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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 18:40

Military-Mind_K.JPGMaxi Révolution ou Maximum de Révolution est l’histoire de deux jeunes passionnés par le rap. Il s’agit de Military Mind et K, tous les deux nés à Nouakchott, l’un en 1987 et l’autre en 1988. Le premier est de la Cité 1 à Kouffa et le second de l’Îlot A.

 

Leurs destins se sont croisés en 2006. Depuis, ils partagent tout : la musique, l’école, l’université de Nouakchott, les bas et les revers de la vie.

 

Avec un rap très revendicatif, Maxi Révolution dont les textes sont bouleversants refuse qu’on lui taille un habit qui n’est pas le sien. "On ne véhicule pas la violence. On ne véhicule pas non plus des idées négatives. On véhicule des idées positives", se défend K.  

"On ne peut pas rester là, bouche bée, lorsque nos droits nos bafoués. Mais, on n’aimerait pas qu’on y perçoit un acte d’indocilité ou d’impolitesse de notre part", poursuit Military MindDans leurs textes, Military Mind et K dévêtissent les mots pour les habiller d’un velours de témérité, pour changer les mentalités sociales, la vie dans la société, l’image du rap mauritanien, les maux dont souffrent la Mauritanie. Les messages qu’ils véhiculent dans leur musique sont symptomatiques d’une jeunesse froissée par sa propre situation.

 

Sur scène, ils crient leur colère, voguent au gré de leur flow. Avec des idées très bien vissées, le duo de Maxi Révolution ne sait pas caresser l’Etat dans le sens du poil et surtout n’a même pas froid aux yeux et le fait savoir.

 

Pour autant, ils demeurent attachants tout comme leur rap. A première vue, ils ne sonnent pas rappeurs : casquette à l’envers, démarche à la Lill Wayne, check down…Pour ces deux jeunes, être rappeur, c’est un état d’esprit avant tout, une philosophie, une sensation avant d’être une attitude. Et là-dessus, ils font mouche. D’ailleurs, ils n’hésitent pas à se lancer dans une dénonciation des collectifs de rap qui battent de l’aile.

 

Le collectif Maxi Révolution, dernier finaliste alors qu’il était sur la liste d’attente, a réussi, dès sa première apparition, à marquer les esprits d’un sceau indélébile. Ils ont montré qu’ils avaient leur graine de sel à jeter dans la marmite, une autre perception de la Mauritanie, qu’ils sont bien enracinés dans la diversité culturelle du pays.

 

Ils sont jeunes mais déterminés à porter très haut leur combat en Mauritanie comme à l’échelle mondiale. On reconnait déjà en eux d’éternels admirateurs et apôtres de Thomas Sankara, de Bob Marley, de Che Guevara, de Malcom X, d’IAM, de 2Pac, de Gandhi. L’écriture des membres du collectif qui se sont mis à l’apprentissage de l’anglais et des préceptes du Saint Coran dégage le parfum d’un printemps arabe qui risque d’emporter tout sur son passage.

 

Aujourd’hui, ils ont réussi à surpasser leur peur, démystifié le démon de la lâcheté pour s’insurger contre le racisme, l’injustice, la xénophobie et affirmé leur lutte pour l’avènement d’une Mauritanie fondée sur l’Etat de droit, la démocratie et la paix. L’hypocrisie n’a pas de place dans leur cœur et leurs textes rebelles.

 

"On veut que les principes que l’Etat incarne soient respectés. La constitution mauritanienne assure à tous les citoyens l’égalité devant la justice et les emplois. Mais, dans les faits, c’est une autre réalité que l’on vit", explique K. Sûrement, sous peu, la scène musicale va devoir compter avec Maxi Révolution qui sonne déjà à l’antipode de la Old School du rap mauritanien. En attendant, Military Mind et K cultivent leur jardin pour y semer les graines de leur combat.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:42

Tily-Men.JPGDeuxième finaliste du Concours Assalamalekoum Découverte, Amar Seck alias Tily Men flotte sur le rap depuis 1999. Cet originaire de la ville de Rosso en Mauritanie où il est né en 1983 s’est fait connaître d’abord à travers le collectif rossossois "Bagne Bagne Nangou" et de celui du 6e arrondissement de Nouakchott "Bad Clan". Avant de monter en 2008 WGD "Wakh nga deug" avec Moussa Mbengue alias 3R, Cheikh Fall alias Tom et Malick Thioub alias Lickmy.

