

Babacar Baye Ndiaye

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Portraits-Rencontres
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