Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 19:36

altero.jpgSeydou Diongue, alias Altéro, n’a rien perdu de sa profondeur textuelle et musicale. Ni son talent encore moins son public comme en témoigne son concert du 29 septembre 2011, à l’Institut Français de Mauritanie (IFM), où il a produit un spectacle de musique sur fond de reggae des plus inattendus.

Ce petit-fils de feu Seydou Ba, un pionnier de l’Orchestre National de Mauritanie, est en Mauritanie l’une des rares incarnations du reggae, cette musique de liberté, d’amour et de résistance. Ces trois mots mythiques résument le noyau de sa musique.

Né en 1981 à Nouakchott, ce longiligne artiste aux traits émaciés et fins a grandi aux rues des Blocs de la Capitale, y a joué au ballon et aux billes sans oublier le saut à la corde. Au milieu des années 90, il commence à titiller le micro, écrit ses propres textes. Cette voix taillée dans le roc de la musique soul, du gospel et du rhythm and blues (R&B) a été révélée au grand public par Number One African Salam (NAS).

Il quittera ce collectif pour former, avec Big Power devenu entre temps Waraba, Dangerous Family. Ils connaissent un succès fou à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Leurs textes durs et ravageurs les propulsent très rapidement au sommet, avant que chacun ne trace son propre sillon.

De son côté, Altéro qui avait commencé sa carrière dans le rap se tourne résolument vers le reggae, après avoir fait partie d’un collectif, le 994 Crew, qui a réuni de grands noms du rap mauritanien à l’image de Diam Mint Tekky, Monza, Couliman, Papis Koné…Il se trace une nouvelle direction et se réinvente en écoutant des figures emblématiques de la scène reggae/dancehall comme Capleton, Sizzla et notamment Bushman.

Puis, il se retrouve devant un rouleau compresseur en vendant secrètement et illégalement de la drogue pour gagner un peu de thunes dans un pays où être artiste ressemble à la vie mouvementée d’un Envoyé de Dieu. Il sera arrêté et envoyé en prison où il séjournera deux bonnes années. "J’ai vu des gens qui souffraient, qui ne recevaient pas de visites", se souvient Altéro. "Lorsqu’une personne traverse ce genre de situation, elle doit changer à sa sortie de prison. C’est une perte de temps de passer même une journée en prison", ajoute-t-il.

Cette expérience carcérale semble lui avoir ouvert les yeux. Aujourd’hui, cette parenthèse lui a permis de se définir à gros traits une philosophie où la liberté est désormais au cœur de sa musique et de ses textes. Comme un ultime souvenir, Altéro a composé, à sa sortie de prison, une chanson qui parle de lui, de sa vie carcérale, de sa révolte contre la domination, de son engagement. Ce morceau, intitulé "liberté", a été interprété lors de son concert.

Depuis qu’il est sorti de prison, Altéro écrit, compose, crache son passé sur des bouts de papier, n’arrive plus à contenir son énergie. Il a décidé, comme marqué au fer rouge, de ne plus se taire, de ne pas laisser l’injustice se fertiliser. Chez Altéro, l’heure n’est plus aux attitudes lascives.

D’ailleurs, il vient de composer un morceau qu’il a interprété, lors de son concert à l’IFM, qui a secoué le public et fait tabac. Il s’agit de "Touche pas à ma nationalité". Plein de sincérité et de vérité, ce morceau a été composé en un temps records, pour mettre ses pieds dans les feux de l’actualité dominée par le controversé recensement.

Aujourd’hui, Altéro joue sur le temps et la musique. Pour ce concert, il avait aux chœurs Farouck et Max. A la batterie, on trouvait Cheikhou Ba et Philippe Jelmomi au saxophone. Ousmane Touré, Guéladjo Ba et Domi Blanc Bec complètent le Desert Band. Altéro compte s’appuyer sur cette équipe remarquable pour sortir sur le marché sa première production musicale.

Il se dit avoir trouvé du plaisir en jouant avec cet orchestre, un bon plongeon qui semble l’avoir basculé. Avec Altéro sur scène, on se bute toujours sur des mélodies bien échafaudées. Avec ce concert, on a découvert un Altéro qui est revenu sur la scène musicale changé. Cerise sur le gâteau, un film est en train d’être réalisé sur lui. Comme quoi, personne n’est à l’abri des mauvais moments de l’histoire. Mais, l’essentiel, c’est de savoir se relever.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 07:02

semaine citoyennete photo accueilDes artistes se sont mobilisés, lundi soir, dans la moughataa d’El Mina, pour chanter sur la paix et la non-violence, à l’appel de l’Association Mauritanienne pour un monde sans guerres et sans violences.

 

Ce concert a réuni Saidou Nourou Gaye ainsi que des rappeurs qui viennent de faire leurs premières armes dans le milieu du hip hop mauritanien. Parmi ces artistes locaux d’El Mina, on trouvait Black Dental, Method, Kodé MC, Robert Mic, Black Handé…

 

Au total, les centaines de personnes entassées devant le frêle podium ont pu voir défiler une dizaine de rappeurs et de groupes de rap d’El Mina. Entre deux interludes, des morceaux de Bob Marley, un musicien révolutionnaire dans l’âme, Salif Keita, l’une des grandes voix de la musique africaine contemporaine, prolongeaient les sensations et les émotions du public en majorité composé de jeunes.

 

Non à la violence, oui pour la paix

 

"On est venus vers vous pour la paix. Le pays est train de subir des secousses et cela n’est pas notre souhait", dit Aly Ould M’Haimed, le MC de la soirée. "Autour de nous, des pays ont vécu des moments de tensions. Jusqu'à maintenant, la Mauritanie a toujours été préservée grâce à vous. La paix doit être préservée dans ce pays", lance-t-il à l’endroit du public qui lui répond par des salves d’applaudissements.

