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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 17:07

Philippe-Queau.JPGLe Représentant de l’Unesco auprès de l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, Philippe Quéau, a annoncé mercredi, à Chinguetti, lors de l’ouverture de la 1re édition du Festival des villes anciennes, la mise en œuvre d’un programme de développement financé par l’Espagne dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement en partenariat avec le ministère de la Culture, de celui du Tourisme et de l’Artisanat.

 

Les activités prévues par ce programme intitulé "Patrimoine, tradition et créativité" profiteront à des villes anciennes à travers des opérations de développement durable portant sur le micro-crédit, l’appui aux actions dans le domaine de la culture, de l’artisanat et du tourisme, du développement des produits et d’offres de qualité afin d’assurer un meilleur profit au savoir et des savoir-faire ancestraux, a expliqué Philippe Quéau.

 

"Les activités de ce programme visent le développement des produits et des services culturels, la création d’entreprises culturelles, la gestion, la conservation et la valorisation du patrimoine culturel mauritanien et le développement d’activités génératrices de revenus", a ajouté Philippe Quéau, profitant du Festival des villes anciennes pour annoncer la création d’un village de la diversité culturelle à Nouakchott et des espaces de préservation de l’artisanat dans certaines villes du pays sans les citer.

 

Le Représentant de l’Unesco auprès de l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie a aussi révélé que le programme "Patrimoine, tradition et créativité" prévoit d’appuyer l’élaboration d’une stratégie nationale sur la Culture, l’Artisanat et le Tourisme.

 

Babacar Baye Ndiaye, à Chinguitty, pour Cridem

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 17:01

Presque, tous les gros bonnets de l’Union pour la République (UPR), le parti de Mohamed Ould Abdel Aziz, et les chefs ou représentants de partis politiques membres de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) comme Kane Hamidou Baba(accompagné de sa femme), président du Mouvement pour la Refondation (MPR) et Mintata Mint Hedeyd, présidente du Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau (PRDR), ont fait le déplacement, à Chinguitti, pour assister à l’ouverture de la 1re édition du Festival des villes anciennes.

 

Mais, néanmoins, un chef de parti politique de taille et membre de la Coalition des Partis de la Majorité (CPM) manquait à l’appel : Ibrahima Moctar Sarr, président de l’AJD/MR.

 

Contacté à ce propos, Ibrahima Moctar Sarr a soutenu qu’il n’était pas au courant de l’organisation du Festival des villes anciennes dont l’ouverture a été présidée, finalement, par le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz et qui a réuni plus de 300 invités mauritaniens comme étrangers.

 

"Je n’ai pas été invité et je n’ai pas reçu d’invitation", a-t-il déclaré jeudi matin, précisant qu’il n’avait pas boycotté l’ouverture de la 1re édition du Festival des villes anciennes qui se déroule actuellement à Chinguitti. "Cela m’aurait intéressé sur le plan de la culture parce que je suis un homme de culture", a-t-il ajouté. D’ailleurs, dans le document sur le Festival des villes anciennes, il est rappelé que "la Mauritanie puise sa force et son authenticité dans les diversités culturelles".

 

A cette absence du leader de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR), il faut noter également celle de l’opposition au Festival des villes anciennes piloté par le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitti, pour Cridem

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 16:50

aziz-a-chinguitty1-copie-1.JPGLors de l’ouverture de la 1re édition du Festival des villes anciennes, à Chinguitti, qu’il a présidée, le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz a surpris tout le monde, en portant des claquettes.

 

Alors que l’on s’attendait à le voir en costume et cravate, comme à l’accoutumée, le président des pauvres est apparu, vêtu d’une "daraa", en enfilant de simples sandalettes, certainement pour montrer toute sa simplicité. Visiblement, il se faisait la joie d’exhiber ses brodequins et semblait s’y plaire.

 

Décidemment, Mohamed Ould Abdel Aziz compte bien imprimer une nouvelle stature à la fonction présidentielle. Peut-être, a-t-il enfilé ces souliers dont le prix ne vaut certainement pas tripette pour pousser les mauritaniens à s’extirper de certaines exigences vestimentaires et à valoriser nos potentialités culturelles et touristiques.

 

Il faut rappeler, d’ailleurs, que le Festival des Villes Anciennes a pour objectif de mettre en relief tous les aspects du patrimoine matériel et immatériel de Chinguitti, Ouadane, Tichitt et Oualata et le rôle spirituel, culturel, commercial et scientifique qu’elles ont joué des siècles durant.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitti, pour Cridem

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 16:43

MOHAMED-CAMARA.JPGLe président de l’Association des Groupes et Musiciens de Mauritanie, Mohamed Camara, est sorti de ses gonds pour exprimer son mécontentement par rapport au traitement qui leur a été réservé par le comité d’organisation du Festival des villes anciennes.

