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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 23:10

On l’attendait avec impatience : la sortie de leur premier album. Ce mercredi 22 avril, le groupe "Walfadjiri" de Nouakchott investissait la scène de la salle des spectacles du Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry pour lancer la sortie de leur premier album, "Séhil", en Mauritanie.

 

Tous les musiciens du groupe étaient là au complet : Saïdou Sow (lead vocal), Papis Diarra (Clavier, balafon, flûte), Sidi Sy (Basse), Papis Koné (guitare solo), Cheikhou Ba (Hoddu, calebasse, maracasses) et Papis Diop (Batterie, Tama, maracasses). Un par un an, ils ont fait leur apparition sur scène sous les ovations et les cris stridents du public.

 

On a vite oublié le léger retard apporté au commencement de la soirée. Après une présentation sommaire du groupe par Dj Paco, le public retient son souffle. Les yeux s’écarquillent pour mieux voir et apprécier. Tout est calme…

 

La salle est obscure. Seule la scène est illuminée par les projecteurs. Dans ce silence, Une flûte résonne au fond de la scène. Du nouveau dans les oreilles. Celui qui l’a mijoté : Papis Diarra. A la fin du spectacle, il explique : "Au départ, on a senti la nécessité d’inclure cet instrument dans notre musique. En plus, c’est un instrument traditionnel africain. C’est vrai que c’est un instrument venu d’ailleurs mais on a vu qu’on pouvait l’adapter à la musique mauritanienne".

 

Le premier morceau qui sera chanté dans la soirée est Séhil. "C’est dans les moments très difficiles qu’on peut reconnaitre ses vrais amis", explique Seydou Sow à la fin du morceau. Nous voilà plongés dans les rythmes de la salsa avec le morceau "Debo". La chaleur monte. A chaque nouveau morceau, c’est tout un répertoire qui est visité. Entre le morceau "Poulagou" et "Fouta", le temps est passé vite.

 

La calebasse, le Hoddu, la flûte, le balafon et les maracasses donnent à la musique une autre sensation. Avec "Leydam", l’ambiance devient torride. Une chanson pour l’unité nationale. Apparait Noura Mint Seymali. De sa voix captivante, elle déroule un air envoûtant. Elle chauffe le public.

 

"On va prier pour que la paix règne partout", lance Seydou Sow. Même intensité avec le morceau "Africa". Le public commence à lâcher. "Hé ! Maman Africa, il est temps de se bouger", entonne-t-il. Bouger, le public le fera tout le reste de la soirée.

 

Les rythmes endiablés reprennent de plus belle avec "Dounya" et "Souko". Plus de 90 mn de musique. L’envie de faire plaisir était visiblement là. Il ne manquait peut-être une voix féminine dans les chœurs. A défaut de cela, on s’est consolé avec "Guido", une chanson d’amour. Histoire de terminer en beauté !

              wal fadjiri1[1]

Pour un tour de chauffe, ça a l’air d’avoir plu. Le public d’ailleurs est reparti avec quelque chose à se mettre sous la dent. Parmi les admirateurs de "Walfadjiri", il y avait Sow Mamadou. Il suit ce groupe depuis 3 ans.

 

"Ils ont fait un chemin incroyable malgré les difficultés. Aujourd’hui, je pense que c’est un couronnement. J’espère que ça va leur ouvrir d’autres portes…Ils ont souffert. Quelqu’un qui a été dans la salle peut en conclure qu’ils ont vraiment fait de la recherche. Ils ont cherché dans la culture peulh, dans la culture mauritanienne et africaine.

 

Ils ont mélangé avec de la musique occidentale. Ils ont vraiment trouvé un équilibre parfait. Je suis sûr et certain qu’ils iront très loin. Tout ce que je demande, c’est que le Ministère de la Culture ne fasse pas ce qu’il a l’habitude de faire. Il faut qu’il soutienne les artistes. Celui qui est venu assister à leur concert saura que c’est des professionnels. Je pense qu’ils peuvent porter très haut le flambeau de la Mauritanie à travers le monde".

 

"C’est la première fois que je découvre ce groupe. C’était magnifique. Ce que j’ai vu aujourd’hui n’est pas à raconter. Je ne regrette pas d’être venu. Mieux vaut voir une seule fois que d’entendre mille fois. Je ne suis pas un mélomane mais je sais qu’il y a eu un travail sérieux qui a été fait. J’ai été surpris par l’harmonie de leur musique et le plaisir que le public ressentait", témoigne Moussa Ngaïdé dit Bouba.

 

Après la sortie de cet album, les opportunités de bouger et de tenir des concerts à l’intérieur du pays comme à l’extérieur commencent à se dessiner. L’album "Séhil" est à n’en pas douter une consécration d’un parcours qui a commencé en 1995.

 

La conquête internationale est désormais lancée. "Notre rêve, ce n’est pas seulement de rester en Mauritanie, confie Seydou Sow à la fin du spectacle. Sillonner le monde, c’est notre souhait le plus profond et de nous faire connaître". A part ça, que faut-il souhaiter au groupe Walfadjiri ?"Que nous aillons plus loin et que nous soyons soudés", répond le lead vocal, Seydou Sow.

 

Babacar Baye Ndiaye

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 21:11

Du 12 au 14 novembre dernier, l’Union Kajamoor des ressortissants Casamançais en Mauritanie (UKRCM) a renoué, après 5 ans de silence, avec ses journées culturelles qui ont eu lieu à Nouakchott à l’ancienne maison des jeunes dans l’enceinte du terrain de basket-ball. C’est la deuxième édition dont l’ambition est de créer un brassage culturel entre la Mauritanie et le Sénégal.

Parrainées par le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), Ahmed Hamza, avec l’appui de la Sobama entre autres, ces journées culturelles ont bien émoustillé le public venu découvrir le Diambadong, l’Ekoumpo, le Samaï et autres danses et masques.


Pendant trois jours donc, elles ont montré que la Casamance est bel et bien un creuset de civilisations et de diversité culturelle. Ces journées culturelles qui sont à leur deuxième édition, explique Saïd Mouhamadou Lamine Badji, le secrétaire général de l’Union Kajamoor des ressortissants Casamançais en Mauritanie, sont une occasion de magnifier la diversité de la culture casamançaise.
                         DSCN3692.JPG

«Si nous osons organiser une telle manifestation en Mauritanie, c’est parce que la communauté sénégalaise est parmi les mieux intégrées dans ce pays frère et ami qui partage avec le nôtre l’histoire, la géographie, la religion et la culture», a déclaré Mamadou Lamine Sagna, président de l’Union Kajamoor des Ressortissants Casamançais en Mauritanie à l’occasion de la cérémonie officielle des journées cultuelles casamançaises dont le point d’orgue a eu lieu le 13 novembre.


