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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 23:17

Babi-Sarr-copie-1.jpgAprès plus de trois décennies de musique, Babi Sarr résiste toujours aux éclats des obus de l’usure et du temps qui passe. Tout comme sa voix qui traverse les âges. Né en 1956 à Rosso en Mauritanie, Babi Sarr a grandi, à Nouadhibou, dans le sud, sous les ombres de sa mère, une grande cantatrice, et de son père, un acteur de théâtre et fonctionnaire des postes.

Pour l’anecdote, son père faisait partie de la première troupe de théâtre qui a joué un ballet, en 1961, lors du premier anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, devant le président Moktar Ould Daddah.

L’adolescent va grandir dans un environnement et une époque très marqués par la présence des disques vinyles et la voix d’Enrico Macias, Fahd Bella, Alvin Lee... De Kaédi à Bir Moghrein en passant par Mbagne et Nouadhibou, Babi Sarr gravite très rapidement les marches. C’est auprès de ses oncles, à Nouadhibou, qu’il va apprendre à jouer de la guitare. Détaché de tout notamment de la famille, son père lui en achète une  afin qu’il ne quitte plus le cocon familial.

Dénominateur commun, Babi Sarr l’est dans ses chansons, mais aussi et surtout, dans sa conduite, ses pensées et ses actes. Aujourd’hui, il met la musique au service du rapprochement des différentes communautés mauritaniennes.

"Dans le domaine culturel, les mauritaniens s’intègrent, travaillent ensemble sans aucune distinction de race ou de parti politique", fait constater Babi Sarr. Aujourd’hui, l’initiateur du Festival culturel pour l’unité nationale veut être cette courroie de liaison pour rapprocher les mauritaniens.

D’abord, à travers la musique, en fondant son collectif Dental Orchestra. "Dans ma musique, je chante dans toutes les langues", souligne-t-il. Il explique qu’il veut transmettre par-dessus tout cette "confiance" entre les mauritaniens. Ce militantisme culturel l'a amené à diriger en 2010 le Conservatoire international de musique et des arts de Nouakchott ( CIMAN) qui a pour objectifs, entre autres, de promouvoir la danse, la musique, les arts plastiques.

La vie ni l’âge de cet homme discret n’ont pas altéré son combat pour le développement de la musique en Mauritanie. Hier, comme aujourd’hui, la cause musicale est toujours au cœur de sa préoccupation. "L’homme a peur de l’inconnu", dit-il avant de constater qu’"en Mauritanie, nous n’avons pas appris la musique ni ne l’avons écrit" avant d’ajouter : "Si, on n’apprend pas, si on n’écrit pas, c’est un peu difficile. Mais, il y’a des compétences éparses qu’il faut regrouper pour aboutir à quelque chose."

Chez Babi, comme on l’appelle souvent, la passion de la musique a fini par prendre le pas sur celle de l’enseignement où il est depuis 1979.

"J’avais un professeur qui me disait : ça ne sert à rien d’apprendre si on ne transmet pas ce que l’on a appris. Je n’ai pas envie de mourir avec ce poids dans la conscience. Je me suis plus investi dans la musique que dans l’enseignement. Tout ce que j’ai appris dans la musique, on me l’a appris. C’est pourquoi, en retour, je cours dans tous les sens pour partager ce que j’ai appris", explique ce promoteur infatigable de l’unité nationale et de la diversité culturelle.

Avec le Centre Faboly pour la Culture qu’il va bientôt lancer à Nouakchott, Babi Sarr prouve amplement qu’il est un héraut de la diversité culturelle en Mauritanie.

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Babacar Baye Ndiaye

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:50

Salla-Fall.JPGPromotrice de la musique traditionnelle et de son patrimoine culturel, Diariétou Moussa Sy dite Salla Fall a été révélée à l’occasion de la première édition du Concours de chansons sur l’eau et l’environnement initié par l’artiste sénégalais Abou Thiam dit Ngaari Laaw.

A 39 ans, cette chanteuse milite corps et âme dans ses textes pour l’émancipation de la femme mauritanienne. Et, pourtant, à l’origine, il n’était pas prévu qu’elle saute à pieds joints sur la scène musicale.