 

Le 17 février, après avoir joué la veille devant Mohamed Ould Abdel Aziz avec d’autres artistes, à la fin de leur prestation, il n’y est pas allé de main morte pour s’élever contre le fait que lui et les artistes (Fama Mbaye, Mamadou Tangoudia et Lamine Dia) qui l’accompagnaient soient traités comme des éléphants dans un magasin de porcelaine.

 

"Nous sommes dans un pays qui a une diversité culturelle et il faudrait que les gens prennent acte de cela. On voudrait que l’Etat et notamment le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports sache qu’il y’a les Wolofs à part, les Soninkés à part, les Halpoulars. On souhaiterait, à l’avenir, en ce genre de circonstances, que ces communautés soient représentées au lieu de les mixer", a déclaré Mohamed Camara qui reproche au comité d’organisation du Festival des villes anciennes de n’avoir pas battu le fer tant qu’il était chaud, en allusion à leurs conditions d’hébergement et de restauration.

 

"On est là pour défendre la culture. On est là pour faire notre patrimoine culturel", a rappelé le président de l’Association des Groupes et Musiciens de Mauritanie.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitty, pour Cridem

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 16:32

OFFICE-NATIONAL-DES-MUSEES.JPGL’Office National des Musées (ONM) n’est pas en reste dans l’organisation du Festival des villes anciennes dont la première édition se tient à Chinguitti. Il y a participé à travers deux expositions, l’une portant sur la calligraphie arabe et l’autre sur la diversité dans l’unité du patrimoine culturel mauritanien.

 

Sur ce point, chez les Maures comme les Noirs de Mauritanie, on retrouve, dans leur patrimoine respectif, des éléments qui prouvent "qu’il y’a une unité assez profonde". "Quelques soient les différences qui appartiennent aux Noirs et aux Maures, il y’a une ressemblance. Au-delà de la diversité qu’il y’a dans le patrimoine culturel mauritanien, il y’a une unité assez profonde", a soutenu le directeur de l’Office National des Musées, Kane Hadya Mamadou.

 

L’Office National des Musées a présenté, par rapport à l’unité du patrimoine culturel mauritanien, un échantillon de ses collections qui comprennent des manuscrits, des chapelets, des tassouvras (sacs de voyage) dont l’une date de 1945 et qui est de bonne qualité et une autre de mauvaise qualité pour montrer la clochardisation de l’artisanat mauritanien.

 

Cet ensemble illustre aussi la vie nomade notamment des cavaliers portant des fusils et des bottes typiques aux cavaliers de la vallée, des chaussures, des teintures, des tissus, des parures en paille, la peau d’un crocodile qui vient du Tagant.

 

Des portraits des Emirs des poètes mauritaniens, des photos sur les jeux traditionnels en Mauritanie comme le Krour, le Premier Conseil des Ministres présidé par Moctar Ould Daddah, celles des premiers députés de l’Adrar comme Sidi El Moctar Ndiaye ou Mohamed Lemine Ould Kabache, des publications du musée et des expositions sur la monnaie nationale complètent le décor.

 

Le Festival des villes anciennes a permis aux populations de Chinguitti de découvrir tout ce patrimoine dont les mauritaniens méconnaissent l’existence au niveau du Musée National très peu fréquenté. Mais, pour Kane Hadya Mamadou, le seul moyen de faire profiter ce patrimoine à tous les mauritaniens et de pouvoir le garder, c’est de créer des musées dans les capitales régionales du pays.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitti, pour Cridem

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 16:20

OFFICE-NATIONAL-DU-TOURISME.JPGLe chef du département Communication à l’Office National du Tourisme (ONT), Ba Hamady, a appelé dimanche l’Etat français, qui a déconseillé ses ressortissants de se rendre en Mauritanie placée parmi les pays les plus dangereux au monde devant l’Afghanistan, à reconnaitre les efforts et les mesures qui ont été prises en termes de sécurité par les pouvoirs publics mauritaniens.

 

"Aujourd’hui, on n’est pas récompensé pour nos efforts et on veut nous imposer une guerre par procuration sans contrepartie. Le tourisme organisé par groupes n’a jamais été victime d’actes terroristes contrairement en Egypte, au Maroc ou en Tunisie", déclare Ba Hamady qui dit ne pas comprendre le nihilisme de l’Etat français au sujet de la lutte qu’est en train de mener la Mauritanie contre le terrorisme.

