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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 16:36

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La cinquième édition du Festival Assalamalekoum 2012 placé sous le haut patronage de la Commununauté Urbaine de Nouakchott (CUN) avec le soutien de la Région Ile-de-France et de l’Institut Français s’est terminée vendredi 29 juin après une semaine d’ateliers, de concerts, de débats, avec une fréquentation qui a littéralement transcendé les expectatives de Zaza Productions.

Le plateau de ce vendredi 29 juin réunissait sur la scène, au stade de Ksar, 15 artistes et groupes de musique, dont une dizaine d’artistes mauritaniens évoluant dans le domaine du rap, de la musique traditionnelle et moderne.

Le concert a duré plus de quatre tours d’horloge en l’espace duquel le public a vu défiler sur l’imposante scène le comédien Beuneu, Ennemi Fénandé, Djibril Puissance Rap RIM, Jobal’Art, Number One African Salam... A côté d’eux, des voix et des musiques, comme celle de Ndèye Coumba Dia, de la ravissante Noura Mint Seymali, de Rimka et le plaisant Paco Léñol accompagné d’Abou Camara.

L’affiche de la deuxième partie du concert était consacrée à des artistes étrangers. On trouvait Adiouza, l’une des nouvelles voix de la musique sénégalaise, Malikah, la reine du rap libanais, Canabasse, le jeune fouettard du rap sénégalais et Pape Thiopet. Pour sa cinquième édition, le Festival Assalamalekoum a confirmé son esprit d’ouverture que compte désormais ancrer Zaza Productions, porteur du projet.

La cinquième édition du Festival Assalamalekoum 2012 a été dédiée à la lutte contre la corruption et l’utilisation du zazou. Le Festival Assalamalekoum a été lancé en 2007 par Kane Limam alias Monza. Au fil des années, il s’est imposé et a fini par séduire. Reportage en images et vidéo.

Babacar Baye Ndiaye

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 01:42

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Invitée du Festival Assalamalekoum 2012, la jeune chanteuse sénégalaise, Adji Kane Ouza Diallo, plus connue sous le sobriquet d’Adiouza, s’est produite, pour la première fois en Mauritanie, ce vendredi 29 juin, au stade de Ksar, à Nouakchott, en interprétant deux morceaux en l’occurrence "Madou Sarr" et "Samba Mbalax".  Une belle occasion d’aller à la rencontre de cette ethnomusicologue affirmée à l’antipode de l’exigence des canons de beauté occidentale.

Fille d’un artiste très réputé pour son engagement, Adiouza a très tôt baigné dans un environnement musical. Sous l’œil de son père, elle se met, très jeune à communiquer avec le micro. Comme toutes les grandes voix, elle a commencé à éclore sa passion musicale, à l’âge très précoce. Souvent, après les répétions de son père, elle et son frère, Cheikh Lô Ouza Diallo, improvisaient leur propre scène.

Faire une carrière musicale va véritablement s’imposer en elle plus tard, en classe de terminale. Elle s’essaie d’abord, sous l’encadrement de son frère, Cheikh Lô Ouza Diallo, au jazz et à la variété, se produit dans certains Clubs de Nuit de Dakar. Elle se présente, parallèlement, à un concours d’entrée à l’Ecole Nationale des Beaux-arts de Dakar où elle est recalée pour son niveau de français moyen. Ce fiasco est vécu comme une humiliation. Mais, elle a déjà une idée derrière la tête : aller en France. "J’ai remué ciel et terre pour y aller", explique-t-elle.

Dakar-Paris-Bahia

Auteur-compositeur, Adiouza est avant tout ethnomusicologue affirmée. Son passage au département de Musique de l’Université Paris-VIII lui permet de découvrir les musiques de tradition orale qu’elles soient de l’Amérique du Sud, de l’Afrique ou de l’Inde. Son premier Master portera, d’ailleurs, sur la musique Bassari, et le second, sur la musique du  Lamb ou lutte sénégalaise.  

