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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 18:18

Monza1.jpgAprès Ousmane Gangué qui avait fait d'élogieux commentaires sur les réalisations du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, Monza a, de son côté, fait le constat que "le pays est en train de changer tant bien que mal", tout en s'élevant contre ceux qui voudraient importer les révolutions égyptienne et tunisienne en Mauritanie.

 

"Des routes ont été construites. Il y'a des endroits qui n'avaient pas de l'eau. Aujourd'hui, c'est une réalité. Dans les zones reculées du pays, il y'a de l'électricité ou un acheminement de l'électricité qui est prévu. Les choses sont en train d'évoluer", affirme Monza.

 

Qui est monté sur ses chevaux pour remonter les bretelles de ceux qui ne manifestent pas pour de bonnes raisons. "Les gens ont le droit de manifester, de descendre dans la rue pour dire ce qu'ils pensent. Par contre, je ne voudrais pas qu'on fasse du copier-coller en important les révolutions égyptienne et tunisienne en Mauritanie. On n'est pas dans une situation comparable. On manifeste parce que les prix sont chers, on a faim, on veut une vie meilleure. Je suis d'accord qu'on manifeste parce qu'on veut un changement. Malheureusement, en Mauritanie, on ne manifeste pas pour de bonnes raisons", a-t-il expliqué.

 

Monza signe et persiste. Selon lui, ceux qui manifestent le feraient pour des raisons qui ne sont pas celles pour lesquelles ils devaient manifester. Le président de la Rue Publik a même donné une leçon de morale à ceux-là.

 

"Si, je devais manifester, je le ferais pour que la culture ait une place en Mauritanie, soutient Monza. Je le ferais afin que les prix des denrées de premières nécessités soient baissées. Je le ferais pour que l'Etat de droit soit respecté et pérennisé. Je manifesterais pour que les Droits de l'Homme soient respectés. Je ne suis pas d'accord sur le fait de copier sur les autres pour arriver à une guerre civile en Mauritanie. On n'en veut pas pour notre pays."

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 15:16

yero.jpgDe plus en plus, des voix d’artistes s’élèvent pour demander à l’Etat de structurer la musique mauritanienne en mettant en place une structure chargée de protéger la propriété et la création littéraire et artistique qui a fait défaut jusqu’ici. Une situation qui expliquerait l’état actuel de la musique mauritanienne.

 

"Le milieu de la musique est désorganisé. Les œuvres des artistes ne sont pas protégées. C’est un souci pour tous les artistes mauritaniens. Les artistes travaillent dans le désordre total. C’est confus", affirme Yéro Abdoul Sow. "C’est l’Etat qui devait se charger de structurer la musique mauritanienne", a insisté ce rappeur du groupe Minen Tèye.

 

En Mauritanie, très peu d’artistes sont protégés. Les œuvres musicales de ceux-ci sont souvent gérées et protégées par des organismes comme la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique (S.a.c.e.m.) ou le Bureau Sénégalais des Droits d’Auteur (B.s.d.a.).

 

Il faut rappeler que la Mauritanie est membre de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (O.m.p.i.) et de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (O.a.p.i.) et également signataire de la Convention de Paris sur la protection de la propriété intellectuelle. Mais, jusqu’à présent, il n’existe pas de législation spécifique au droit d’auteur mais il est fait application de la loi française du 11 mars 1957 portant sur la propriété littéraire et artistique.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 16:22

rap.JPGComme au Sénégal, avec l’émission Hip Hop Feeling diffusé sur la 2stv qui les a inspirés, les rappeurs mauritaniens viennent de lancer Hip Hop Chronik qui est un concours destiné à la promotion du rap, du graffiti et de la danse.

 

A l’issue de cet évènement musical qui débutera ce 25 mars, il sera désigné le meilleur jeune rappeur, le meilleur grapheur et le meilleur danseur de la scène Hip Hop.

 

Ce concours a pour aboutissement de "redynamiser et de sortir le mouvement du Hip Hop de son impasse", a expliqué Mbaye Ahmed Babou alias Estafette Verbale, membre de  Consensus Crew, un des groupes de rap initiateurs de cette compétition.