 

Le chef du département Communication à l’Office National du Tourisme présent au Festival des villes anciennes (ONT) est convaincu que pour impulser le tourisme en proie aujourd’hui à des difficultés, il faut que l’Etat s’y mette en prenant à bras-le-corps ce secteur comme il a été fait dans certains pays du Maghreb.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitti, pour Cridem

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 16:09

Bibliotheques-de-Chinguitty.JPGA Chinguitty, le terrorisme a considérablement donné un coup de frein aux bibliothèques. En ce mois de février, cette ville vit au rythme de la première édition du Festival des villes anciennes dont l’objectif est, entre autres, de favoriser la réalisation d’activités socio-économiques visant l’amélioration des conditions de vie des populations de ces villes. Au nombre d’une trentaine, les bibliothèques de Chinguitty semblent sortir la tête de l’eau mais difficilement.

 

"Il y’avait beaucoup de touristes qui venaient de la France, de l’Italie, de l’Espagne pour visiter nos bibliothèques. Mais, depuis l’assassinat des quatre touristes français près d’Aleg, il n’y a plus de touristes. Les visiteurs se font de plus en plus rares", affirme Mohamed Lemine Ould Ghoulam, conservateur de la Bibliothèque Sidi Mohamed Ould Habot.

 

Résultat, les activités des bibliothèques ont fortement baissé affectant ainsi le secteur touristique dans la ville de Chinguitty qui ne vivait que de l’activité touristique. Et le Festival des villes anciennes n’a pas véritablement changé la situation des bibliothèques qui commencent à payer les conséquences du terrorisme.

 

En plus de cette baisse d’activités, les bibliothèques de Chinguitty doivent faire aussi au manque de suivi, d’entretien mais surtout à la déperdition et à la destruction de la plupart des manuscrits. La plupart d’entre elles, faute de subventions, sont presque abandonnées aux termites et à la pluie. Seules les bibliothèques de Moulaye M’Hammed Ould Ahmed Chérif (1325 manuscrits), Sidi Mohamed Oud Habot (1128 manuscrits) et celle d’Ahmed Mahmoud (664 manuscrits) ont bénéficié du Projet Sauvegarde et Valorisation du Patrimoine Culturel Mauritanien mis en place en 2003 financé par la Banque Mondiale.

 

Babacar Baye Ndiaye, depuis Chinguitty, pour Cridem

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 22:46

Dia-Oga--l-hymne-a-l-ouverture-et-au-metissage.JPGDepuis les évènements de 1989, sous le régime de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, la cohabitation communautaire a pris un sérieux coup de frein en Mauritanie. Les conséquences de cet épisode dans l’histoire et la vie de la nation mauritanienne n’ont pas ménagé les mauritaniens, la paix civile, la stabilité sociale et l’unité du pays.

 

Vingt ans après, la Mauritanie est toujours sous les eaux de la délimitation, de l’incertitude et de la condamnation. Mais, aujourd’hui, la jeunesse mauritanienne semble ne plus vouloir continuer à porter ce lord héritage et montre qu’elle n’est pas insensible aux questions identitaires.

 

Cette jeunesse veut s’affirmer, mener le combat contre le fossé qui existe aujourd’hui entre les différentes communautés de la Mauritanie, recoller les fissures du mûr, inciter au retour à la réconciliation nationale et refuser tout conformisme et repli identitaire qui ont grippé la machine de la cohabitation communautaire. Et, pour réussir le pari, elle a choisi l’expression théâtrale.

 

Cette semaine est celle du Festival National du Théâtre Scolaire qui a eu lieu du 19 au 26 janvier 2011. Ce 24 janvier, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, les élèves du lycée de Sebkha ont fait leur apparition sur les planches.

 

Mis en scène par Daouda Kane, leur spectacle restitue la difficile cohabitation, à travers les déboires de ménage d’un jeune, qui existe aujourd’hui en Mauritanie entre les communautés et dégage une piste de réflexion : la nécessité de vivre ensemble et parler ou de maîtriser toutes les langues nationales du pays.

 

Un jouissif spectacle où Daouda Kane présente et met en scène une problématique plus qu’actuelle interprétée par des élèves du lycée de Sebkha qui compétit pour le prix du meilleur spectacle au Festival National de Théâtre Scolaire.

