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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 09:41

Mc-Go1.jpgLe rappeur Mc Go présente Koko Ligga (le fruit d’un dur labeur), un album qui fait un aller-retour de sa vie, de ses aventures musicales, de son destin. A la Socogim K, à la périphérie du centre-ville de Nouakchott, Mc Go y a installé son studio où une bonne partie de ses chansons de son premier album ont été fécondées, prises. Une manière pour lui d’aller plus vite dans son travail.

En cette nuit du 30 décembre, ce ténor du hip hop nouakchottois est un peu plongé dans les préparatifs de son album dont la sortie est prévue ce 3 janvier 2012, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. "C’était très difficile mais j’ai réussi à tenir le coup", lâche-t-il, tenant sur la main la pochette de son premier album où il apparaît en casquette bien enracinée à l’envers et montrant une route où il a dû emprunter pour en arriver là.

A quelques jours de l’évènement, ce fils d’un des illustres artistes peintres de la Mauritanie, Mamadou Anne, est déjà fin prêt, et reste optimiste.  

Dans cet album, Ismaël Anne, alias Mc Go, se met "à la place des sans-voix pour porter leurs revendications, les maux dont souffre la société mauritanienne comme l’enrichissement illicite, le détournement des richesses", résume le rappeur de 31 ans.

L’album qui enchevêtre rap, reggae, ragga comprend 18 titres inédits qui repassent son terrible accident de route survenu le 11 avril 2010 sur le chemin de Boutilimit, ses aspirations, celle lié à la protection de l’enfance, de l’émancipation des femmes. Même si, on reste sur notre faim sur quelques titres de l’album, le jeune artiste tente de s’élever au-dessus des cimes, lave son honneur, règle ses comptes avec quelques rappeurs de la place.

Entre style légèrement croustillant et explosif, Mc Go joue la carte des surprises, autour de rimes époustouflantes nouées par la rage de sa voix. Une démarche qui témoigne que son engagement et sa verve n’ont pas pris de rides. Le maître du doudalngal (Ecole) se montre parfois incisif, virulent, percutant et philosophique sur certains passages de son album, qui crève les oreilles.

Pour le reste, il exhale le prophète de l’Islam, Mouhammad (PSL), rend un vibrant hommage à sa mère, fait écho de ses plaintes, retourne aux sources avec le titre Mbelnene dont les airs s’inspirent du fameux Bouyel de l’artiste sénégalais Baba Maal. Dans des titres comme Les jaloux, le rappeur montre qu’il n’a point perdu le goût de la réplique.

"Les jaloux vont maigrir ou plutôt crever", annonce-t-il d’ores et déjà. "Pour en arriver là, il a fallu que je bosse. Je sais que je suis dans un labyrinthe mais j’ai de la vaillance", entonne-t-il.  Dans cet album, Mc Go fait le choix d’une plus grande ouverture musicale, en y invitant une pléthore d’artistes de feu et de plomb: Fou Malade, Niagass, Ousmane Gangué, Coumba Salla, Bad’s Diom, Adviser, Big Kana, Abda MC, Ziza, Laye B et Maestro. Une alliance qui a aère l’album.

Mc Go est de retour et ses détracteurs sont avertis d’entrée de jeu, en ouverture de l’album Koko Ligga, enregistré entre le studio Doudal Prod., You Koung Koung (Dakar) et 118 qui n’existe plus.

Babacar Baye Ndiaye

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:41

Bads-Diom.jpgAprès s’être fait remarquer avec ses singles "Kouné ak sa vibes" en featuring avec Cee Pee et "Miss girl" qui ont connu un grand succès, le rappeur Bad’s Diom revient avec un nouveau single sobrement baptisé "Ghetto". La chanson a été mise à disposition du public sur Facebook et sur les plateformes de téléchargement comme Youtube à compter du 7 novembre dernier. Elle figure dans son album, Long Time, dont la date de sortie n’a pas encore été retenue.

Dans ce single que l’on retrouvera dans son prochain album, Bads Diom se détache du rap pimpant, de sa chronique attitude bling-bling qu’on lui connaissait jusque-là. A 31 ans, Alioune Diagne alias Bads Diom est-il devenu un rappeur normal ?