C’est à Sara Souki, près de Bababé, dans le sud de la Mauritanie, que Salla Fall a commencé à faire entendre sa voix, des bouts de refrain. A cette époque, tous les soirs, tous les jeunes de son village se retrouvaient autour d’elle pour l’écouter fredonner. Puis, petit à petit, elle se voit inviter dans les baaloji (séances de lutte traditionnelles) et sillonne les campements et les petites villes du sud de la Mauritanie.

Là, au fil du temps, elle donne le là dans les cérémonies de mariage. Au gré de l’engouement et de l’enthousiasme des populations, elle décide de sortir sa musique rurale en formant son orchestre, Goole e jomum, en se faisant accompagner par des musiciens comme Sira Gaye aguerris et qui ont déjà ouvert leurs oreilles à la musique moderne.

Après quelques spectacles, donnés ça et là, son élan musical est brutalement interrompu par une maladie qui l’oblige à subir une intervention chirurgicale. Deux ans plus tard, la revoilà sur le devant de la scène, prête à redonner du sang nouveau à sa carrière musicale, en adaptant son écriture musicale avec des thèmes comme les violences faites aux femmes, l’immigration, la pauvreté, avec la complicité de son fils Yaya Bella Thiam, rappeur.

Dans la foulée, Salla Fall a recruté un manager, en l’occurrence Mamadou Pam, pour se relancer sur le plan musical.

A ceux qu’elle donne déjà envie de goûter aux délices de sa belle voix, de sa musique mi-rurale et mi-contemporaine, vous pouvez a retrouver le 7 mars prochain, à l’Institut Français de Mauritanie (IFM), lors d’une soirée musicale dédiée aux femmes mauritaniennes, en marge de la célébration de la Journée internationale de la femme.

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Babacar Baye Ndiaye

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 16:22

mamadou demLe chanteur mauritanien Mamadou Dem, qui vit à Paris en France depuis une décennie, compte faire son grand retour au deuxième trimestre de l’année 2013 avec la sortie d’un nouvel album. L’interprète de la chanson "Tivaouane" n’avait plus donné de ses nouvelles musicales depuis 2002, date de sortie de son premier album, "Tivaouane".

Après quelques scènes faites en Europe notamment en France, aux Etats-Unis d’Amérique à New York, New Jersey, Philadelphia, Cincinnati et Michigan, en Mauritanie et au Sénégal, le natif de Bababé s’était fait un peu discret.

Cette grande voix de la musique mauritanienne veut aujourd’hui tourner la page de ce "temps mort" et renouer avec le succès. "Cette fois-ci, je n’ai pas envie de refaire les mêmes bêtises. J’ai envie aujourd’hui de vivre de nouvelles aventures sur le plan musical", explique-t-il. Après avoir laissé passer du temps, Mamadou Dem a pris une nouvelle résolution, celle de revenir à la musique. "Cela fait dix ans que mes fans attendent et je suis très motivé pour sortir mon deuxième album", ajoute-t-il.

Cet album sera "carrément folk" avec une ouverture sur d’autres styles de musique où "les occidentaux, on vit quand même en France, pourront s’y retrouver". Comme à l’image de Salif Kéita, Mory Kanté, Sékouba Bambino Diabaté, feu Ali Farka Touré, Mamadou Dem veut inscrire désormais sa musique dans une démarche d’ouverture afin qu’elle puisse être reconnue. "Il y’aura beaucoup d’ouverture et de lumières dans cet album", assure-t-il.

Dans cet album, on va retrouver par exemple le guinéen Mamady Diabaté qui a longtemps collaboré avec Amadou Sodia, Sékouba Bambino, Haja Kouyaté, Sayon Camara pour marquer davantage cet esprit d’ouverture.

Après avoir pris la route de Tivaouane, Mamadou Dem prend cette fois celle de Bababé. "Dono" (l’héritier), l’un des titres, donne son nom au deuxième album de Mamadou Dem qui y rend hommage au maire de Bababé, Ba Abdoulaye Amadou, fils du célèbre et réputé marabout  Thierno Boubou Hawoyel Ba. "Je ne le chante pas par esprit de griotisme. Je le chante pour ce qu’il a fait notamment pour la jeunesse de Bababé", souligne-t-il.

Avec cet album, il compte bien provoquer l’overdose chez le public en France mais également en Mauritanie où "la musique est aujourd’hui bien consommée contrairement aux années où on vivait là-bas", observe-t-il. Comme dans son premier album, il va rendre hommage à la Mauritanie plurielle et multiethnique, sans oublier ses belles femmes.