 

"Le Hip Hop mauritanien vit une crise sans précédent", renchérit Yéro Abdoulaye Sow du collectif de rap Minen Tèye, pour justifier la création de Hip Hop Chronik. "Pour la première fois, les rappeurs mauritaniens se sont réunis autour d’un projet pour donner un nouveau départ au Hip Hop mauritanien", a-t-il ajouté.

 

"On est des acteurs de développement. On veut participer au développement du pays", a poursuivi Amadou Aly Ba alias AMD du groupe de rap Yonetamen, tout en appelant le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports à soutenir ce projet, la première du genre en Mauritanie.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 20:14

slam_0023.jpg 

Pour la première fois, dans un spectacle ébranlant, Mister X, Estafette Verbale et Yacoub Koné partagent la même scène. C’était ce 16 mars 2011 à l’Institut Français de Mauritanie où ils se sont réunis pour un concert dédié à la langue française et à la Francophonie. Ces trois voix francophones du slam mauritanien ont dynamité les oreilles du public venu les écouter et les découvrir.

 

"Je ne dis rien. Je me défends. Je laisse dire. Je laisse faire", vocifère Yacoub Koné drôlement coiffé d’un couvre-chef qui suscite la curiosité. "Faut-il parler ? Faut-il se taire ? Faut-il tout dire ? Faut-il tout cacher ?", s’interroge-t-il. Sa voix s’intensifie aux hurlements de la guitare, de la batterie et du djembé et se permet quelques notes musicales improvisées que semblent apprécier Ousmane Touré qui dodeline la tête.

 

Au 3e morceau, Yacoub Koné qui alterne Poular, Wolof et Français devient moins conciliateur. "Je parle à celles qui ne savent plus ce qu’est la noblesse/ A celles qui ne connaissent pas encore la douleur d’une grossesse/ Je parle à celles qui portent des habits avec délicatesse/ Pour montrer la démarche ou le port des hôtesses/ Laissant apparaître la forme de leurs fesses", s’écrie-t-il.

 

Au fur et à mesure qu’il déroulait sa musique, Yacoub Koné se décrispait et donnait des airs d’assurance inhabituelle, preuve qu’il commencer à s’extirper de sa torpeur.

 

Cette soirée du mercredi met le slam à l’honneur. Mais, Estafette Verbale n’hésite pas à fondre un peu de reggae dans sa musique. "Après tant de siècles, les larmes sont toujours noires/ Après tant de siècles, on se souvient encore de cette histoire/ La division de nos territoires/ Le retard de nos espoirs", chante Estafette Verbale, sur un air de reggae, à propos de la traite négrière. A travers ce morceau où il est accompagné par Ziza, il remue le couteau dans la plaie de l’esclavage, du racisme et rend hommage à Martin Luther King, Jessie Jackson, Nelson Mandela, Thomas Sankara

 

Puis, dans un duo avec l’adoucissante Awa de Consensus Crew, Estafette Verbale propose un morceau puisant dans la variété française, pour entraîner irrésistiblement le public dans le labyrinthe de l’Amour. "L’Amour est sa seule exigence/ Elle donne tout/ Jusqu’au bout/ C’est une évidence", soupire Estafette Verbale.

 

Lui succédant sur la scène, Mister X, l’autre voix francophone du slam mauritanien délivre une prestation musclée et grandiloquente et entraîne le public dans l’histoire de la traite négrière, de la colonisation, de l’évangélisation et de l’appauvrissement de l’Afrique.

 

"On est au 17e siècle dans un village africain…Un homme aux yeux bleus et aux cheveux blancs entre dans ce village triomphalement…", dit-il, pour planter le décor. "La mondialisation rappelle les échanges d’antan/ Donne-moi ton pays et je t’enrichirai pour cent ans/ La chicote est désormais économique/ Trop de cerveaux sont en fuite", explique-t-il. "Que nous réserve la suite ?", s’interroge-t-il. Nous aussi, on s’interroge !