Férue de découvertes et de rencontres, elle voyage au Mali, au pays du Wassalou où est originaire Oumou Sangaré. "Cette période m’a beaucoup enrichi et a fait de moi, ce que je suis devenue aujourd’hui", dit-elle.

Entre deux voyages, deux nuits, elle écrit, compose. En 2009, elle sort son premier album, Madou, fruit de son aventure et de ses recherches musicales. Dans cette production aux airs de revanche, on retrouve des morceaux à succès comme Nobel inspiré de Carmen de l’auteur-compositeur français du XIX siècle Alexandre-César-Léopold Bizet, dit Georges Bizet, Je M’Voyais déjà de Charles Aznavour. La sortie de cet album la propulse sur la scène musicale sénégalaise.

"Par cet album, j’ai voulu partager toute l’expérience que j’ai eue à travers d’autres musiques et d’autres pays aussi", explique Adiouza.

Cette envie de partager la mènera à Bahia, au Brésil plus tard pour les besoins de ses recherches musicales. Entre un aller-retour entre le Brésil et le Sénégal, elle compose et sort un single, Samba Mbalax, qui figurera aussi dans son second album lequel sortira dans moins de deux mois. Le morceau, Samba Mbalax, s’inscrit aussi dans une démarche d’ouverture musicale.

Refus d’être "éternelle esclave aliénée"

Aujourd’hui, Adiouza semble avoir redécouvert son africanité. Désormais, elle refuse d’être cette "éternelle esclave aliénée" qui suit aveuglément "le diktat de la suprématie des canons de beauté occidentale". Très adéquate avec sa pensée, Adiouza, portée par une revendication identitaire, adopte un look afro, se gausse des nouvelles techniques de beauté.

"A un moment donné, je n’en pouvais plus parce que je dépensais beaucoup de sous juste pour mes cheveux naturels. Pour la dépigmentation, cela demande beaucoup de sous. C’est bon là, me suis-je dit à un moment! On ne peut pas continuer à ressembler à quelqu’un qui n’a jamais cherché à vous ressembler", affirme-t-elle. 

Un bel avant-goût du prochain album sur lequel elle a déjà bossé et où "l’on retrouvera plusieurs sonorités", précise-t-elle. Depuis la sortie de son premier album, Madou, sa carrière musicale a pris l’envol. Et, désormais, vivant entre Paris et Dakar, Adiouza porte sur sa tête la couronne d’artiste consciente, en phase avec les réalités sociales de son environnement, pour servir d’orientation à ses sœurs. "J’ai beaucoup voyagé et je sais comment les autres nous perçoivent, ce qu’ils pensent de nous", dit-elle. Suffisant pour elle de se montrer rebelle. "Nous devons  montrer notre africanité et être fiers de ce que nous sommes", lâche-t-elle avec beaucoup de solennité.

Ses amis Dobet Gnahoré, Mokobé, Fatimata Diawara sont aujourd’hui connus sur les scènes d’Europe et des Etats-Unis d’Amérique. A leur image, elle compte se lancer dans une carrière internationale. "J’ai envie de défendre mon pays, de partager ma musique, tout ce que je fais avec d’autres cultures et prendre aussi ce que les autres cultures peuvent m’apporter".

Babacar Baye Ndiaye

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 02:59

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Plus d’une dizaine d’artistes nationaux et internationaux se produiront, ce vendredi, au stade de Ksar, lors du dernier jour du Festival Assalamalekoum 2012 placé sous le haut patronage de la Commununauté Urbaine de Nouakchott (CUN) avec le soutien de la Région Ile-de-France et de l’Institut Français. Pour la clôture de la 5e édition du Festival Assalamalekoum 2012, il y’en aura pour tous les goûts et pour toutes les musiques.

La première partie de ce concert sera assuré par des mauritaniens qui ont déjà creusé leur trou sur la scène musicale à l’image de Noura Mint Seymali ou de Ndèye Coumba Dia. A côté d’eux, des voix du rap mauritanien se succéderont sur la scène. Parmi elles, on peut citer Djbril Puissance rap RIM, Enemy Fenandé, Paco Léñol, Number One African Salam (N.A.S.), Rim-K Tidré, Jobal’Art et Zéina.

