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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 19:48

T2A la Xe édition du Festival International de la Dramaturgie Contemporaine qui se déroulera au Piccolo Teatro de Milan, en Italie, au Théâtre de l’Europe, du 21 au 26 septembre 2010, la Compagnie Théâtre Nomade jouera "La Légende de Wagadu vue par Sia Yatabéré" de Moussa Diagana.

 

"Notre intérêt envers ce spectacle est lié au prestige de l’auteur, Moussa Diagana qui, à notre connaissance, est non seulement un dramaturge de grande valeur, mais aussi un profond connaisseur de la société contemporaine et un intellectuel de portée internationale.

 

La présence et al contribution artistique de la Compagnie Théâtre Nomade auraient aussi le grand mérite de diffuser la culture et les traditions de la Mauritanie, un pays très peu connu par nous, à travers le théâtre", a expliqué Angela Lucrezia Calicchio, directeur du Festival International de la Dramaturgie Contemporaine.

 

Pour cette année-ci, l’édition de ce Festival sera consacrée aux pays de l’Afrique du nord à savoir l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. "La Légende de Wagadu vue par Sia Yatabéré" de Moussa Diagana raconte la défaite de l’empire du Ghana contre les Almoravides musulmans et la destruction de sa capitale, Koumbi Saleh. A la suite de cette débouclée, les Soninké (fondateurs de l’empire du Ghana) émigrèrent avec à leur tête un homme appelé Din’ga.

 

Ils trouvèrent refuge chez le Wagadu-Bida, immense serpent noir à sept têtes, appelé aussi Dieu-Serpent. Il permit à Din’ga et à son peuple de d’installer à condition de recevoir d’eux une offrande d’une jeune et belle vierge de sang noble.

 

Ils acceptèrent le pacte. Ainsi, le Bida faisait pleuvoir chaque année et les habitants ramassaient l’or tombé de la pluie. Les Soninké appelèrent ce pays Wagadu et le Bida y était vénéré comme un dieu par les prêtres, gardiens de la forêt sacrée. Tout se déroulait paisiblement jusqu’au jour où, une jeune fille, Sia Yatabéré, fut choisie pour être sacrifiée au Dieu-Serpent.

 

Babacar Baye NDIAYE

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 19:51

61daouda[1]Le week-end dernier, à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara, la Compagnie théâtrale Vents de Sable de Daouda KANE en plus des comédiens de Kiraye Fanaye, de l’Association Eveil et Développement et de Théâtre Nomade a présenté "Aimez puisque je le veux", une comédie inspirée de la pièce de théâtre " Dormez, je le veux !" de Georges FEYDEAU.

 

Dans "Dormez, je le veux !", Justin, le valet de Boriquet, possède des dons d'hypnotiseur. Il en profite pour faire effectuer son service par son propre maître, qui ne comprend pas pourquoi il se sent si fatigué. Or, Boriquet souhaite épouser Émilienne, la fille du docteur Valencourt.

 

Justin, qui veut empêcher ce mariage, persuade Boriquet qu'il est un singe. Il parvient même à suggérer la sœur de Boriquet qu'elle est une danseuse espagnole. Scandale! Cependant, Valencourt, qui a d'abord rompu les fiançailles, est pris par le doute et découvre la fourberie de Justin. Il hypnotise lui même Justin et le fait avouer devant ses maîtres.

 

Ici, Justin, le valet de Boriquet, est remplacé par un charlatan. "Au lieu de jouer la pièce de théâtre de Georges Feydeau que le public mauritanien ne connait pas, on a préféré l’adapter aux réalités mauritaniennes", explique Daouda Kane.

 

Aujourd’hui, les gens sont si désespérés qu’ils sont prêts à faire tout même à vendre leur âme au Diable. Ainsi, le spectacle "Aimez puisque je le veux !" est avant tout une mise en garde, un spectacle qui invite à la prudence et à ne pas tomber dans la naïveté et la facilité. Et, loin d’être une attaque déguisée contre les charlatans, cette pièce de théâtre a offert au public, sur un fond musical de Papis Koné alias Maxi P., une bonne heure de dégourdissement moral et spirituel.

 

"Je me suis bien marré. Un très beau spectacle avec de drôles comédiens. Cette pièce de théâtre est très instructive. J’ai beaucoup adoré la mise en scène dans un décor très sobre. J’ai beaucoup ri. Et, cela montre que nous avons d’extraordinaires comédiens. Ce qui leur fait défaut, c’est d’être soutenus", confie un spectateur à la fin du spectacle.

 

Artistes : Daouda Kane, Diéma N'Diaye, Aida N'Diaye, Mohamed Issa, Moustapha Meity, Alpha Ba, Sada Ba, Yasmine Diallo, Aminata Thiaw et Khalilou Diagana

Metteur en scène : Delphine Nolin.

 

Babacar Baye NDIAYE

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 19:04

Reve-de-France.jpgEcrit par Papa Samba Sow, la pièce de théâtre "Rêve de France" est un spectacle qui porte sur l’émigration clandestine. Le personnage est ici incarné par Zoumba, un sénégalais ordinaire, un africain qui rêve légitimement d’émigrer en France, symbole de l’opulence et de la vie facile. Il est en cela influencé par l’histoire et le dynamisme des relations France-Afrique. Mais, il est aussi tiraillé par un conflit intérieur : ses racines surtout familiales le retiennent tandis que la faim et la pauvreté l’astreignent à partir.