 

Après El Mina, d’autres plateaux réunissant d’autres artistes auront lieu dans les moughataas de Sebkha, de Dar Naim, d’Arafat et de Ryad pour sensibiliser la population notamment les jeunes sur la paix et la non-violence. "Dans ces moughataas, il y’a une recrudescence de la violence. On a voulu interpeller la jeunesse qui est le noyau dur de la société", a expliqué Moustapha Cheikh Bocoum, président de l’Association Mauritanienne pour un monde sans guerres et sans violences.

 

Ce concert de lancement de la caravane de sensibilisation sur la paix et la non-violence fut un "grand moment de communion" entre les artistes et le public, pour Moustapha Cheikh Bocoum. "Le pays traverse une situation qui doit interpeller tout le monde", a-t-il confié, appelant les mauritaniens à mettre en valeur les forces du pacifisme et de la non-violence.

 

Cette caravane de sensibilisation est organisée en partenariat avec l’Organisation pour l’Intégration Africaine (OIA).

 

Babacar Baye Ndiaye

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:32

soyawatt2-4430.jpgJeudi 8 septembre, la fête était au rendez-vous au terrain de basket-ball de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Le rappeur Youpi 4 Ever qui lançait la sortie officielle de son album Main dans la Main a sorti le grand jeu pour faire plaisir au public. Pour cette figure majeure du rap en Mauritanie, la sortie de cet album était une forme de résurrection. Résultat, le "Badboy" du rap mauritanien a, cette fois-ci, séduit le public en livrant un show à l’américaine.

 

Devant les aficionados du rap composés essentiellement de jeunes, cet admirateur pur sucre de Michael Jackson a livré un spectacle particulièrement électrique qui a duré trois quarts de temps. Des rappeurs et amis de l’artiste avaient dynamité le grand podium qui a été aménagé dans l’enceinte du terrain de basket-ball de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott.

 

Comme cette nuit du 8 septembre, Youpi 4 Ever veut désormais être omniprésent sur la scène musicale. Comme pour Promesse ou Man ak Yeen, ses deux premiers albums, le rappeur Youpi 4 Ever s’est entouré de Fatimata Ball qui a participé dans le morceau Sida Non, de One Seven, de Chabna de Be One Science, d’Omzo de Minen Teye, d’Outlook, de Mister X et de Lalish K.

 

Le concert avait débuté par la prestation de Babzo qui surfe entre dance hall et rap. Puis, dans un registre tout aussi différent que celui de Babzo, Big Kana a offert, dans un style propre à lui, une musique fouettée à base de r’n’b. Chaîne scintillant autour du cou, casquette rouge bien vissée à l’avant du front, il a délivré des messages qui tissent leurs racines sur l’éducation, la délinquance juvénile… 

 

Ces deux nouvelles voix du rap mauritanien seront suivies sur la scène par Bad’s Diom et F.Diou qui céderont la place à celui que les jeunes fans de rap, qui se sont massivement déplacés, attendaient: Youpi 4 Ever qui interprétera quelques uns des morceaux de son album Man ak Yeen tels que Dakika, Manik Cheina...

 

Avant de se lancer dans l’interprétation des titres de son album Main dans la Main tels que Sida Non, Gnoun Gnoy, Main dans la Main, Allache…Au total, l’album qui fait place aussi à l’underground contient 8 titres en plus d’un intro.

 

Ses duos d’une part avec la sexy Lalish K et d’Adviser, le rouleau compresseur du flow infernal ont séduit le public à qui l’on a gratuitement distribué l’album Main dans la Main soutenu par l’Unicef, l’Unfpa et le Senls, en version vidéo clips et audio. Youpi 4 Ever semble avoir gagné son pari, celui d’avoir réussi à remplir le terrain de Basket-ball de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott.

 

Ce pari est aussi et surtout celui d’avoir réveillé en nous le temps d’un soir notre devoir de lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont souffrent les personnes vivant avec le Vih/Sida. Dans un tourbillon de rythmes implacables.

 

"N’ayez pas peur de se faire dépister!"

 

Fatoumata Ball est une personne vivant avec le Vih/Sida. Aujourd’hui, cette dame se bat pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes les personnes vivant avec le Vih/Sida. Elle a été invitée par Youpi 4 Ever à prêter sa voix au morceau Sida Non de l’album Main dans la Main.  Présente lors de la sortie de l’album de Youpi 4 Ever, elle a tenu à donner de l’épaisseur à la soirée en invitant la jeunesse à aller se faire dépister. "N’ayez pas peur de se faire dépister!", a-t-elle lancé du haut du podium.

 

"Soyons tous unis pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le Vih/Sida. Aller en guerre contre le Vih/Sida, c’est se faire dépister. Connaissez votre sérologie. Si c’est positif, vous aurez droit à un traitement gratuit. Si c’est négatif, vous n’aurez rien perdu et vous aurez compris la douleur que vivent les PVVIH. Vous pouvez vous prévenir et ne pas transmettre le Vih/Sida et de ne pas lui donner l’opportunité de continuer à sévir dans notre pays", a-t-elle ajouté.

 

La cérémonie a été rehaussée par la présence de  Bocar Mbaye (Unfpa), Yacouba Tandia (Unicef) et Idoumou Ould Mohamed Vall (Senls).

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 19:22

yero minenteyeLa 2e édition du Welooti Festival se déroulera du 18 au 20 octobre 2011 à Bababé, dans le Brakna, a annoncé lundi matin son initiateur Yéro Abdoulaye Sow.