A leur suite, les artistes sénégalais Adiouza, Pape Thiopet et Cannebasse ainsi que la libanaise Malikah défendront leurs voix et leurs musiques sur la géante scène qui sera édifiée dans l’enceinte du stade de Ksar.

Babacar Baye Ndiaye

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 01:19

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La cérémonie de remise des Prix de la 5e édition du Festival Assalamalekoum a consacré, lundi soir, à l’Institut Français de Mauritanie (IFM),  dans la catégorie des Prix de reconnaissance pour action accomplie, le site d’informations, C.R.I.D.E.M, pour service rendu à la culture mauritanienne. De son côté, DJ Paco, qui est à la Radio Mauritanie (RM), s’est vu décerner le Prix pour 20 ans de micro au service du rap et de la musique mauritanienne.

Quant au Prix de la promotion de la culture en Mauritanie, il est allé à Babacar Baye Ndiaye, journaliste à Cridem. Le rappeur Abdoulaye Yéro Sow, toujours dans la catégorie des Prix de reconnaissance pour action accomplie, était à l’honneur avec le Prix Création premier festival "Wélooti" à Bababé, dans le sud de la Mauritanie. Md Mouls s’est vu, lui aussi, honorer avec le Prix pour 17 ans de street promo du hip hop.

La cérémonie de remise des Prix de la 5e édition du Festival Assalamalekoum a été l’occasion de rendre un vibrant hommage au jeune danseur Taleb Usher, décédé le 20 avril à Nouakchott. Un Prix Spécial à titre posthume lui a été décerné. Il a été reçu par sa sœur, Mama Mint Hassan Beykaatou, âgée de 10 ans. A l’ouverture de la cérémonie de remise des prix, un film, qui fait écho de sa vie à travers des témoignages des rappeurs mauritaniens, a été projeté.

Le lauréat d’Assalamalekoum 2011, Ziza, était là. Mais, cette fois-ci, pour remettre le Prix Assalamalekoum Découvertes 2012 au groupe de rap Black Fouta, originaire de la ville de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie. Kaalden Gonga du groupe de rap Force Trankil a été consacré Prix du meilleur album. Côté Prix du meilleur clip, Black Révolution de Laam Toro de Kaédi est reparti avec le trophée. Le rappeur Youpi 4 Ever a reçu, sous les huées de quelques perturbateurs, le Prix du meilleur artiste solo. De son côté, Soyno Nganda a été sacré meilleur groupe de rap.

Après cette cérémonie de remise des prix, Dialal, Monza et Mister X ont interprété quelques notes de slam, avant de céder la scène à Steve Shehan & John Banzai. Nous vous proposons, en images et vidéo, un tour d’horizon de ce spectacle.

Babacar Baye Ndiaye



















































































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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:28

assala_finale_1065-copie-2.JPGLe parc OMVS a accueilli vendredi soir la finale tant attendue de la deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes 2012 parrainée par la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN). Le jury a longuement délibéré avant d'annoncer le vainqueur de cette seconde édition d'Assalamalekoum Découvertes 2012.

L’annonce de leur nom a jeté une douche froide sur le public qui s’en est allé en critiquant fortement le choix des membres du jury. Retour sur cette finale d’Assalamalekoum Découvertes 2012 très controversée.

A 21 heures, l’affluence était encore très faible. A Nouakchott, le public se fait toujours désirer. Il ne pointe le nez au fur et à mesure que la nuit se creuse. Pendant que l’on s’interrogeait, de l’autre côté, sur la scène, Papis Koné, Cheikhou Bâ, Ousmane Touré et Houdou Bâ ajustaient leurs accords. Le rap est à l’honneur.