Le nec plus ultra aujourd’hui chez Bads Diom n’est plus à l’attitutude bling-bling. A travers son nouveau single, le rappeur retourne aux fondementaux du rap et montre qu’il n’est pas imperméable à ce qui se passe dans les quartiers difficiles de Nouakchott. Sur ce coup-là, il a bien enfoncé le clou, en réalisant le clip entre Kebbas Marbat, Basra et Socim.

"A travers cette chanson, j’ai voulu montrer la face cachée et le quotidien des quartiers difficiles de Nouakchott en y abordant le manque d’eau, d’infrastructures, de considération de la part de la part des pouvoirs publics. Cette chanson dévoile un autre aspect de mon engagement par rapport à ces quartiers malaisés dont je suis issu. C’est un coup de gueule en quelque sorte", explique Bads Diom.

Bads Diom a chanté avec les plus grands noms du rap mauritanien dont Diam Mint Tekky sur "Saha moussat". Il a également partagé des titres avec Adviser ("Player"),  Youpi 4 Ever ("Gnou ngui nii"), P.A de Military Underground ("Considération"), Big Jazz ("Holto yimbé pay") ou encore avec MC GO ("Real hip hop").

Babacar Baye Ndiaye pour CRIDEM

 


 


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:47

CeePee 6781Après des featuring comme First last love avec Adviser ou encore Li lumu doon avec Xuman qui ont confirmé tout son talent, Cee Pee a sorti son premier album, Conscience Positive.

D’une chanson à l’autre, on découvre le coffre intérieur de sa voix et de la diversité musicale qui le particularise.

Les invités de cet album, Waraba, Adviser, Malick, Mirma, Takana Zion, Xuman, Fat.G et Améno Fils, apportent de l’ouverture et de l’arriération à la production. Cee Pee a travaillé deux sur ce projet aux accents de soul, de rap, de dance hall et de reggae.

Cet album, enregistré à Dakar et produit par Xuman, contient 15 titres. Certaines des chansons comme Gunéyi ou Sama Deukuwaay sont écrites à Nouakchott. Pour le reste de l’album où Cee Pee marque sa volonté de prendre l’envol à jamais, son aventure dakaroise lui a servi de tablette pour nourrir son émotion, son inspiration, sa liberté.

Avec ce disque qui s’ouvre avec Peace, la paix, Cee Pee dégage de nouvelles perspectives à sa carrière musicale. En matière de compositions, de messages et de mélodies, cet album offre une tribune à Cee Pee pour parler de l’amour, des problèmes quotidiens des populations, de politique. Ceux qui espéraient voir évoluer dans le registre de l’acidité, de l’aigre-douceur resteront sur leur faim. Musicalement, les morceaux sont bien réussis et donnent envie de coller les oreilles au tourne-disque.

Cet album se danse (Kaay), s’écoute, se déguste à merveille. Le titre de l’album qui fait allusion à une attitude qu’il a toujours défendu dans ses textes, sa vie, celle d’avoir une conscience positive dans ce bas-monde. Dans Sama Deukuwaay et Woman of Zion, Cee Pee rend un hommage à sa mère et la femme africaine. Dans cet album, il donne un écho aux soucis de la jeunesse mauritanienne (Virus, On time). Ce disque qui se parcourt avec beaucoup de plaisir révèle aussi la personnalité et l’orientation musicale de Cee Pee.

L’écriture et les chansons montrent que son talent n’a jamais perdu de sa superbe. Avec Conscience Positive, on redécouvre les vertus de la musique. Alors, chapeau, pour cet album bien accompli. Franchement, avec ce disque qui est une incontestable réussite, on est bien servi. Un révolutionnaire en musique est né en Mauritanie.

Babacar Baye Ndiaye

Tous droits réservés©Cridem2012

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 18:14

pa_military_concert.jpg

Quatre ans après l’album Au Secours qui a marqué les esprits, P.A de Military Underground sort son premier album solo, Plan B. Un album dans lequel on retrouve la même ferveur musicale et le ton inflexible qui caractérisent l’artiste. Cet album aux notes très personnelles passe en revue, dans un rap dépouillé, des thèmes forts comme la mort, l’exil, la paix, l’amour, la tolérance.

Quelques-uns des titres comme Figniou Diarr retracent "les périodes difficiles" qui ont jalonné ses débuts professionnels. "On a traversé tellement d’obstacles pour enfin voir le jour se lever/On n’a pas perdu trop de temps pour devenir des hommes", chanteP.A.