 

La musique de cet infatigable traqueur de l’ignorance et de l’injustice est inspirée par la vie sociale. Très jeune déjà, il sonnait vrai. "Je me suis toujours considéré comme un envoyé de Dieu", assure-t-il. La condition humaine de sa ville natale, la pauvreté, la misère, le chomage des jeunes l’ont amené très tôt à prendre conscience. "Pour affronter tout cela, je ne voyais qu’un seul refuge : la musique", dit-il.

 

Cet admirateur de Method Man, de Busta Rhymes et de Sticky Fingaz a pu surmonter les obstacles de la vie et apaiser ses atermoiements grâce au rap qu’il mettra, par la suite, au service de la dénonciation constructive. Depuis qu’il a découvert Assalamalekoum Découverte, sa vie a pris une autre tournure.

 

"Cela fait trois ans que je suis à Nouakchott, que je ne suis pas monté sur des scènes. Depuis que je participe à Assalamalekoum Découverte, j’ai franchi une étape majeure dans ma vie et carrière musicale", avoue-t-il.

 

L’ascension musicale de Tily Men ne relève pas du contraste et du miracle. Révulsé par la vie qu’il menait à Rosso où il détonnait avec son speed underground qui demande beaucoup d’effort au niveau des cordes vocales, il débarque à Nouakchott, en 2002. Après avoir claqué, en seconde, les portes du lycée.

 

Là, aussi, à El Mina, il y affronte la cruauté de la vie. Et veut se faire une nouvelle vie scolaire en s’inscrivant au lycée technique de Nouakchott pour y apprendre la mécanique. Mais, le cœur n’est pas à l’ouvrage. Visiblement, il s’est trompé d’adresse. Il abadonne définitivement les études et se met à construire son univers musical.

 

"En classe, la musique occupait mes pensées, se souvient-il. Je ne prêtais pas attention aux cours et explications des professeurs. Au fur et à mesure, la musique prenait le pas sur mes études. Du coup, je ne pouvais plus tenir la barre". Il cède face au rouleau compresseur de la musique. Dès lors, il se met à écrire, à l’apprentissage de la vie, à vouer à la musique une passion divine. Il commence à ressentir naître chez lui une forme de révélation et d’ambition forte.

 

Jusqu’au jour où il a écho du Concours Assalamalekoum Découverte. "C’est une forme de promotion qui peut mener partout", se dit-il. Alors, il ne tergiverse pas à se ruer sur les brancards, espérant que cela peut, un jour, le mener un peu partout à travers le monde. Mais, il est clair que sa vie ne s’arrêtera pas avec Assalamalekoum Découverte.

 

"Je veux avancer dans ce que j’aime, montrer à tout le monde que j’ai des jambes solides pour réaliser mes rêves", soutient-il, convaincu de ses propos. Qui sont taillés dans le roc de la frustration, de la déception, de la révolte et de la contradiction que vit la jeunesse mauritanienne à qui il ne manque pas de rappeler que la vie n’est pas simplement "boire du thé et passer toute la nuit à veiller".

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 20:39

Maxi-Revolution.JPGLes phases de qualification pour la grande finale de la 1ère édition du Concours Assalamalekoum Découverte placé sous le haut patronage de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) présidée par Ahmed Hamza sont terminées ce jeudi 26 mai à l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

 

Après Ziza, Tilly Men et Crazy Problème, c’était autour de Maxi Révolution qui a surclassé Six Men, Lydza from the Guettho et KTJ d’être choisi par le jury. La finale, prévue le 3 juin au parc OMVS, s’annonce déjà très prometteuse puisque chacun de ces rappeurs qualifiés a de solides arguments à faire valoir. En se qualifiant en finale, Maxi Révolution sauve de justesse les rappeurs de Nouakchott qui ont été mis ko par les rappeurs de l’intérieur du pays.