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:37

 

PAPIS-KIMMY-JR.JPGAlors qu’il n’a pas encore sorti son premier album qu’il s’apprêterait à faire, Ghazally Ould Cheikh alias Papis Kimmy Jr, 22 ans, est déjà connu du grand public de Nouakchott. Il est dans l’air du temps. Très proche du pouvoir, Papis Kimmy Jr parcourt la Mauritanie de long en large.

 

Tout récemment, il faisait partie des rares rappeurs qui ont été invités par le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports dirigé par Cissé Mint Cheikh Ould Boide à se produire à la 1re édition du Festival des villes anciennes à Chinguitty du 16 au 22 février, devant Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

Il avait profité de cette manifestation pour annoncer la sortie de son premier album qui sera intitulé Circulation. D’ailleurs, le ministère du transport a promis, renseigne le manager de Papis Kimmy Jr MD Mouls, de se servir de cette production dans le cadre d’une campagne de sensibilisation routière.

 

A la 3e édition du Festival Mondial des Arts Nègres qui s’est déroulé à Dakar du 10 au 31 décembre 2010, il a été le seul rappeur envoyé par le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports pour y représenter la Mauritanie.

 

Des rappeurs comme Papis Kimmy, Franco Man, Laye B, Mouna Mint Dendenni…poseront leurs voix sur la première production musicale de Papis Kimmy Jr composée de huit titres et qui sortira d’ici l’été sur le marché national.

 

Lors des élections de juin-juillet 2009, Papis Kimmy Jr faisait partie des rares artistes qui avaient été approchés pour animer les meetings de Mohamed Ould Abdel Aziz, à l’époque candidat à l’élection présidentielle.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:06

OMZO DE MINEN TEYELe rappeur Omzo du groupe de rap Minen Tèye a réclamé mercredi une reconnaissance pour tous les rappeurs ayant confirmé sur la scène nationale de la part des pouvoirs publics notamment le ministère de la culture, de la jeunesse et des sports.

 

Le fondateur de la structure Actimum s’est insurgé, par ailleurs, contre leur mise à l’écart du concours de musique Mauristar et l’absence d’un système de récupération des jeunes notamment diplômés.

 

"On défend des causes nobles et on ne s’en cache pas. Minen Tèye est exclu de ce concours parce que c’est un groupe de rap très engagé. Il faut qu’il y’ait des gens engagés en Mauritanie, dans la musique. Notre engagement ne devrait pas se retourner contre nous. Il ne doit pas constituer un obstacle contre nous. Si, on est engagés, c’est par rapport à la Mauritanie qu’on voudrait qu’elle change, c’est pour qu’il y’ait un changement de comportement et de mentalité. Si, on critique, dit ce que l’on pense, insulte, crie, c’est pour juste qu’il y’ait des solutions aux maux de la société et du pays", a rappelé Omzo.

 

Qui a, dans la foulée, déploré l’absence de récupération des jeunes et de leur insertion dans la vie active, après la fin de leurs études, tout en appelant les pouvoirs publics à tirer les conséquences de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte. "Tout le monde n’est pas appelé à exercer une fonction dans l’administration. Les jeunes veulent réussir mais ils veulent s’épanouir dans ce qu’ils aiment aussi", a-t-il déclaré.

 

Il a, en outre, insisté à ce qu’il y’ait plus de considération envers les rappeurs. "La musique la plus consommée en Mauritanie, c’est le rap. Ce n’est pas le rap français ni américain encore moins celui du Sénégal. C’est le rap mauritanien. Les rappeurs mauritaniens ont déjà fait leurs preuves", explique Omzo.

 

"On est utiles à la société mauritanienne. On est des éducateurs et les gens nous suivent de très près", a-t-il poursuivi. Le groupe de rap Minen Tèye se produira ce jeudi 17 mars 2011 à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 21:37

MINENE TEY 0085Lors d’une interview qu’il a accordée au site d’informations en ligne Cridem, le rappeur Adama Aliou Diallo plus connu sous le nom d’Omzo y est allé très fort en affirmant qu’il serait plus superstar que Malouma Mint Meydah, la diva des sables et sénatrice du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah, sans se priver de mettre dans le même panier Ousmane Gangué.