Tour à tour, l’ambassadeur du Sénégal à Nouakchott Mahmoudou Cheikh Kane, le représentant d’Abdoulaye Baldé, le ministre sénégalais des Forces Armées et celui d’Ahmed Hamza ont magnifié la diversité culturelle de la Casamance connue par ses importants atouts sur le plan hydrographique, agropastoral, économique et touristique.


Entre autres invités, il y avait les ambassadeurs de la République du Mali, de la Gambie et de la Guinée sans oublier ceux des pays européens et américains. A la suite de ses allocutions, s’en suivirent les chœurs d’ouverture et la danse "manodj" de l’ethnie "ballante" de la Casamance.

 

Une fête très riche !

 

Très riches, la deuxième édition des journées culturelles casamançaises de l’Union Kajamoor des Ressortissants Casamançais en Mauritanie l’a été. Des cérémonies funéraires de l’ethnie "Manodji" au cours desquelles les hommes font preuve de bravoure et de témérité aux danses des initiés protégés par un "kankourang" (l’esprit protecteur contre les malfaiteurs) en passant par le "Coucou", l’"Ekoumpo" qui est une danse avec masques (célébrée après les récoltes) et le "Samaï" qui se fait la nuit et qui est une manière de contenir les jeunes de ne pas émigrer, le public a découvert une partie de la diversité culturelle casamançaise sous l’œil vigilant des esprits surnaturels.


«On ne peut pas tout montrer. Si c’était en brousse, ce serait beaucoup plus vivant»,  s’excuse Ibrahima Sambou, conseiller de l’Union Kajamoor des ressortissants casamanaçais en Mauritanie. Pour autant, le public a semblé voir de la magie dans ses spectacles assurés et dirigés par Nicolas Sagna du mythique groupe la "Casa di Mansa" qui signifie littéralement la Case du roi.


«Nous donnons aussi l’occasion aux casamançais qui sont nés en Mauritanie et qui n’ont jamais vu ces danses et ces traditions de pouvoir se sentir casamançais, de ne pas se déraciner de leur culture. A partir de là, ils vont se sentir qu’ils sont casamançais», explique Ibrahima Sambou.

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Des instruments assez rares comme le "Bugueur bou" (une sorte de tam-tam) qu’on ne joue qu’à certaines occasions comme les cérémonies dans le bois sacré ont été sorties spécialement pour faire découvrir aux mauritaniens les secrets de cet instrument d’où fusent des sons chaloupés et endiablés.


«La manifestation a été de trop haute facture. Et, nous avons découvert une autre facette de la culture de la région naturelle du Sénégal communément appelée la Casamance», témoigne quelqu’un à la fin des spectacles qui ont lieu entre le 12 et le 13. «Plus la nuit se creusait, plus les danseurs montaient en puissance», renchérit quelqu’un d’autre, ébahi par la prestation de la "Casa di Mansa".

 

Babacar Baye NDIAYE

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 20:51

Ceux qui ont participé à la deuxième édition de la quinzaine des arts qui a eu lieu du 29 octobre au 13 novembre dernier en ont gardé que des souvenirs d’amertume, de remords et de regrets. «Je me suis démerdé tout seul pour arriver sur le site de la quinzaine des arts», confie quelqu’un. «J’ai payé de ma propre poche », renchérit un autre. «Tout au long de la quinzaine, c’était de l’improvisation», explique-t-on. «Il y a des choses qu’on nous a cachées», fulmine encore quelqu’un d’autre.


Juste, après 5 jours de la fin de la quinzaine des arts, des voix s’élèvent pour dénoncer la lenteur de Médiation, la structure chargée de l’organisation de la quinzaine des arts, à faire le bilan de ce qui s’est passé durant cette quinzaine des arts qui a été, somme toute, une initiative formidable à bien des égards et une opportunité à laquelle bon nombre de personnes avait nourri un grand espoir.


Au lieu de tout cela, l’après quinzaine des arts a dévoilé au grand jour des mécontentements et un goût amer dans l’esprit de ceux qui y avaient participé. La gestion de la manifestation assurée par Médiation a été fortement décriée. Du coup, des structures comme Horizons 800 qui vient de la France a sursis les projets qu’ils avaient noués avec cette structure.


«On s’est rendu compte qu’ils (ceux qui composent Médiation, Ndlr) ne savaient pas faire et si on ne sait pas faire, il faut avoir l’humilité de le reconnaître et le reconnaître ne fait que nous grandir », lance un de nos interlocuteurs.


A écouter leurs révélations, c’est comme si le ciel leur était tombé par-dessus la tête. Au-delà de cette frustration, c’est l’exaspération qui se lit derrière leurs yeux en apprenant certaines malhonnêtetés comme par exemple dire que les billets d’avion ont été achetés par Médiation alors qu’ils ont été offerts gratuitement par Tunisair.

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Selon nos interlocuteurs, même les problèmes d’intendance au niveau de l’hôtel n’ont pu être correctement assurés. «Il fallait batailler pour manger», nous confie-t-on. «Il y a eu tout un flou artistique autour de l’organisation. Personne ne savait combien a-t-elle coûté. Il y a des chiffres qui sont balancés par-ci et par-là. On sait qu’il y a eu des artistes qui n’ont pas été payés parce qu’on le leur avait promis. D’autres qu’on n’avait pas promis de payés mais qui ont été dédommagés », explique quelqu’un.


Supercherie, absence de transparence, frustration, jeu de dupes, sentiments d’avoir été utilisés, déception…La deuxième édition de la quinzaine des Arts a connu beaucoup de ratés tant du point de vue organisationnel que communicationnel et sécuritaire. Le groupe de rap marocain Style Souss l’a appris à ses dépens le jour de sa prestation à la foire artisanale. D’ailleurs, un artiste venu de la France, nous dit-on, aurait même été obligé de vendre, comble de l’ironie, son poste de soudure.


Selon nos interlocuteurs toujours, on a voulu noyer l’incompétence des uns et des autres en mettant les uns contre les autres et ils sont catégoriques : si c’était une expérience à refaire, ils ne sont pas partants ! Pire encore, quand ils veulent joindre ceux qui dirigent Médiation, «leurs portables sont fermées ».

Nos interlocuteurs aussi avouent n’avoir rien compris et c’est avec un pincement de cœur qu’ils se sont rendus à l’évidence que les organisateurs à qui ils prêtent l’intention d’aller investir dans le riz à Rosso qu’ils les auraient tous roulés dans la farine.


D’ailleurs, l’Unicef/Mauritanie qui était partant pour appuyer la quinzaine des arts s’est retiré à la dernière minute au motif que la structure chargée de l’organisation de l’événement ne dispose pas d’un récipissé de reconnaissance au niveau de l’Etat mauritanien.  