Écrit et produit par Mamadou Dem, cet album de 6 titres enregistré entre Dakar, Paris et Creil sortira d’abord en France.

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Page Facebook de Mamadou Dem

Babacar Baye Ndiaye

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 14:02

venvounna 06Malgré la pression des études qui pèsent sur ses frêles épaules, Venvounna Mint Bowba Jiddou ne relâche pas la musique pour laquelle elle se passionne.

A 22 ans, cette autre voix héritière de Bouh Bowba Jiddou et d’Elbaane Mint Bowba Jiddou ne passe plus inaperçue à Nouakchott, sur les scènes notamment.

Le parcours musical de ses parents notamment sa mère, Elbaane Mint Bowba Jiddou est un film chez Venvounna Mint Bowba Jiddou.

Cette voix étonnante et élégante n’a pas totalement éclos qu’on la compare déjà à celle de sa mère, Elbaane Mint Bowba Jiddou.  

Cette dernière a marqué la musique traditionnelle mauritanienne notamment avec ces célèbres morceaux comme "Ana Varkhana" (Je suis contente) ou encore "Khoubi dayatou mazali" (J’ai perdu mon amour depuis très longtemps). "Chanter une chanson d’Elbaane, c’est une émotion chez moi. C’est des chansons pures et pleines de vie. Sur scène, j’aime reprendre son répertoire. J’ai grandi en passant tout mon temps à regarder ma mère chanter à la télé", confie Venvounna Mint Bowba Jiddou, toute confuse.

En dehors de sa mère, Venvounna Mint Bowba Jiddou écoute également feue Dimi Mint Abba, Sidi Ould Dendenni, Ouléya Mint Amartichiit. "C’est aussi important à mes yeux de puiser un peu dans ces personnages haut en couleurs. On retrouve dans leurs chansons la véritable âme de la musique traditionnelle mauritanienne", explique-t-elle.

Venvounna Mint Bowba Jiddou vit aussi au rythme de la génération contemporaine à l’image de Rachid Ould Meidah, de Baba Ould Omriguiyou et de Mama Mint Ahmed Zéidane en qui elle voit de "futures graines prometteuses" de la musique moderne mauritanienne.

Cette étudiante en deuxième année de Droit à l’Université deNouakchott, qui arbore fièrement son poids plume et sa taille XS, est fortement empêtrée dans les chansons de Céline Dion (Québec) et de Kazem Al Saher(Irak). Petit à petit, elle est en train de construire son édifice musical avec en ligne de mire la sortie, le 28 novembre, de sa chanson "Al Watani" pour fêter à sa façon la Fête d’indépendance de la Mauritanie.

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 


 


 


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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 20:26

Abou Diou Deh

Invité de la deuxième édition de la Nuit du Fouta qui a eu lieu le 11 juillet et de l’artiste Ndèye Coumba Dia, lors de ses soirées du 5 et 6 juillet, Abou Diouba Deh a renoué avec le public de Nouakchott, après des années d’absence.

Le 15 septembre prochain, à Dakar, puis, une semaine, plus tard, à Nouakchott, il va célébrer ses 33 ans de chansons. Une belle manière pour lui d’amorcer son retour en force autant au Sénégal qu’en Mauritanie qui lui a tant donné sur le plan musical et relationnel. En attendant, on va remonter la pente de son parcours musical et personnel fait de succès, de mélancolie et de drame personnel.

Né en 1968 à Ndiayène-Wadabé, à Podor, dans le nord du Sénégal, Abou Diouba Deh a passé sa jeunesse dans cette localité, avant d’aller à la conquête d’autres rivages plus prometteurs, accompagné de son éternel acolyte Djiby Baidi Dia. Dès ses premiers pas dans la chanson, il accompagnait de grands joueurs de Riti (une sorte de violon traditionnel à une ou deux cordes) tel que Mamadou Tobi qui a nourri sa pensée.

Cet auteur-compositeur-guitariste a apporté une nouvelle identité à la musique Peule dont le plus grand promoteur reste Baba Maal. En 1979, avide de rencontres et de découvertes, le jeune chanteur voyage en Mauritanie pour la première fois, y développe très rapidement des relations amicales et fraternelles. Loin des sentiers battus de son village natal, Abou Diouba Deh sillonne une voie musicale qui lui ouvre les portes de la notoriété notamment en Mauritanie où il ne se passe pratiquement pas un mois sans qu’il ne se produise.