 

"Je suis connu en Mauritanie. Quand on dit Omzo de Minen Tèye, c’est tous les jeunes qui le connaissent", assure Adama Aliou Diallo alias Omzo.

 

"La manière dont Malouma Mint Meydah est reconnue, c’est de cette manière que je devrais être reconnu. Ousmane Gangué est reconnu, je devrais être reconnu. J’ai plus de public qu’Ousmane Gangué même et Malouma Mint Meydah", a-t-il poursuivi, avec beaucoup d’aplomb.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Rimartculture

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 22:19

Adviser.jpgAu lendemain de la sortie officielle de son premier album, Alhamdoulilah, Adviser, un des représentants de la nouvelle génération de rappeurs mauritaniens, a donné des concerts à Nouadhibou et un peu partout en Mauritanie. Pour Cridem, Adviser a accepté de nous parler de cet album. Entretien.

Cridem : Dans l’album Alhamdoulilah, il y’a un titre qui s’intitule "Noir et Blanc". A travers cette chanson, quel message avez-vous voulu lancer aux mauritaniens ?

Adviser : Ce morceau s’adresse au monde entier. C’est un morceau d’espoir, qui appelle l’humanité à vivre dans la fraternité quelle que soit leur race, leur religion, leurs croyances, leur ethnie, leur sexe, leur langue ou leur opinion.

L’écriture de "Noir et Blanc" m’est venue, à l’esprit, lors d’un concert. J’avais senti une sensation, une envie très forte d’écrire un morceau sur l’unité nationale, où j’exhorterai les mauritaniens à se rapprocher, à vivre ensemble malgré toutes les péripéties qu’ils ont rencontrées au cours de leur cohabitation.

Pour illustrer la diversité culturelle de mon pays, j’ai fait appel à Thiédel Mbaye, à Hawa Djiméra et à Noura Mint Seymali pour donner à "Noir et Blanc" plus de couleurs, plus d’impulsions, pour concrétiser notre rêve de réconciliation nationale. Dans ce morceau, je retourne aussi aux sources avec une touche de modernité assez particulière. Ce qu’on appelle en anglais "Back to the roots". Dans ma musique, je ne suis pas déterminé. Dans ma musique, il y’a ce qu’on appelle la polyvalence.

Cridem : Une bonne partie de vos chansons est écrite dans la langue de Shakespeare. Est-ce à dire que vous êtes plus à l’aise en Anglais ?

Adviser : Ce n’est pas que je suis à l’aise en Anglais. C’est devenu une habitude, chez moi, de chanter dans cette langue. Je l’ai développée depuis que j’ai commencé à faire du rap. Je me souviens, à mes débuts, les gens aimaient beaucoup mon flow, ma manière de faire du rap, de chanter. Par la suite, c’est devenu un style. En plus, à travers le nom Adviser, les gens avaient envie de savoir qui était celui-là.

Derrière cette appellation, se cache une curiosité. Lorsqu’on entend ce nom, on se demande aussitôt s’il est africain, asiatique, européen ou américain tout court. Chanter en Poular en y mêlant de l’anglais s’est développé en moi et je m’y sens très à l’aise.

Cridem : Vous avez un succès auprès des jeunes mauritaniens. Pensez-vous déjà à conquérir d’autres jeunes de l’Afrique, de l’Europe voire des Etats-Unis d’Amérique ?

Adviser : Je ne compte pas faire de la musique destinée à la consommation locale, m’emprisonner musicalement. J’ai envie de placer la barre très haute, de porter ma musique, à travers les quatre coins du monde, d’éparpiller le rap mauritanien, un peu partout. Aujourd’hui, je me sens pousser des ailes et j’ai le courage d’engager un nouveau virage dans ma carrière musicale. Là, vous voyez (il montre un poster géant où il est avec Youssou Ndour), je suis avec Youssou Ndour. Lorsque je lui ai fait écouter mon album, il a beaucoup aimé.