 

Babacar Baye NDIAYE

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 21:02

Ce 29 septembre, les habitués du concert K’fet qu’organise chaque mois le centre culturel français de Nouakchott Antoine de Saint-Exupéry ont déjà vu défiler Toumani Diallo, Thierno Athié, Moussa Sarr, les Frères Athié ou Baguiss. Mais celui qui était à l’affiche est tout simplement Cheikh Ould Labiadh qui vient de monter avec Ali Ndaw son groupe qui porte le nom de «Khoumassi». De Malouma à Noura Mint Seymali et de Thiédel Mbaye à Dimi, l’une des grandes voix du pays a donné en avant-première le contenu de son prochain album "Neyruba" dont la sortie est prévue en janvier 2010.

 

Aujourd’hui, Cheikh Ould Labiadh est convaincu d’une chose : qu’il a bien sa place sous le soleil des musiques du monde. C’est donc un Cheikh Ould Labiadh bien retapé, bien fouetté avec une crème de volonté, gonflé à bloc et prêt à bondir comme un tigre sur sa proie qui est apparu sur la scène. Il veut désormais prendre un nouveau virage.

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Et rien de plus excitant pour lui que de sniffer la poudre de la musique acoustique. Le bourreau des cœurs venu de Nouadhibou et qui a conquis le cœur des filles de par ses chansons d’amour veut y croire et jusqu’au bout. Même si le chemin est très long et exténuant. "Nous sommes préparés à ça. Ce n’est pas facile. Nous sommes sur le point de départ. On n’a pas encore annoncé les couleurs", lâche-t-il à la fin de son spectacle.

 

Après la musique tradimoderne qu’il a jouée pendant plus de 14 ans, Cheikh Ould Labiadh explore maintenant la musique acoustique. S’agit-il là d’un souci de donner un second souffle à sa carrière musicale qui a rencontré entre temps une ribambelle de difficultés ? "Non, j’ai juste trouvé mon chemin", se défend-il.

 

"J’ai choisi l’acoustique parce que je le sentais. Je me suis retrouvé dedans", se justifie-t-il. Et quitte même à dérouter ses fans qui ne l’ont connu que dans le registre de la musique tradimoderne. "L’essentiel pour moi, c’est que je leur propose quelque chose qui vient au fond de mon cœur. Je n’ai rien à craindre à ce sujet", dit-il.

 

Une chose est certaine : le Cheikh Ould Labiadh qui faisait succomber le public et notamment les filles n’est plus que l’ombre de lui-même. La preuve, il est toujours nostalgique de ses temps de gloire sur la scène musicale mauritanienne dans les années 90.

 

Avec Khoumassi, Cheikh Ould Labiadh veut désormais élargir son public pour ainsi refuser de se borner spécifiquement sur un style musical qui est peu prometteur sur le plan international.

 

Cet artiste a connu le succès. Mais aussi une longue traversée du désert qu’il rêve de combler et de ranger dans la layette des souvenirs. Musicien jusqu’à l’éternel, il refuse d’admettre qu’il y a une évolution de la musique mauritanienne dans son ensemble. Preuve qu’il va lui falloir retrousser les manches. "On est convaincus de ce que nous sommes en train de faire. On le fait par amour et par conviction", tente-t-il de convaincre.

 

La conviction, assurément. "Mais, il faut qu’on fasse tout pour qu’il y’ait des infrastructures musicales en Mauritanie. Du matin au soir, je me battrais pour ça", complète-t-il. En effet, depuis quelques temps, il n’a que ça en tête : se battre ! C’est vrai qu’il n’est plus en vogue mais c’est toujours une délectation de l’admirer car il a toujours le visage éternellement fendu d’un large sourire.

 

Durant son concert, il nous a gratifiés de son morceau "Leila Yalaléhé" qui reprend une de ses histoires d’amour qu’il a vécue personnellement. On comprend alors toute sa fragilité affective et sentimentale qu’il ne dérobe pas d’ailleurs. "C’est une chanson que j’apprécie musicalement", dit-il.

 

A l’âge de 14 ans, il adopte très tôt et paradoxalement la musique et tombe sur feu Seymali Ould Hamed Vall, un professeur de musique doublé d’une maîtrise de l’Espagnol, du Français et de l’Anglais, qui guide ses premiers pas dans le milieu de la musique. "C’est la première personne qui m’a tendu le micro pour que je chante. Il m’a encouragé en me soufflant à l’oreille que je regorgeais du talent", explique-t-il. "C’est Sidna Ould Alem, un compositeur, qui a fait de moi un chanteur", précise-t-il.

 

A 38 ans, ce fils de la ville de Nouadhibou compte bien mettre à profit sa riche expérience au service de l’évolution de la musique mauritanienne. Mais surtout vendre l’image de son pays par le biais de sa nouvelle fabrique de musique : l’acoustique.

 

"On peut le faire et on va se battre", insiste-t-il. "Tous les pays qui nous environnent ont des artistes de renommée internationale qui passent tout leur temps à faire des tournées. Pourquoi pas nous ?", fait-il remarquer. Il rêve déjà d’une carrière musicale prometteuse. «Je suis très optimiste», confie-t-il. Et de préciser : "Que ça marche ou pas, je continuerai mon chemin. Je suis né pour faire de la musique."

 

Pour terminer la soirée, il a égayé le public d’un morceau de Bob Marley "Women no cry" en version acoustique et sans paroles. Ainsi, avec son prochain album, Cheikh Ould Labiadh va signer le début de sa réhabilitation musicale. A partir de cette nuit-là, c’est comme s’il venait d’accomplir quelque chose de rarissime.

 

"Je préfère dormir content, content d’avoir fait un effort pour la nation, pour la nouvelle génération à venir. Il faut qu’on essaie de casser le mur pour cette génération-là, de galérer pour qu’elle puisse profiter de notre combat", révèle-t-il. Et le reste deviendra facile !

 

Babacar Baye Ndiaye

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 20:40

Au revoir l’édition 2009 de la fête de la musique. On a vite fait de ranger nos cliques et nos claques. On se prépare pour l’an 2010, espérons-le au moins, avec une programmation cette fois-ci beaucoup plus alléchante que celle de 2009. Des critiques par-ci et des remontrances par-là, on aura tout ou presque entendu au sujet de l’organisation de la fête de la musique qui en était à sa 28ième célébration à travers le monde.

 

Malgré les imperfections, on a quand même célébré notre fête de la musique à notre manière et comme toujours avec le concours du Centre Culturel Français de Nouakchott Antoine de Saint-Exupéry comme à l’égard des autres pays de la communauté internationale. Ç’aurait été beaucoup plus ridicule si on ne l’avait pas organisé.

 

Et, comme le dit l’adage, si on n’a pas ce que l’on cherche on se contente de ce que l’on a. Encore et pour la énième fois, le Ministère de la Culture s’est fait remarquer par son absence agaçante. Allons ! On ne va pas quand même continuer à se lamenter ou s’apitoyer sur notre sort. Pour autant, on ne va manquer de vous replonger dans l’atmosphère chaleureuse de la journée du 21 juin.