 

Rêve de France qui a été présenté ce 26 mai 2010 au Centre Culturel Français de Nouakchott Antoine de Saint-Exupéry est une réponse aux mirages de l’Eldorado à travers laquelle Papa Samba Sow veut sensibiliser la jeunesse africaine sur les contraintes et désillusions de l’émigration clandestine.

 

Ce spectacle est composé en trois actes. "Au départ, c’est l’africain qui a faim, qui souffre qui, malgré tout, cherchera à rester parce que, pour lui, la première option demeure de rester et de travailler. Mais, la faim, la souffrance et d’autres problèmes font qu’il se résout à partir. Toutefois, l’arrivée en Europe ne se passe pas toujours comme prévu et là, il y’a beaucoup d’anecdotes, d’histoires drôles pour vraiment relater tout cela : essayer d’installer le cadre européen pour nous, africains. Et, après la désillusion, il faudra revenir", explique Papa Samba Sow soulignant au passage que "Rêve de France" est également une pièce de théâtre en hommage à la poésie de la négritude incarnée par deux figures de proue à savoir Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.

 

"Je vois tous les jours, des pirogues qui s’en vont"

 

La problématique de l’émigration clandestine est un sujet que Papa Samba Sow connait assez bien puisqu’il vient de la ville de Saint-Louis du Sénégal où il est d’ailleurs professeur de Lettres. Il révèle d’ailleurs qu’il est un témoin privilégié du départ des pirogues qui prennent le large en destination de l’Europe.

 

"Mon école se trouve dans un quartier réputé être le principal point de départ par excellence des pirogues de l’émigration clandestine. Même si, je n’ai jamais été tenté par cette aventure, je sais de quoi parle", confie-t-il.

 

Rêve de France écrit en 2009 a beaucoup tourné un partout en France, au Sénégal, en Hollande et au Maroc et a valu à son auteur d’être mieux connu. Cette pièce théâtrale est une de plus sur l’émigration clandestine. Et pour ce faire, Papa Samba Sow, pour écrire cette pièce, a fait des recherches très poussées dans ce sens.

 

"Quand j’écris une pièce, je suis obligé de faire de la prospection. Je suis obligé d’enquêter, d’aller à la rencontre des gens. On ne peut pas écrire sur le ndeup (cérémonie d’exorcisation) par exemple sans aller à Rufisque(Sénégal). On ne peut pas écrire sur la circoncision dans le Walo sans aller à Dagana. Je ne peux pas écrire sur les maures sans venir en Mauritanie. Je suis sûr et certain que mon séjour et mon passage à Nouakchott me vaudront des idées de spectacles", explique l’auteur des "Les Anges blessés".

 

"Tout n’est pas rose là-bas"

 

La pièce de théâtre "Rêve de France" est une pièce destinée, comme l’indique son auteur, aux africains qui sont dans les zones littorales et qui émigrent, malheureusement, par méconnaissance. Dans cette pièce, Papa Samba Sow cherche à proposer un autre regard sur la coopération entre la France et l’Afrique. Mais, surtout, une manière d’attirer l’attention de la jeunesse africaine sur les désillusions de l’émigration clandestine. "Les défauts sont partagés. Tout n’est pas rose ici. Mais, tout n’est pas rose là-bas non plus", éclaire-t-il.

 

A l’antipode de ce phénomène qu’est l’émigration clandestine dont souffre l’Afrique, il y’a la fuite des cerveaux. "Hélas, c’est comme ça ! dit-il en soupirant. Quand on dit fuite des cerveaux, ce n’est pas seulement la tête. C’est aussi les jambes. On nous prend nos meilleurs footballeurs et nos meilleurs athlètes. On nous prend ceux qui, normalement, doivent développer l’Afrique", s’indigne le fils de l’écrivaine Amina Sow Mbaye.

 

Pour autant, il n’a pas manqué de faire jaillir de ses lèvres un suc d’optimisme. "L’Afrique est actuellement en phase de retour vraiment. Pendant, longtemps, comme tout le monde, on a été un peu pessimistes. Aujourd’hui, les africains reviennent à leur terre et même ceux qui étaient partis prennent conscience de l’authenticité et de la grande valeur à s’attacher à leur terre", enseigne-t-il.

 

Au-delà de "Rêve de France", Papa Samba Sow part à la déconstruction du socle de l’émigration clandestine qu’il considère comme un suicide social et dont le seul remède pour lui est de rester au pays et de travailler. "S’il y’a maintenant l’opportunité de partir, qu’elle soit utile à nos pays. Il faut essayer de servir nos pays d’abord que de chercher surtout à aller à l’aventure. C’est un suicide social que nous sommes en train d’organiser en fermant les yeux sur l’émigration clandestin de la jeunesse africaine", lâche-t-il accusant les gouvernements africains d’être complices. "Ce qui doit être fait n’est pas toujours bien fait à la lettre", regrette-t-il.

 

Dans le flot de la thématique de l’émigration clandestine, Papa Samba Sow vient d’écrire une autre pièce de théâtre "Superstition" qui est un prolongement de "Rêve de France" et promet déjà de revenir en Mauritanie pour l’y jouer.