Cela m’a conforté dans mon idée que le rap mauritanien ne doit plus jouer les seconds rôles. Il faut que notre rap sorte des dédalles de l’amateurisme. C’est pour cette raison que mon album a été couvert par la SACEM. Actuellement, la structure qui a produit mon album, Halko Mbéléda, est en train de voir comment distribuer cet album en Espagne, en Belgique, au Canada et aux Etats-Unis.

Cridem : Que pensez-vous du rap mauritanien ?

Adviser : On évolue dans un milieu difficile et contraignant. Il n’y a pas assez de structures pour accompagner l’évolution et le développement du rap en Mauritanie. Les rappeurs ont besoin d’être des professionnels de la musique, d’améliorer leurs textes et leurs sons. À titre d’exemple, je ne me suis jamais pressé pour sortir mon premier album. Je me suis donné de la peine et du temps. A la sortie de l’album, j’ai eu des échos favorables.

J’ai fait deux ans à travailler mon album, à faire une gestion de mon album. L’Etat n’accompagne pas la propension du rap. On a l’impression qu’on nous met des bâtons dans les roues : la salle de spectacles de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott se loue à plus de 200.000 UM. Quand à la nouvelle maison des jeunes, elle est pleine d’écho. Sans parler de la sécurité à qui il faut payer. C’est donc difficile. Mais, comme on dit, il faut se sacrifier pour avoir quelque chose.

Cridem : Vous demandez à l’Afrique, aux Africains de se réveiller dans le morceau de votre album intitulé "Wake up Africa". Qu’est-ce qui vous frustre autant par rapport à leur situation ?

 
Adviser : Ce morceau est un cri de cœur par rapport à certaines situations comme en Côte d’Ivoire par exemple où un Président battu lors de l’élection présidentielle refuse de reconnaître sa défaite et de céder le pouvoir au vainqueur. Ce qui s’est passé également en Tunisie et en Egypte sont révélateurs et montrent que les Africains commencent à prendre conscience de leur devenir.

Mes chansons ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer. Mais, il est de mon devoir, en tant que leader d’opinion, de tirer sur la sonnette d’alarme, d’élever la voix quand il le faut. Aujourd’hui, les Africains ne doivent plus avoir peur de réclamer des conditions de vie meilleures. La jeunesse Africaine doit avoir des rêves, d’espérer.

Cridem : Vous dites dans l’un de vos morceaux que la Mauritanie n’est pas encore un pays mais un pays en construction. Vous soutenez même que c’est un projet de pays, pour reprendre vos termes. Qu’est-ce qui vous fait dire ce jugement, à la limite, trop sévère ?


Adviser : Qui dit rap dit révolte. Là, dans ce morceau, je remue le couteau dans la plaie. Je sais que cela fait mal mais il faut bien le faire. Dans ce morceau qui plaide pour une Mauritanie de liberté, de justice et d’égalité, je me suis laissé entraîné dans un délire total pour exprimer ce que je pense de la Mauritanie.

J’hallucine lorsque je remarque que des pays très pauvres sont mieux développés que le nôtre. Nous avons le poisson et le fer mais ces richesses ne nous ont pas servi à grand-chose. En tout cas, elles n’ont pas eu de répercussions sur notre niveau de vie. Souvent, j’entends que le pays est immensément riche, mais, moi, cela me fait sourire. On veut se développer mais on n’est pas encore développé et c’est dommage.

Propos recueillis par

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 15:31

yero minenteyeLes mas médias les ignorent et les autorités ne leur accordent aucun intérêt, sauf pour animer, en période électorale leur campagne. Ainsi, s'ils ne sont pas victimes d'intoxication, leurs concerts sont interrompus abusivement par la police.

Après les groupes de rap " Military Underground " et " Diamen Teki " c'est au tour du groupe " Minenteye " (Yéro et Omzo) de subir l'intoxication de ceux qui cherchent à provoquer sur le mouvement hip-hop l'ire des partenaires.