Le Welooti Festival se veut "comme un moyen de réunir les populations mauritaniennes condamnées à vivre ensemble dans l’unité, la cohésion et dans un climat social apaisé pour faire face ensemble aux mêmes défis du développement", a expliqué Yéro Abdoulaye Sow, par ailleurs membre du groupe de rap Minen Tèye.  

Le programme de la 2e édition du Welooti Festival prévoit une conférence sur les droits de l’Homme, une projection sur les droits de l’Enfant et les violences faites aux femmes. Une exposition sera consacrée à l’art local portant sur la poterie et la sculpture. Il est aussi prévu l’illustration d’une bande dessinée intitulée "Bougourou, le petit mendiant" en collaboration avec l’artiste peintre et caricaturiste Sall El Hadj et Yero Abdoulaye Sow.

De grands noms de la musique comme Mamadou Dème de la France et Sayako du Sénégal sont attendus à la 2e édition du Welooti Festival. Y sont aussi attendus Paco Leňol, Yonta Men, Enfant 2la Rue, Ziza, Zéina ainsi que des artistes locaux de Boghé, de Kaédi et de l’Ile Amorphil dans la région de Matam au Sénégal.

Le Welooti Festival est appuyé par l’Organisation pour le Développement de Bababé(ODB).

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 06:47

festival-culturel-pour-lunite-nationale.jpgLa Mauritanie vit du 28 au 30 juillet la deuxième édition du festival culturel pour l'unité nationale. À Nouakchott celui-ci est organisé au stade olympique, lieu de rendez-vous pour l'occasion des acteurs culturels, pour s'informer, échanger, débattre.

 

Durant trois jours, artistes, musiciens, peintres et artisans ont mis en évidence la variété et la richesse du patrimoine culturel mauritanien. Organisé par le conservatoire international de musique et des arts de Nouakchott (CIMAN) et le "dental orchestra", ce festival "a pour objectif de réunir les mauritaniens, les amener à parler de redécouvrir, communiquer" explique Ba Samba Hamadi, secrétaire général du festival.

 

"Nous avons cette chance inouïe d'avoir un creuset culturel extrêmement riche, malheureusement qu'on ne met pas assez en avant. Ce festival est l'occasion de resserrer les liens culturel et social", affirme Ahmed Baba Ould Mahfoud, chargé de communication du festival. À travers des débats et des conférences sur les arts traditionnels mauritaniens sur le rôle unificateur des cultures. "L'identité de la Mauritanie ne peut être complète, ne peut être évoquée, sans l'une de ses composantes wolof, pulaar, maure, haratine, soninké. En aucune façon. Toutes ces cultures ayant leurs propres traditions, avec un puissant socle commun qui est l'Islam, doivent nous amener à construire ensemble, pas à nous diviser", dit Ba Samba Hamadi.

 

"Exactement. Prenez par exemple les boubous que nous les maures arborons avec fierté. Ces boubous sont d'origine africaine, tandis que les maures ont démocratisé le thé, et que la guitare traditionnelle, le khalame, se retrouve dans toutes les communautés. Il y a une interaction inter-communautaires, qui historiquement ne s'est jamais démentie. Chacun apportant quelque chose à l'autre. C'est cela la force d'un peuple multiculturel", s'enthousiasme Ahmed Baba Ould Mahfoud.

 

"Tous les messages et symboliques autour de ce festival, nous les adressions aux citoyens mauritaniens, et à la société civile: nous devons pas laisser ces questions d'unité et de culture aux mains de l'état, des politiques, qui nécessairement en font un usage intéressé, biaisé", martèle en chœur les deux organisateurs.

 

Les artistes pour l'exemple

 

Abderahmane Ahmed Salem, directeur de la maison des cinéastes estime pour sa part que l'âme d'un homme, d'un peuple est sa culture. Donc, «l'action est tout à fait légitime» selon lui. "C'est la culture qui a le plus de chances de nous réunir. Elle est donc la bienvenue. Mais au-delà de ces trois jours, ce combat de l'identité mauritanienne plurielle, et de leur unité, doit être un combat quotidien, surtout pour les artistes qui représentent leurs réalités", développe-t-il.

 

Un point de vue entièrement partagé par Françoise Dexmier, photographe, peintre et cinéaste française, participante au festival, et qui durant ces trois jours a été la responsable d'un atelier de dessin pour les enfants. "La démarche culturelle est toujours la plus adéquate. Elle montre le métissage du pays", concède-t-elle. Sa démarche a elle porte sur dix ans à travers un projet, "mur-mur d'Afrique", convaincue qu'on change les choses d'abord avec les enfants, qui ont un regard vierge, naïf sur les choses.

 

"Si les enfants n'ont pas une réflexion très profonde, ils compensent largement cela par une imagination débordante et une saine curiosité. Et ces éléments de leur imagination, bien mis à profit dans un cadre artistique, peut participer à dessiner, faire émerger cette vision d'une Mauritanie unie» explique passionnée, Françoise Dexmier. Son groupe d'enfants de toutes les communautés, amènera «un souffle de métissage culturel et de partage de valeurs communes dans une société mauritanienne encore en construction", espère-t-elle.

 

La chanteuse Aïda Diaw partage entièrement cette vision des choses. "Cette initiative m'a inspiré pour une chanson célébrant l'unité nationale, qui pourrait être l'hymne du prochain festival en 2012. Il est déjà intitulé m'bolo nek béne (unité nationale en wolof- ndlr)", confie-t-elle.