 

Babacar Baye NDIAYE

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 17:52

Comme un printemps, la deuxième édition de la Nuit du Rire qui a eu lieu le 27 mars dernier a tenu toutes ses promesses. Dans la salle de la nouvelle Maison des jeunes, plus de trois cent personnes patientaient, malgré une chaleur étouffante. Ce soir-là, il y avait une belle brochette de groupes de théâtre, tous venus de l’Ecole Diam Ly, du lycée d’El Mina, de l’Ecole Koumballi y compris de compagnies comme Vents de Sable, Théâtre Nomade, Intihad El Hindi…

 

Il est plus de 20 heures. Apparaît Dj Paco qui annonce la programmation de la soirée. Après un hommage rendu à Pape Ablaye Sèye, comédien mauritanien décédé à la fleur de l’âge en 2005, place maintenant au rire. Surgit de nulle part, Daouda Kane, le maitre des canulars et organisateur de la Nuit du Rire. Attitudes et démarches clownesques, son apparition devant le public, composé majoritairement de jeunes, provoquera un flot de rire. C’est le délire total. "Le rire est bon", lance-t-il.

 

La soirée promet d’être chaude. Un à un, les groupes de théâtre se succèdent sur les planches, les rires du public bourdonnent dans la salle et les comédiens en rajoutent : "Si j’attrape mon fils, il va chier du goudron", "Quand on a peur de Dieu, il faut avoir peur du lion", "Dans la vie, si vous n’étudiez pas, vous n’êtes rien", "Hamza macaroni Famo (comprenez par-là Ahmed Ould Hamza"…

 

A la fin de la soirée, les commentaires sont presqu’unanimes. Les appréciations affluent de partout. Daouda Kane, le maître des canulars, suscite des réactions et de l’enthousiasme teintés de sincérité.

"C’est un jeune qui a beaucoup de volonté et de l’abnégation. Cette année, il a récidivé dans le bons sens nonobstant un environnement qui n’encourage pas les activités culturelles. Ceci est d’autant plus vrai que les hommes de théâtre sont considérés comme des personnes peu sérieuses et auxquelles il ne faut pas faire confiance", témoigne Fara Ba, directeur des études de l’Ecole Koumballi.

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"Cette soirée du rire est une excellente chose", dit l'écrivain et homme de culture Bios Diallo. "Je pense que Daouda Kane gagnerait beaucoup à être soutenu. C'est non seulement un bon comédien qui vit son art tel qu'il le présente, mais aussi un artiste plein d'idées. C'est quelqu'un qui est en perpétuelle création", poursuit le conseiller au Ministère de la Culture, de la jeunesse et des sports.

 

"J’ai découvert que parmi les élèves, il y en avait certains d’entre eux qui dégageaient l’élan de comédien", confie Abdou Yam, directeur du lycée d’El Mina. "Chacun a un don. Il y aura des gens qui ne réussiront pas dans les études mais qui pourront réussir peut-être dans d’autres domaines comme le théâtre, la peinture, la musique. Il faut que l’Etat participe au développement de ses activités et réfléchir sur comment les introduire dans notre système éducatif", a-t-il soutenu.

 

"Si l’édition de 2009 n’a pas été une réussite, celle de 2010 l’est. La Culture et les Arts sont inexistants dans l’école mauritanienne où l’on croit que s’adonner à de telles activités est une perte de temps. Ce genre de manifestations va amener les enfants, les parents d’élèves et les enseignants à reconsidérer l’activité théâtrale, artistique et culturelle", relève Ly Djibril, directeur de l’Ecole Diamly.

 

Qu’il s’agisse du lycée d’El Mina, de l’Ecole Diamly et de Koumballi, le théâtre scolaire est, aujourd’hui, au cœur de leurs préoccupations afin de permettre aux enfants d’affirmer leur personnalité, de se performer sur le plan linguistique, des idées mais surtout d’oser prendre la parole devant n’importe quelle circonstance.

Le temps d’une soirée, Daouda Kane et Vents de Sable ont ressuscité le théâtre mauritanien en proposant un spectacle inédit où apprentis comédiens et professionnels se sont réunis la main dans la main pour le théâtre mauritanien dans toute sa diversité d’expression.

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"Le théâtre est un puissant moyen d’information et de formation. Il faut que l’Etat mauritanien s’intéresse davantage à ce secteur et encourager financièrement et moralement tous les acteurs pour se développer", plaide Fara Bâ.

 

Cette initiative a été soutenue par la Communauté Urbaine de Nouakchott, le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, le Centre Culturel Français de Nouakchott et l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

 

"A chaque fois que Daouda Kane s'adresse à vous, c'est qu'il est sur quelque chose. Constamment curieux, constamment sur le travail. Quand une idée lui échappe, il n'hésite pas à étendre ces questions sur tous ceux qui peuvent lui être utile. Et ça, c'est rare. Voilà pourquoi je dis qu'il mérite d'être soutenu et accompagné. En cela, je garde l'intime conviction que si on l'aide, il est capable de faire des merveilles. Cette nuit du rire, il fallait y penser en Mauritanie!", conclut Bios Diallo.

