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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 15:34

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Croustillant, le deuxième album de Diam Min Tekky l’est incontestablement. Ce groupe de rap originaire de la banlieue de Nouakchott est en train d’influencer largement l’évolution de la musique Rim-hip hop. Aujourd’hui, ce collectif qui dérange souvent semble avoir pris de la hauteur avec leur nouvel opus, Gonga.

Dans ce nouvel album dont la sortie a eu lieu le 21 janvier 2010, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, il y’a un morceau très osé, comme à l’image du groupe, qui mérite une attention particulière. Ce morceau, c’est 89. Deux chiffres chargés d’histoire, deux chiffres lugubres qui rappellent un passé macabre, douloureux et effroyable !

Avec Diam Min Tekky, le rap est aujourd’hui devenu, comme le théâtre ou l’écriture, un travail de mémoire. Et tant mieux ! Pour la musique et l’Histoire. Car, aujourd’hui, ce groupe, malgré les salves de critiques et de réprimandes qu’il peut essuyer sur le front, est désormais conscient d’un état de fait : le rap ne doit plus exister en excluant l’époque dans laquelle il évolue.

On peut récriminer à Mar, Hané et Ousmane leur manque de maturité-ce n’est pas grave les gars- leur tempérament corrosif, leur insolence, mais jamais, on ne pourra leur reprocher, dans leur nouvel album, de ne pas avoir fait, comme certains de nos cinéastes et écrivains, un travail de mémoire.

Peu importe les propos qu’ils tiennent dans ce morceau qui n’est qu’une piqûre de rappel de ce qui s’est passé. Avec le morceau 89 qui est loin d’être une incitation à la haine ou la violence, Diam Min Tekky réécrit leur histoire, notre histoire, votre histoire. En un mot, l’histoire tout court d’une parenthèse dans l’existence de la jeune nation mauritanienne. Pour la première fois, un groupe de rap effectue un travail de mémoire et montre du coup que la musique Rim-hip hop peut bien prétendre à une mission publique.

Avec l’album Gonga de Diam Min Tekky, bien des choses changeront dans nos esprits, notre conception de voir notre existence et plus particulièrement dans la musique Rim-hip hop. Non, ce morceau qui est 89 n’est nullement une incitation à l’affrontement, à la remise en cause des rapports communautaires du pays, mais c’est juste une réclamation de la vérité, une voix qui se joint à d’autres qui, depuis plus de 20 ans, demandent la vérité, la lumière. Mais, qui le leur dira ? Et combien de temps devront-elles patienter pour le savoir ?

On sait qu’il y’a eu des tueries, des viols collectifs. On sait aussi qu’il y’a eu une véritable chasse à l’homme, des exactions et des expropriations abusives. Aujourd’hui, ce que l’on ne sait pas, où sont enterrés ceux qui ont perdu leur vie. D’où le cri de rage de Diam Min Tekky. «Indiquez-nous ces fosses communes pour qu’on puisse récupérer nos corps», réclame ce groupe. Pour faire leur deuil.

Morceau souvenir, 89 frappe par son expression crue, son audace et sa cruauté dans le langage et l’écrit. Lorsque Diam Min Tekky décide d’honorer la mémoire des disparus, nous, revoilà, replonger subitement dans le cheminement de la douleur presqu’incurable. Celle-là qui se fait ressentir comme une chape de plomb.

Dans ce morceau, il n’y a pas de place à l’hypocrisie ni à la démagogie. Lutter contre l’indifférence et l’insignifiance, voilà tout le sens de ce morceau. Le rap et le reggae sont certainement les expressions musicales les plus vivantes et les plus appropriées pour nous renvoyer à nos douleurs et souffrances. C’est pour cette raison que les paroles sont chantées sur un air de rap et reggae.

Ce que l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) ne s’évertuerait pas à cracher, Diam Min Tekky, lui, n’a pas besoin de gants pour le faire. On comprend alors que parler demande du courage et témoigner de la force.

Babacar Baye NDIAYE

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:09

 

Revoilà Monza, cette fois en solo, dans un nouvel album "Mauritaniana" ou "Ma Mauritanie" en français, après "Président 2 la rue publik" sorti en 2004 à Nouakchott. Cet album, très attendu, va sortir en perspective de la fête de la musique du 21 juin prochain.

 

L’album "Mauritaniana" est une aspiration de l’artiste, de ce qu’il voudrait que la Mauritanie soit, de sa vision des choses et son point de vue en tant que citoyen au sujet de la marche de son pays.