 

La ville de Rosso remporte la palme avec deux finalistes en l’occurrence Tilly Men et Crazy Problème. Avec ces deux places, les rappeurs rossossois affirment leur suprématie en gagnant du terrain. Ziza, originaire de la ville de Mbout, complète le trio finaliste venu de l’intérieur du pays. Alors, qui disait que Nouakchott est une niche à talents ?

 

Durant un mois de rude compétition, les rappeurs venus de l’intérieur du pays ont terriblement dominé ceux de Nouakchott, ne leur laissant aucune chance et aucune marge de manœuvre pour s’imposer. Pendant les demi-finales, à titre d’exemple, ils ont remporté haut la main l’unique place qualificative pour la grande finale du 3 juin 2011.

 

Les routes du privilège s’ouvrent grandement ainsi pour Ziza, Tilly Men, Crazy Problème et Maxi Révolution. L’objectif du Concours Assalamalekoum Découverte, c’est de leur permettre de gagner un enregistrement gratuit de 12 titres au studio Zaza Production, la réalisation gratuite d’un vidéo-clip par Vidéo Pro-Pub Laser, un concert lors du Festival Assalamalekoum 2011 et une participation au Festival Festa 2H à Dakar au Sénégal.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

Lydza-from-the-guettho.JPGKTJ.JPGsoyawatt1-2344.JPGsoyawatt1-2336.JPGsoyawatt1-2335.JPGSix-Men.JPG

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 15:47

Crazy-Probleme.JPGOriginaire de la ville de Rosso en Mauritanie, où il est né, en 1984, Ousmane Kane alias Crazy Problème a très tôt su qu’il avait le rap inscrit dans ses gênes.

 

C’est le rap qui l’aidera à se reconstituer, à trouver son orientation en lui offrant ce qu’il cherchait : chambouler les esprits. C’est encore le rap qui lui a permis de découvrir qui il était, d’explorer sa capacité artistique et vocale.

 

L’Odyssée musicale de Crazy Problème a commencé en 2004, à Rosso. A cette époque, la scène artistique de cette ville est peu enchanteresse et excitante. Il se tourne alors vers le Sénégal et décide de s’installer à Dagana. Il tient tête aux rappeurs de la place jusqu’à ce qu’il fonde "Soldarou Hip Hop". Mais, l’impasse sera évidente.

 

Puis, il revient à sa ville natale, Rosso et y fourbit ses nouvelles armes. Il tisse des duos éphémères avec Chowdiz Ada, Doumen, K-Men. Les défections s’enchaînent dans son collectif "Yeukeuti Deug Danel Fène" mais, lui, il refuse de tomber entre les mains de la contrariété. Depuis 2010, avec Cheikh Bâ alias Chico fils de Waraba, par ailleurs un compagnon d’enfance, il semble trouver le bon get backer.

 

Le 3e finaliste du Concours Assalamalekoum Découverte a très tôt arrêté l’école à cause, explique-t-il, du virus du rap. "A l’école, j’étais un grand perturbateur, se souvient-il. Je semais la zizanie tout le temps en classe. Je me bagarrais sans cesse. J’étais un élément incontrôlable". Au bord du ras-le-bol, sa mère se trouve obligé de l’envoyer à des kilomètres de Rosso pour y apprendre le métier de conducteur de gros engins.

 

Là, pour combler les heures perdues de la journée, il fredonnait, en guise de réconfort moral, dans une atmosphère nostalgique, des airs de Dara-J, du rappeur rossossois Jo-Kéita, de Keur-gui Possee de Rosso, imitait le rap de Méthod Man qu’il admire beaucoup.

 

Le mardi 17 et le jeudi 19 mai, Crazy Problème a subjugué le public et notamment le jury qui a découvert son rap et ses textes engagés évoquant les tares de la société, les difficultés de la vie, les problèmes sociaux…"Le rap est une violence qui a de la vertu. Certes, il peut déranger, choquer, heurter. Mais, personnellement, le rap m’a illuminé. Grâce à lui, je me suis extirpé des voix tortueuses de la vie", confie-t-il.