 

Coumba Sala, une des figures de proue du festival, veut réunir à travers ses invités artistiques et ses chansons, la Mauritanie, "en musique déjà". "Des artistes comme Cheikh Ould Lebiadh, Halemiya Mint Sidi, Hamat Ka, Alassane Ndaw m'ont tous autant inspiré aussi. Et ce genre d'échanges mutuels doit se répercuter dans nos sociétés. Nous artistes ne pouvons qu'exhorter, montrer, faire éventuellement prendre conscience. Nous comptons jouer pleinement notre rôle à travers ce genre d'initiative", affirme la chanteuse soninké, qui jouait peu avant sur scène avec le groupe Dental Orchestra.

 

Un festival unanimement salué par les organisateurs et les acteurs culturels invités, qui espèrent que leur "bruit passera dans le champ politique pour éviter les écueils, tel que le recensement" selon un des organisateurs, qui peuvent brider, minimiser ce genre d'événement pourtant important, et appelé peut-être à devenir majeur.

 

Ami Fofana pour Noor Info

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 13:47

festival_culturel.JPGLe Festival Culturel pour l’Unité Nationale, ouvert jeudi 28 juillet 2011, a pris fin ce samedi 30 juillet 2011, à Nouakchott, au Stade Olympique. C’était la 2e édition de ce festival qui a mis à l’honneur, pendant trois jours, l’Unité Nationale. Cette année, cet événement, nonobstant qu’elle soit une grande célébration de la diversité culturelle de la Mauritanie, n’a pas connu une grande affluence de la part du public.

 

Toutefois, des artistes étaient bien là: Coumba Salla, Ziza, Toumani Diallo, Hamath Ka, Aida Diaw, Mohamed Ould Seiyid, Ousmane Guisset. D’autres aussi avaient répondu présent à la 2e édition du Festival Culturel pour l’Unité Nationale. Ceux qui étaient là ont pu découvrir la richesse et la densité de la diversité culturelle de la Mauritanie. Alors, le festival donnait l’impression d’un événement intime. Mais, la force du festival, ce furent plus ses messages que ses spectacles.

 

"Malgré nos différences, nous avons tous la même pièce d’identité. Nous devons dépasser nos crispations identitaires. Il y’a une terre que l’on partage. Il s’agit de la Mauritanie", lance un membre du collectif de rap CRS, sur la scène, micro à la main. "C’est une nécessité aujourd’hui d’organiser ce genre d’événement qui tourne autour de l’unité nationale laquelle doit être un combat et un travail de tous les jours", renchérit Abderrahmane Ould Ahmed Salem, directeur de la Maison des Cinéastes, partenaire de la 2e édition du Festival Culturel pour l’Unité Nationale.

 

Le charme de ce festival réside dans son côté open, une idée qui a séduit plus d’un. Au Festival Culturel pour l’Unité Nationale, on échange, on partage des idées autour du thé, on expose des objets d’arts, on discute de l’unité nationale, on se croise, on exprime sa vision sur les véritables ressorts de la construction de l’Unité Nationale.

 

Ainsi, chaque soir, les organisateurs du festival proposent au public des spectacles et des concerts de musique. Ce vendredi par exemple, au Stade Olympique de Nouakchott, la Compagnie de théâtre Timtimol (l’arc-en-ciel) présente une pièce sur l’Unité Nationale inspirée du théâtre forum qui est, pour rappel, une technique de théâtre mise au point dans les années 1960 par l'homme de théâtre brésilien Augusto Boal, dans les favelas de São Paulo. Le spectacle frappe l’esprit et séduit le public.

 

Pour Hamath Sy, directeur artistique de Timtimol qui a déjà présenté ce spectacle au Sénégal, "la Mauritanie se fera dans l’union, à condition que chacun y participe et respecte l’autre". "Avec le théâtre forum, nous espérons changer les mentalités. Lorsqu’on change les mentalités, on finira par retrouver cette unité nationale que l’on cherche tant", explique-t-il.

 

Impliqué dans la gestion, la promotion et la défense de l'Unité de la Nation, le Festival Culturel pour l’Unité Nationale met ainsi en exergue l’héritage culturel des différentes communautés de la Mauritanie. Dans un pays où il y’a peu d’espaces de communication, un événement comme celui du Festival Culturel pour l’Unité Nationale, permet aux mauritaniens de se débarrasser des maux sociaux qui les minent.

 

Et, aux yeux de l’initiateur du Festival Culturel pour l’Unité Nationale Babi Sarr, c’est déjà un motif de fierté, malgré que des peaux de bananes se soient glissées dans son organisation. "On a relevé le défi, dit-il. Il y’a des gens qui y ont cru, qui nous ont accompagnés". La 2e édition du Festival Culturel pour l’Unité Nationale a été malheureusement grippée par la faiblesse des moyens financiers malgré l’appui du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, de la Mairie de Tévragh-Zeina, de l’Agence Nationale d’Appui et d’Insertion des Réfugiés (ANAIR) et du Fonds Luthérien Mondial (FLM).

 

Célébrer l’unité nationale et danser ne furent pas les seuls maîtres mots du festival. Il y’avait aussi des spectacles de chœurs, des expositions d’objets d’arts mais surtout des conférences-débats sur l’unité nationale qui ont réuni des célébrités comme Cheikh Saad Bouh Camara, Abdoulaye Sow...

 

Malgré un programme qui s’est voulu un reflet de la diversité culturelle de la Mauritanie, le public, lui, ne s’est pas déplacé, peut-être faute de têtes d’affiches de la musique mauritanienne. Alors, dans de telles conditions, peut-on parler de déculottée ? Les organisateurs préfèrent parler de problèmes financiers pour se justifier.

