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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 19:03

bissolo-1-.jpgOn l’appelle le chanteur aux ongles. La manière dont il le fait, c’est lui seulement qui en a le secret. Chanteur, lui aussi, il participe pour la première fois à la Semaine Nationale de Film avec son court-métrage : Amanda.

 

Ce film traite la misère, le manque de perspectives, le chômage…qui poussent beaucoup de jeunes africains vers la recherche d’un ailleurs meilleur. Ces jeunes sont prêts à tout pour un billet d’avion ou de…pirogue.

 

Le Rénovateur Quotidien : Peut-on savoir ce qu’est Amanda ?

 

Moussa Samba Mbow : Je me suis inspiré d’un film sud-africain qui racontait l’histoire de Nelson Mandela. Lorsque j’ai suivi ce film qui est une évocation de la liberté, aussitôt, j’ai commencé à travailler sur un concept que j’ai appelé "Le Peace and Love" qui est un message de paix et d’amour. Je me suis dit pourquoi pas on ne s’inspirerait pas de l’Afrique du Sud pour que nous vivions dans la fraternité. Amanda veut dire liberté. Au temps de l’apartheid, les sud africains scandaient : Amanda ! Amanda ! Amanda ! Plus tard, j’ai eu l’idée de faire un film sur cette thématique. Amanda évoque aussi la thématique de l’amour, de la paix et de la fraternité. Je pense que les jeunes doivent avoir cet état d’esprit. Par ailleurs, je veux inviter les jeunes mauritaniens à croire en eux et surtout en leur capacité intellectuelle.

 

Le Rénovateur Quotidien : Dans votre film, on vous voit chanter avec vos ongles. D’ailleurs, ça a impressionné tout le monde. Est-ce un don ou c’est quelque chose que vous avez appris ?

 

Moussa Samba Mbow : C’est un don de Dieu ! J’évolue dans la musique depuis 1994. C’est plus tard que cela s’est révélé en moi. Un jour, en studio, j’ai commencé à jouer avec mes ongles. J’aperçus que cela émettait des sons. J’ai commencé alors à me poser des questions. Pendant ce temps, j’ai laissé mes ongles pousser. C’est à ce moment que j’ai découvert ce don. Depuis lors, je chante avec mes ongles.

 

Le Rénovateur Quotidien : Amanda, c’est aussi un film qui traite la question de l’immigration clandestine. Ça vous fait mal de voir ces jeunes prendre la pirogue en direction de l’Europe ?

 

Moussa Samba Mbow : C’est un phénomène que je déplore beaucoup. Nous voyons tous les jours des immigrés qui se font retourner à leur pays d’origine. Nous avons vu aussi les images choquantes montrant des corps humains gisant au bord des cotes espagnoles. C’est vrai que ceux qui choisissent la voie de l’immigration clandestine n’ont pas le choix. Mais, ce n’est pas une raison supplémentaire pour se sacrifier bêtement. En bravant la mort ! C’est dans ce cadre que j’ai essayé de faire ce film pour dire haro à l’immigration clandestine. Ce thème est un sujet ouvert et chacun y va avec ses propres réflexions.

 

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

 

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 18:28

ousmanediagana-1-.jpgIl est né en 1984 et sortant de l’Institut d’Ecriture de Documentaire de création de Dakar. Avec son premier court-métrage, il fait ses premiers pas dans le cinéma. "Le Rêve brisé", c’est l’histoire de Ousmane, jeune étudiant, qui est à la veille des examens de fin d’année. Sa cousine revient d’Espagne.

 

Comme tous les immigrés de retour au pays, elle distribue des cadeaux à ses parents et amis. Impressionnée et jalouse, la mère de Ousmane demande à son fils de renoncer à ses études pour aller faire fortune en Europe. Pour en savoir plus, nous avons rencontré son réalisateur pour qu’il nous en parle davantage.

 

Le Rénovateur Quotidien : Pouvez-vous nous replonger un peu dans l’histoire de votre premier court-métrage, "Le rêve brisé" ?