Au fur et à mesure que l’on voyage dans cet album, on découvre soudain, dans le morceau Plan B, son style frontal. Amine, Dee ou Mi Siftori sont des chansons joliment spirituelles et marquent une nouvelle orientation musicale dans sa démarche artistique. Pour autant, les ambiances festives ne manquent pas dans l’album, Plan B. P.A a voulu que cet album soit avant tout  une matière à réfléchir. "Ce qu’il y’a de bon, prenez-le! Ce qu’il y’a de mauvais, jetez-le!", explique-t-il.

Côté featuring, on est bien servi dans cet album. Y ont participé Bakhan (Amine), CTD & EWA (Etat des lieux), Big Hey D (Nek Nek), Be One Science & Military Family (Guettoman), Monza (La Gloire), Skorpa & Foutanké (Force et Honneur).

Comme dans Au Secours, on retrouve aussi, dans Plan B, cette belle plume et cette densité thématique qui caractérisent P.A. Les histoires qu’il raconte notamment dans Mi Siftori, ce morceau qui brise le cœur et arrache une larme d’émotion, sont un hommage à des disparus.

P.A a développé, dans cet album, une nouvelle vision de l’engagement. Là, ce n’est plus le jeune fougueux de 2008 qui parle. "Arrêtons de se plaindre et réagissons. Il est temps de se réveiller", insiste l’auteur de Nek Nek, un morceau qui fait l’hymne au punch line. L’album résume ses tranches de vie passées entre la Mauritanie et la France d’où il vit depuis trois ans. Avec Plan B, le "King", comme il est surnommé, est de retour avec "une mission de conscientisation".

Mais, les fans n’auront pas le temps de l’écouter ni de  l’apercevoir dans les rues de Nouakchott car "des activités en France l’obligent à retourner sitôt". En d’autres termes, pas de tournées en perspectives ni de promotion de l’album à l’intérieur du pays. 

Cette autoproduction, enregistrée entre Nouakchott (studio 308), Paris (Studiovibestone) et Le Havre (studio Carat), est composée de 13 titres inédits dans lesquels P.A se promène comme un roi dans son palais.

Babacar Baye Ndiaye


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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:34

Habobe e bassalSix ans après sa création, le groupe de rap "Haboobe e Bassal" trace une ligne sur sa discographie avec "Yo Bone Waas Dono" sorti le 14 juillet 2011 à Nouakchott. Un album qui fait la part belle au Rap Nguenndi. Un brin de Nguenndi dans le rap de Haboobe e Bassal se goutte avec beaucoup de délectation. D’ailleurs, dès les premières notes, on est vite captivé. Dans cet album, le collectif y donne un bon coup de fouet au rap mauritanien peu innovant.

 

Tout le monde l’attendait depuis 2009, mais c’est finalement jeudi 14 juillet 2011, au soir, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, que la sortie du premier album du groupe de rap Haboobe e Bassal a eu lieu.

 

Comme les featuring sont dans l’air du temps dans le rap mauritanien, Haboobe e Bassal, là-dessus, ne déroge pas à la règle et ne s’en prive pas. Dans cet album, on y retrouve la forte et cuivrée voix de Seydou Sow de Walfadjiri, la voix exotique de Mamadou Khoulé, celle de Pape Sao, de Silèye Kidé, de Bâ El Hadj. On retrouve également au micro deux voix féminines scintillantes. Celle de la rappeuse de l’ex-groupe de rap "Les Filles du Bled" Dikha qui prête sa voix corrosive et insoumise au morceau "Dewgal" et celle, chatouillante, de la chanteuse Bissau-guinéenne Djaly Bintou dans le morceau "Yo Bone Waas Dono".

 

Avec "Yo Bone Waas Dono" qui s’écoute avec beaucoup de patience, le collectif de rap originaire de la Socim de Nouakchott s’impose comme un véritable ambassadeur du rap Nguenndi. L’album, véritable courroie de transmission du rap Nguenndi, contient au total 15 titres inédits en plus d’un remix.

 

Pour donner plus de couleurs à leur album et sortir des sentiers battus de la musique de programmation, Haboobe e Bassal a travaillé avec Papis Koné, Ousmane Touré, Sidi Sy, Guéladjo Bâ, Papis Diarra, Barou Toksel, Hamadi Molo, Youba Guissé. Aux côtés d’eux, figurent d’autres musiciens comme Mamadou Sadjo au djembé, Diddal Jaalal au niagnorou (violon), Baila à la Kora.