 

Monza est formel : Mauritaniana est loin d’être un album engagé. Il s’agit, en effet, dans cet album, de poser un regard critique sur la société mauritanienne. "C’est le discours d’un artiste pensant. Je donne mon point de vue sur la situation du pays. Après, c’est axé sur des faits concrets, sur des thèmes qui touchent les populations, qui concernent les institutions et ceux qui l’incarnent dans leur manière d’agir, de prendre les décisions et de faire leur travail", explique Monza.

 

L’album est composé de 12 titres. On peut citer, entre autres titres, "2009", "Je parle", "Ils nous mentent", "La causa buena" (duo avec l’artiste franco-dominicain Baltha-Baltha), "Ok, ça marche!", "Vivre mes rêves", "On m’a dit"…Le contenu de l’album a été écrit en un temps records de 21 jours. "Les titres de l’album sont inspirés de ma vie et des discussions (Ch’tary) que j’ai eues ou entendues ça et là", dit-il.

 

Mauritaniana est outre des histoires révélatrices, des vécus personnels de l’artiste. Mais aussi un album-constat. Pas de polémique ni d’attaque personnelle ou frontale. Dans cet album, Monza a tout simplement pris son stéthoscope pour ausculter la Mauritanie.

 

Mais aussi, une réponse à ceux qui disent que Monza est définitivement enterré par la nouvelle vague de génération de rappeurs ou de groupes de Rap."C’est un petit cadeau fait à la Mauritanie et aux Mauritaniens. Je n’ai pas fait beaucoup de scènes en Mauritanie. Mais, c’est juste pour dire que je suis encore là", rappelle-t-il.

 

Le message est donc limpide. Et, apolitique ou pas, l’Album "Mauritaniana" est de ces albums-là qui nous font saliver, qu’on aime découvrir parce qu’il exprime incontestablement une certaine soif de changement de cap, d’aller de l’avant comme à l’image de son concepteur qui a toutefois précisé que l’aventure avec la Rue public continue toujours.

 

Avec cet album, Monza veut marquer les esprits en jouant son va-tout. Toutefois, il avertit : "Cet album n’est pas le meilleur de ce que je peux faire. C’est un album qui a été enregistré en peu de temps, à l’arraché, sur l’inspiration du moment".

 

Vous êtes prévenu. Mauritaniana n’est pas un album qui sera distribué à grande échelle. Le tirage sera de 500 Cd, sur le compte de Monza qui a entièrement financé cet album réalisé en France. Pour éviter toute vente, il a promis de s’occuper personnellement de la distribution qui sera gratuite.

 

"C’est interdit la vente mais elle peut être dupliquée à souhait", assure-t-il.

Très engagé et très critique aussi, le Président 2 la rue publik, ne craint pas que son nouvel album ne soit censuré. "Je ne vois pas la raison pour laquelle, Mauritaniana devrait être censurée. Cet album lui-même prône une Mauritanie libre, une Mauritanie qui laisse les artistes s’exprimer, une Mauritanie où la liberté d’expression existe", murmure-t-il.

 

Mauritaniana est à coup sûr une tourmente qu’il est venu lâcher dans la marmite du Hip Hop mauritanien qui semble depuis quelques temps faire le ménage avec la politique notamment en cette période électorale. "Je n’adhère pas à l’idée de politiser la musique de façon générale, fulmine Monza. Je suis un artiste engagé, un artiste apolitique, un artiste à part, un enfant du bled mais pas un griot du bled. On est tous des enfants du bled et je ne suis pas de la catégorie des griots du bled".

 

En réaction à la présente campagne électorale, le Président 2 la rue publik a appelé les candidats à l’élection présidentielle de respecter leurs promesses et leurs engagements une fois élus à la tête de l’Etat. "Le modèle d’une Mauritanie à laquelle je crois, rappelle-t-il, ce n’est pas une Mauritanie divisée. C’est plutôt une Mauritanie multiculturelle, plurielle où les forces se rejoignent, où le dialogue est pur, où l’hypocrisie est rayée, une Mauritanie stable et pérenne".

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:05

Le groupe "Walfadjri" de Nouakchott vient de publier son premier album. Un album international. Longtemps attendu, l’album de "Walfadjri" est finalement sorti, à la fin du mois de janvier 2009. Cet album est composé de neuf nouveaux morceaux. "Séhil" ("Kharit" en Wolof, "Sahab" en Hassanya ou "Amitié" en français…) est son titre.