 

A 19h30, le public venu de partout et composé essentiellement de jeunes est déjà là. Le décor est planté. L’animation est assurée par Soya Watt et Ali Ould Mhaïmid. Xuman, Noura Mint Seymali, Ousmane Hamady Diop, Cheikh Ould Lebiadh…On ne pouvait pas mieux espérer en ces temps de crise financière. Le plateau était plutôt alléchant. Le spectacle sera ouvert par Ousmane Hamady Diop, originaire de Kaédi.

 

Celui-là, on l’avait presque oublié ainsi que son mythique "wiw-wiw". On pensait même qu’il a été englouti par les affres de la musique. Mais, rien de tout cela. Pour cette fête de la musique, il était venu avec la rage de chauffer le public et pour démontrer qu’il pétillait toujours de forme et de vivacité sur scène. De chansons en chansons, sur un mbalax percutant, il nous a fait découvrir une autre facette de sa personnalité comme on aimerait le voir.

 

Décidément, le Sénégal où il évolue sur le plan musical semble bien lui avoir redonné goût et perspicacité. Perles et cliquetis autour des reins, ses danseuses ont montré qu’elles en avaient pleins les mollets et le ventre.

 

Elles ont presque émoustillé le public avec leurs danses lascives et leur déchaînement très provocateur. De son côté, Ousmane Hamady Diop, malgré ses 53 ans, a été tout simplement virevoltant et impressionnant. Il s’est permis d’esquisser des pas de danses inouïes. Tenez-vous bien avec beaucoup de classe et de tchatche ! Il avait bien raison de se dire : "Allimoulana zéine khaate".

 

Après la prestation de Katü, une chanteuse espagnole de reggae dance-hall, c’était au tour de Xuman le "wakhkatou ndiaxum" de boucler la boucle sous une poussière ocre et maquillant. Il a été tout simplement décevant pendant toute la soirée malgré qu’il ait joué des tubes célèbres comme "Bal Poussière" ou "Kill di Dance". Ses groupies lieront cette piètre prestation aux mauvaises conditions climatiques. En effet, chose anodine, la poussière s’est invitée à la fête de manière inouïe et a finalement gâchée la soirée qui était partie pour être inoubliable, obligeant ainsi beaucoup de personnes à rentrer, avant le début de son concert.

 

"On attendait avec beaucoup d’impatience sa venue à Nouakchott, assure Mohamed Samba Diop, 21 ans et un fan invétéré de Xuman, son rappeur préféré qu’il écoute depuis tout p’tit et venu spécialement de Basra pour le voir chanter sur scène. Il faut l’avouer : il n’a pas été vraiment à la hauteur des attentes du public mauritanien. J’espère qu’il se rachètera prochainement".

 

Dans le but d’associer les populations de Nouakchott à la fête de la musique, le Ccf a organisé des concerts décentralisés pour permettre à certains quartiers comme Socogim Ps, Teyarett, Toujounine et le VIième arrondissement de profiter de cette grande fête internationale. Ces scènes ouvertes ont été assurées par de grands noms ou groupes de musiques de la place comme Dioba, Néfertiti, Mohamed Ould Seyïd, Baguiss et Alemiya Mint Seyïd.

 

Pour la deuxième fois d’affilée, Noura Mint Seymali a été sélectionnée à la fête de la musique. D’ailleurs, certaines langues déliées n’ont pas manqué de dire qu’il s’agissait là tout bonnement d’une faveur de la part du Ccf à son égard. Pour autant, elle n’a pas été dans son assiette. Elle a été peu convaincante dans sa prestation.

 

Ses morceaux phares de son répertoire comme "Mauritanie", "Waw Waw", "Tizani", "Hiya Mine Hiya", "Vasslimvik" n’ont pas réussi à la tirer d’affaire encore moins la rescousse du Président 2 la rue Publik, Monza et de son médiateur, Coulyman. Après sa prestation, c’était la grise mine.

 

Quant à Cheikh Ould Lebiadh, ce grand bourreau des cœurs hors pair, il nous a entraîné dans sa nouvelle fabrique de musique : l’acoustique. Il fait partie de ces artistes-là qu’on aime entendre souvent. Sa musique très séduisante est un cocktail de sensations, de vibrations et de mélodies qu’on aimerait déguster au bord de la plage au milieu de la nuit.

 

Le Rap, vive le Rap !

 

Dans la programmation de la fête de la musique, le Rap s’est taillé la part du lion comme à l’accoutumée confirmant la vitalité de ce mouvement dans le cœur de la jeunesse mauritanienne. Ils n’ont pas démenti encore une fois leur réputation qui semble bien leur coller la peau de grands cogneurs sur les dérives de la société et notamment d’insupportables vénéneux.

 

"Je rêve d’un pays où la loi n’est pas une arme pour opprimer les faibles/Un pays où la loi punit tout/Ce qui n’est pas en règle/Un bled de justice/Un bled d’équité/Un bled de tolérance et de liberté/Celle de voter/Celle de penser/Celle de boycotter ou de manifester…", martèle Minen Tèye qui vient de sortir son premier album "Moro-itanie" qui est une véritable invitation pour un changement de comportement.

 

On avait cru que le Rap mauritanien s’était dévié de sa trajectoire et surtout qu’il avait cessé d’être revendicatif et engagé. Mais, heureusement, qu’il y a des rappeurs qui sont là pour secouer l’arbre des incongruités comme à l’image de N’Guenndi Men.

"On rappe parce que notre société est blessée et vexée. Les populations vivent parfois des conditions de vie dramatiques", s’écrie Kraydeur, membre de N’Guenndi Men qui n’a pas manqué de reprocher au Ccf de ne pas sortir la grande artillerie pour offrir au public une bonne sonorisation.

 

Les nerfs de certains de nos rappeurs se sont même chauffés. Des mécontents, il y en avait du côté du groupe de Rap "Consensus". On a braillé, râlé, tempêté. Ce groupe a mal digéré le quart d’heure qu’on lui a accordé pour se faire apprécier. A la fin de leur prestation, l’un d’entre eux, à bout des nerfs, s’empare subitement du microphone et lance à l’endroit du public avant de se faire éconduire : "Ce n’est pas normal que des étrangers organisent à notre place la fête de la musique". Le message est bien passé !

 

 

Par Babacar Baye Ndiaye

 

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 20:17

SDC10682.JPGArtiste révéré, Cheikh Ould Lebiadh a marqué les esprits des mauritaniens avec ses chansons phares comme "Yalalahé" et "Mana". Après la traversée du désert voici venu le temps du printemps au grand dam de ses milliers de fans. Il vient de monter son deuxième groupe "Khoumassi" après "Noujoum Sahel". Euphorique, il déclare à sa descente de scène : "Je suis gonflé à bloc puisque c’est une nouvelle carrière musicale qui se dessine pour moi". Rencontre avec ce grand bourreau des cœurs au sourire ravageur à l’occasion de la fête de la musique du 21 juin 2009 organisée au Centre Culturel Français de Nouakchott Antoine de Saint-Exupéry!