 

Les coups de poings d’Abou Fall, la voix éclectique de Mika Fall et les cascades vocales de Cheikh Oumar Anne donnent du tonus à l’album. Entre reggaeton, reggae, rap, "Yo Bone Waas Dono" transpire un air de vibrations entrecroisées et fait découvrir le talent d’arrangeur de Haboobe e Bassal. Et, sur quelques pistes, le groupe se livre à de véritables scènes de confessions et d’extériorisation.

 

Cet album s’écoute et à la fois se danse. Il emprunte les variations des différentes mélodies inspirées par la tradition, prend par des pincettes la vie, refuse de se perdre dans le labyrinthe politique. Mais, cela n’empêche pas au groupe comme dans le morceau "Ndimaagu" de crier haut et fort la manière dont les choses évoluent en Mauritanie. Dans la même veine, l’album traite de la pauvreté, de l’immigration clandestine, du pillage des ressources halieutiques et minières du pays, des guerres et conflits en Afrique ou encore la nécessité pour la Mauritanie d’exorciser ses démons.

 

Ce que l’on ressent dans cet album, c’est cette envie de faire rentrer la Mauritanie de la musique dans l’histoire. Ce que l’on peut regretter peut-être, c’est que cet album est destiné à la consommation locale. Mais, on ne s’empêchera pas de saluer l’architecture de "Yo Bone Waas Dono" construit sur des slogans forts tels que la paix, la tolérance, la fraternité et la réconciliation. L’album est tombé à pic, à un moment où les incertitudes sont en train de prendre le dessus sur la conscience collective.

 

L’œuvre de Haboobe e Bassal, tissée de musiques carrément entraînantes, ouvre la voix désormais au rap Nguenndi, un style musical qui allie savamment musique urbaine et musique traditionnelle. Avec Haboobe e Bassal, le rap Nguenndi retrouve sa façade d’origine dans "Yo Bone Waas Dono". Seize titres y figurent, de "Yurminiima" à "Andu Hiiri" en passant par "Mauritanie ummo e jonnde" ou "Lammdo". Des morceaux de lourds calibres, très engagés et bien taillés dans le roc des convulsions et des vibrations de la vie qui redonnent vie à l’envie d’écouter.

 

Pêle-mêle, des appels à la démocratie, à la liberté, à la justice, à une Mauritanie débarrassée de l’impunité et de la ségrégation foisonnent comme des touffes de cheveux dans chaque morceau de "Yo Bone Waas Dono" et réveillent nos sensations. Cet album, qui dresse des lauriers à des références comme Nelson Mandela qui vient de célébrer ses 93 ans ou encore Thomas Sankara et cloue au pilori Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, est clos par la réinterprétation de leur morceau phare, Falomi, qui les a véritablement révélés au grand public. Une version actualisée mais hélas peu séduisante destinée certainement à réchauffer les nostalgiques.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 22:31

Youpy 4 EverLe rappeur mauritanien Youpy 4 Ever vient de sortir, après La promesse en 2005, son deuxième album, Man ak Yeen. Dans ce deuxième produit musical enregistré entre Dakar et Nouakchott, Youpy 4 Ever, une des figures marquantes du rap en Mauritanie, y fait appel à de grands noms de la crème du Hip Hop local.  

 

Comme Izac Ice d'Ewlade Leblade, Waraba, Adviser, Bad's Diom, Cee Pee, P.A de Military Underground, Franco Man, Maxi-P et Diam Min Tekky.

 

L'album Man ak Yeen, sorti mi-avril, est composé de 13 titres. Cet album qui s'ouvre avec Diapo, un morceau où l'auteur lance un appel à l'humanité au dépassement, surfe entre reggae, slam, rap, soul et r'n'b.

 

Dans cet album, Youpy 4 Ever se propulse et se refuse à toute contradiction morale, à toute réclusion, pour s'épanouir dans toutes les langues et dans toutes les musiques.

 

Dans la pochette de l’album, Youpy 4 Ever, en lunette noire et portant un couvre-chef sombre minutieusement incliné vers son nez, y exhibe fièrement toute sa classe mêlée de narcissisme et de grandiloquence.

 

On croirait voir Usher ou Justin Timberlake. En lettres wolofiques, Man Ak Yeen (Vous et Moi, Ndlr), Youpy 4 Ever propose des arrangements peu enchanteurs mais qui dévoilent, néanmoins, l’envie du rappeur de tremper, impétueusement, ses petits doigts dans l’escarcelle de l’innovation.