Ces derniers se trouvent aujourd'hui considérés comme des " ennemis publics " à cause de leur engagement et de leur ton clairement dénonciateur. Ils ne font pas de la politique, ni du syndicalisme, et ne sont point partisan d'une quelconques Intifada, mais leur chanson leur sert de moyen d'expression redoutable pour crier la révolte et le mal-vivre de toute une jeunesse laissée pour compte, en rade du développement.

Malgré le refus d'être reconnu et l'absence de toute considération de la part du ministère de la Culture, le mouvement hip hop mauritanien continue de jouer son rôle d'ultime refuge pour une jeunesse mauritanienne que la société a décidé de mettre sur les bancs des indésirables.

Pour Yéro, coleader du groupe " Minenteye " " notre mouvement est plus qu'un groupe de rap, c'est une philosophie, une idéologie ". Selon lui, Minenteye est victime d'une sordide campagne de dénigrement, certains cherchant à la disloquer par les fausses rumeurs.

Poursuivant son intervention l'artiste explique " Omzo et moi avant de rapper, nous étions d'abord des frères, des cousins parce que ma maman et celle de Omzo ont la même mère et le même père. Nous avons grandi, fait les études et chanté ensemble, embrasser une carrière identique. Donc je ne vois pas pourquoi on se séparera.

Nous sommes différents des autres rappeurs qui se sont connus au cours d'une cérémonie ou dans un quartier et ont décidé de former un groupe. Moi et Omzo c'est autre chose. Nous sommes tout simplement des jumeaux et nous partageons l'amour de la musique ". Après la sortie de leur album, ils ont créé la première structure de la musique urbaine en Mauritanie. " Actu-mum " sous la direction de Omzo après la conférence de presse qu’ils ont donné devant toute la presse nationale et internationale en place .

Quant à Yéro, il déclare avoir dirigé en personne le festival Welooti. Malgré toutes ces initiatives individuelles et toutes ces missions, lui et Omzo se retrouvent toujours dans " Minenteye ". Le plus important selon Yéro, ce n'est pas ce que disent les gens mais ce qu'il est en train de se réaliser "Notre séparation, c'est un truc qui n'a jamais existé. Notre absence sur scène est due aux recherches que nous sommes en train de mener " conclut-il pour mettre fin à toutes équivoques.

En outre les rappeurs vivent difficilement de leur métier en Mauritanie, selon Yéro, qui accuse le ministère de Culture soulignant que sans le CCF, ils ne savent pas ce qu'ils auraient pu devenir. Pour expliquer la longue absence de "Minenteye " sur scène, il donne comme alibi, la recherche d'une salle de concert, estimant que la Nouvelle Maison de Jeunes est inadaptée à cause de l'absence d'acoustique et d'équipement, et la prédominance d'échos. " L'Etat ne fait rien, les promoteurs ne bougent plus, ce qui fait qu'un silence règne dans l'ensemble du mouvement hip hop mauritanien .et que ce ne soit pas facile d'être artiste en Mauritanie " témoigne-t-il.

Aujourd'hui, malgré les concerts autorisés, les rappeurs sont victimes à chaque fois du non respect et des abus de certains policiers qui viennent toujours interrompre leurs manifestations et procèdent à des rafles sans justification, soi-disant qu'après minuit, tout le monde doit rentrer. Les mêmes désagréments, "Minenteye " les ont connu après la sortie de leur album, au même titre que d'autres groupes comme le rappeur Adviser. " C'est un problème qui est là et qui continue de prendre en otage le mouvement hip hop mauritanien " regrette-t-il.

Pour Yéro, les conditions d'existence du Rapp en Mauritanie sont fortement compromises par cet état d'urgence qui ne dit pas son nom, surtout à Nouakchott, où il est devenu difficile de se produire, alors que les mariages festives sont autorisés jusqu'à des heures impossibles.

"Nous sommes en train de chercher par quel moyen développer la musique mauritanienne pour pouvoir représenter ce pays ailleurs. Nous nous battons pour le pays. C'est une mission. Que nous nous efforçons de mener en soldats inconnus, pour un pays qui nous combat " conclut Yéro avec tristesse

Cheikh Oumar N'Diaye


Source: L'Authentique(Mauritanie)

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