Aujourd’hui encore, sa voix résonne toujours à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, à l’arrêt des bus du 5e arrondissement, à Kiffa, Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Zouerate… Une étoile est née. Petit à petit, Abou Diouba Deh devient une voix parmi les voix de la musique sénégalaise. Sa voix transcende désormais les frontières du Sénégal et de la Mauritanie. Il voyage en Gambie, en Côte d’Ivoire, en France, au Mali, au Bénin, au Congo, au Gabon, en Belgique, en Espagne, à Togo, au Pays-Bas

Coup sur coup, il enchaîne des sorties d’albums à succès qui suscitent de véritables clameurs d’admiration auprès de son public. On doit à cette voix hors-pair, Poulo Gaynaako (1992), Bélé Ndenndi (1995), Tendoungal Toro (1996), Adaajiimen (1998), Dimo (2000), Guido Léñol (2002) et Yéwendé (2003).

Puis, il est frappé par des disparitions dramatiques. D’abord, celle de sa femme, Fatimata Haidara en 2003. En 2005, il perd également son père, Diouba Deh.  Des pertes qui le marqueront à fers rouges et dont il aura dû mal à faire le deuil. La même année, il se marie, à Nouakchott, à une mauritanienne. Nait de cette union un garçon.

Néanmoins, son cœur continuait à se briser en mille morceaux. Son génie musical semble l’avoir quitté puisqu’il montre des airs de n’avoir plus goût à la vie et à la musique, après cette succession de drame. Aujourd’hui, Abou Diouba Deh s’est mis dans une posture définitive de relancer sa carrière musicale, a conçu une nouvelle démarche artistique pour prendre sa revanche sur la vie.

A ce propos, il confie avoir mûri l’idée d’organiser un festival qui va réunir des artistes sénégalais et mauritaniens qui chanteront pour l’unité, la paix et la fraternité. Une manière pour lui de pérenniser son rôle de tête de pont entre le Sénégal et la Mauritanie qu’il a toujours défendu dans ses paroles, gestes et chansons.

Babacar Baye Ndiaye

 


 


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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:30

ndeye_coumba_dia.jpg

Depuis que Ndèye Coumba Dia s’est confié à Papis Komé, très remarqué pour ses collaborations avec Saidou Nourou Gaye, Abou Diouba Deh, Hamady Gawdel Bâ, Goby Thiam, Moussa Watt, Cheikh Maal, Funébé Fouta, sa carrière musicale a pris une nouvelle tournure.

Les prémisses de ce renouveau musical ont été déjà observées le 29 juin dernier, au stade de Ksar, lors de la clôture de la 5e édition du Festival Assalamalekoum. Il y’aura ensuite cette double soirée du 5 et 6 juillet dernier, à la Nouvelle Maison des Jeunes de Nouakchott, organisée par son nouveau manager, Papis Komé, président de Convergence pour le Progrès du Développement (COPRODEV) qui est une association de promotion, de production, de management et de consultation en spectacles.

On y avait aperçu, d’ailleurs, le Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), Ahmed Ould Hamza, de grandes personnalités de la musique mauritanienne comme Hamady Gawdel Bâ, Cheikh Maal, Saidou Nourou Gaye, Barka Guèye, de la musique sénégalaise à l’image d’Abou Diouba Deh et Ngatamaré, des groupes de rap mauritanien Habobé Bassal et Soco Clan.

Avec son acolyte Hamady Ndoulandi Ndiaye (guitariste), Ndèye Coumba Dia a fait, entre 1986 et 1990, tout le Fouta du Sénégal et de la Mauritanie. De ses pérégrinations, il fait la connaissance, en atterrissant à Dakar, de deux comédiens sénégalais, Lamine Ndiaye et Charles Foster, qui changeront la vie du jeune musicien qui se produit dans des clubs privés comme le célèbre Bar Fouquet’s. Entre temps, il est présenté, par l’intermédiaire d’un ami, à Baba Maal, au sommet de sa gloire.

Entre 1992 et 1993, l’envie d’aller plus loin dans la musique et de se façonner le fait intégrer aux orchestres folkloriques "Thiatal Guédiawaye" et "Kawtal" mis en place par feu Mourtoudo Diop.

Puis, en 1995, il quitte la capitale sénégalaise et met cap sur Cascas, dans le département de Podor, au nord du Sénégal, avant de créer, une année plus tard, en Mauritanie, sur les terres de sa mère, son propre groupe, Foyré Nguenndi (Le Foyer du Peuple).