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous venez de monter votre nouveau groupe "Khoumassi". Est-ce le début d’une nouvelle aventure musicale pour vous?

 

Cheikh Ould Lebiadh : Le terme "Khoumassi" signifie beaucoup de choses. Ce mot signifie cinq. En Arabe, cela signifie "Khamse". Mon nouveau groupe est composé de cinq personnes d’où cette appellation. La musique que nous jouons, c’est de la musique pentatonique. Cette musique est composée de cinq notes. C’est pour cette raison aussi qu’on a appelé notre groupe "Khoumassi". Maintenant, avec ce groupe, je peux dire que c’est une nouvelle carrière musicale qui se dessine pour moi. J’envisage de parcourir le monde, d’exporter mon savoir faire, notre richesse musicale. Notre musique est exportable.

 

Le Rénovateur Quotidien : Maintenant, vous semblez opté pour la musique acoustique. Peut-on savoir les raisons d’un tel virage?

Cheikh Ould Lebiadh : J’ai commencé ma carrière musicale en faisant de la variété. Mais, sérieusement, on ne peut ramener la pierre du sol au sommet de la montagne. Je chante la Bossa-nova qui est une musique brésilienne. Je chante du flamenco, du Jazz, de la musique orientale, etc. Avec ces musiques-là uniquement, je ne peux pas faire une carrière musicale internationale. Une carrière musicale nécessite d’abord que le produit soit acoustique, unique et authentique. C’est les raisons qui m’ont poussé essentiellement à choisir la musique acoustique pour entamer une nouvelle carrière dans ma vie d’artiste.

 

Le Rénovateur Quotidien : Allez-vous désormais laisser de côté la musique traditionnelle maure ? 

Cheikh Ould Lebiadh : Non ! Je me ressource dans la musique traditionnelle maure.

 

Le Rénovateur Quotidien : Quel regard jetez-vous aujourd’hui sur la musique mauritanienne de manière générale?

 

Cheikh Ould Lebiadh : La musique mauritanienne est une musique très riche. Mais, elle nécessite d’être exportée. Nous avons toutes les peines du monde pour vivre de notre art. Nous n’avons même pas un bureau des droits d’auteur. Nous n’organisons pas suffisamment de festivals pour la promotion de la musique mauritanienne. Nous n’avons pas des producteurs. Nous souffrons énormément de l’absence de promoteurs de concerts. Nous manquons de tourneurs. Il n’y a pas ce qu’on appelle un chemin de carrière. Il n’existe pas ! Un chemin de carrière, c’est avoir un bon manager, un tourneur…Malheureusement, nous n’en avons pas. Il ne m’appartient pas à moi seul de lutter pour que les choses s’améliorent. Je ne peux pas non plus à moi seul lutter afin que nos artistes puissent avoir une dimension internationale ou vivre de ce qu’ils font.

 

Le Rénovateur Quotidien : En 1990, vous avez monté votre premier groupe "Noujoum Sahel". Depuis lors, la scène musicale mauritanienne a connu quelques bouleversements. Pensez-vous qu’aujourd’hui, avec votre nouveau groupe, vous avez votre place dans cette nouvelle configuration de la musique mauritanienne ?

 

Cheikh Ould Lebiadh : Ecoutez ! Je ne suis pas revenu à la musique pour s’imposer. Je suis un musicien qui est connu sur le plan national. A un moment, je me suis éloigné de la scène musicale parce que je n’avais rien à proposer au public. J’ai connu le succès en 1998 avec ma chanson "Yalalahé" et "Mana" en 1996. Après, il y a eu d’autres tubes à succès. Pour des raisons personnelles, je n’ai pas voulu faire des concerts ni être à la page sans quelque chose de nouveau. C’est la raison pour laquelle, j’ai observé un temps de recul par rapport à ma carrière musicale pour mieux sauter. J’ai connu des périodes très difficiles à la suite de l’éclatement de mon groupe "Noujoum Sahel". J’ai passé de véritables moments de galère. Toutefois, j’ai toujours cru à ce que je faisais. Actuellement, je suis gonflé à bloc.

 

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 20:08

Moquettes bien déroulées, matériels de sonorisation assez impressionnante, public nombreux, des artistes d’exception, trois caméras de la télévision nationale, le tout dans un décor exubérant…"Á Vous la scène" du 27 janvier 2009, assuré par les animateurs de l’émission télévisuelle "Chebab" qui passe tous les mercredis à la TVM Plus, a tenu toutes ses promesses.

 

Á vingt une heure pétante, Soya, vêtue en boubou traditionnel tirant vers le violet, fait son apparition devant le public et annonce les couleurs. Lamine Kane, l’initiateur de "A vous la scène", se précipite, esquisse des girouettes, tourne dans tous les sens, donne des instructions par-ci et par-là. Il est rigoriste. C’est toujours ainsi. Pendant ce temps-là, la chère Soya se démêle avec son micro. Toujours pas de son. Visiblement, il y a des problèmes techniques. Une minute, cinq minutes, dix minutes…La soirée tarde à commencer !!! Du côté de la sonorisation et des techniciens, on s’active comme on peut.

 

Enfin ! Peut commencer maintenant la soirée de "A vous la scène"…Confortablement installés dans leurs fauteuils, les animateurs de l’émission "Chebab" annoncent le programme de la soirée. Tout y passe. Toutes les langues nationales ont eu droit au chapitre. On se croirait presque à l’émission "Chebab" sauf qu’ici on ne parlait que de musique.

 

A "Á vous la scène", on y promeut les artistes mauritaniens ou étrangers et la musique mauritanienne. C’est aussi, comme à cette nuit-là, un moment pour permettre aux artistes mauritaniens de s’exprimer, de donner leur avis et de soulever certaines questions inhérentes au développement de la musique sans oublier les difficultés auxquelles font face nos artistes en ces périodes de vaches maigres pour eux.

 

 Après Thiédel Mbaye, "A vous la scène" du 27 janvier 2009 accueillait Fama Mbaye et El Alemiye Mint Seïyide. Malheureusement, ni l’une ni l’autre n’a été présente. Pour ce qui est de l’absence d’El Alemiye Mint Seïyide, cela se comprend puisqu’ elle était tombée malade. En ce concerne Fama Mbaye, personne n’a su les raisons de son désistement de dernière minute. Même l’organisateur de "A vous la scène", Lamine Kane, était dépourvu d’expliquer les raisons de cette absence de Fama Mbaye, une artiste mauritanienne en devenir.

 

Mais, comme dit l’adage, à défaut de grives, on mange des merles. A la place de sa sœur, Mohamed Ould Seïyide a comblé le vide de celle-ci. Il est doué. Son avantage est qu’il sait jouer tous les instruments musicaux traditionnels : ardine, tidinit…Originaire d’Aïoun, il veut espérer propulser sa musique au-delà de son Hodh El Gharbi natal. Sa musique est un creuset d’influences entre la musique traditionnelle et moderne.