 

Le spectacle met en lumière Dia Ogo un jeune qui veut enterrer sa vie de célibataire. Il décide alors de se marier. D’abord à une Peule. C’est la désillusion aussitôt. Puis, ce jeune qui parle à merveille toutes les langues nationales du pays comme il en existe rarement se remarie tour à tour et sans succès avec une Wolof, une Mauresse et enfin avec une Soninké. Mais, le destin, comme il sait souvent le faire, fait croiser son chemin à celui d’une épouse parfaite. Ce spectacle, qui est un véritable hymne à l’ouverture, à l’amour et au métissage, revendique une Mauritanie qui assume sa diversité et sa richesse culturelle.

 

"Les élèves du lycée de Sebkha ont fait une belle prestation. La pertinence de leur sujet m’a beaucoup impressionnée. A travers ce spectacle, toutes les communautés de la Mauritanie ont été représentées. Nous sommes très fiers de nos élèves qui ont d’énormes efforts. On sent la nécessité de parler toutes les langues nationales", confie Ndiaye Samba Souleymane, surveillant général au lycée de Sebkha, à la fin du spectacle.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 20:33

Taki-O.-Abdel-Haye.JPGDepuis le 19 janvier 2011, le Festival National de Théâtre Scolaire bat son plein. Toutes les après-midi, la salle de spectacles de l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott est prise d’assaut par une nuée d’écoliers, de collégiens et de lycéens venus des 9 moughataas de Nouakchott pour supporter les jeunes comédiens de leurs établissements.

 

Dans les loges, le metteur en scène et directeur technique de la 1re édition du Festival National de Théâtre Scolaire Taki Ould Abdel Haye et ses collègues de la commission supérieure chargée de l’organisation de ce festival se prélassent, après avoir tenu une réunion à huis clos.

 

Ils dégagent un optimisme béat et semblent heureux que le théâtre revienne en force sur les planches. "Le théâtre en Mauritanie, il est toujours en régression. Il n’y a pas un rythme graduel. Nous avons décidé de partir à nouveau sur des bases solides pour fonder un théâtre à l’image du reste du monde", explique Taki Ould Abdel Haye.

 

Outre son caractère compétitif, le Festival National de Théâtre Scolaire a un côté pédagogique qui est celui d’"encadrer et de mettre sur les rails" les jeunes pour les éloigner de l’atmosphère plombée de la délinquance juvénile, de l’intégrisme, du désespoir. "Ce fut de véritables moments de joie, de gaieté, d’échanges entre les jeunes", déclare Taki Ould Abdel Haye.

 

La commission supérieure chargée de l’organisation du Festival National de Théâtre Scolaire ne compte pas s’arrêter là. Elle envisage, dorénavant, de créer, chaque année, des journées théâtrales dans la ville de Nouakchott. L’objectif : regrouper tous les amateurs de théâtre, les encadrer, les former en vue de créer une troupe nationale de théâtre en Mauritanie.

 

La 1re édition du Festival National de Théâtre Scolaire a suscité une certaine ferveur et un engouement auprès du public mais aussi permis de découvrir un échantillon de talents. Pour Bouna Ould Maeda, le président de l’Union des Comédiens de Mauritanie, le niveau est déjà encourageant.

 

"Nous avons pu découvrir des talents lors des spectacles. Cela nous donne de l’espoir qu’il peut y avoir une relève. Nous avons vu des spectacles de très haute facture. On a été surpris par les spectacles qui ont été amusants. Les élèves sont sortis du cadre du brouhaha qu’on a l’habitude de voir. L’espoir que nous avons sur cette compétition, nous sommes en train de le voir", confie Bouna Ould Maeda, président de l’Union des Comédiens de Mauritanie.

 

La 1re édition du Festival National de Théâtre Scolaire a pris fin ce 26 janvier, à l’après-midi, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Ainsi, le prix du meilleur comédien a été remporté par Khalidou Abdallahi Sow du lycée de Sebkha, le prix de la meilleure comédienne par Jémila Mint Mohamed Ahmed du Collège des Jeunes Filles de Nouakchott, le prix du meilleur texte par le Lycée de Tévragh-Zéina, le prix du meilleur spectacle par le Lycée d’Arafat II et enfin le prix de la meilleure mise en scène, scénographie et costumes par Wane Souleymane du Lycée d’El Mina.