"Ce soir, ce sera hyper chaud", assure Mister X. Puis, pêle-mêle, il tire le chapeau au public "qui répond à chaque fois aux appels des arts urbains", rappelle les noms des finalistes de la première édition, Tilly Men, Crazy Poblème, Maxi-Révolution et Ziza. Dans la foulée, il célèbre "le soutien infaillible et inoxydable" de la Communauté Urbaine de Nouakchott et de l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

Il présente, tour à tour, les membres du jury composée de Fassa Oumar alias Farouck, Frémondière Vincent, Emilie Droin, Maimouna Mint Saleck, Yéro Djigo, Mahfoudh Ould Mohameden et Athié Mohamed El Michry.


Sous le chapiteau du jury


A peine descendu de la scène, les instruments résonnent déjà derrière Mister X. Toniafiya donne le coup d’envoi. Ce groupe, originaire de la ville de Kaédi, dans le sud du pays, propose d’entrée de jeu une couleur musicale en demi-teinte. Mais, au deuxième morceau, Toniafiya tente de rectifier le tir en explorant la thématique de l’émigration et des réalités dramatiques des quartiers pauvres sur des airs improvisés.

Puis, arrive, l’heure des questions qui portent sur le rap, la corruption, l’insalubrité. Une manière pour le jury de tester le quotient intellectuel de celui qui défendra la Mauritanie à l’étranger.

A son tour, Black Fouta va démarrer avec une ambiance bon enfant pour tenter de convaincre les membres du jury. D’ailleurs, certains d’entre eux vont leur coller des commentaires positifs. "Je suis très impressionnée par ce que vous faites notamment votre accoutrement. Vos chansons sont extraordinaires. Vous m’avez procuré de bonnes impressions", commente Maimouna Mint Saleck. "Avec vous, le rap mauritanien se porte très bien", renchérit Mahfoudh Ould Mohameden.

Dès l’entame de sa prestation, Six Men, grand favori, donne des airs d’essoufflement, piétine sur sa musique. Lui qui est connu pour sa vivacité, il a du mal à se détacher de l’énorme charge de la pression et du stress. A part quelques cris de rage, Six Men n’a pas été véritablement au rendez-vous de cette finale.

Après Six Men, NNL a enfilé son manteau de prétendant au prix d’Assalamalekoum Découvertes 2012. Devant eux, leurs fans s’agitent, crient leur nom, se défoulent. L’ambiance devient folle. Et, NNL se déchaine davantage, emballe, à son tour, le public qui se révèle conquis. 100 % motivé, NNL fait monter la pression. Les membres du collectif enlèvent leur manteau pour montrer leurs t-shirts. On y voit, inscrit en grosses lettres, NNL noyé par un gros point d’interrogation qui renvoie à la situation de communautarisme que vit le pays.

"Le live est très correct. Le style nous a impressionnés. La présence scénique extraordinairement bien faite", fait remarquer Mister X. "On a vu un bon duo, une bonne complicité", complète Emilie Droin.


Le suspens


Les membres du jury se retirent ensuite, loin des regards suspects et furtifs, pour délibérer. "Ce fut une aventure extraordinaire, un long chemin. Ce concours est là pour chercher le talent", rappelle Mister X. Devenu un rêve, Assalamalekoum Découvertes est avant tout "une démarche pédagogique".

La deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes 2012 sera clôturée par une prestation du lauréat de l’année dernière, Ziza, qui a enflammé le public. Sur la scène, Ziza a été comme en voyage. "J’ai été au Sénégal. C’était super. C’était aussi dur. Au Sénégal, c’est de grosses pointures qui sont là-bas", raconte-t-il avec d’anecdotes et de sang-froid. Malgré qu’il écoute, le public avait l’esprit rivé sur le futur vainqueur d’Assalamalekoum Découvertes 2012. Mister X sera rejoint, avant la minute de vérité, sur la scène par Athié Mohamed El Michry.

"Il y’a du talent en Mauritanie. A ceux qui ont décidé de faire de la musique une carrière, ce n’est pas tout de suite que vous allez devenir des professionnels. Il faut travailler. C’est le travail qui paie. Ceci étant dit, pour ceux qui ont été qualifiés pour les finales, cela a été difficile pour le jury mais nous l’avons fait consciencieusement", dit-il.