 

A la place de Fama Mbaye, on a finalement pris Coumba Salla. Elle s’est montrée à la hauteur et a démontré qu’on n’avait pas tort de la choisir, à la dernière minute, pour combler l’absence de Fama Mbaye. Ce n’est pas surprenant non plus pour ceux qui la connaissent et qui suivent de près la carrière musicale de cette dame qu’on appelle affectueusement "l’artiste du Gorgol", un titre qui lui sied si bien. Elle a la musique dans le sang. Sa mère est une cantatrice. Tout la prédestinait donc à une carrière musicale. Déjà, à l’âge de 7 ans, elle commençait à égayer les foules. Cette femme de foyer, comme elle aime à le revendiquer, mélange savamment dans sa musique à la fois moderne et traditionnelle de salsa made in Mauritanie.

Successivement, Demba Ndiaye Ndilane, Nibé Mbaye, Ibou Guissé, Rony et Tej se sont succédé sur la scène. Avec Demba Ndiaye Ndilane, on ne peut qu’être admiratif de cette voix qui émerveille. Venu présenter son nouvel album “Réwo”, il en a profité pour faire un passage à "A vous la scène". Toutes les musiques y étaient jouées. Il y en avait certaines qui réveillaient de lointains souvenirs. C’est par exemple celle que jouait Rony, un français établi à Nouakchott. Il a émotionné tellement le public que celui-ci lui a rendu la pièce de la monnaie en l’ovationnant comme un petit génie surgi de nulle part.

 

Le groupe "Walfadjri" de Nouakchott était aussi de la partie. Décidément, ce groupe n’en finit pas de nous éblouir. Leur style musical, “l’afropeul”, ne laisse personne indifférente. A coup sûr, on peut compter sur ce groupe qui joue savamment de la World Music. Le groupe, ce jour-là, a gratifié le public d’un morceau d’Oumar Pène, "Silmakha" ou l’aveugle. "Walfadjri" est un groupe composé de musiciens aguerris qui ont fini par s’imposer sur la scène musicale mauritanienne. D’ailleurs, ils assurent presque les concerts de la plupart de nos musiciens.

 

Les choses se sont passées si vite qu’on n’a pas senti le temps filer même du côté des animateurs. Eux, non plus, ils n’ont pas été du reste. Ils ont montré qu’ils ne savaient pas que papoter, débattre, donner des avis. Mais aussi qu’il savait danser, esquisser des pas de danse incroyables. Hum… ! Il fallait les voir. Pour ceux qui n’ont pas eu cette chance, vous pouvez vous rattraper en suivant la transmission de cette émission sur la TVM Plus, à partir de la semaine prochaine.

 

Babacar Baye Ndiaye

 

 

 

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 19:59

C’est une grande victoire que vient d’enregistrer le théâtre mauritanien aux Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone 2008. Le comité d’organisation de ce grand évènement culturel vient de publier la liste des nominés. Y figurent dans cette liste des comédiens de la troupe théâtrale de l’Alliance Franco-mauritanienne. 

 

Plus d’une vingtaine de comédiens venus de 12 pays différents seront présents aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique 2008 qui auront lieu du 11 au 14 décembre 2008. Parmi les personnalités invités, le comité d’organisation prévoit la participation, entre autres, de Mme Wéré Wéré Liking d’origine camerounaise et établit en Cote d’Ivoire où elle est chercheuse à l’Institut de Littérature et d’Esthétique africaine et fondatrice du Centre Panafricain de Ki-Yi, un lieu de formation d’artistes venus de toute la sous-région ouest africaine.

 

La participation de la Mauritanie aux Grands Prix du Théâtre Francophone d’Afrique est beaucoup attendue par le Comité d’Organisation. Sur 12 catégories de nominations, notre pays a été représenté sur les cinq à savoir meilleur metteur en scène(Gérard Tolohin), meilleure comédienne(Salem Mint Ahmed), meilleur décorateur(Gérard Tolohin), meilleur comédien(Camara Agali) et meilleur scénographe(Gérard Tolohin).

 

Durant 4 jours, la capitale béninoise, Cotonou, sera le lieu de rendez-vous du théâtre francophone africain. Ce sera une occasion pour nos comédiens de faire découvrir les multiples facettes de la Culture mauritanienne car, durant la soirée de gala qui aura lieu le 13 décembre, chaque pays exhibera ses spécificités et ses traditions en arborant des tenues traditionnelles.  

 

Les Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone qui en sont à leur première édition ont pour but d’encourager l’expression dramatique francophone dans les pays d’Afrique et de la promouvoir sur le plan international. Les lauréats de chacune des catégories au nombre de 12 bénéficieront d’une promotion internationale, une enveloppe financière et, entre autres, des bourses, des stages, des participations à des festivals et autres rencontres internationales.

 

Au départ, ils étaient 27 pays à compétir. Seulement, 12 pays ont été finalement retenus par le jury dont la Mauritanie qui a réussi à tirer son épingle du jeu d’autant plus que les critères de sélection furent rigoureux. Cela témoigne tout simplement d’une consécration jouissive du théâtre mauritanienne qui a besoin d’être soutenu pour pouvoir véritablement rivaliser avec les autres pays très en avance dans le domaine théâtral.

 

Notre Ministère de la Culture pourrait s’inspirer des Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone pour développer le théâtre en Mauritanie. Il existe des talents. Ils n’ont besoin que d’être soutenus.

 

Les "Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone" sont initiés et organisés par la Compagnie de théâtre et de rituels vodun BEO AGUIAR (C.BEO.A), une compagnie béninoise de théâtre créée en 1990 par Euloge BEO AGUIAR dont les activités sont étroitement liées à celle de la CBEOA.

 

Euloge BEO AGUIAR est né à Cotonou et a grandi à Parakou dans le Nord-Est du Bénin où il a passé 25 ans. Après ses débuts en tant qu’humoriste sous le pseudonyme de Masta Cool, il a réalisé depuis, de nombreuses créations et dirigé plusieurs ateliers de formations théâtrales. 

 

Les saisons théâtrales et artistiques 2000 à 2008 ont été particulièrement riches en expériences pour Euloge BEO AGUIAR et sa Compagnie, avec plusieurs créations, ateliers de formation en dramaturgie. La CBEOA s’est spécialisée dans le théâtre rituel et le spectacle déambulatoire. C’est un label connu dans les milieux du théâtre africain et international. Sa dernière création « Sans commentaire » remonte à la 9è édition du festival International de Théâtre du Bénin (Fitheb 2008). 

 

Capitalisant les riches expériences dans le secteur du théâtre, cette compagnie a décidé avec le concours de ses partenaires de donner un nouveau souffle au théâtre africain par la reconnaissance et la récompense des talents de l’excellence. D’où la naissance des "Grands Prix Afrique du Théâtre Francophone" avec sa première édition en 2008. 