 

Alors qu’il est à l’intérieur du pays, il a écho du Concours Assalamalekoum Découverte. Crazy Problème ne se fait pas prier. Il saute sur l’occasion, après avoir décroché une salve de bénédictions de sa mère. Pour lui, le fait de participer à ce concours est déjà comme une cerise sur le gâteau. "Cela m’a permis de connaître l’Institut Français de Mauritanie (IFM), dit-il. Cela fait plaisir de jouer dans ce lieu, où de grands rappeurs comme Tunisiano, La Fouine, Dj Awadi ont joué, micro à la main, devant un public enthousiaste. Rien qu’en y pensant, je jubile."

 

Depuis qu’il s’est qualifié pour la finale du Concours Assalamalekoum Découverte, Crazy Problème a subitement pris conscience de son nouveau statut dans le rap mauritanien. Aujourd’hui, on parle de lui. Signe qu’il n’y a pas de lignes infranchissables. Et comme Monza, Waraba dont il rêve de suivre les traces, Crazy Problème veut écumer, aujourd’hui, les scènes de Nouakchott et celles de l’intérieur de la Mauritanie, en attendant de s’imposer à l’échelle africaine et mondiale.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:08

youpi.jpgAprès s’être sorti de la piste et avoir pris la posture d’un félin blessé, Youssouf Cheikh Diakhaté alias Youpy 4 Ever veut désormais donner un nouveau coup d'accélérateur, sans prétention, à sa carrière musicale.

 

Guindé pour les uns, très limité pour les autres sur le plan musical, Youpy 4 Ever n’en demeure pas, aux yeux de certains, un rouspéteur à l’extrême, très propre pour vendre son âme au diable.

 

Né le 2 septembre 1979 à Nouakchott, Youpy 4 Ever a grandi entre l'Ilôt A et la Médina 3 puis formaté son adolescence entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Espagne et la Tunisie. Il faut passer quelques instants pour découvrir que derrière le nom de Youpy 4 Ever se cache la joie de vivre, un plaisantin à cœur ouvert doublé d'ambition et d'acharnement.

 

Très tôt, il a refusé qu’on lui colle, sur le front, un indice, une identité péjorative, une existence substantielle, une connotation raciale ou communautaire. "Je suis mauritanien tout court", vous répondra-t-il sans gêne. Une rencontre avec Youpy 4 Ever se transforme très vite en confidences.  Puis, de minutes en minutes, on découvre tout son caractère dominateur, toute sa personnalité, tout son enthousiasme. "J’aime m’éclater, se révèle-t-il. J’aime l’ambiance."Résultat, lorsqu’il est sur scène: "Le public est heureux. Il oublie très rapidement ses soucis", dit-il.

 

Un clocher d'argent

 

Youpy 4 Ever cultive ce côté de sa personne depuis ses débuts dans le mouvement du Hip Hop local. Ce clocher d'argent a fait ses premiers pas, d'abord dans la danse, au collectif Cartel Hardcore P dirigé par Dj H. Après deux années de bons et loyaux services, Youpy 4 Ever crée, avec Papis Koné alias Max P, Original Style.

 

"On était le premier groupe qui a carrément créé la différence. A cette époque, tout le monde faisait du rap, portait des jump, des casquettes...Nous, par contre, on est venus avec des chants et danses, avec des costumes trois quarts, des felths. On a apporté un vent nouveau dans le mouvement raprim. Lorsqu'on passait dans un concert, c'était la folie complètement", assure-t-il.

 

Le succès durera deux bonnes années. En 2004, il se lance dans une carrière solo. Après le bac, sa famille, pour le séparer de la musique, l'envoie en Tunisie, espérant qu'il jettera l'éponge. Dans ce pays, il continuera, malgré tout, à nourrir la flamme de sa passion, à l'insu notamment de sa mère qui voyait, très mal, qu'un sang bleu, comme lui, se plie à la musique. Pour autant, il sortira, à Tunis, son premier album, La promesse. Après son diplôme en maintenance informatique, il débarque en 2005 en Mauritanie, pour y promouvoir son album qui connaitra un fiasco.