 

"Les jeunes et les partenaires ont tous cru à cet événement. Les opérateurs économiques n’y ont pas cru. Je les comprends quelque part et je ne les blâme pas. Un festival qui demande 27 millions. Nous n’avons même pas pu réunir 5 millions. Il fallait le faire quelque part. Heureusement que beaucoup de choses ont été prises en charge. Nous sommes déficitaires", se défend Babi Sarr, initiateur du Festival Culturel pour l’Unité Nationale.

 

"Lorsqu’on parle de l’unité nationale, il y’a un minimum de sacrifices à faire, rappelle-t-il. On a ouvert la porte à tous ceux qui en avaient envie. Nous avons ciblé les icônes de la musique mauritanienne. Mais, face à certaines réactions, nous avons eu peur de nous engager ou de leur proposer quoi que ce soit. Nous avons laissé la porte ouverte".

 

Résultat, on ne verra pas l’ombre de l’une de nos icônes musicales qu’on avait annoncées en vue de participer à la 2e édition de la Festunitna à l’image de Maalouma Mint Meydah, Hawa Djiméra, Tahara Mint Hembara, Thiédel Mbaye ou encore Ewlade Leblade.

 

Les organisateurs ont donné cependant  la parole aux artistes plasticiens mauritaniens qui ont exposé leurs œuvres, évoquant la thématique de l’unité nationale et rappelant la belle leçon de diversité culturelle qui singularise la Mauritanie.  Comme quoi, les volontaires pour défendre la cause de l’unité nationale n’ont pas manqué. A l’image de Françoise Dexmier qui a participé à la 2e édition du Festival Culturel pour l’Unité Nationale pour donner une certaine ambiance novatrice à cet événement inspirée du concept de l’art dans la nature (le Land Art), d’y initier des jeunes âgés entre 6 et 10 ans.

 

Ce fut l’occasion pour elle, malgré les problèmes techniques, de "faire découvrir aux enfants toutes les facettes de la Mauritanie à travers leurs dessins qui intègrent la démarche de l’unité nationale". "C’est évident que la thématique de l’unité nationale dans le sens d’une philosophie de vie leur échappe complètement. Par contre, ils étaient sensibles au fait d’apprendre à vivre ensemble. On a discuté de la vie et en même temps, ils ont découvert l’histoire de l’art et de certains peintres", explique-t-elle.

 

Certes, la 2e édition du Festival Culturel pour l’Unité Nationale a résisté aux vents et marées. Mais, force est de constater amèrement qu’elle a baissé en termes de rythme et d’appropriation contrairement à la 1e édition. Du coup, le Festival Culturel pour l’Unité Nationale semble avoir perdu de précieux points. L’on espère vivement que les organisateurs rectifieront le tir à la 3e édition.

 

Babacar Baye Ndiaye

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 17:57

publik-copie-1.JPGLa 3e édition du Festival International "Musiques et Découvertes" de la ville de Nouadhibou créé en 2008 a, du 23 au 25 juin 2011, mis à l’honneur le patrimoine culturel et artistique de la Mauritanie ainsi qu’une dizaine d’artistes venus de Zouérate, de Nouakchott, de Nouadhibou et du Sénégal. Durant la première nuit du Festival, les milliers de spectateurs qui se sont déplacés ont vu défiler DDL, Alex, Eagle Man, Pinal Men.

 

Placé sous le thème "la jeunesse au service du développement", le décorium de la 3e édition du Festival International  "Musiques et Découvertes" a d’abord débuté par un chœur d’ouverture mettant en exergue la diversité culturelle et l’unité nationale. Ce spectacle a été assuré par la troupe artistique "Erango Looti" de Bababé.

 

Puis, des troupes artistiques venues de Nouadhibou, de Kaédi, de Rosso, de Sélibabi se sont succédé sur la scène. Chaque troupe a ainsi présenté un échantillon du patrimoine culturel et artistique de sa localité. Derrière la scène, Samba Diop, entre deux spectacles, se réjouit du fait qu’on ait mit à l’honneur la diversité culturelle de la Mauritanie. "La jeunesse mauritanienne a besoin de découvrir, de se frotter aux différentes spécificités culturelles. C’est à travers elle que passera le renforcement de l’unité nationale", déclare cet artiste membre de la troupe artistique "Erango Looti" de Bababé.

 

Sur la scène, deux DJ, Bob et Paco de la FM Nouadhibou, annoncent le rappeur Alex. "C’est un jeune qui cartonne", déclare, enthousiaste Dj Bob. "Là, où il passe, il laisse des traces", ajoute Dj Paco. Les vedettes de l’animation à Nouadhibou, sous une fraicheur écrasante, martyrisent leurs micros. La sonorisation n’est pas parfaite. Mais, on salue le courage de l’initiateur du festival.

 

"Je lui tire vraiment le chapeau. Sans sponsor, il a réussi à tenir le coup et faire plaisir au public stéphanois. Il mérite d’être soutenu", confie un jeune stéphanois dansant au rythme du flow du groupe de rap Ewlade Leblade qui prolongera tard dans la soirée la première nuit de la 3e édition du Festival International "Musiques et Découvertes".

 

Le lendemain, 24 juin, l’affluence est moins importante que la nuit précédente. Le public se fait désirer malgré une programmation assez riche et dense qui met à l’honneur System Z de Zouérate, Md Mouls (la nouvelle attraction du rap) de Nouadhibou, Junior Teyarett, Soco Clan et Adviser.