 

Les morceaux adoucissent les oreilles et s’écoutent sans dépit ni heurt. Tout est caressant, vivant et vivace. Quant aux textes, ils sont peu enclins à la critique et à la dénonciation. Dans cet album, Youpy 4 Ever ne prend pas le risque d’ajouter une couche de peinture sans couleur à la situation quotidienne que vivent les jeunes d’aujourd’hui. La plupart des morceaux sont taillés dans le roc de ses sentiments, de ses pulsations, de ses pensées.

 

Avec cet album, Youpi 4 Ever renoue avec son style Bad Boy à l’américaine dans lequel il se complait, en y ajoutant sa joie de vivre éternelle. Avec Man Ak Yeen, il montre qu’il demeure viscéralement un artiste fashion, qui n’hésite pas, toutefois, à prodiguer des conseils, à exhorter à la renaissance de la Mauritanie, à prôner l’unité nationale.

 

Grosso modo, le deuxième album de Youpy 4 Ever s’est construit autour d’une vision panaromique sur l’amour, la vie, l’actualité, les mensonges qui cimentent certaines relations, les mauvaises passes. Dans cet album, Youpy 4 Ever y a consacré un morceau dédié aux étudiants mauritaniens. Ceux qui s’attendaient voir Youpy 4 Ever faire le remue-ménage seront certainement déçus après écouté Man Ak Yeen dont les morceaux se dégustent comme des amuse-gueules.

 

Depuis la sortie de l’album, Youpy 4 Ever gère, en vrai professionnel, sa promotion et la suite de sa carrière musicale. Déjà, au mois de juin 2011, il va sortir un Maxi composé de 3 titres qui sont Main dans la Main, Sans abris et Sida non, un morceau en featuring avec Fatimata Ball, une personne vivant avec le VIH/Sida. Le clip de Sida non sera dupliqué en 3.000 exemplaires et distribués gratuitement, à l’occasion de trois concerts organisés respectivement à Teyarett, Sebkha et Arafat. Ce projet est appuyé par le SNLS, UNFPA, ONUSIDA, UNICEF et PNUD.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 16:09

MONZALe président 2 la rue publik veut changer de cap, respirer l’air frais des défis. Et il veut le démontrer à travers son troisième album solo qu’il s’apprête à sortir et qui s’intitule "Grand Je". Un album beaucoup plus mature que ses deux précédents albums, "Président 2 la rue publik" sorti en 2004 et "Incontextablement" en 2007.

 

Cette fois-ci, Monza place très haut la barre. Et semble trouver sa voie dans cet album où il fait une fusion entre le rap et les sonorités musicales traditionnelles du pays.

 

La voix française du rap made in Mauritania peaufine son univers, un rap bien fouetté qui ressort toute l’identité et les couleurs de son pays. Dans cet album, Monza se réinvente et montre la voie à suivre. A la fois acteur incontesté du mouvement Hip Hop local et précurseur du rap, Monza ose, cette fois-ci, un pari, celui de la redéfinition de la musique mauritanienne dans le sens de la création en essayant de valoriser le Hip Hop qu’on considère comme ne faisant pas partie de la musique mauritanienne.

 

Le but recherché, c’est de hisser le rap vers le haut de l’échelle, un rap réduit à une propension minimaliste. "C’est un nouveau style. C’est du rap à base d’instruments inhabituels. C’est un autre discours que j’adopte par rapport à tout ce que j’ai déjà fait ou qui a été déjà fait", explique Monza.

 

A travers son "Grand Je", le rappeur mauritanien exprime sa vision de demain sur la Mauritanie. "Une Mauritanie développée, une Mauritanie qui gagne, une Mauritanie qui se distingue. Pas une Mauritanie qui est là à s’entremêler, à s’entremanger, à se cracher dessus…", précise le président 2 la rue publik.

 

Monza a réuni, autour de ce projet, de grands musiciens du pays à l’image de Youba Guissé (Hoddu), Ousmane Touré (bassiste), Guéladjo Bâ (soliste), Papa Diop (Percussions).

 

Babacar Baye NDIAYE

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 19:49

5.JPGCinq ans après sa création, Soko Clan est devenu un groupe de rap populaire et incontesté tant à Nouakchott qu’à l’intérieur de la Mauritanie.