Il ajoute, à l’endroit des finalistes de la deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes 2012 : "Vous nous avez donné une soirée magnifique. Ils se valent tous. Mais, en toute compétition, il faut un gagnant. Mais, celui qui a gagné, c’est vous la jeunesse. Je crois que ce soir, ce que je vois là est déjà rassurant. Mais, il faut que l’Etat donne un peu plus de regard à la culture urbaine. Aujourd’hui, tout se passe dans les grandes villes. C’est vous qui devez obligés à l’Etat, au ministère de la Culture à s’intéresser à vous en faisant de la musique et de la bonne musique".

Ces propos sont nourris par des tonnerres d’ovations et de sifflements. "Un peu de silence, s’il vous plait", lance Mister X. L’écho des voix s’intensifie toujours. "Alors, un peu de silence", répète-t-il. Il appelle Toniafiya, Black Fouta, Six Men et NNL sur la scène. "On a eu de belles prestations", conclut Mister X qui fait durer le suspens avant de lâcher le vainqueur d’Assalamalekoum Découvertes 2012 : "Black Fouta!".

Le groupe remporte ainsi, avec beaucoup de surprise, la deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes 2012 avec 52 points, devant Six Men qui a totalisé 50 points. "Le score a été très serré", indique Maimouna Mint Saleck qui explique le choix porté sur Black Fouta par leurs "textes d’ouverture et de réconciliation", leur "authenticité", leur "innovation". "Ce sont des détails qui montrent qu’ils sont différents des autres. Leur rap est plus moderne", confie Maimouna Mint Saleck.

Le Prix d’Assalamalekoum Découvertes 2012 sera remis le 25 juin à l’Institut Français de Mauritanie.

Babacar Baye Ndiaye

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:18

Tonyafiya.JPGComme Black Fouta, Toniafiya, le premier qualifié de la finale d’Assalamalekoum Découvertes 2012, est aussi une fierté pour la ville de Kaédi. Son fondateur, Kalidou Sy, épaulé par son frère, Bocar Sy, est un pur produit de la rue.

Fidèle abonné de l’école buissonnière, Kalidou Sy a passé son enfance à Kaédi, dans le sud du pays. Cette séquence de sa vie est rythmée par des baignades au fleuve, des escapades par-ci et par-là dans la brousse. A l’école de la rue, il va goûter à l’argent facile, découvre le vagabondage. La fin de la récréation sera très vite sonnée par ses parents qui décident manu militari de l’envoyer à Nouakchott.

Là, aussi, il va continuer le même train de vie. Pire, il va tomber plus bas dans le trou de l’incrédulité, de la déperdition, de la délinquance juvénile. Il sera sauvé par son passage au Centre de Formation et d’Insertion Professionnelle de Caritas Mauritanie qui se situe à Dar-Naïm. Le jeune adolescent y sortira avec la qualification de soudeur, métier qu’il a aujourd’hui arrêté d’exercer pour avoir goûté aux délices que procurent la découverte et la rencontre avec la scène.

Et, pourtant, au début, en 2005, c’était juste pour "délirer", explique, l’air calme, Kalidou Sy. A cette époque, il était un fidèle connecteur du rap de Tupac Amaru Shakur dit 2Pac et de Christopher Brian Bridges alias Ludacris. "C’est à travers leurs rimes que j’ai commencé à écrire mes textes", se souvient encore Kalidou Sy.

A partir de 2007, lors d’un voyage, à Zouérate, dans le nord du pays, le rap se révèle inévitablement en lui. Il va interpréter un titre, Kétodé, qui marquera à jamais ses véritables débuts sur la scène. La réaction du public est immédiate et sans appel. Le message qui y est lancé est accrocheur. Ce morceau qui parlait des enfants de la rue, de la sexualité, de la dépravation des mœurs, du viol, de la prison fera mouche à Zouérate.