Sa musique commence à susciter de l’intérêt. En 2000, il participe au Festival Nancy Jazz Pulsations, en France, dans les Vosges. En janvier 2012, il est invité à se produire à la douzième édition du Festival au Désert de Tombouctou qui avait comme invité-vedette le chanteur engagé Bono.

Chanteur haut en couleur et fortement attaché à ses racines, Ndèye Coumba Dia célèbre souvent dans ses chansons les érudits du Fouta, l’enfance, le développement, l’éducation, l’émigration. A partir de ce mois d’août, il va entrer au studio Zaza Productions pour sortir son premier album afin de confirmer son statut de chanteur émérite.

Babacar Baye Ndiaye  


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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 00:03

Babakane.JPG

Chanteur et guitariste, Hamedine Kane alias Baba est une voix en roue libre. Né en 1977 à Dagana, dans le nord du Sénégal, Baba Kane s’est fait le porte-étendard de la culture du Walo et du Fouta, deux aires géographiques qui s’étendent de la Mauritanie au Sénégal.

Une démarche d’ouverture et de fédération que ce fils d’ex-gendarme mauritanien originaire de Tékane, dans le sud de la Mauritanie, a commencé à développer à l’âge de 15 ans, à l’école.

Baba Kane n’est pas tout à fait un inconnu sur la scène musicale mauritanienne qui a connu ces dernières années de profondes mutations. Loin de là. Il y’a seize ans déjà, il se faisait distinguer par sa voix et sa musique, comme en cette première partie du concert de l’artiste sénégalais Ismaël Lô, au Stade Olympique.

A l’époque, après un bref passage à Dandé Jaam, il avait mis sur pied Etoile d’Or dans lequel officiaient Ndaw Vettah, Boubou Dieng, Moussa Fall et Brahim Tounkara. Ses chansons résonnent comme des coups de tonnerre à Nouakchott, à World Vision qui l’engage pour une tournée à l’intérieur de la Mauritanie dans le cadre de ses campagnes de sensibilisation sur l’excision, le sida et le paludisme.

Alors qu’il est train de savourer son succès naissant, ses parents notamment sa mère s’oppose catégoriquement à son choix de faire carrière dans la musique. Entre consentir et s’exiler, Baba Kane opte pour le dernier choix. Il s’installe à Dagana où vit sa grand-mère maternelle. Il y devient photographe-cameramen, avant de revenir à ses premières amours.

Petit à petit, il prend goût à jouer et à chanter, élargit ses horizons amicaux. A l’arrivée, il crée, avec l’appui d’Oumar Sarr, le maire de Dagana, son propre groupe, Star du Walo et du Fouta, pour marquer une zone de relief entre le Sénégal et la Mauritanie. Très rapidement, là aussi, il rencontre le succès. On l’invite sur les plateaux de télévision comme celui de la RTS, de la 2STV, de WalfTV et sur les chaines de radio.

Là, il vient de décrocher un contrat de sensibilisation sur l’économie de l’eau avec la Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES). Revenu en Mauritanie, Baba Kane veut mettre à profit son expérience musicale pour servir son pays sur le plan culturel. D’ores et déjà, sa voix a intéressé Loubaba Mint Meydah qui l’a invité dans sa nouvelle chanson dédiée à l’enfance et composée pour le compte de l’UNICEF/Mauritanie.

Ce féru de Baba Maal, de Mory Kanté et de Salif Kéita est actuellement en préparation de sortie de son premier album. La matière est déjà là.

Babacar Baye Ndiaye

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:34

Yero-Abdoulaye-Sow.JPG

Il a décidé de sortir des frontières de son pays, la Mauritanie, en se présentant au concours Couleurs Talent de Radio France Internationale (RFI). Une participation qui lui a bien souri puisqu’il fait partie des huit finalistes retenus. L’occasion pour nous de revenir en portrait sur la carrière de cette voix protestataire et engagée du rap mauritanien.

Né en 1985 à Nouakchott, Yéro a grandi à Bababé, dans le sud de la Mauritanie, où il a passé une bonne partie de son adolescence avant de revenir dans la capitale où il vit désormais son statut de rappeur. Entre deux allers-retours dans une conversation, il aime souvent rappeler qu’il est un produit de "ces mutations entrainées par l’exode rural", pour expliquer tout le mal qu’il avait à s’intégrer dans le tissu social à Nouakchott. Mais, très vite, il s’est fait un nom, d’abord au lycée puis à l’Université de Nouakchott.