 

Cet album est un hommage à Allah Le Tout Puissant, à son prophète Mohamed (PSL) et aux différentes familles des membres du groupe. La duplication et la masteurisation ont été entièrement réalisées en France. Les prises de son, elles, ont été faites en Mauritanie. En ce qui concerne la jaquette, elle a été faite au Sénégal. Cet album est couvert par la Société des Auteurs, Compositeurs et des Editeurs de Musique (SACEM) qui est établie dans l’Hexagone. C’est dans ce pays aussi que les ventes ont été, en premier lieu, lancées. Pour le moment, le public mauritanien devra prendre son mal en patience, faute de maisons commerciales.

 

Certes, sortir un album n’est pas le meilleur baromètre pour jauger un artiste ou un groupe. "Walfadjri", avec cet album international, se propulse à jamais et à coup sûr. Depuis sa création en 1995, ce groupe n’a cessé de se faire remarquer. Des surprises, ce groupe nous en réserve à gogo.

 

Au mois d’avril, un concert est prévu (la date n’a pas encore été arrêtée) pour lancer le début de la promotion de leur album, Séhil, en Mauritanie. Ce méga concert sera organisé au Centre Culturel Français Antoine Saint-Exupéry de Nouakchott. En tout cas, ça promet ! Puisque ce groupe est composé d’éternels bosseurs qui croient en ce qu’ils font. C’est eux qui assurent les VSD dans certains lieux de distraction de Nouakchott.

 

"Séhil", intitulé du premier album de "Walfadjri", est un titre assez évocateur. La voix est assurée par Seydou Sow. Le titre de l’album, choisi par lui-même, n’est pas fortuit. D’une part, c’est un hommage qu’il rend aux musiciens de "Walfadjri" avec qui il a cheminé depuis son adolescence. D’autre part, c’est pour démystifier certaines relations amicales qui ont souvent tendance à se fonder sur l’hypocrisie ou sur l’intérêt. C’est pour Seydou Sow, de rappeler les gens, dans un monde où on commence à perdre certaines valeurs morales, à plus d’humanité et d’humilité, des valeurs qui semblent disparaître de nos mentalités.

 

Entre autres titres qu’on retrouve dans l’album, on peut citer : "Souko", "Africa", "Débo", "Fouta", "Poulagou", "Leydame"…Mis à part "Africa", chacune des chansons du nouvel album de "Walfadjri" est un chant d’honneur adressé à tous ceux qui ont participé à l’évolution de la société mauritanienne.

 

Dans "Leydame", Seydou Sow en appelle à tous les mauritaniens, de quelque communauté qu’il soit, de s’unir. Ce morceau est chanté dans toutes les langues nationales : Wolof, Soninké, Hassanya et Poular. Cette chanson est aussi un clin d’œil à la jeunesse mauritanienne de croire davantage en elle et surtout de ne pas être obnubilée par le mirage occidental.

 

"Poulagou" est une jolie façon de célébrer la gloire de ceux qui n’ont cessé de défendre la culture africaine parmi eux Amadou Hampaté Bâ dont Seydou Sow est admiratif !

 

Plus engagé, le morceau "Africa" est un coup de gueule. Dans cette chanson, l’artiste rêve d’un espace Schengen à l’africaine. Seydou Sow se joigne à tous ceux qui demandent qu’on ouvre les frontières entre les pays africains. L’album "Séhil" est une production de "Walfadjri". Il a été possible grâce à Cheikhou Bâ, Papa Diop, Papis Diarra, Sidi Sy, sans oublier le chef d’orchestre, par ailleurs l’âme du groupe, Papis Koné. Ils sont ensemble depuis leur adolescence. Leur complicité n’est pas donc surprenante.

 

"Walfadjri" prépare des tournées à l’intérieur du pays. Dans cet album, chacun pourra se retrouver puisqu’on y joue de la World Music. Une chose : Seydou Sow, le lead vocal de "Walfadjri" a déploré l’absence d’une maison chargée de protéger les droits d’auteurs des musiciens mauritaniens. Le piratage est bien-là ! D’où la raison du retard du début des ventes de leur album en Mauritanie.