 

A l’opposé de ces rappeurs qui se sont presque produits sur les grandes scènes, qui ont fait presque le tour de la Mauritanie, on a découvert de nouveaux visages du rap, à Nouadhibou, à l’image de Touby, Sista Fa, Atissa et Sista Nancy qui ont livré un rap plein d’inclinaison. Dans la ville de Nouadhibou, le rap, comme à Nouakchott, se met au féminin.

 

Ici, à Nouadhibou, les concerts ne débutent qu’après minuit tapant. Mais, pour la dernière nuit (samedi 25 juin) de la 3e édition du Festival "Musiques et Découvertes", à 23 heures déjà, le Camping qui accueille les spectacles est pris d’assaut. Devant la fébrile porte, des centaines de personnes s’y entassent. La sécurité est débordée. On se bouscule. Sauf Moktar qui observe les mouvements de bousculade devant la porte. "Tout le monde veut voir Dara-J Family. C’est mon groupe de rap préféré. Je n’écoute que leurs chansons", dit-il.

 

A l’intérieur, on s’impatiente. Mais, en attendant, sur la scène, Yacoub Koné qui était venu jouer en marge de la fête de la Musique prête main forte à l’évènement. Après lui, le tonitruant Ziza, habillé en blanc, fait son apparition sur la scène. Le public crie son nom. De son côté, il entonne les airs de son morceau "Gonga". "On n’a rien vu à part les goudrons", raille Ziza, le vainqueur d’Assalamalekoum Découverte 2011.

 

A sa suite, les musiciens de Dara-J Family s’installent sur la scène. Celle-ci est enroulée par le public qui n’a d’yeux que sur les marches. Puis, d’un coup, surgissent Fada Freddy et Ndongo D qui entonnent leur morceau "Boomrang". Le public se l’approprie. Dara J Family va enchaîner avec "Temps Boy" puis "Children".

 

Le public s’emballe et réclame "Waccel sa griff". Fada Freddy et Ndongo D se soumettent. Le public, comme dans un mouvement de vrombissement, reprend en chœur ce morceau. Les mains flottent dans l’air. Dara J Family interprète "Celebrate Day". "En ce moment-là, au Sénégal, on célèbre la victoire du peuple. Nos dirigeants sont des corrompus. Le peuple sénégalais est en train de faire face au mauvais Président", dit Ndongo D.

 

Au total, Dara J Family offrira au public stéphanois un concert inoubliable, en revisitant quelques morceaux, à travers un medley, de leur répertoire. Lorsque Fada Freddy et Ndongo D interprètent "Bayi Yone" qui terminera le concert, mille feux s’illuminent dans l’esprit du public. Il était déjà 5h du matin. De l’autre bout de la ville, l’on entendait le premier appel du muezzin. Ainsi s’est achevée la 3e édition du Festival International "Musiques et découvertes" de Nouadhibou initié par Lamine Daff.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

5.JPG6.JPG2.JPG3.JPG7.JPG4.JPG

 

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 18:55

Cheikh-Ould-Lebiad.JPGTombé dans le chaudron de la musique depuis le début des années 90, Cheikh Ould Lebiad est devenu l'une des étoiles les plus brillantes de la musique mauritanienne.

 

Impérial sur les scènes, en Mauritanie comme à l'étranger, il a osé encorder la musique maure à la musique acoustique et bousculer les convenances, pour lui donner une certaine ouverture musicale.

 

Ce mardi 10 mai 2011, à l'Institut Français de Mauritanie, il a fait une reprise de "Women no cry" de Bob Marley, après avoir chanté Ayniya, Gembi, Bambaré Bassi, Neyruba, Yumiyane, Zouein, Leila qui figurent dans son premier album, Neyruba, sorti en 2008.

 

Cheikh Ould Lebiad a de nouveau, après une année d'absence sur la scène musicale, montré qu'il avait toujours une furieuse veine musicale. Petit à petit, il commence à reprendre du poil de la bête. Après sa participation au Festival Mer et Désert de Dakhla au Sahara le 27 février 2011 où il a hissé la musique mauritanienne et une brève apparition sur la TVM, lors d'une émission socio-culturelle, il est revenu, à l'Institut Français de Mauritanie, dans un concert qui a fait tabac.

 

Ce qu'il a perdu dans sa récente mésaventure, il l'a gagné en musique. Ce soir-là, et encore, il s'est amusé comme un fou dans un rêve de liberté qu'on lui envierait. Le concert n'a pas laissé de glace le public qui s'est laissé glisser dans la voix de Cheikh Ould Lebiad, la guitare d'Ali Ndaw, le congas d'Ibrahima Fall, la calebasse de Cheikhou Ba, le Tbel d'Ahmed Salem et les maracas de Binta.

 

Sahel Khumassi a su coller au plus près à la diversité, à l'authenticité et le public s'est fait happer par l'acoustique fouettée à base de blues jazz, de folk et de ballades. Alors, qui avait prédit que Cheikh Ould Lebiad perdrait les pédales à jamais?

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

Pour Cridem

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 19:52

Dioba-Gueye1.JPGIls sont devenus les icônes d'une génération. Il s'agit de Seydou Sow et Dioba Guèye. Ils se sont produits ce 21 avril 2011 au K.fet de l'Institut Français de Mauritanie, à l'occasion de la sortie du double album, Seydou Sow & Vagabond Tribe et Dioba Guèye & Vagabond Tribe, produits par l'américain Rusty Eklund.

 

Ce jeudi, ces deux artistes ont joué le tout pour le tout, en déchainant les passions du public. On n'avait pas, jusqu'ici, entendu une musique aussi grassouillette que celle qu'ils ont offert ce 21 avril. En produisant Seydou Sow et Dioba Guèye, Rusty Eklund a tenté un coup de poker. Résultat, après avoir fait parler d'eux, à Walfadjiri, pour Seydou Sow, à Africa Mbëguel et une carrière solo moins tonitruante, les voilà dans une nouvelle expérience pour explorer le blues afro-américain.