 

"Mon album est sorti 2 jours après le coup d'Etat du 5 août 2005 contre Mâaouiya Ould Sid'Ahmed Taya. Cela a défavorablement joué sur la promotion de mon album", explique-t-il. Youpy 4 Ever a grandi avec les pas de danse de Michael Jackson, le Roi de la Pop. "Je l'aimais trop, dit-il. C'était mon idole." Aujourd'hui, il aime écouter, à ses heures perdues, MD Max, Fada Freddy de Dara-J Family, Morgan Heritage, Luciano, Lil Wayne...

 

Un artiste convaincu

 

Youpy 4 Ever accepte, sans rechigner, d'être classé à l'antipode des rappeurs de l'underground et du hardcore et refuse l'étiquette de rappeur détourné, en perte de vitesse, une brebis galeuse, à millimètres près. "L'engagement, c'est un choix. Chacun a sa façon de dénoncer. Et, je suis un artiste convaincu par sa musique. Je dénonce mais à ma manière", se justifie-t-il.

 

Sur son style, il s'en défend comme un petit diable, assurant, sans s'assumer, que trouver un rappeur, de sa trempe, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. "Je suis polyvalent, assure-t-il. Je danse. Je fais de la soul, du reggae, du rap, du r'n'b, du slam. Je suis toujours à jour et je le serai toujours. Je suis consommable. Ce n'est pas pour me jeter des fleurs que je le dise."

 

La sortie de son deuxième album, Man ak Yeen (Vous et Moi,Ndlr), avoue-t-il, lui a donné de la suite dans les idées et se dit convaincu qu'il doit assumer sa nouvelle responsabilité, celle de mettre ses capacités musicales au service de ses ouailles et de gagner la confiance du public mauritanien. Inscrire en lettres d'or ses empreintes sur le tableau du mouvement du Hip Hop mauritanien, tel semble être la nouvelle vision de Youpy 4 Ever.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 19:33

soyawatt1-2164.JPGLes qualifications pour les demi-finales au Concours Assalamalekoum Découverte se poursuivent.

 

Tous les jeudis, le Concours Assalamalekoum Découverte sort du Village de la biodiversité où il a habituellement lieu tous les mardis.

 

Ce jeudi 19 mai, Crazy Problème, Hootlook, DMY et Ousmane Sy qui se sont taillés la part du lion, mardi, grâce à leur style de musique, se confrontaient, pour la dernière fois, sur la scène du parvis de l’Institut Français de Mauritanie (IFM) de Nouakchott.

 

Ils ont livré une prestation remarquable et pleine d’énergie. Profondément innovateur, leur rap a marqué le public de l’éclat des grands concerts. Ils ont montré qu’ils avaient du talent, rêvaient déjà de gloire, pouvaient connaître le succès, que ce qu’ils font peut bousculer un jour leur vie.

 

En face d’eux, le jury tentait de décrire tant bien que mal leur socle musical sans complaisance ni parti pris sur le registre de la chorégraphie, de la présence scénique, de la coordination, du langage corporel, de la relation avec le public.

 

Côté jeux, des questions sont posées à chaque groupe de rap ou rappeur pour tester leur kuwi. Mais, à ce niveau-là, la nouvelle école des rappeurs mauritaniens n’est pas franchement, à quelques exceptions près, la meilleure référence.

 

Cependant, côté spectacles, au-delà de leurs limites et de leurs propres défis, qu’il s’agisse de Crazy Problème, de Hootlook, de DMY et d’Ousmane Sy, l’on a véritablement senti qu’ils étaient bien décidé à imposer leur personnalité, qu’ils restaient profondément engagés, qu’ils véhiculaient des messages d’une puissance de feu.

 

Leur point commun, c’est de se produire pour la première fois avec un orchestre composé de Papis Koné, d’Ousmane Touré et de Papa Diop, des calibres rodés. Et, c’est là le mérite du Concours Assalamalekoum Découverte destiné à promouvoir la nouvelle école des jeunes rappeurs mauritaniens qui n’ont rien à envier à leurs grands frères.