Contre vents et marées

En 1997, en vacances au Sénégal, il assiste à des concerts de Positive Black Soul et Daara-J Family. Walkman à la main, écouteurs aux oreilles, le jeune Yéro se rassasiait de ces très réputés groupes de rap sénégalais. Entre 2004 et 2005, à l’Université de Nouakchott, il commence à écrire ses premiers textes. Plus tard, il rejoint Omzo, Chico, Paco et Adzo qui ont formé Minen Tèye Clan. Après les départs de Chico, de Paco et d’Adzo, lui et Omzo créent Minen Tèye.

A l’Université de Nouakchott ou dans les quartiers populaires comme Basra et Sebkha, le collectif s’impose très vite. Leur rap engagé fait mouche. L’esprit de refus qui anime les membres de Minen Tèye court dans tout Nouakchott. En 2009, ils signent leur premier album, Moro-itanie. Mais, entre temps, lui qui rêvait d’être avocat quitte l’Université. On aurait pu le retrouver au Palais de Justice. Mais, aujourd’hui, il mène la lutte sur le terrain de la musique, du rap particulièrement.

"Je suis toujours dans la même logique. Avec le micro, on arrive à dire tout haut ce que l’on murmure, à défendre le peuple, à aller dans les coins les plus reculés, voir ce qui s’y passe pour en parler", indique Yéro. Résultat, il est sur tous les fronts notamment celui de la reconnaissance du rap mauritanien en tant que culture à part entière. Avec son acolyte de scène Omzo, il met en place la Mauritanian Urban Music (Actimum).

En 2010, il crée à Bababé Wélooti Festival qui se prépare déjà à sa troisième édition. L’idée, c’est de "réunir toute la jeunesse rurale", "donner la chance aux artistes locaux de se produire", "préserver le patrimoine culturel historique qui manque de reconnaissance", "permettre à la population locale qui n’a pas accès aux NTIC de voir de grands artistes qu’elle ne voit qu’à travers la télévision", "promouvoir l’artisanat local en permettant aux acteurs d’exposer leur savoir-faire".

"Wéelooti Festival, c’est une concrétisation d’une décentralisation", dit-il. Le 25 juin dernier, Yéro a reçu du Festival Assalamalekoum 2012 le "Prix création premier festival à Bababé" pour Wélooti Festival.

Wéeti

Dans le sillage du recensement décrété par le gouvernement mauritanien, Yéro a développé une conscience de militant des droits de l’Homme. Désormais, ce qu’il dit dans ses textes, il le pratique sur le terrain. Eternel militant de la liberté, il compose Wéeti. "Ecoute les pleurs de ce peuple noir oublié entre le Maroc et le Sénégal/Un peuple Noir Africain fier mais victime", chante-t-il dans l’introduction du morceau.

Cette chanson lui a valu d’être retenu parmi les finalistes de Couleurs Talent RFI 2012. Elle est un rempart contre "cette fausse image de la Mauritanie qui est projetée à l’étranger". "La communauté internationale doit savoir qu’il y’a en Mauritanie un peuple oublié qui est là, qui est mis à l’écart. Ce qui se passe en Mauritanie, c’est une hémorragie interne, c’est une bombe à retardement et il faut qu’on en parle", prévient Yéro qui est aujourd’hui le chargé de la communication du Mouvement "Touche pas à ma nationalité" dirigé par Abdoul Birane Wane.

On retrouve cette rage dans cette chanson qui a été envoyée par un ami pour concourir à Couleurs Talent de RFI parrainé par le reggaeman ivoirien Tiken Jah Facoly. Le message a aussitôt séduit Ephrem Youkpo, producteur et animateur de Couleurs Tropicales sur RFI. Avec cette participation qui a été un véritable tuyau de communication pour lui, Yéro Abdoulaye Sow surfe déjà sur un air d’apothéose.

Babacar Baye Ndiaye

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 20:13

SHamadi_Diallo.JPGon destin a pris une tournure inattendue lorsqu’il a rencontré Mokhis, le grand maître. Celui-ci devient son encadreur et lui trace la voie à suivre. A 27 ans, Hamady Diallo n’est plus cet enfant têtu, perturbé et inflexible. A 27 ans aussi, il n’est plus ce coq aventurier. Il a désormais une idée bien vissée dans sa tête comme une casquette : jouer dans la cour des grands. Portrait d’un jeune que rien n’avait prédestiné à rencontrer la peinture.