 

Les membres de ce collectif de rap qui vient de Teyarett doivent ce bouleversement inattendu à Ousmane Fall alias "Grand Zo", leur manager, qui a imposé une tout autre direction à Soko Clan.

 

Vivant et bouillonnant, à l’image de leur localité en termes de concerts de rap, ce groupe se prépare à la sortie de leur premier album, Bataké ou La Lettre. Avec cet album, Soko Clan fait son entrée dans la cour des grands.

 

1.JPGSoko Clan dont la tranche d’âge varie entre 25 ans et 28 ans est composé du quatuor suivant : Bewdo AK (Ablaye Keita) qui fait figure de leader dans ce groupe, BMD Laye (Ablaye Dango), Master Gill (Souleymane Diallo) et enfin Talibé Serigne Fallou (Pape Fally Ndiaye).

 

Sur leur premier album, Bataké, qui s’inscrit dans le sillage du rap Nguenndi, leur carte d’identité, le collectif y a invité Baba Maal, Didier Awadi, RJ et Abda MC du groupe de rap "Force Tranquille".

 

L’album enregistré entre la Mauritanie et le Sénégal est composé de 13 titres en plus d’un Intro. Les paroles souvent superficielles puisent dans leur environnement et la réalité de la vie sur un fond musical typiquement traditionnel.

 

DSC01509.JPGDans cet album où on sent un éclatement de la part du quatuor de Soko Clan, certains morceaux sont gorgés d’engagement comme à l’image du titre "Africa" où Didier Awadi pose sa voix rocailleuse, rebelle et endurcie.

 

D’ailleurs, il est prévu d’en faire un clip qui sera tourné à l’Ile de Gorée au Sénégal. Sur les treize morceaux de l’album, Soko Clan tente de se révéler et les textes prennent une autre tournure.

 

Quelques titres de l’album, Bataké, au fil du temps qu’on les écoute, tentent d’expliquer la vie, d’apporter de nouvelles manières de penser, de voir le monde mais surtout de décortiquer les bouleversements de nos us et coutumes.

 

Décomplexés, Bewdo AK, BMD Laye, Master Gill et Talibé Serigne Fallou, loin de prétendre à la notoriété de Diam Min Tekky ou d’Ewlade Leblade, affichent leur envie et volonté de contribuer à la sauvegarde de nos traditions menacées de toute part par les flots de la modernité, du capitalisme et de la mondialisation.

 

DSC01518.JPGEt, un titre comme "Rémobé" dont le clip, tourné à Djéol, passe souvent à la TVM Plus connait déjà un succès auprès du public.

 

Dans ce clip qui est une incitation au retour à la terre pour combler le gap de l’autosuffisance alimentaire en Afrique, le groupe dévoile toute sa force et toute son authenticité dans un bric-à-brac de paroles saisissantes et dans un décor somptueux et verdoyant.

 

L’album Bataké offre un regard très diversifié tant dans le contenu que dans la forme. Le groupe s’efforce de ressortir toutes les spécificités de leur culture et de leur patrimoine à travers des textes comme "Néné", "Bibé Baba", "Gallé Mama", "Hommage Djéol", "Fouta" où Baba Maal apparait pour donner plus de chaleur, d’intensivité et de suavité à ce morceau.

 

Cet album évoque également des sujets encore tabous dans nos sociétés comme le Sida, un sujet sur lequel on n’ose pas débattre en Mauritanie.

 

DSC01520.JPGBataké dure plus d’un tour d’horloge durant lequel les "Soukabé Ouminibé Kougal Onesaha" Clan (Soko Clan) construisent leur propre style, tracent leur chemin, ressortent les couleurs de leur patrimoine culturel, défendent une certaine manière de faire du rap et dévoilent leur idéologie pour s’imposer au reste du monde.

 

Et, pour eux, les villages de la vallée constituent un trésor inestimable pour se ressourcer et rafraîchir leur esprit. D’ailleurs, ils y sont régulièrement pour captiver l’écho de leur singularité.

 

"C’est un rap très différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre jusqu’ici qu’on va proposer aux Mauritaniens", assure le manager de Soko Clan.

 

Leur ambition est donc claire : c’est de casser la monotonie qui s’est emparée du rap mauritanien. La prochaine étape de Soko Clan, après la sortie de leur premier album, c’est de tutoyer les sommets du Rap Africain.