 

Pour Hootlook, DMY et Ousmane Sy qui ont enfiévré le public en lui offrant un rap époustouflant et charmant, le rêve s’arrêtera malheureusement là. Et la belle aventure continue pour Crazy Problème, un sérieux prétendant au titre de vainqueur du Concours Assalamalekoum Découverte 2011 qui s’annonce déjà très serré.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 18:57

Papa-Fall.jpgPapa Fall alias P.A est un monstre sacré du rap mauritanien. Eloquent, verbe facile, impressionnant tant dans ses textes que dans sa musique, Papa Fall est l’auteur et le compositeur d’Au Secours, l’un de ces textes les plus populaires du rap mauritanien. Cette chanson, qui est un cri de révolte et de frustration, a donné son titre au premier album du collectif de rap, Military Underground.

 

C’est grâce au succès du premier album de ce groupe, Au Secours sorti en 2008, à Nouakchott, que Papa Fall s’est vu propulser au rang de grand rappeur, au vrai sens du terme, un cogneur invétéré sur les dérives de la société mauritanienne en perte de repères, sur les balbutiements de nos choix politiques et sociaux, sur les errances d’une jeunesse en perpétuelle contradiction.

 

Né le 24 novembre 1982 à Nouakchott, Papa Fall a découvert les voies sinueuses et insondables du rap en écoutant Das Fex ou MOP. Son apparition en 2008 sur la scène musicale avait complètement bouleversé les vieilles recettes du rap mauritanien, en proposant une nouvelle méthode de rimer, de faire du rap. Ce qui fera de lui un rappeur incontesté et respecté par ses pairs.

 

Douze ans plus tôt pourtant, Papa Fall n'était encore qu'un des nombreux juniors de Possee Sans Complexe (PSC) qu'il quittera en 1999. "Au fur et à mesure, je me sentais pousser des ailes. J'ai senti que je commençais à développer des reflexes de leader d'opinion. Alors, à ce moment précis, j'ai décidé de prendre les choses en main et de faire carrière dans le rap", explique-t-il.

 

Il forme alors Military Underground avec F. Diou et Coulyman qui quittera plus tard ce collectif pour rejoindre Monza et créer "La Rue Publik". Au sein de Military Underground, il va imposer sa voix, son style et sa personnalité. D'autant, après la sortie de leur premier album, on ne parlait pratiquement que de lui. Petit à petit, il va affirmer sa puissance, son autorité et devient le cerveau de Military Underground.

 

Au sommet de la gloire, Papa Fall décide de s'installer en France. À Nouakchott, la nouvelle se répand très vite comme une traînée de poudre et les langues se délient.

 

Au pays de Victor Hugo, il continue à pondre, dans le silence, des textes où il développe ses idées, pleines de vérité, sur l'ouverture d'esprit, la paix, la vie, le train-train quotidien des hommes. Et où il y claironne également les cris du peuple mauritanien et creuse ses racines.

 

Des thèmes que l'on retrouve dans son premier album solo, Plan B, qui sortira d'ici la fin de l'année 2011 à Nouakchott. Papa Fall a su s'entourer pour cet album enregistré entre Paris et Le Havre et on y entend Big Hems, Military Family, BOS, CTD, Skorpa, Foutanké, Bakhan, Hey D, Monza, Ewa qui vient d'Haiti.

 

"J'ai réussi à gagner une certaine maturité, avoue-t-il. Dans cet album, je me pose des questions du genre: existe-t-il quelque part dans le monde où la paix se chante en hymne?"

 

Cet album de rap dur et pur dont la préparation a duré 3 ans s'inscrit dans le sillage d'Au Secours. Plan B a pris forme dans les crispations du peuple mauritanien. Papa Fall y dresse un constat sur l'éducation, conscientise le peuple, tout en accablant la classe dirigeante. "Ce n'est plus le moment de croire en ceux qui nous gouvernent. Ils resteront sourds et vont continuer à tourner les mots dans le sens qui les arrange", tempête-t-il.

 

Plan B va certainement établir cet ancien étudiant d'Oasis Book et GEU Académie, qui s'est marié entre temps en France, comme un artiste incontournable sur la scène de rap en Mauritanie. En attendant, Papa Fall dont la vie est rythmée par la musique et le travail rêve de faire flotter le drapeau de la Mauritanie partout dans le monde et de suivre les traces d'Akon. "Le peuple a besoin de guide, explique-t-il. La jeunesse a besoin de repères".