 

Ousmane Diagana : "Le rêve brisé" raconte l’histoire d’une mère brisée qui veut voir son enfant réussir comme les autres, ceux qui sont partis en Europe. Pour elle, malheureusement, il n’y a que l’immigration clandestine pour réussir dans la vie. Cette maman va penser que c’est la seule voie possible pour devenir "quelqu’un".  Cela dit, une mère ne souhaite jamais du mal à son fils. Par-là, elle a cru que l’immigration clandestine était le chemin le  plus rapide. C’était une manière d’évoquer l’immigration clandestine à ma manière.

 

J’ai vu pas mal de films sur l’immigration clandestine. Mais, j’ai constaté dans la plupart de ces films, on pointe un doigt accusateur sur l’Europe. Comme si l’Europe nous appelait ? Je ne suis pas d’accord avec ses réalisateurs, ses écrivains ou journalistes qui le voient de cette manière. Sur l’immigration clandestine, nous avons, nous africains, notre part de responsabilité. Nos gouvernements, aussi, ont leur part de responsabilité. Si, aujourd’hui, les jeunes quittent l’Afrique pour aller en Europe, ce n’est pas pour regarder la couleur de la neige ou comment vivent les blancs. C’est la richesse économique qui les amène là-bas. Si, on arrive à forger notre richesse économique, sociale et culturelle, éducative, je crois qu’on arrivera à retenir les jeunes.

 

Le Rénovateur Quotidien : Votre film n’est-il pas à la limite une alerte sur l’immigration clandestine qui est un phénomène très répandu en Afrique ?

 

Ousmane Diagana : Effectivement ! Vous savez, j’ai appris quelque chose avec Ousmane Sembène, le grand cinéaste, qui disait que le cinéma est une école pour les analphabètes. Par ailleurs, moi, je crois que c’est une école pour tous. Pour moi, faire des films, c’est faire appendre les gens, les conscientiser, à regarder autrement. Ce film peut être une alerte d’autant plus que ce film est fait en poular. Je ne suis pas hall poular d’ailleurs. Le film est fait en poular, exprès, pour toucher le maximum de gens.  C’était une manière d’alerter les gens sur ce fléau.

 

Le Rénovateur Quotidien : Je reviens un peu au décor de votre film. J’ai constaté qu’il a été tourné dans les kebbas qui symbolisent la pauvreté. Qu’est-ce que vous avez voulu faire passer comme message ?

 

Ousmane Diagana : D’abord, je suis dans le cinéma documentaire. C’est ma première fois de faire une fiction. Et, une fiction, ça copie directement le documentaire. Montrer les kebbas ou les bidonvilles, c’est une manière pour moi de montrer que ça existe aussi. On a tendance quand on parle parfois de Nouakchott, on cite Socogim, Tévragh-Zéina

 

Mais, malgré la pauvreté qui existe dans les kebbas- c’est malheureux et c’est comme ça- il y a de l’espoir. Dans le film, on le voit : Ousmane, le personnage principal, il tient et croit à ses études. Il veut finir ses études et rassembler à ses idoles qu’il accroche sur les quatre murs de sa chambre comme Abderrahmane Cissako. Même dans ces quartiers, l’espoir existe aussi. A travers ce film aussi, j’ai voulu montrer que Nouakchott ne s’arrête pas qu’à Tévragh-Zéina ou d’autres quartiers pareils. Il y a aussi d’autres quartiers qui doivent mériter l’attention des pouvoirs publics.

 

Le Rénovateur Quotidien : Vous demandez, comme Tiken Jah Fakoly, qu’on ouvre les frontières. Vous pensez que c’est une solution à l’intégration africaine ?

 

Ousmane Diagana : Tiken, c’est quelqu’un que j’ai eu la chance de rencontrer en 2006 au Mali. Il m’a raconté pleine de choses sur sa vie, son engagement social et politique. La musique fait partie de l’écriture du scénario. En écrivant ce film, j’ai pensé à une musique très engagée qui pousse les gens à revoir leur manière de vivre.