Ce voyage lui donnera des suites dans les idées. De retour à Nouakchott, il s’intronise Caporal et soigne davantage son image. Depuis, Kalidou Sy a dans la foulée fait du chemin en irriguant sa passion de rencontres, d’envie d’aller de l’avant. Et, ce n’est pas un hasard si Toniafiya s’est retrouvé dans le carré d’as de la finale d’Assalamalekoum Découvertes 2012. D’ailleurs, pour cette finale, Toniafiya a décidé de placer très la barre en interprétant des titres ressortis dans leur répertoire et composés entre 2009 et 2012. Du rap, du r’n’b et du raggaeton seront servis à gogo au public et notamment au jury.

Lors de cette finale, Toniafiya fera entendre une nouvelle fois ses chansons semées de messages forts dénonçant tantôt l’injustice et la corruption, tantôt appelant à la fraternité, à la paix et à l’unité. Mais, d’ici là, le groupe aimerait que les pouvoirs publics se soucient du sort des enfants qui se rendent, tous les jours, à leurs écoles situées à des kilomètres de leurs maisons.

Babacar Baye NDIAYE

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:15

Black-Fouta.JPGA Kaédi, d’où les membres du groupe, Vieux Diallo et Abderrahmane Dioum, sont originaires, ils ont fini par s’imposer sur les scènes de rap. Créé en 1997, Black Fouta veut aujourd’hui faire entendre sa voix sur toutes les scènes de rap, notamment à Nouakchott où ils veulent essaimer leur rap. Vieux Diallo, à 33 ans, est le leader de Black Fouta.

Le groupe a connu des moments très difficiles avec la disparition d’un de ses membres et plusieurs défections. Mais, Vieux Diallo, comme un vieux commandant, est toujours resté à bord de l’embarcation Black Fouta. Aujourd’hui, on retrouve à ses côtés, Abderrahmane Dioum qui a intégré Black Fouta, à partir de 2005. Depuis, Vieux Diallo et Abderrahmane Dioum, qui accompagnait souvent le groupe dans ses périples, dans le Fouta, forment un collectif inséparable.

Depuis 2011, ils ont décidé d’élargir leurs horizons jusqu’à Nouakchott en prenant leurs quartiers à Arafat. "Beaucoup de choses se passent ici, à Nouakchott. Pour être connu, il faut passer par Nouakchott. C’est à partir d’ici qu’on peut avoir tout ce que l’on veut", explique Abderrahmane Dioum.

Leur choix de s’appeler Black Fouta en dit long sur leur crédo qui est celui de porter les aspirations d’une culture, d’une aire géographique, d’un héritage historique et civilisationnel. Unis par le rap et les liens du sang, les membres de Black Fouta surfent sur des thématiques tissées à la laine de l’underground et du hardcore.

Dans leurs chansons, coule une source celle du rassemblement, de l’unité, de la fraternité. Une manière pour le duo de Black Fouta de s’inscrire dans le rapprochement des différentes communautés du pays, la mise en exergue de leurs traits d’union et du respect réciproque de leurs différences culturelles.

Aussi, leurs textes recollent les multiples morceaux de l’histoire de la Mauritanie des années 80-90 marquée par des drames, des chocs, des fissures qu’ils tentent de dépassionner à coups de messages de décrispation.

Joignant la parole à l’acte, ils se sont déjà mis à montrer la voie à suivre. Leur textes, qui tournent souvent autour de l’unité, sont une invite solennelle aux mauritaniens à tourner la page, à se serrer les mains, pour aller de l’avant. "C’est à nous, les jeunes, de ne pas tomber sur les chemins de travers", raisonne Abderrahmane Dioum, 24 ans.

Alors, pour diversifier leurs messages, ils chantent dans toutes les langues du pays. Sur toutes les scènes où ils se produisent, munis de leur unique voix, ils crient pour montrer qu’ils n’apprécient guère les promoteurs culturels, qu’ils sont allergiques aux discours pompeux. Ils n’ont pas encore fait du chemin. Mais, d’ores et déjà, ils captivent.