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

Pour Cridem

 

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 17:59

ziza.JPGPlus qu'un artiste de talent, Abdoul Aziz Guèye est un musicien dont la singularité tient à sa terrible voix et à ses tourbillonnants pas de danse. Sur scène, il donne du plaisir tout en se faisant plaisir, dans une prestation musicale de rêve qui transporte tous nos sens.

 

Abdoul Aziz, l'esclave de Dieu en arabe, fait partie de ceux qui incarnent sans nul doute le renouveau de la scène musicale mauritanienne.

 

On a trop attendu pour voir enfin surgir de terre une nouvelle attraction vedette du Hip Hop mauritanien. Depuis 2010, est apparu au ciel un rappeur à la voix fruitée et florale, qu'on a fait demi-dieu sous le nom de Ziza (verlan de Ziza, Ndlr).

 

Ziza a quelque chose dans sa voix qui ébranle, sa présence scénique qui apporte le plaisir. Cete bête de scène qui a une relation narcissique avec la musique veut ressusciter, avec force conviction, le Hip Hop mauritanien. Portrait de ce premier finaliste du concours Assalamalekoum Découverte.

 

ziza1.JPGNé le 12 décembre 1983 à Mbout, dans le sud de la Mauritanie, Abdoul Aziz Guèye cumule l'estime et le talent. Ce fils d'érudit religieux, éduqué dans l'humilité et les préceptes de la religion musulmane, a embrassé le rap alors qu'il était venu assister à un concert du groupe de rap Blague A Part, à la Médina 3 en 2000.

 

"C'est à partir de ce moment précis que j'ai décidé de devenir rappeur, d'être à l'image des membres de ce groupe qui m'ont fait rêver ce soir-là", se souvient-il.

 

Alors, il commence à mener une nouvelle vie, à pousser des dreads locks, porte des chaînes et des bagues, sonne bling-bling, se biberonne de Snoop Dogg, de 2Pac, de Method Man, de Wutang Clan.

 

Résultat, il arrêtera très tôt l'école. A 20 ans, il écume les rues de Nouadhibou avant de travailler comme manœuvre à la SNIM pour gagner sa vie. A 22 ans, il part à Atar, sans perspectives, et le voilà qui intégre le Centre de Formation Professionnelle où il sortira, après une année d'études, avec le diplôme de guide touristique.

 

ziza2.JPGParallèlement à cela, il mène une activité musicale, se découvre un talent de rappeur, commence à monter sur la scène avec des rappeurs comme MG K, Ngalam ou des groupes de rap comme Double H Men avant de monter Momti Gondi en 2010 avec Ousmane Guèye alias Crazy Ou.

 

Avec ce groupe, il participera à la même année au Festival Paix de Boghé, au Festival Walo Musique de Rosso, au Festival Musique et Découverte de Nouadhibou et Festival Assalamalekoum International.

 

Aujourd'hui, ce révolutionnaire dans l'âme évolue en solo et est, de plus en plus, révéré pour sa tonicité et sa potentialité qu'il doit à un rythme de travail d'enfer.

 

Ce chapitre de sa carrière musicale lui a appris qu'il ne devra compter que sur lui-même s'il ne veut pas qu'on se souvienne de lui comme un feu d'artifice dont le bouquet éclaire brièvement la nuit. Aussi, Ziza réglera sa vie comme une minuterie. Tous les jours, il se réveille à 5h du matin, part à la plage pour fortifier sa voix et fait du sport, en vrai professionnel, pour garder son équilibre.

 

ziza3.JPGCe brin de reggaeman assume ne pas s'identifier en Bob Marley, Alpha Blondy, Tiken Jah Facoly..."C'est de grandes personnes dans le monde de la musique, dit-il. Ils ont beaucoup fait pour la musique reggae. Mais, eux, c'est eux et moi, c'est moi. Je viens avec mon identité, mon propre style et ma propre personnalité". Du Ziza pur jus!