 

Babacar Baye Ndiaye

 

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 00:11

Walfadjiri.JPGLe groupe "Walfadjri" de Nouakchott vient de publier son premier album. Un album international. Longtemps attendu, l’album de "Walfadjri" est finalement sorti, à la fin du mois de janvier 2009. Cet album est composé de neuf nouveaux morceaux. "Séhil" ("Kharit" en Wolof, "Sahab" en Hassanya ou "Amitié" en français…) est son titre.

 

Cet album est un hommage à Allah Le Tout Puissant, à son prophète Mohamed (PSL) et aux différentes familles des membres du groupe. La duplication et la masteurisation ont été entièrement réalisées en France. Les prises de son, elles, ont été faites en Mauritanie. En ce qui concerne la jaquette, elle a été faite au Sénégal. Cet album est couvert par la Société des Auteurs, Compositeurs et des Editeurs de Musique (SACEM) qui est établie dans l’Hexagone. C’est dans ce pays aussi que les ventes ont été, en premier lieu, lancées. Pour le moment, le public mauritanien devra prendre son mal en patience, faute de maisons commerciales.

 

Certes, sortir un album n’est pas le meilleur baromètre pour jauger un artiste ou un groupe. "Walfadjri", avec cet album international, se propulse à jamais et à coup sûr. Depuis sa création en 1995, ce groupe n’a cessé de se faire remarquer. Des surprises, ce groupe nous en réserve à gogo.

 

Au mois d’avril, un concert est prévu (la date n’a pas encore été arrêtée) pour lancer le début de la promotion de leur album, Séhil, en Mauritanie. Ce méga concert sera organisé au Centre Culturel Français Antoine Saint-Exupéry de Nouakchott. En tout cas, ça promet ! Puisque ce groupe est composé d’éternels bosseurs qui croient en ce qu’ils font. C’est eux qui assurent les VSD dans certains lieux de distraction de Nouakchott.

 

"Séhil", intitulé du premier album de "Walfadjri", est un titre assez évocateur. La voix est assurée par Seydou Sow. Le titre de l’album, choisi par lui-même, n’est pas fortuit. D’une part, c’est un hommage qu’il rend aux musiciens de "Walfadjri" avec qui il a cheminé depuis son adolescence. D’autre part, c’est pour démystifier certaines relations amicales qui ont souvent tendance à se fonder sur l’hypocrisie ou sur l’intérêt. C’est pour Seydou Sow, de rappeler les gens, dans un monde où on commence à perdre certaines valeurs morales, à plus d’humanité et d’humilité, des valeurs qui semblent disparaître de nos mentalités.

 

Entre autres titres qu’on retrouve dans l’album, on peut citer : "Souko", "Africa", "Débo", "Fouta", "Poulagou", "Leydame"…Mis à part "Africa", chacune des chansons du nouvel album de "Walfadjri" est un chant d’honneur adressé à tous ceux qui ont participé à l’évolution de la société mauritanienne.

 

Dans "Leydame", Seydou Sow en appelle à tous les mauritaniens, de quelque communauté qu’il soit, de s’unir. Ce morceau est chanté dans toutes les langues nationales : Wolof, Soninké, Hassanya et Poular. Cette chanson est aussi un clin d’œil à la jeunesse mauritanienne de croire davantage en elle et surtout de ne pas être obnubilée par le mirage occidental.

 

"Poulagou" est une jolie façon de célébrer la gloire de ceux qui n’ont cessé de défendre la culture africaine parmi eux Amadou Hampaté Bâ dont Seydou Sow est admiratif !

 

Plus engagé, le morceau "Africa" est un coup de gueule. Dans cette chanson, l’artiste rêve d’un espace Schengen à l’africaine. Seydou Sow se joigne à tous ceux qui demandent qu’on ouvre les frontières entre les pays africains. L’album "Séhil" est une production de "Walfadjri". Il a été possible grâce à Cheikhou Bâ, Papa Diop, Papis Diarra, Sidi Sy, sans oublier le chef d’orchestre, par ailleurs l’âme du groupe, Papis Koné. Ils sont ensemble depuis leur adolescence. Leur complicité n’est pas donc surprenante.

 

"Walfadjri" prépare des tournées à l’intérieur du pays. Dans cet album, chacun pourra se retrouver puisqu’on y joue de la World Music. Une chose : Seydou Sow, le lead vocal de "Walfadjri" a déploré l’absence d’une maison chargée de protéger les droits d’auteurs des musiciens mauritaniens. Le piratage est bien-là ! D’où la raison du retard du début des ventes de leur album en Mauritanie.

 

Babacar Baye Ndiaye

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