Depuis leur qualification pour la finale d’Assalamalekoum Découvertes, les choses semblent avoir changé pour eux. "Les gens nous appellent sans cesse de partout. Ils nous font part de leur émotion, de leur enthousiasme et de leurs encouragements tout en nous souhaitant de remporter le trophée", exulte Vieux Diallo, 33 ans.

Etre la fierté de toute une ville donne déjà des ailes à Black Fouta qui promet de remporter haut la main le trophée d’Assalamalekoum Découvertes 2012.

Babacar Baye NDIAYE

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:07

Six-Men.JPGSix Men est sans doute, parmi les finalistes de la saison 2 du concours Assalamalekoum Découvertes 2012 parrainé par la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), celui qui s’est assez mordu les joues sur les scènes. L’année dernière, il a été sorti, lors des demi-finales, par Maxi-Révolution, arrivé 2e  derrière Ziza, vainqueur de la 1e édition d’Assalamalekoum Découvertes.

Cette année, Six Men est revenu pour tenter sa chance. Après une première participation infructueuse, il espère que la deuxième tentative sera la bonne. Pour lui, le jeu en vaut vraiment la chandelle. Car, il est bien conscient que remporter la deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes 2012 lui ouvrira grandement les portes d’Assalamalekoum Festival International, celui du Festa 2H de Dakar mais surtout d’enregistrer gratuitement un album au studio Zaza Productions.

Bouillonnant d’énergie, Six Men doit aujourd’hui ce retour de triomphe à son courage et à son abnégation. A 24 ans, cet originaire de la ville de Rosso en Mauritanie qu’il porte dans son cœur s’est fixé comme objectif de remporter la deuxième édition d’Assalamalekoum Découvertes.

Sidi Mohamed Dieng Souleymane, son véritable nom, a beaucoup écouté, à la maison, à Rosso, Daara-J, Matador, Grand Corps Malade, Bambi J Fall. C’est d’abord à l’école primaire qu’il a commencé à nourrir sa passion pour le rap. A partir de 2002, il entame sa carrière de rappeur et se met à gueuler et à vociférer sur les petites scènes de Rosso où personne, comme partout ailleurs, ne fait aucun cadeau à personne.

Six Men est aujourd’hui l’une des voix les plus représentatives et les plus écoutées à Rosso, haut lieu aussi du rap mauritanien, qui a déjà donné deux finalistes au concours Assalamalekoum Découvertes en 2011, en la personne de Tilly Men et de Crazy Problème.

Pourtant, dix ans en arrière, période des maquettes, il ne jouissait pas de l’aura qu’il a aujourd’hui. "A l’époque, il n’y avait pas assez de Cd. C’était entre 2000 et 2003. Dans les concerts, je payais pour uniquement jouer. Mais, au milieu de ma prestation, le Dj interrompait souvent le son", se souvient encore Six Men.

Les temps ont aujourd’hui changé pour lui. Car, entre temps, il s’est mis au travail, pour gagner le respect et l’admiration chez les autres. Et, à coup de cravaches, il a réussi à se définir un univers musical et à se positionner sur la scène musicale à Rosso comme le défenseur du rap hassanya. Pour l’amour du rap comme il aime à le dire, il venait jusqu’à Nouakchott, la capitale, pour s’y produire, faire sa promotion et faire germer les graines de son succès musical.

Au lycée, le rap avait pris le dessus sur lui jusqu’à lui priver d’obtenir son baccalauréat. Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est lui qui a pris le dessus sur le rap qui lui a ouvert les portes de la notoriété. Déjà, il peut fièrement arborer sur ses épaules, comme un militaire, une participation à la deuxième édition du Festival Walo Musik en 2011 et à la Semaine Nationale de la langue française et de la francophonie en 2012.

Serviette autour du cou, montre à la poignée gauche, Six Men est conscient que cette finale pourrait être un moment clé dans la suite de sa carrière musicale. Pour cette finale d’ailleurs, il s’est installé à Arafat, assure avoir approfondi ses thématiques, sa musique, multiplié ses répétions, réglé sa vie comme une minuterie. "Depuis le début de cette compétition, j’ai dépensé plus de 110.000 UM", s’exclame-t-il.