 

Le premier, Seydou Sow, nous avait, jusque là, habitués à reprendre les standards de grands chanteurs. Aujourd'hui, il semble s'éloigner de cette option. Preuve que sa carrière est en train de se transformer même si sa voix est encore mal posée et les paroles ressemblent à de la bouillie pour chat. Pour autant, aujourd'hui, la "Seydoumania" est dans l'air. Tout ce que ce calibre touche se transforme en or. Ses qualités musicales se font de plus en plus ressentir au grand bonheur du public.

 

Avant 21 heures, début de la soirée, le K.fet de l'Institut Français de Mauritanie est déjà pris d'assaut par un public bigarré, composé de vieux, d'adolescents et de jeunes, venus écouter le double album  de Seydou Sow & Vagabond Tribe et Dioba Guèye & Vagabond Tribe.

 

D’entrée de jeu, Seydou Sow secoue le public en ouvrant la soirée avec Douna. L’auteur de Débo, un morceau savamment emplatré dans du reggae, s’est fait entourer, pour la première fois, de deux charmantes choristes en l’occurrence Tabara Diop et Penda Woury Diallo. Celles-ci se sont remarquablement distinguées dans leurs voix, même si, elles ont donné l’air, sur quelques séquences, de ne pas suivre.

 

Puis, il a enchaîné une série de morceaux de son nouvel album où la Cigar Box, une guitare américaine à quatre cordes, diffuse des sonorités époustouflantes, dans une ambience de folie, de serbat, où les percussions de Mor Ndiaye et les samplers de Cheikhou Ba rivalisent d’ardeur.

 

D’un coup, Seydou Sow muscle sa prestation, se libère totalement, en esquivant des pas de danse incroyables dont lui seul a le secret. Derrière lui, Papis Koné n’est pas en reste. Celui-ci déroule son génie de grand guitariste, sous le regard apaisé et sage d’Ousmane Touré qui apporte de la consistance à la musique de Seydou Sow.

 

Tout comme celle de Seydou Sow, la prestation de Dioba Guèye avait l’odeur d’une renaissance musicale. Celle-ci a, dans ce spectacle, fait plus de place aux sonorités crées avec l’aide de Vagabond Tribe.

 

Elle donnera plus de fluorescence au concert, même si, elle s’est laissée entrainer dans un registre imprévisible. Elle fera monter l’adrénaline. Alors que sa voix se resserrait, elle se permet quelques improvisations. En français, Anglais, Poular, Ouolof, surfant tantôt sur les vagues du reggae, tantôt sur celles du mbalax ou du détonique.

 

Dans un style, peu novateur pour certains, osé pour d’autres, elle déroule toute sa classe et sa noblesse, en adoptant la démarche et l’expression d’une reine d’Afrique. Puis, après avoir chauffé le public et l’émoussé, Dioba Guèye s’offre littéralement comme une carpe.

 

Dioba Guèye tout comme Seydou Sow sont encore à la recherche de leur voie, de leur musique, de leur personnalité, de leur identité. Et, leur sortie de ce 21 avril, qui a beaucoup plu le public qui s’est fait bercer par d’inédites sonorités très prometteuses,  l’a révélé.

 

 

 

Entretien avec Rusty Eklund, à l'origine de la création de Vagabond Tribe

Rusty-Eklund.JPGCridem: Vous allez bientôt quitter la Mauritanie où vous avez passé deux ans. Alors, quel est le sentiment qui vous anime?

 

Rusty Eklund: D'abord, c'est un grand plaisir d'être accepté en Mauritanie. J'y ai rencontré des musiciens extraordinaires. J'avoue que je suis un peu triste de quitter prématurément la Mauritanie.

 

Après avoir fait neuf ans au Mali, j'ai découvert la Mauritanie. J'ai réussi à faire quelque chose. Et, bientôt, je vais quitter la Mauritanie, pour s'installer en Europe.

 

Je ne sais pas, musicalement, qu'est-ce que je vais faire, avec les musiciens mauritaniens avec qui j'ai commencé un projet. Je crois que tout dépendra des moyens et de la possibilité d'obtenir des visas, pour les inviter à aller à l'extérieur et continuer ce que nous avons commencé.

 

Cridem: Aujourd'hui, vous qui avez côtoyé les artistes mauritaniens, fait quelque chose pour la musique mauritanienne. A votre avis, de quoi a besoin la musique mauritanienne, pour n'être plus une musique de niche?

 

Rusty Eklund: Vous posez une question qui n'est pas facile à répondre. La notion de musique mauritanienne est très ambigue. Il y'a plusieurs ethnies en Mauritanie, ce qui suppose plusieurs musiques. C'est comme aux Etats-Unis d'Amérique dans les années 40-50. Il y'a plusieurs façons de jouer de la musique.

 

Lorsqu'on fait des recherches sur Internet sur la musique mauritanienne, on tombe généralement sur la musique maure. On ne va même pas savoir qu'il y'a la musique Soninké, Poular et Wolof. Malheureusement, je n'ai pas eu l'opportunité de travailler avec des musiciens maures, à part à Noura Mint Seymali.

 

Cridem: Vous avez produit Dioba Guèye et Seydou Sow. Pouvez-vous nous parlez de ces deux artistes-là pourquoi les avez-vous choisis pour travailler avec eux?