 

Son ambition : hisser le drapeau de la Mauritanie un peu partout à travers le monde en se produisant sur les grandes scènes de Londres, de Paris, d'Amsterdam, de Stockolm, de Madrid, de Berlin, de Los Angeles, de New York. A coups de cravache, Ziza, on le croit foncièrement, peut exploser au grand jour. Parce qu'il peut faire se pâmer les foules; parce qu'il est ardent et qu'il a dans son esprit ce brin de fêlure qui caractérise les personnes talentueuses et ambitieuses.

 

Babacar Baye Ndiaye dit leducdejoal

Pour Cridem

 

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 18:18

Abda Mc et Roi HemsPour sa première visite au Sénégal, le groupe mauritanien ‘Force tranquille’ a fait cap sur Saint-Louis. C’était à l’occasion du festival Rap à Ndar qui était à sa huitième édition. Abdourahmane Sow et Hamath Boye ont été sélectionnés par un festival de rap à Mauritanie, ‘Salamaleykoum Hip hop’, pour représenter leur pays.

Ces jeunes de Nouakchott ont joué jeudi dernier sur la scène dressée à la place Faidherbe de Saint-Louis. Une occasion pour eux de faire connaître leur album à venir. Ils ont survolé ce nouvel opus qui sortira en juin prochain, durant toute leur prestation.

L’album, le premier du groupe ‘Force tranquille’ porte le titre de Kalden Goonga. Une expression pular qui signifie ‘qu’on se dise la vérité !’. Des vérités, on en rencontre dans cet album, du moins, selon le rappeur Roi Hems. Plus connus sous les sobriquets respectifs de Abda Mc et Roi Hems, Abdourahmane Sow et Hamath Boye se concentrent sur les faits sociaux et politiques de leur société. L’Afrique occupe une bonne partie des 14 morceaux de l’album. On y retrouve les thèmes de l’africanité, de l’unité africaine, et les maux du continent… Outre le pular, les rappeurs chantent en hassanya, wolof, français, anglais et espagnol. ‘On chante l’unité parce qu’il manque dans notre pays le sens de l’unité entre les communautés’, soutient Roi Hems.

Le rappeur mauritanien est d’avis que les artistes africains ont une grande mission à remplir. Selon lui, l’Afrique a connu, certes, quelques avancés, mais beaucoup reste à faire. ‘Jusqu’à présent, il y a la dictature, les guerres, la jeunesse est marginalisée, qui va jusqu’à quitter l’Afrique pour aller trouver refuge en Occident. C’est à la jeunesse consciente de faire l’Afrique, indique le rappeur de Force Tranquille.

Aïda Coumba Diop

 

Source: WALFADJIRI (SENEGAL)



 

 

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:58

MISTER-X_LENA-LY.JPGLe concours Assalamalekoum Découverte a débuté mardi soir à Nouakchott au village de la biodiversité. Au total, ils sont 80 candidats issus de différents quartiers de Nouakchott et de l’intérieur de la Mauritanie. Ils vont s’affronter tous les mardis sur la scène d’Assalamalekoum Découverte.

 

L’objectif : gagner un enregistrement gratuit de 12 titres au studio Zaza Production, la réalisation gratuite d’un vidéo-clip de Zaza Production, un concert lors du Festival Assalamalekoum 2011 et une participation au Festival Festa 2H en 2012 à Dakar au Sénégal.

 

Ce mardi 3 mai, ils étaient, au départ, 20 groupes de rap ou rappeurs à participer à la première préselection d’Assalamalekoum Découverte placé sous le haut patronnage de la Communauté Urbaine de Nouakchott. Au final, après des heures de rudes empoignades, seuls Ziza, Lamtoro Possee, FG 92 et Double NL réussiront à tirer leur épingle du jeu de la première préselection du concours d’Assalamlekoum Découverte.

 

Avec Assalamalekoum Découverte, le rap mauritanien se démocratise, se libéralise. Son initiateur, Monza, a voulu marquer par là un changement radical dans le Hip Hop mauritanien en s’ouvrant, pour leur donner leur chance d’éclore, aux jeunes pousses encore timides de ce mouvement en plein élargissement et renouvellement.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

ZIZA.JPGLAMTORO-POSSEE.JPGFG-92.JPGDOUBLE-NL.JPG

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