Quelque part, à l’Îlot K, à Tévragh-Zéina, dans un atelier de peinture, une silhouette frêle vient de donner le dernier coup de pinceau sur un tableau. L’endroit vibre. A l’autre bout de la pièce, mise à sa disposition par une amie espagnole, on entend la musique de Dire Straits. Cette "silhouette frêle", c’est Mohamed Diallo plus connu sous son nom d’artiste, Hamady.

Cet éternel gobeur de la musique de Baba Maal est aussi un féru d’électro (DJ Tchesto), de reggae (Bob Marley), de rock’n’roll (Scorpions). La musique l’adoucit. Tout comme la peinture qui est dans son sang, sa sueur et son esprit. Il en est accro comme une drogue trop pure.

Une enfance tumultueuse

Né le 8 juin 1985 à Nouakchott, Hamady Diallo a grandi entre l’Ilot D et Sebkha. Alors qu’il se préparait à faire son bout de chemin pour entrer au Collège, son père, El Hadj Oumar Diallo (paix à son âme), trépasse. C’est le début pour lui d’une enfance tumultueuse, infernale, bouleversante et pleine d’incertitudes et de revirements. Résultat, il va abandonner les études, "faute de moyens", explique-t-il, l’air émoussé.

Tout devient difficile et se complique pour cet esprit pétillant à l’école. Dans son derby qui l’oppose à la vie, la pression va le dominer. Son quotidien se rythme par des difficultés. Il devient secret et enfermé comme une coquille de mer. Son esprit se libère de sa prison et il commence à vadrouiller. Ce qui n’est pas du goût de sa mère qui, flairant chez lui les premiers pas sur le chemin de la déviance, se résoudra à lui faire goûter au service militaire. La rupture s’en suivra. Hamady Diallo quittera la maison. Pendant 6 mois, sa mère n’aura plus de ses nouvelles.

En toute liberté, il élit domicile dans la rue, à la plage, fait connaissance avec des pêcheurs qui lui donnent le goût à l’argent. Il fait des économies et se débrouille pour se faire à manger. Il développe très rapidement un esprit de dromadaire. Puis, il sera finalement retrouvé par sa mère qui l’expédie aussitôt à Téthiane, à 12 km de Djéol, à Kaédi, où un autre destin l’attendait : celui de garder les troupeaux.

De Retour à Nouakchott

Il entamera, de retour à Nouakchott, deux ans plus tard, une nouvelle vie délayée d’abîme. Son point d’échouage sera d’abord la calligraphie, ses premières amours. Quelques années auparavant, jeune écolier, il s’enthousiasmait déjà à la vue d’un atelier de calligraphie dans les rues de Nouakchott. Au même moment, il fait la connaissance de Mokhis qui développe ses capacités artistiques.

Au bout de quelques années, il fera éclater son talent d’artiste-peintre. Ses premiers tableaux se construiront autour de ses souvenirs personnels et de ses démons intérieurs qui décoraient son enfance. Hamady Diallo est devenu aujourd’hui l’une des étoiles les plus en vue du milieu des arts plastiques en Mauritanie. Sur le dos des grands maîtres, il se bat pour scintiller.

Il est actuellement membre fondateur de M-art, un collectif qui regroupe la dernière génération d’artistes-peintres mauritaniens et qui a pour vocation de vulgariser les arts plastiques en Mauritanie. Après avoir exploré la peinture, Hamady Diallo se passionne également de sculpture et d’infographie. Ce que son mal de vivre n’a pas réussi à raffermir, la peinture l’a fait. Comme quoi, les voies du succès ne sont pas souvent infranchissables.

Babacar Baye Ndiaye

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 13:07

Toumani-Diallo.JPGVoir Toumany Diallo derrière un micro n’est point surprenant. Il a vu défiler dans son enfance, au domicile de son père à Madina Ndiajbé, dans le nord du Sénégal, de grands musiciens comme feu Djabi Doua ou encore Goudja Mandjou.