 

Rusty Eklund: La première fois, que j'ai écouté Dioba, j'ai été obligé de travailler avec elle. J'ai su très tôt qu'elle avait besoin d'explorer d'autres horizons, de lui imprimer une nouvelle démarche musicale. Je ne résiste pas à la voix de Dioba Guèye.

 

Elle a une voix charmante. Avec Seydou Sow, c'est autre chose. Je m'entends très bien avec lui, comme deux larrons en foie. Je suis en train de travailler avec lui, pour voir où cela va mener. Et, j'espère que le monde va aimer!

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

Seydou-Sow2.JPGTabara-Diop-et-Penda-Woury-Diallo.JPGSeydou-Sow1.jpgRusty-Eklund-copie-1.JPGPercussionnistes.JPGPapis-Kone.JPGDioba_Penda-Woury-Diallo.JPGDioba-Gueye.JPGMor-Ndiaye.JPGDioba-et-Souleymane.JPGCheikhou-Ba.JPG

 

 

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 23:05

soyawatt1-1272.JPGDepuis le début de ce mois d’avril, Vagabond Tribe a pris ses quartiers dans la maison de Rusty Eklund, à l’origine de la création du groupe. Dans l’après-midi du mardi 12 avril, tout l’effectif de Vagabond Tribe est sur place.

Entouré de ses complices, Dioba Guèye et Seydou Sow aux chants, Mor Ndiaye aux percussions, Papis Koné à la guitare acoustique, Ousmane Touré à la guitare basse, Cheikhou Bâ à la batterie et Tabara Diop au chœur, Rusty Eklund, au Kamel Ngoni, mène la danse d’un pas de maître, donne de la voix, dans un français purement américain.

Seydou Sow, dans une démarche nonchalante, à son tour, s’avance vers le micro et se met à fredonner les premiers airs d’un des morceaux de son futur album avec Vagabond Tribe. La machine s’ébranle. On se lance puis marque à nouveau une pause. Pendant ce temps, chaque musicien en profite pour une dernière fois pour titiller son instrument. On reprend à nouveau.

Après quelques minutes d’hésitation et d’interruption, la machine est vite relancée. Pour de vrai, c’est fois-ci... "Le refrain, c’est quatre fois. On reprend", lance Seydou Sow, aussitôt suivi par le reste de la locomotive. On règle la mesure. "Tu vas donner le mouvement…", indique Rusty Eklund à Papis Koné.

Tantôt assis sur un fauteuil, incessamment sur une chaise ou se tenant debout, Seydou Sow, après quelques secondes de distraction et de détente, interprète successivement les compositions de son nouveau répertoire musical. Les morceaux s’enchaînent et deviennent plus intenses. A la batterie, Cheikhou Bâ crache mille boulets de feu.

A côté de lui, Papis Koné malmène rudement sa guitare. Au fur et à mesure que Seydou Sow s’égosille, la musique prend son envol, aidée par les douces voix de Dioba Guèye et de Tabara Diop, la nouvelle recrue de Vagabond Tribe. Malgré quelques changements dans les accords, la musique garde toujours sa fraicheur. Seydou Sow donne d’ores et déjà, une lecture de son futur album avec Vagabond Tribe.

Il s’enflamme aux notes de la guitare d’Ousmane Touré et du Kamel Ngoni de Rusty Eklund, se laisse aller, improvise. Puis, subitement, Rusty Eklund l’interrompt pour lui faire remarquer qu’il était en train de s’emmêler gravement les pinceaux. Une manière pour lui de lui rappeler de se concentrer davantage afin qu’il puisse offrir, ce 21 avril, un spectacle plein de goût.

A Vagabond Tribe, le mot d’ordre, c’est le sérieux. Pas de nonchalance mais de la volonté et du plaisir de jouer. Les morceaux sont travaillés et retravaillés. D’ailleurs, la qualité s’y ressent fortement. Alors, de bien belles mélodies en perspectives à découvrir le 21 avril et dans le futur album de Seydou Sow, par ailleurs lead vocal du groupe Walfadjiri de Nouakchott.

De son côté, Dioba Guèye va livrer, à tout bout de champ, une musique acoustique, là un morceau à la limite du mbalax. Et y laisser parler ses sensations, ses questionnements, son interprétation de la vie et du monde. Avec elle, on change complètement et totalement de couleurs de musique, de style. Mais, pour ce concert du 21 avril, Rusty Eklund le veut sans faute. Ce faisant, il a mis, dès le départ, les points sur les i en insistant sur le côté pentatonique de la musique pour faire plaisir à toutes les oreilles.

D’ailleurs, de temps en temps, il s’échinait à mettre de l’ordre dans l’esprit de Dioba Guèye, très encline à la distraction et à la déconcentration. Ce qui ne l’empêche pas, dès qu’elle s’y mette, de retrouver sa voix ronde, rouge, pleine et délicieuse. Très à l’aise, elle s’affirmait pour montrer qu’elle n’avait plus de plomb dans les ailes. Dioba Guèye, fraîchement de retour de Dakar, a clos les répétions en interprétant, majestueusement, quelques-unes de ses compositions musicales, très savoureuses et moulinées à base de blues afro-américain. Dans  un enthousiasme bien enfantin.

Ce soir-là, Vagabond Tribe a renoué, malgré la fatigue des uns et des autres, avec les sensations de live, de grand show, en attendant le concert de ce 21 avril à l’Institut Français de Nouakchott pour voir si le public se piquera d’amour.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

soyawatt1-1310.JPGsoyawatt1-1308.JPGsoyawatt1-1307.JPGsoyawatt1-1290.JPGsoyawatt1-1282.JPGsoyawatt1-1278.JPGsoyawatt1-1276.JPG

 

Repost 0
Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
commenter cet article