 

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 23:30

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La Compagnie Théâtre Nomade a, dans le cadre de la semaine de la Francophonie, présenté le19 mars dernier, à la salle des spectacles du Centre Culturel Français de Nouakchott, "Mosaïque Poétique". Ce spectacle met en exergue des auteurs, des comédiens et des poètes qui récitent et mettent en scène l’héritage poétique de la Mauritanie dans les cinq langues que se partagent ses habitants à savoir le Hassaniya, le Poular, le Wolof, le Soninké et le Français.

 

A travers la poésie qui est un art, un mode d’expression et de transmission de la culture, Théâtre nomade a fait découvrir au public des textes écrits par des mauritaniens ou par des étrangers mais en rapport avec la Mauritanie.

 

Derrière ces textes, on retrouve d’illustres auteurs comme par exemple Habib Ould Mahfoudh, Djibril Sall, Aimé Césaire et Blaise Pascal. Mais aussi des auteurs dans nos différentes langues nationales. Parmi ceux-ci, on peut citer Mohamed Ould Idoumou (Hassaniya), Abou Borom Ba, Abou Sy dit Wellé, Mamasy dit l’Américain, Demba Sarr (Poular), Maodo Guèye (Wolof), Tahoré Diaby et Ibrahima Galédou (Soninké).

 

Dans ces textes bien élaborés et empreints de réalisme, on y retrouve des leçons de moralité mais surtout des messages d’actualités comme le phénomène du terrorisme. "Au-delà des clivages socio-politiques, nous devons défendre la Mauritanie dans ce qu’elle a de plus cher à savoir sa nation et son unité dans la diversité", affirme Wane Abdoul Aziz, directeur artistique de Théâtre nomade.

 

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Parmi les thèmes, on peut retrouver la définition de la poésie. Autre thème abordé à cette soirée poétique, c’est celui de Gorée qui a trait à l’esclavage et à la liberté. Symbolique, ce thème concerne toute l’Afrique. "Quand on parle de Gorée, on parle de l’Histoire. Mais, c’est aussi une façon de se remémorer de l’histoire de l’esclavage. Quand on parle de Gorée, c’est l’histoire de l’Afrique, c’est la liberté", indique Wane Abdoul Aziz.

 

Le choix du thème sur la liberté n’est pas fortuit. Pour le directeur artistique de Théâtre nomade, ce thème a été choisi en corrélation avec la célébration en perspective du cinquantenaire de la libération de beaucoup de pays africains dont la Mauritanie.

 

"C’est une manière pour nous de participer à cette commémoration, de donner notre avis mais aussi de contribuer à cette vague de prises de position par rapport à l’ouverture à l’autre, à l’unité nationale, au refus d’un certain nombre de choses comme le terrorisme que nous ne connaissions pas il y’a cinquante ans", explique toujours Wane Abdoul Aziz.

 

Dans un contexte marqué par le débat sur l’arabité de la Mauritanie, Wane Abdoul Aziz a voulu plaider, à travers le spectacle Mosaïque Poétique, en faveur de nos différentes langues nationales afin qu’elles deviennent des langues d’ouverture de la Mauritanie et soient acceptées au même titre que l’arabe et le français, deux langues qui ont influencé fortement la vie et l’histoire du pays.


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Choisir plusieurs thèmes dans plusieurs langues mais également faire passer le message dans plusieurs domaines, c’était cela aussi l’esprit de Mosaïque Poétique. "Si on impose la poésie mauritanienne dans une seule langue, on risque d’étouffer notre culture et ce sera dommage", prévient Wane Abdoul Aziz.

Le Théâtre nomade était accompagné sur scène par le groupe Walfadjiri de Nouakchott avec l’appui des comédiens de la troupe de théâtre "Dialoudé Diam". Cette soirée poétique, du reste très appréciée par le public, s’est déroulée sans la présence d’un représentant du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports.

 

"On ne demande pas des sous. On demande juste de la reconnaissance", adresse Wane Abdoul Aziz aux pouvoirs publics à qui il a appelé d’aider les jeunes artistes mauritaniens qui manquent d’espace de liberté et d’expression, de formation et surtout d’opportunités pour exercer leur métier.


 

Babacar Baye NDIAYE

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 00:13
 
                     Daouda Kane-copie-1
Chaque 27 mars, on célèbre la Journée Mondiale du Théâtre. Á cet effet, la compagnie théâtrale "Vents de Sable" qui œuvre pour la promotion du Théâtre en Mauritanie a présenté un spectacle inédit, unique en son genre à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

Comme partout ailleurs, la Mauritanie a célébré cette journée. Sauf qu’elle est passée presque inaperçue dans notre pays. Et, c’est dommage qu’il en soit ainsi ! Cela démontre tout simplement, encore une fois, tout le mépris, l’insouciance et le peu d’intérêt qu’on accorde à tout ce qui touche à l’art.

Dans tout Nouakchott, il n’y a que l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara, un des rares espaces d’expression des arts appartenant à des mauritaniens, qui avait abrité un plateau inédit monté en partenariat avec Daouada Kane et la participation de l’Association des Filles Étudiantes de Mauritanie (AFEM).

Cette association, l’Afem, est née pour promouvoir l’égalité des chances entre les garçons et les filles et œuvre, à travers un programme d’action, au plein épanouissement des filles mauritaniennes en luttant, comme par exemple, contre certaines pratiques dangereuses comme les mutilations génitales féminines.