Les dieux de la musique avaient décrété que ce natif de Soringo porterait très haut la voix de sa communauté. Portrait d’une voix en éclosion qui a décidé de ne plus jouer les seconds rôles sur la scène musicale mauritanienne. Le 15 mars 2012, il sera à l’affiche à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) pour confirmer son statut de voix en pleine éclosion.

De prime abord, lorsqu’on écoute Toumani Diallo, on sent chez lui un sens inné de la musique. Et, pourtant, le natif de Soringo a fait du chemin. Né en 1970, Toumani Diallo est le fils d’Hameth Tène Diallo qui fut un grand joueur de Doundou, une sorte de grosse caisse à bois servant de tam-tam. Il fut l’un des premiers artistes issus de la communauté soninké à se faire enregistrer, à l’époque, à Radio Mauritanie, bien avant l’apparition de la Télévision de Mauritanie (TVM).

C’est à Madina Ndjajbé, haut de lieu de la diversité culturelle entre poular et soninké, que Toumani Diallo a fait ses débuts dans le milieu des arts en se frottant d’abord au théâtre puis ensuite à la danse. Au même moment, il découvre le grand chanteur du terroir Ngary Law qui faisait, à l’époque, la pluie et le beau temps dans le Fouta aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie.

Toumani Diallo est éternellement guidé par son étoile. C’est ainsi qu’en 1998 qu’il rejoint la capitale mauritanienne, Nouakchott, y fait la connaissance de Kalidou Fall dit Kals qui deviendra plus tard son manager. Celui-ci, après lui avoir fait un test concluant, l’intègre au sein du groupe "Linkirémou" dont il est l’encadreur.

"Il avait déjà la voix, une très belle voix d’ailleurs. Mais, il ne connaissait aucune loi de la musique. Il ne respectait pas les mesures. Il chantait toujours dans le vide", se souvient Kalidou Fall dit Kals.

Pour étoffer son sens inné de la musique sous l’ombre de l’acacia, ce dernier, qui est aussi le bassiste de Thiédel Mbaye, l’introduit auprès de cette grande voix de la musique mauritanienne. Sa voix séduit et très rapidement, il devient membre à part entière de son groupe, le Yella Alamary. Il voyage. Et, de plus en plus, il assure les premières parties de Thiédel Mbaye, lors de ses spectacles, à Nouakchott, à l’intérieur du pays ou en dehors de ses frontières.

Avec Thiédel Mbaye, Toumani Diallo fera du chemin. Sa première heure de retentissement musical sonnera lors de l’enregistrement en février 2009 à Nouakchott de l’émission "Couleurs Tropicales" de Claudy Siar pour la première fois en Mauritanie. Il offrira au public une prestation musclée qui émoustillera Claudy Siar.

Son passage à l’émission de Claudy Siar marquera désormais un tournant décisif dans la suite de la carrière du jeune musicien qui affirme et affiche de plus en plus ses ambitions sur la scène musicale mauritanienne. Son nom est désormais à ranger aux côtés des grandes nouvelles voix de la musique soninké comme Demba Tandia ou Lansana Hawa même si ceux-ci ont déjà une longueur d’avance musicale et personnelle sur lui. En 2010, il ouvre son compteur discographique avec l’album, Sokhano (paysan) dans lequel il ne manque pas de rendre un vibrant hommage à son père qui lui a transmis le virus de la musique.

Produit par Kalitex Productions, cet album qui n’a pas connu trop de succès en Mauritanie en matière de diffusion lui fera opérer un changement néanmoins sur le plan personnel et notamment musical. "On y retrouve dans cet album de la musique ternaire (le yerbété), du reggae. Tout ça, pour montrer son ouverture d’esprit", explique Kalidou Fall dit Kals.

L’identidé musicale de Toumani Diallo est issue de croisement entre la musique moderne et traditionnelle. Ce qui fait de lui un des rares promoteurs de la musique fusionelle en Mauritanie. Une manière pour Toumani Diallo de refuser d’ores et déjà l’étiquette d’artiste du "terroir".

Depuis qu’il est revenu d’Algérie, à Tlemcen, "Capitale de la Cluture Islamique", Toumani Diallo se sonde. Aujourd’hui, près de 13 ans après ses débuts dans le milieu de la musique, il continue à faire de l’effort d’aller de l’avant. Comme tout aussi, de sortir prochaienement son deuxième album. Déjà, Kmara Productions veut s’arracher sa belle voix.

Babacar Baye Ndiaye

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Portraits-Rencontres
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