 

Babacar Baye NDIAYE

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 21:21

DiobaCelle qui fait partie, aujourd’hui, de la génération qui incarne, la nouveauté, la fraîcheur et la jeunesse dans le domaine de la musique mauritanienne, Dioba Guèye, vient de sortir son tout nouveau premier album.

 

Cet album qui n’a pas de titre est un panaché de World Beat et d’Afro-Americana Acoustic.

 

Réalisé dans le cadre d’un projet musical intitulé "Vagabon Tribe", l’album composé de 10 titres comprend des chansons dans la langue de Kocc Barma mais aussi certaines versions en Poular et en Hassanya.

 

Le tout premier album de Mariam Guèye, plus connue sous le nom de Dioba, s’ouvre par "Khaleh" (children) qui témoigne de son attachement et de son amour envers cette catégorie sociale. Elle enchaîne avec "Dégaloma" (Listen to me), un hymne à l’avertissement, une mise en garde à ne pas se fier au premier venu car les apparences sont souvent trompeuses. "Écoutez-moi, faites attention à cette femme. Écoutez-moi, faites attention à cet homme", chante la voix qui vaut son pesant d’or, avec en fond sonore le Kamel N’Goni, un instrument musical d’origine malienne.

 

Sur un air funky d’où fusent des notes empruntées au peuple Marka du Mali, Dioba pleure, dans "Guibendo" (Crying for Grandma), aux allures de séparation et d’à la revoyure, sa grand-mère et ses ancêtres. Le ton change avec "Momma's Gone, Daddy's Blind" où elle plaide, sur un doux arrangement, qu’on traite tous les enfants sur le même pied d’égalité. Tout semble l’inspirer même la monotonie de la vie et de ses allers et retours.

 

Avec "N’Do Haadi" (Everything Has its End) où elle se fait accompagner par le roi du Ndjarou, Seydou Sow lead vocal du groupe "Walfadjiri", Dioba Guèye, sur un groove entraînant qui mêle Funk et Blues, exprime ses craintes.

 

Au fil des morceaux, l’album dévoile son architecture musicale qui semble se construire dans un esprit d’ouverture. Ce qu’elle confirme par exemple "Wassalou" avec des notes du N’Goni bien fouettées à crème de Funk acoustique et de Blues dans une douceur presque jouissive. La chaleur de sa voix s’évapore dans "M'Beguel" (Love) qui est une magnifique chanson d’amour jouée sur une musique traditionnelle malienne appelée Bani.

 

Avec "Eh Buriyallah" et "Cheyenne", la chanteuse nous invite à la rémission, au dépassement et à l’indulgence. Dioba Guèye clôt, avec Seydou Sow, cet album avec "Remember to Say Goodbye" (Wayno Mii) qui est une invite à ne pas oublier de dire au revoir au gens afin de leur éviter à s’inquiéter en cas d’absence.

 

Cet album a pris forme grâce à l’appui de Nate Finestead, Ryan Mullin, Papis Diarra, Sidi Sy

Jeje Cheikh Ali, Papis Koné, Lamine Soumano, Papa Diop, Andra Kouyaté, Mor N'Diaye, Chip Staples, Jim Gagnon, Alexander D'Kouami Boamah et Zach Swaggart.

 

Cette sélection dévoile des musiciens de l’Afrique du nord et de l’ouest, des Caraïbes et de l’Amérique du nord qui font découvrir, à travers des instruments uniques (N’Goni, harpe africaine, mandoline, percussions…), dans une authenticité captivante, pour ainsi donner naissance à la première fusion Funky de la musique mauritanienne.

 

Les notes sont enivrantes. Le fruit de cette musique sensuelle est le résultat d’un très difficile travail engagé par Rusty Eklund, un Américain qui vit à Nouakchott, Dioba Guèye, Lamine Soumano (un Malien), Seydou Sow et  Papis Diarra (Walfadjiri). Les arrangements musicaux de l’album sont composés par Rusty Eklund avec la collaboration de Lamine Soumano et de Papis Diarra. Désormais, avec cet album qui tombe à pic, le compteur discographique de Dioba Guèye s’ouvre enfin. (Pour plus d’infos sur l’album, cliquer sur : www.vagabontribe.com)

 

Babacar Baye NDIAYE

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 18:30

Ewlade-Leblade.JPGAprès Aadat’ne en 2007, Ewlade Leblade, après trois ans d’hibernation, se prépare à la sortie, dont la date n’est pas encore dévoilée, de leur nouvel album, Aadi.