L’Association des Filles Étudiantes de Mauritanie se veut aussi porteuse d’un message d’éveil des consciences et des mentalités. Dans ce sens, d’ailleurs, en marge de la Journée mondiale du théâtre, elle a présenté un spectacle qui traite de la question de l’absence de prise de conscience chez la plupart des jeunes filles étudiantes.

Aux antipodes de celles-là trompées souvent par les mirages de la ville, il y a –heureusement- celles qui sont courageuses et engagées. Ce spectacle, à la fois réaliste et sobre, lève un coin du voile sur le degré de perception mentale de ces filles là obnubilées par les mondanités de la vie, les sorties entre copains et copines, les soirées de Dj Édouardo…

Ces filles, dans le spectacle, sont représentées par Adama, un exemple typique de la fille mondaine. Leur naïveté résume parfaitement leur état d’esprit. Tout traverse leur esprit sauf l’ambition. Donc, pas de perspectives ! "On n’est pas là pour les études. On est là pour s’amuser", s’écrie Adama, dans le sketch. Sa fin sera, hélas, pitoyable puisqu’elle va sombrer dans l’échec universitaire. Pendant ce temps-là, son antipode, Hawa, récompensée par son effort, jubile de joie. Hawa, elle, tout le contraire de Adama, est une fille studieuse, circonscrite, qui ne croit qu’à ses études auxquelles elle tient beaucoup comme à la prunelle de ses yeux. Bonne étudiante consciente de son avenir, elle rafle toutes les bonnes notes en classe…

Après ce spectacle, les comédiennes en herbe de l’Afem cédèrent la place à Daouda Kane. Toujours égal à lui-même, Daddy n’a pas, une fois encore, laissé personne indifférente. Les éclats de rire fusaient de partout dans la salle. Ses montées sur scène sont toujours rafraîchissantes et bien appréciées du public ! Il est tellement étrange sur scène qu’on le croirait presque venu d’une autre planète. Pour ce nouveau spectacle, tous les sujets d’actualités ou presque, souvent inspirées d’histoires réelles, y étaient évoqués : la perception du terrorisme chez les occidentaux, la politique, la cherté des consultations à l’Hôpital…Il s’est même permis de se gausser drôlement des journalistes !

Pendant presqu’un tour d’horloge, Daouda Kane nous a fait pleurer de joie, de plaisir comme lui, seul, sait le faire. Tout ce qui manquait, pour l’immortaliser, c’était juste des caméras.

Dans le public, il y avait un certain Abderrahmane Ould Salem, directeur de la Maison des Cinéastes. Lui aussi, comme le reste de l’assistance, il est tombé sous le charme de la prouesse théâtrale de Daouda Kane qui a démontré, avec ce spectacle, qu’il méritait bien le nom de "Maître des canulars". "J’ai été agréablement surpris du spectacle de Daouda Kane, confie-t-il. C’est une création théâtrale individuelle pleine d’émotions et de petits détails de notre vie quotidienne. C’est aussi une création riche d’expériences et de complicités de la vie sociale des jeunes, des filles, des femmes, des hommes, des mariés, de la rue…Franchement, bravo à Daouda !"

La Maison des Cinéastes travaille avec Daouda Kane dans le cadre d’un programme cinématographique qui porte le nom de "Ciné majuscules". "C’est un très grand ami de la Maison des Cinéastes. On travaille ensemble tout le temps", révèle Abderrahmane Ould Salem.

Comme pour reprendre son expression, il nous avait vraiment mis sous son pied après le spectacle. Tout le monde a aimé !

Babacar Baye Ndiaye
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 20:41

La deuxième édition du spectacle "Mosaïque Poétique", organisée en marge de la Fête de la Francophonie, se déroulera le 19 mars prochain, au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott, a annoncé le directeur artistique de la Compagnie Théâtre Nomade qui a conçu et réalisé cet évènement.

 

Le programme du spectacle "Mosaïque Poétique" prévoit, vendredi 19 mars, à partir de 21h, une prestation de poèmes dont les thèmes abordés peuvent être romantiques, satiriques, humoristiques, …dans les différentes langues nationales du pays, une présentation d’auteurs ayant écrit sur la Mauritanie.

 

Il est également prévu une séance de déclamation des textes sélectionnés qui seront lus par des comédiens confirmés et en herbes qui vont essayer de représenter sur scène les messages soulevés par les poèmes. Les orateurs et les comédiens seront accompagnés par des musiciens et des chanteurs en composant des sonorités ou chantant des voix concordantes.

 

Le spectacle "Mosaïque Poétique" dont la première édition avait eu lieu le 13 décembre 2001 vise d’une part "à identifier et à mettre en valeur les initiatives du développement créatif ainsi que les projets qui misent sur les contributions des arts, du patrimoine et de la culture à la revitalisation des communautés" et d’autre part à "créer une dynamique nouvelle en favorisant par des actions concrètes le développement de la création et de la pratique artistique à l’effet de préparer un environnement propice pour que le spectacle de théâtre soit dans la rue c'est-à-dire être popularisé à travers les places publiques, dans les lycées, les universités, les instituts et autres espaces accessibles".