Des ténèbres, Six Men veut passer à la lumière et contribuer à la notoriété du rap mauritanien à l’échelle africaine. Il voudrait aussi être repéré au même titre que Youpi 4 Ever, Ewlade Leblade et Laye B qu’il estime beaucoup sans cacher qu’il aimerait marcher sur leurs pas. Mais, en attendant, il faudra qu’il dame le pion aux autres finalistes d’Assalamalekoum Découvertes 2012.

Babacar Baye NDIAYE

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:02

NNL.JPGNNL revient, cette année, plus torride et déterminé que l’année dernière où le groupe a été sorti en demi-finales par Ziza vainqueur d’Assalamalekoum Découvertes 2011. Abdoulaye Alassane Thiam dit A.T et Arouna Amadou Niass alias Nigga Laye appartiennent à cette frange de rappeurs qui ne désarment jamais. "L’immaturité, le manque d’expérience et le stress nous avaient beaucoup pénalisés", se souvient le premier.

Depuis leurs débuts en 2010, NNL a fait de la "conscientisation des inconscients et des ignorants" sa marque de fabrique. D’où l’appellation de "Naamndotobé Nafooré Laamou" (NNL). A l’épaulette de ce groupe, on peut y lire des messages forts qui revendiquent  le droit à l’éducation, d’autres qui s’attaquent aux phénomènes de la drogue et de l’alcool. Chez NNL, on travaille beaucoup sur la teneur  des propos pour coller de plus près à l’essence, au concept de leur existence.

Le groupe aborde des questions sensibles qui interpellent la conscience populaire. Ils se servent du micro pour dénoncer l’injustice, la discrimination et plaider la cause de ceux qui n’ont pas de voix ou sont purement et simplement piétinés par les puissants. Leurs textes sont traversés par un esprit rebelle et révolutionnaire influencé par des héros de la résistance comme Martin Luther King, Malcom X, Bob Marley. Mais aussi par de grands noms du rap tels que Wu Tang Clan, 2Pac et IAM.

Pour sortir la tête de l’eau et se distinguer des autres groupes de rap comme Soko Clan qui dominent la scène à Téyarett, NNL a dû fait montre de créativité et d’imagination. Le collectif a sorti en 2010 "Life Gangster", un morceau qui fait référence à l’alcool, à la drogue dans le milieu de la jeunesse. Désormais, il faudra compter avec NNL puisque là, où le collectif se produit, le public s’enflamme.

Le succès sera très vite couronné par leur participation à la finale d’Assalamalekoum Découvertes 2012. Cette expérience a davantage aéré leur sens de la musique, développé leur esprit d’ouverture. Résultat, dans l’avenir, NNL va introduire dans sa musique des sonorités traditionnelles tirées du hoddu, du djembé. Le groupe semble avoir déjà pris le cap, se refuse toute identification musicale. L’ouverture est le filet de la musique de NNL qui veut se répandre aussi en dehors de la Mauritanie.

Produit de la rencontre de différentes cultures, NNL ne manque pas d’audace. "La musique n’a pas de frontières. Pourquoi donc créer des barrières ? Bob Marley a réussi à imposer sa musique qui s’écoute aujourd’hui un peu partout dans le monde. Le rap américain s’est aussi hissé. Nous, aussi, on aimerait émerger, que notre musique voyage partout", explique Dousey, membre de NNL.

Aujourd’hui, NNL veut renforcer son statut de sprinter de l’engagement aux côtés des pauvres en s’investissant, à travers des tournées de sensibilisation, dans l’éducation, l’unité nationale pour être au-dessus des divisions communautaires qui intoxiquent la Mauritanie. Depuis 2010, leurs positions sur leur démarche artistique ont beaucoup changé. De plus en plus, ils rêvent de grandeur, de conquête, de traverser d’autres horizons. Peut-être que la finale d’Assalamalekoum Découvertes 2012 leur ouvrira les portes de cette aventure tant rêvée et caressée.

Babacar Baye NDIAYE

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