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 12:30

Moussa Sarr 

Moussa Sarr est un chanteur-guitariste. A 41 ans, il ne fait plus figure de débutant et il a démontré de solides arguments à faire valoir ce mardi 7 Octobre 2008 au Centre Culturel Français où il ouvrait le bal des concerts K’fet de l’année, un moment inédit de distraction et de saveur à découvrir.

 

Contrairement à certains artistes qui ne croient plus en eux, en leur musique, en leur force du fait d’un milieu musical très hostile et où il est très difficile de se faire un nom, au pays d’un million de poètes, lui, il enfourche sa détermination croyant dur comme fer qu’il peut lui servir, sans aucun état d’âme, de cheval de Troie.

 

Très tôt, il se passionne de musique. Adolescent déjà, il ne rêvait que d’une seule chose : devenir comme ses oncles en suivant leurs traces. Tous ces oncles ont flirté avec la musique. Et, certaines de ses tantes. Chez lui, la musique est une affaire de famille et non de showbiz. C’est une passion et rien d’autre. On n’est pas appâté par l’argent. C’est un penchant naturel et dépouillé de toutes considérations financières.

 

Un de ses oncles du nom de Samba Lô a fait ses beaux jours et ses belles nuits, à l’Orchestre National de Mauritanie. Un autre aussi, du nom de Gamby Lô a longtemps accompagné certains groupes de Kaédi. En les côtoyant, il voulut très tôt devenir comme eux : une star de la musique, adulée et écoutée par tout le monde.

 

Marié et père de 4 enfants, cela ne l’empêche pas de vivre pleinement sa musique, avec discrétion et sans l’appui de personne. Et, n’en déplaise aux autorités, celles sensées promouvoir la culture et les arts dans notre pays : la musique se développera sans elles. Elles ont montré leurs limites et leurs possibilités. C’est une question d’ambition et des ambitieux, du genre de Moussa Sarr, hargneux et déterminé, la Mauritanie en regorge des centaines de milliers.

 

Le parcours de Moussa Sarr est assez singulier. Il fut d’abord danseur. Il s’y fera remarquer. Mais, aussi, à Kaédi, à l’école, il faisait du théâtre populaire. C’était vers la fin des années 80. Par la suite, il se lance dans la musique. Il sera astreint, pour joindre les deux bouts, d’exercer parallèlement les métiers de peintre en bâtiment et de carreleur, tellement les difficultés sont insoutenables. C’est par la suite qu’il se résolut à abandonner de tels métiers où il gagnait beaucoup pour se consacrer exclusivement à sa carrière de musicien.

 

Son premier texte qu’il écrira, "Sourga"(célibataire en Français), évoque les difficultés de la vie que rencontrent les jeunes notamment célibataires. Cette composition va marquer son entrée dans la scène musicale. On est en 1992. A cette époque, il se sentait pousser des ailes. Plus qu’une description d’une jeunesse en mal de réjouissance, ce morceau est avant tout un clin d’œil à la contrariété que vit cette jeunesse.

 

Cet homme à l’allure juvénile est originaire de Kounguel à 54 km de Kaédi au Sud de la Mauritanie. Pour cause d’études, il quitte très tôt son village natal en destination de Kaédi, ville qui le révélera au grand public. Il y fait ses études primaires. Mais, en première année collège, un bon jour, il décide contre toute attente de ses parents, de laisser définitivement les études pour faire de la musique. Depuis ce jour-là, il y est resté malgré les âpretés de la vie de musicien.

 

Au moment où il prenait cette décision, il n’avait pas encore atteint sa dix-huitième année. Comme certains jeunes de sa génération, il ne croyait pas aux études. Il était déjà emporté par la fièvre musicale qui régnait à Kaédi. Il céda devant la pesanteur et l’influence de la musique. Surtout, dans une ville comme Kaédi, réputée être un carrefour musical et une ville qui a produit de grands musiciens.

 

Sa musique est un miroir de la société mauritanienne et puise dans les différentes sonorités musicales des autres communautés du pays. Un mélange ingénieux de tout, de toutes les couleurs musicales du pays. Représentative, elle se veut aussi ouverte. Son objectif : imposer sa musique dans l’oreille des mauritaniens. Lui aussi, il est venu avec son propre style. Son groupe qu’il a créé depuis 1996 est à l’image de sa musique. Il est entouré d’étrangers et de mauritaniens de diverses cultures. Ce qui ajoute à sa musique une certaine authenticité.

                 

La musique n’est plus l’apanage des griots. L’essentiel, c’est d’avoir la voix, de savoir bien chanter et surtout de faire plaisir pendant de bonnes heures. Avec 9 morceaux joués ce 7 Octobre au Centre Culturel Français, il a séduit le public. Moussa Sarr, en effet, n’est pas un blanc-bec dans le domaine de la musique. Sa musique se nourrit de la folk music, de la musique guinéenne et des ballades. Avec 3 guitares, un hoddu (un instrument monocorde) et une batterie, il allie musique moderne et musique traditionnelle.

 

Avec une musique soft et open, il parvient à ressusciter les mélodies de la musique traditionnelle. Moussa Sarr est un artiste moderne, émancipé et soucieux de l’avenir de l’humanité. Comme disait l’autre, tout ce qui est humain ne lui est pas indifférent. Il sait aussi être narquois, registre où il excelle pas mal, notamment en direction des célibataires sur qui il ne tergiverse pas à décocher des flèches. Même s’il manque d’originalité dans la conception musicale, les thématiques qu’il aborde sont remarquables par leur densité et leur message.

 

Dans la vie d’un artiste, il y a des moments qui constituent une étape très importante. Son concert du 7 Octobre en était une. Il espère apporter sa modeste contribution pour changer la musique en Mauritanie. Lui qui a su tirer profit de l’expérience de ses oncles en les côtoyant à bas âge utilise sa musique pour sensibiliser les populations sur certaines maladies et certains problèmes liés à la vie.

 

Ses morceaux s’inspirent de la vie des mauritaniens et de certaines réalités : le célibat, la dépigmentation, le bouleversement des mœurs… Ils abordent aussi certains thèmes d’actualités comme la mondialisation et les échanges culturels. Son micro lui sert d’arme pour aussi fustiger certaines pratiques sociales et coutumières comme les mariages précoces ou forcés.

 

Il a chanté le sida, une manière pour lui de sensibiliser les populations sur cette maladie qui a tué plus de 25 millions d’individus depuis 1983, date de sa découverte. Il est aussi un pair- éducateur. Il a reçu une formation dans ce sens. Depuis 5 ans, il travaille avec une ONG locale du nom de "Nedwa". Avec son groupe, il a fait de nombreuses tournées partout en Mauritanie avec cette ONG pour sensibiliser sur certaines maladies comme le sida, la tuberculose…La musique au service de la société, telle est sa conception, pour faire passer le message.