 

Le groupe compte donner un coup médiatique sans précédent, en Mauritanie, en marge de la sortie de leur deuxième album qui promet d’inscrire un nouveau tournant dans l’évolution du mouvement Hip Hop et rap du pays. D’ailleurs, le manager d’Ewlade Leblade a confié qu’ils ne lésineront pas sur les moyens pour marquer à jamais au fer rouge la sortie de leur album et les esprits.

 

Le trio d’Ewlade Leblade qui occupe une place à part dans le mouvement Hip Hop auquel il a participé au rayonnement en Mauritanie va franchir, avec "Aadi", une nouvelle étape, depuis sa création, et ainsi donner un nouveau souffle au rap.

 

Dans cet album, Ewlade Leblade place haut la barre. Et, cerise sur le gâteau, on y découvrira Dimi Mint Abba, Noura Mint Seymali, Mouna Mint Dendenni…Au total, cet album sera composé de 12 titres inédits avec des featuring savamment bien sélectionnés. L’album laisse déjà présager une volonté de se faire vendre à l’extérieur. Ce que le groupe n’a jusqu’ici pas réussi à faire et à se l’imposer.

 

"On n’a plus rien à prouver en Mauritanie"

 

Désormais, plus rien ne semble freiner l’envie d’aller plus haut et de conquérir d’autres cieux beaucoup plus prometteurs Sidi Brahim Mohamed alias Izak Ice, Mamoudi Ould Sidi alias Hamada et Sidi Mohamed Ould Mbareck alias M.D qui affichent déjà des airs de Spiderman. Autrement dit, que rien ne peut les résister même la foudre. "L’idée du premier album, c’était de montrer Ewlade Leblade. Cette fois-ci, on a essayé de s’ouvrir à l’extérieur. Puisqu’on n’a plus rien à prouver ici en Mauritanie", explique Khadim, manager d’Ewlade Leblade, visiblement très excité par l’idée de se faire ranger dans le même tiroir que les Dara-J Family et autres groupes de rap qui brillent en Afrique.

 

Tiré à 5.000 exemplaires (2.000 Cd et 3.000 K7), l’album "Aadi" est le reflet d’une société qui a tendance souvent à tout vouloir banaliser. "Aadi", c’est un terme récurrent qui fait perdre toute crédibilité à toute chose.

 

C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que s’est construit l’album "Aadi" d’Ewlade Leblade. Comme pour ainsi dire que la Mauritanie fonctionne de la sorte. Et, puis, cette tendance a vouloir faire table rase de tout ce qui se passe n’a-t-elle pas conduit le pays des "Ch’tary" et d’un million de poètes à s’enliser de manière presque irrémédiable à la banalité et à l’absence de positions tranchées ?  

 

Comme à l’image des penseurs influencés par la déconstruction, Ewlade Leblade tente de nous révéler, à travers ce mot (Aadi), la connotation socialement chargée de cette notion devenue presque une valeur chez nous, les mauritaniens. A la fois idéologique, critique et synthétique, l’album "Aadi" d’Ewlade Leblade peut être considéré, à juste titre, comme un album dont l’écriture et les paroles offriront une nouvelle dimension au mouvement rap du pays et de quoi susciter l’émerveillement.

 

"On va revenir en force"

 

Le trio d’Ewlade Leblade, avec Aadi, semble s’imposer un seul challenge : celui de montrer au public mauritanien que, nonobstant toutes les critiques, il reste un des meilleurs groupes de rap en Mauritanie et a de belles choses à montrer et à partager.

 

"On va revenir en force", a promis le manager d’Ewlade Leblade qui révèle que son groupe ne changera en rien son orientation musicale, c’est-à-dire son engagement qui lui a jusqu’ici porté au pinacle. Et refuse d’indiquer que si son groupe louera, à travers une chanson, les réalisations de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il avait accompagné durant sa campagne présidentielle de juin-juillet 2009.

 

D’ailleurs, à l’époque, Ewlade Leblade avait fortement essuyé des critiques de la part de l’opinion publique très surprise par l’attitude du groupe qui avait composé un single contre le coup d’Etat fort apprécié. Aussi, vont-ils se racheter à travers l’album "Aadi" ?

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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Published by leducdejoal - dans Chroniques Albums
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