 

Utilisez le morceau de Tiken dans mon film, c’était une manière de montrer par l’image que mon film est un film engagé. Tiken et Awadi, c’est des aînés que j’ai eu à rencontrer. C’est une façon de suivre leurs pas. Nous ne sommes pas des politiciens. Dans nos films, on raconte l’histoire telle qu’on la voit ou telle qu’on l’a vécu. Je crois que ça touche encore les gens que d’essayer de tourner autour du pot ou de jouer les diplomates.

 

Propos recueillis par Babacar Baye Ndiaye

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 18:17

SENAF1.jpgPour la troisième édition de la Semaine Nationale du Film, Abderrahmane Ould Salem et son équipe n’ont pas lésiné sur les moyens pour laisser une bonne impression aux invités. Tapis déroulés, banderoles suspendues dans l’air, hôtesses bien nippées et souriantes,…on se croirait presque à l’ouverture du Festival de Cannes en France. Le maître d’œuvre de ce décor éblouissant n’est autre que Sidi Yahya, un artiste peintre mauritanien. 

 

Cette 3ième édition de la SENAF a coïncidé cette année avec la première édition de la Quinzaine des Arts.  A leur manière, les artistes peintres mauritaniens, marocains et sénégalais, ont participé à la fête en exposant leurs œuvres au hall de l’ancienne maison des jeunes. Placé sous le haut patronage du Premier ministre, la 3ième édition a été ouverte sous le thème : "Migration…d’ici et de là-bas".

 

Dans son discours, le ministre de la culture et de la communication a mis l’accent sur "les effets néfastes" de la migration. Malheureusement, la Mauritanie n’échappe pas à ce phénomène. Le gouvernement, selon lui, est en train de mener des réformes, de réaliser des investissements considérables dans le domaine de la création de l’emploi et surtout d’augmenter le niveau de professionnalisation pour lutter contre la pauvreté qui explique en grande partie la migration vers les pays occidentaux.

 

La présence du Premier ministre à l’ouverture de la 3ième édition de la SENAF n’a pas laissé indifférent Abderrahmane Ould Salem, directeur de la Maison des Cinéastes. "Il s’agit pour nous d’un signe fort de la volonté du Gouvernement de promouvoir la culture dans notre pays", témoigne-t-il.

 

Cependant, "le cinéma ne pourra décoller (…) sans l’appui de l’Etat. Nous avons besoin de votre engagement pour réglementer, soutenir et promouvoir la culture et l’industrie du cinéma en Mauritanie et à l’étranger", adresse-t-il au Premier ministre.

 

"Notre confiance dans l’œuvre cinématographique est grande. Nous plaçons de grands espoirs sur cet art et que nous savons si important pour le rayonnement de l’image de la Mauritanie au monde. (…) A l’ère de l’image, le cinéma peut mettre en exergue les dimensions culturelles nationales, l’unité de notre pays (…) mettre en avant la force créatrice de notre peuple, capable de dynamiser la scène culturelle, d’en faire une source de développement économique et enfin qui pourra immortaliser notre patrimoine au fil des productions audiovisuelles d’images vivantes", explique Mohamed Ould Amar,  ministre de la culture et de la communication. Le cinéma, peut être aussi un facteur de réconciliation comme l’a expliqué Abderrahmane Cissako, parrain de la 3ième édition de la SENAF. 

 

Pendant une semaine, plus d’une quarantaine de films seront projetés. Pour cette année, les jeunes cinéastes mauritaniens ont été mis en exergue pour montrer en fait qu’il y a des talents qui existent en Mauritanie dans le domaine de la cinématographie. Leur thème majeur, c’est le combat du quotidien des jeunes africains de manière générale. "Parler des difficultés de son pays, c’est aussi l’aimer. Il faut donner la chance à ces jeunes de parler d’eux-mêmes, de leur quotidien", a souligné Abderrahmane Cissako dans son laïus.

 

Babacar Baye NDIAYE

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