 

Ce spectacle organisé en partenariat avec le Centre Culturel Français de Nouakchott a pour sponsor officiel l’opérateur téléphonique Chinguittel. Ainsi, les organisateurs veulent renouer avec le succès remporté lors de la première édition de 2001.

 

"Le but n’est pas de mettre en compétition les auteurs et les artistes, mais simplement, de s’appuyer sur la diversité culturelle qui installe un contexte social marqué par le multilinguisme pour créer un espace de rencontres, de dialogues et d’échanges entre les communautés dans un esprit de convivialité", déclare Wane Abdel Aziz, directeur artistique de la Compagnie Théâtre Nomade.

 

Cette compagnie est créée en 1992 par un groupe de jeunes mauritaniens passionnés de théâtre et compte aujourd’hui une vingtaine de membres artistes comédiens animés par un directeur artistique qui en est le metteur en scène en la personne Wane Abdel Aziz.

 

Il s’agit donc de permettre aux artistes et au public rassemblé de créer les meilleures conditions pour la promotion des valeurs humaines, de rapprochement et de dialogues entre les hommes et de contribuer au rayonnement du pays sur le plan culturel.

 

Les créations de cette Compagnie sont assez variées. Celle-ci puise son répertoire dans les classiques français (Marivaux, Molière…) et italiens (Goldoni), les contemporains africains et parfois des sketchs de pure inspiration mauritanienne, puisés dans l’actualité sociale et culturelle du pays. Déjà, à son actif, elle a monté, depuis sa création, plus de 24 spectacles à Nouakchott et dans les différentes alliances franco-mauritaniennes du pays.

La Compagnie Théâtre Nomade développe en outre des projets culturels et artistiques en direction des publics, organise des rencontres, accompagne des associations et des artistes.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 19:57

Après avoir connu le succès en France et joué à l’ouverture du festival international de la Francophonie à Limousin, le créateur du musée Bombana de Kokologo Athanase Kabré semble vivre sur des nuages. Ce spectacle de jeu d’acteurs et de manipulation a été joué au centre culturel français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott où il a fait escale, ce 6 novembre, dans le cadre d’une tournée africaine.

Le musée Bombana de Kokologo est un musée hors pair. Mais, vous êtes d’ores et déjà prévenu : il n’a rien à voir avec les grandes bâtisses transformées en musée. Celui-ci est un spectacle de théâtre à la fois insolite et qui fait pouffer de rire même les plus difficiles à faire apercevoir leur rictus.


Le guide de ce musée itinérant est M. Bakary interprété par Athanase Kabré, le directeur artistique de la Compagnie du fil basée à Ouagadougou au Burkina Faso. Il est tombé dans la marmite de l’art en 1987 en effectuant ses débuts dans une compagnie théâtrale dénommée le «Théâtre de la fraternité » dirigée présentement par le professeur Jean-Pierre Guingané en tant que comédien.


En 1992, il part en Istanbul en Turquie pour exercer le métier de marionnettiste, après une formation dans ce domaine à Rouen en France. De retour au pays en 1998, il crée la Compagnie du fil qui, depuis dix ans, travaille de manière spécifique sur l’art de la marionnette. En 2008, la France le découvre, dans le cadre  d’une tournée, avec son fameux musée Bombana de Kokologo. Le succès est immédiat. Depuis Athanase Kabré semble avoir trouvé sa voie. Aujourd’hui, il part à la conquête du public africain.


Le musée Bombana de Kokologo est, ce qui le rend drôle, un spectacle de rue qui se présente sous forme de musée avec un conservateur qui fait le guide en la personne de M. Bakary. C’est un spectacle qui n’a rien à voir avec la visite classique dans les musées. Dans le musée Bombana de Kokologo, on retrouve des objets divers (douche portative, pilon, couteau suisse, des postes de transistor…) qui rappellent et qui s’inspirent du quotidien de la vie des africains par le biais d’une scénographie. Des objets à partir desquels, Athanase Kabré, déguisé en guide, vêtit des histoires très cocasses.

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Du coup, le spectateur est immédiatement accroché par ce petit musée fictif, créé de toutes pièces, qui possède une panoplie d’objets uniques. A partir d’une situation ou d’une réalité, Athanase Kabré en arrive à les habiller d’une histoire pittoresque et loufoque. «On part réellement de ce que vivent les populations. On fait un délire dessus. On écrit un texte dessus pour lui donner son caractère théâtral qui fait qu’il y a un peu de dérision et de comique », explique Athanase Kabré.


Et, cela semble marcher puisque les spectateurs, venus regarder ce spectacle, ont bien apprécié. Même si parfois, certaines histoires qu’il raconte sont loin d’être des réalités de chez nous mais nous permettent néanmoins d’avoir une idée de son pays.


«Au Burkina Faso, on joue beaucoup au PMU. On mise sur des chevaux qui courent en France. Si les burkinabé sont intéressés par la course des chevaux, nous, nous leur proposons un jeu fabriqué à Kokologo. Et, là, ils pourront jouer et voir concrètement les chevaux, au lieu de miser sur des chevaux qu’ils ne voient pas», dit-il.


Mettre en dérision n’est pas uniquement le propre du théâtre. Athanase Kabré propose des alternatives à certains problèmes récurrents qui engorgent les africains mais qui peuvent marcher. Comme par exemple la douche portative que les mauritaniens pouvaient bien adopter. «Quand il y a les coupures d’eau par exemple, quelqu’un pourrait avoir l’idée de se promener avec tout le système qu’on a fabriqué et de proposer aux gens de prendre une douche», ironise-t-il.