 

La commission supérieure chargée de l’organisation du Festival National du Théâtre Scolaire n’a pas voulu jouer aux policiers pour éviter de bloquer la créativité des élèves. Néanmoins, "nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas, dans la préparation de l’écriture des textes, de contradiction avec la morale et les valeurs islamiques", a précisé Taki Ould Abdel Haye.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem                                         

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 17:34

Fargass-Assande.jpgLe théâtre comme cheval de bataille. Dans sa pièce de théâtre, "La mémoire assiégée" qu’il a présentée, ce mercredi 13 octobre 2010, au Centre Culturel Français de Nouakchott, l’ivoirien Fargass Assandé s’élève contre le despotisme, la dictature, les injustices sociales, les violences électorales, la haine, les mensonges de la classe politique africaine, la cherté de la vie, la misère, la pauvreté…

 

Cette pièce de théâtre est marquée par l’oppression et la frustration. Il se sert de l’humour pour tourner en dérision ceux qui incarnent le pouvoir en Afrique ainsi que les forces armées. Chez lui, la justice et la démocratie ne sont pas de vains mots.

 

La rhétorique de la mise en garde, Fargass Assandé s’y connaît parfaitement. "Le marteau, très souvent, retombe sur les orteils du plus habile charpentier", dit-il. Fargass Assandé est une "pétale de la liberté" comme il l’aime à le revendiquer. Dans son spectacle, "La mémoire assiégée", il replonge le spectateur dans une situation de guerre dans un pays anonyme.

 

Une œuvre prémonitoire

 

La pièce de théâtre, "La mémoire assiégée", a été écrite en 1998. Juste, une année, avant le renversement de Henri Konan Bedié. Cette œuvre s’inspire de la situation de guerre qui a prévalu au Libéria, en Sierra Léone, au Congo, au Rwanda…des pays qui ont sombré dans le chaos. En écrivant cette pièce de théâtre, Fargass Assandé ne s’imaginait même pas que son pays, la Côte d’Ivoire, allait connaître le même destin que ces pays-là. Ainsi, à travers cette pièce de théâtre, il veut montrer que nul n’est épargné par les soubresauts de la vie. Et c’est là où réside tout l’intérêt de cette œuvre qui parle à toute l’humanité entière.

 

"Les germes qui créent le bordel dans les Etats africains sont identiques d’un pays à un autre. C’est les hommes qui changent mais le mécanisme est le même : comment est-ce qu’on peut opposer les membres d’une même communauté ? Comment peut-on envenimer les rapports entre eux ? Comment peut-on les pousser à saturation pour qu’ils se tapent dessus ?...", explique-t-il.

 

"C’est nous qui fabriquons nos propres dictateurs"

 

Porte-parole des mondes perdus, Fargass Assandé partage, dans cette œuvre d’anticipation, ses angoisses, ses inquiétudes et ses interrogations. Et, au passage, il n’épargne pas les hommes politiques. "Tous les hommes politiques, blancs, noirs, jaunes sont à la base des misères de la planète. Il n’y en a pas un seul, de l’Afrique en Asie, de l’Asie en Europe, de l’Europe aux Amériques, qui est, pour moi, un exemple, qui est exempt de reproches. Même le plus intelligent, lorsqu’il accède au pouvoir, il perd tout contrôle", dit-il.

 

Dans cet enchevêtrement de culpabilisation, le peuple à qui il reproche son manque de sursaut n’est pas non plus épargné. "Nous sommes les auteurs de tous nos dictateurs, rappelle Fargass Assandé. Ils ne tombent pas du ciel et Dieu ne fabrique pas non plus des dictateurs. C’est nous qui fabriquons nos propres dictateurs. Chaque peuple a le chef qu’il mérite".

 

La Côte d’Ivoire, où il est né en 1962, s’est engagé dans un processus de retour à la paix et à la réconciliation nationale. Mais, Fargass Assandé se refuse à tout optimisme béant. "Je veux espérer mais en même temps en voulant espérer j’ai peur. Car, comme dans beaucoup de pays, la même erreur se commet : le règlement des litiges se passe entre personnalités politiques, entre colonisateurs, entre tous ceux qui, en réalité, n’ont pas perdu aucun parent dans l’histoire. On oublie les populations qui ont subi des pertes en vies humaines, qui ont eu leurs biens saccagés et qui n’ont plus de vie", confie Fargass Assandé.

 

La pièce de théâtre, "La mémoire assiégée", se veut ainsi un message de concorde, de paix, de réalisme à l’endroit de toute la jeunesse du monde entier en faveur d’un "monde métissé" mais aussi un appel destiné à lutter contre l’oubli.

 

Babacar Baye Ndiaye

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