 

Malgré tout son talent, c’est comme si la guigne le poursuivait. Car, jusqu’à présent, il a du mal à sortir son premier album. Une réalité auxquels sont confrontés les artistes mauritaniens. Et, si son album déjà enregistré en France n’est pas sur le marché national, c’est pour cause de duplication qui coûte énormément chère. La date de la sortie de son album, prévue en 2009, risque ainsi d’être repoussée. Il compte sur l’appui du Centre Culturel Français pour sortir son 1ier album.

 

C’est un handicap permanent que vivent les musiciens mauritaniens. Mais que faire ? Ils n’ont d’autres choix que de solliciter l’appui de "mains étrangères" pour pouvoir sortir leur album. Depuis 1996, date de la création de son groupe "Jaalal Leñol" ou "le Pilier du Peuple", il n’arrive pas à sortir son premier album. Il n’est pas le seul artiste à le vivre. Ceux qui sont en mesure de pouvoir aider la musique mauritanienne à se développer tergiversent toujours à mettre la main dans la poche pour soutenir un tel ou tel artiste.

 

Réussir musicalement en Mauritanie, c’est faire le chemin de la croix. "Le public mauritanien n’apporte rien à ses musiciens", constate-t-il. "On a fait des concerts gratuitement. Mais pour que le public vienne, c’est un problème", s’indigne-il. Une carrière internationale ? Il y pense déjà ! Car, pense-t-il, c’est la voie du Salut, pour l’artiste mauritanien.

 

Pour agrémenter de sel sa soirée du 7 Octobre dernier, au Centre Culturel Français, il a invité des artistes comme Monza, Ousmane Gangué, Fama Mbaye, Guéladjo Bâ, Dioba…qui sont venus témoigner leur amitié à Moussa Sarr en apportant, dans leurs bagages, le feeling et le punch qui faisaient défaut à son concert. Même si la musique ne lui a rien apporté, il trouve du plaisir à égayer le public mauritanien. Il voyage de temps à autre à l’intérieur du pays, notamment au Sud, en France et au Sénégal voisin, dans les villages bordant le fleuve Sénégal, où il est bien apprécié. D’ailleurs, il compte y promouvoir largement sa musique.

 

Babacar Baye Ndiaye

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 19:50

Elle est venue en Mauritanie pour présenter son spectacle et son nouvel album "Na Afriki" ce vendredi 23 mars 2007. Et pour une première, elle a laissé une bonne impression et le public qui était dans la salle des spectacles du centre culturel français de Nouakchott a beaucoup apprécié. Rencontre avec une âme d’artiste.

 

Cela fait 12 ans que Dobet Gnahoré est dans la musique. Elle a grandi dans un village panafricain artistique en Cote d’Ivoire. Dès l’âge de douze ans, elle a eu la chance de côtoyer des danseurs, des chanteurs, des artistes, des comédiens. Ce qui lui a permis, comme elle l’a laissé entendre, d’être polyvalente dans l’art. Mais pour cette ivoirienne, fille d’un percussionniste comédien, basée en France dans les Ardennes, dans un petit village de plus de deux cents âmes, être musicienne demande avant tout une certaine rigueur voire une certaine constance.

 

"Il faut chercher à être professionnel, polyvalent et exigent puisque le métier demande toutes ces choses surtout avec un public qui te juge. Il faut forcément avoir l’âme perfectionniste pour pouvoir atteindre un certain nombre d’objectifs", dit-elle.

 

Et impossible, quand on est un artiste engagé, de ne pas jeter un regard critique sur le monde contemporain, de ne pas être affecté par ce qui se passe ailleurs et surtout lorsqu’il se déroule dans un pays africain où des élites politiques prennent en otage les populations, saccagent et dilapident les richesses nationales et ne les font pas profiter aux populations démunies.

 

Pillages ou les voleurs d’or noir ?

 

"C’est un texte que j’ai écris après un voyage à Congo Brazzaville. Nous sommes arrivés là bas et nous avons vu toute la richesse de ce pays. On nous a racontés toute l’histoire de ce pays merveilleux. Et chose étrange, le peuple même n’arrive pas à profiter de la richesse qu’il a. C’est de là qu’est née l’idée d’écrire cette chanson. Je trouvais cette situation très injuste", explique Dobet Gnahoré en soupirant.

 

Son style est un mélange de musique traditionnelle de l’Afrique. "J’écoute beaucoup de la musique traditionnelle africaine. Depuis tout le temps, j’ai essayé de valoriser à ma façon les rythmes africains. Ce sont ces rythmes de chez nous qui nous nourrissent et qui ont nourri pas mal d’artistes africains et surtout aussi dans le monde extérieur. Donc, j’ai vraiment envie de valoriser la culture africaine à ma façon, d’aborder d’autres langues africaines et surtout me promener dans les rites et essayer de les jouer comme il se doit", soupire-t-elle.

 

Sa préoccupation ? C’est surtout par rapport à la situation actuelle en Afrique caractérisée par des guerres, des famines, des maladies… "Qu’on arrive à s’en sortir, à valoriser nos cultures, à se cultiver de la terre, avoir de l’eau et chercher nous même à s’autosuffire. A nous donc de prendre en charge nos vies", lance-t-elle. Un véritable cri de cœur contre les supposées fatalités qui veulent toujours que le continent africain et ses fils demeurent dans le bas du tableau mais aussi et surtout pour dire qu’il est temps maintenant de changer les choses.

 

Ancienne adepte de Woré Woré Liking (une icône de l’art africain) qui lui a donné l’envie et le goût d’être artiste, elle n’omet pas, pour valoriser sa musique et lui donner un cachet varié, d’apporter des instruments traditionnels comme la calebasse, la haute cour, la sanza et le houdou qui constituent la base même de sa musique.

 

Et coté thèmes ? "Je n’ai pas de thèmes particuliers. J’aborde tous les thèmes de la vie : la guerre, la joie, la famille, la pédophilie, la polygamie, l’inceste et cætera…". Autant de thèmes contemporains et peut être une manière pour elle d’être une artiste universelle porteuse de messages.

 

Et en tant que femme, elle a rendu un hommage à la femme africaine celle qui supporte et porte tout dans le foyer, à travers un titre "djiguène" qui veut dire en Wolof femme. Et nul doute qu’elle a envie de la valoriser surtout dans son spectacle, de la mettre en avant, de montrer sa force parce qu’elle est douce mais aussi parce qu’elle est avant tout "mère" autrement dit qu’elle a un coté très félin, la femme.

 

Et comme pour montrer que la vie est belle, elle lâche à travers son alléchante et sublime voix de femme africaine : "Dieu nous a mis sur terre pour être ensemble. Nous avons nos qualités et nos défauts. Nous sommes faits du même sang. Nous devons le respect aux autres et favoriser l’entente entre les peuples".

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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