Kokologo n’est pas un mythe. Mais  bien le nom d’un village situé à 45 km de Ouagadougou sur la RN1 sur l’axe Ouagadougou-Bobodioulasso. «C’est un village tranquille. C’est un nom que j’ai pris comme ça parce que c’est mon village, parce qu’aussi, je voulais créer des choses bizarres, un musée fictif et à travers le récit, faire en sorte qu’on imagine ce qui se passe à Kokologo», raconte Athanase Kabré.


Le musée Bombana de Kokologo est tout sauf un spectacle complaisant avec ceux qui ont la mainmise sur l’économie africaine, avec ces gens-là qui sont très carrés et qui veulent que tout le monde fasse comme eux, mais surtout un clin d’œil aux coopérants qui, parfois, croient bien faire mais ratent le coche parce qu’ils ne connaissent pas l’esprit du village.


En tout cas, ce spectacle nous a vraiment donnés l’envie d’aller visiter le village de Kokologo.

Et un conseil d’Athanase Kabré avant d’aller fouetter d’autres chats dans d’autres pays du continent: «Il ne faut pas être artiste pour être artiste. On est artiste parce qu’on a des choses à dire. Et, ces choses-là à dire, si elles n’intéressent pas le public, je ne crois pas qu’on soit en droit de s’exprimer. Et, pour que le public soit intéressé, il faut qu’on lui parle de ce qu’il veut entendre, de ce qu’il vit, qu’on lui parle de ce qui peut l’intéresser sans lui donner forcément des solutions. Mais qu’il sache que tel problème posé de telle manière peut engendrer ceci ou cela».

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 22:25

                                            
Les mauritaniens, on l’ignore peut-être, raffolent aussi du théâtre. Et pour lui redonner du lustre, Daouda Kane qui sera sans nul doute l’artiste le plus vu de ce mois de décembre (le 16, il sera au CCF), a trouvé juste : initier la «Nuit du rire» dont la première édition a eu lieu à l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara situé à la Socogim PS ce 4 décembre.

 

Ils étaient tous là et ils ont tous assuré. Yasmine Diallo, la femme tendre et élégante. Bouna Diakité, le grand cuisiner. Sophie Diallo, l’intellectuelle qui se cache derrière ses binocles. Khalilou Diagana, le fantasmagorique toujours en costume. Et, enfin, Daouda Kane, le maître des canulars et éventuel candidat à l’élection présidentielle de …2014.

La nuit est tombée sur l’Espace Diadié Tabara Camara. Il est 20h. La salle est pleine. Sur l’estrade, à part une inscription au mur en gros caractères indiquant que c’est la Nuit du rire, un pupitre et deux canettes de Hawaï transformées en micro, rien ne montre qu’il s’agit de la Nuit du rire.

 

D’un coup, surgit Dj Paco. «Votre attention, s’il vous plait », lance-t-il à l’endroit du public un peu distrait pour annoncer le début de la soirée. Les choses sérieuses commencent. Le public retient son souffle. Papis Koné, de sa guitare qui ne la quitte presque jamais, ouvre la soirée avec son morceau «Wadiour» et nous entraîne dans son univers acoustique.

 

Des sketches, de toutes les saveurs, on en a entendu ce soir-là. Tantôt, c’est les voleurs de courant qui sont attaqués au vitriol. Tantôt, c’est des piques qui sont lancées à nos administrateurs. Personne n’y échappe même nos hommes politiques.

 

Dans ces sketches, on y retrouve, avec un tantinet de sarcasme et de drôlerie, des airs d’une campagne électorale où l’on passe tout le temps à promettre ceci ou cela…sans jamais les tenir une fois élu maire, député ou Président de la République. De l’immigration clandestine à l’éducation en passant par la scolarisation des filles, les scènes de ménage, la polygamie, les travers de la société, tout est passé à la loupe. 
                             61daouda[1]
Pendant plus d’un tour d’horloge, le public, entre deux régales, ne s’est pas privé de déguster les vannes de «Vent du Sable». A la fin du spectacle, tout le monde a aimé et bien apprécié.

 

Des cris d’enthousiasme, des mots d’encouragement et de félicitation, des bravos accompagnés de salves d’applaudissement, des empoignées de main et des accolades ont fusé de partout dans la salle qui était devenue trop petite ce soir-là pour contenir tout le beau monde qui était venu admirer Daouda Kane et le Vent du Sable. Et tant pis pour ceux qui ne sont pas venus ! Le sillon est déjà tracé pour cette compagnie théâtrale.

 

«Je suis tout d’abord ému et à la fois heureux de savoir qu’il y’a des mauritaniens et des mauritaniennes qui ont le sens de l’art, qui ont vraiment cette vocation-là dans un pays où il y’a vraiment un vide culturel, où il n’y a pas de politique culturelle, où il n’y a personne pour les encourager. Je suis très content d’avoir assisté à cette soirée. Ils sont dans le début du travail et je pense que s’ils sont encouragés, ils peuvent faire des merveilles. J’en suis convaincu. C’est des jeunes qu’il faut soutenir », a confié M. Fara Ba.

 

«J’éprouve une grande satisfaction et le public a répondu présent. Cela prouve que le théâtre est une activité qu’il faut organiser en Mauritanie puisqu’il fait partie de notre culture. Les mauritaniens aiment le théâtre. On voit des scènes de théâtre partout, dans la rue, devant les boutiques, sous les arbres, dans la circulation où se passent des choses extraordinaires. On peut se servir du théâtre pour faire véhiculer des messages et plus particulièrement le rire. On est dans une société où il y a tellement de choses qu’on a besoin d’évacuer. Quand des gens viennent à l’Espace culturel et qu’ils sortent avec le sourire, cela me fait plaisir», a renchérit Siré Camara, directeur des activités de l’Espace Culturel Diadié Tabara Camara.

 

La Nuit du rire est l’aboutissement de deux mois de réflexion pour en fin de compte susciter davantage de vocation théâtrale en Mauritanie. Et comme l’explique son initiateur Daouda Kane, ce n’est pas seulement une Nuit pour faire rire. «C’est pour d’abord lancer des messages qui nous concernent tous à travers des sketches comiques », précise-t-il.

 

Au début, Daouda Kane avait invité 7 groupes de théâtre. Seul Saldou Art a honoré sa présence. Tout le reste à savoir ACATT, Timtimol, Dekkal Thiossane, El Mashiral Jedid et l’Association Sportive et Culturelle des Ressortissants de Guidimakha (ASCRG) a décliné l’invitation. Quant à Sifa Hanki Pinal Handé, pour des raisons de tournée à l’intérieur du pays, n’a pu être présent. Au bout du compte, Daouda Kane semble déçu.

 

«C’était très complexe de réussir la première édition. Déjà, je dis Dieu merci. Ce n’est pas mal comme début. C’est vrai que la déception est là. Les compagnies de théâtre qui m’avaient dit oui dès le début ne sont pas présentes. Mais, j’ai compris. Quelque part, ce n’était pas évident. Ce n’est pas de cette manière qu’elles devaient réagir », dit-il.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

 

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 22:57

Avec le temps, il a fini, dans la persévérance, à se faire une place dans le théâtre en Mauritanie. Son One Man Show du jeudi 15 janvier au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott n’a fait que confirmer tout le talent qu’on pensait de lui. Pour son véritable One Man Show, il a superbement réussi son coup!

 

Ce n’est pas de la flatterie. Avec lui, au moins, on est sûr de passer une bonne soirée avec des vannes à vous couper le souffle. Il n’est pas encore Jonathan Lambert. Mais, il n’en demeure pas moins un personnage atypique. D’ailleurs, comme tout le reste des comédiens ! Il est aussi drôle que talentueux. Ses textes, écrits par lui-même, s’inspirent des réalités sociales mauritaniennes. Il n’épargne personne dans ses mises en scène qui sont de véritables moments de délice. Il a des idées rigolotes, un vrai clown de scène. Avec lui, on ne s’ennuie jamais.

 

Même si ses sorties sont peu fréquentes, chaque représentation sur scène est un cadre idéal pour lui de montrer le vrai visage de la société mauritanienne. De l’émancipation de la femme à la parité entre hommes et femmes en passant par le Sida, la crise économique et les tabous qui entourent notre vie sexuelle, Daouda Kane met à nu, pour le plus grand plaisir des spectateurs, les fourberies de la société mauritanienne, sans choquer. Il fascine par sa maîtrise du langage, de l’improvisation et surtout de l’amusement. Le théâtre a fait de lui une célébrité. Aujourd’hui, il s’investit dans la promotion du théâtre en Mauritanie.

Incroyable que le destin de Daouda Kane qui n’a jamais pensé faire du théâtre."Au début, ce n’était pas pour devenir un professionnel du théâtre, explique-t-il. C’était juste pour monter sur scène et découvrir un nouveau monde. A la fin, c’est devenu une passion".

 

Pour ce comique qui a mûri entre temps, tout a commencé en 2001."Le théâtre, j’y suis venu par un pur hasard. J’étais abonné à la bibliothèque du Ccf. A cette période, j’étais encore élève-électricien au lycée technique de Nouakchott. Je suis venu par hasard et j’ai vu une affiche sur la quelle étaient griffonnées les conditions d’inscription pour faire du théâtre", se souvient Daouda Kane.

 

Du coup, il commence à participer aux cours de théâtre sous l’encadrement de Mamadou Ba, metteur en scène. Il restera trois ans avant de monter sur la scène. Avec la compagnie professionnelle du théâtre nomade, il voyage à Dakar, en 2005, pour participer à un festival. Voyant que chacun des membres de cette compagnie avait d’autres chats à fouetter, il lance, en 2007, sa propre compagnie de théâtre "Vents de Sable" et se dit : vogue la galère !

 

Depuis, Daouda Kane et "Vents de Sable" semblent vivre des jours heureux. Pour autant, il ne s’emporte pas. "Car, chaque jour, il y a des améliorations à faire et à apporter", dit-il. Pour lui, il n’y a pas de secret. Le théâtre, pour lui, est un refuge d’enrober la réalité, son identité. "Louis de Funès disait que les gens utilisent leurs faiblesses pour faire rire", rappelle-t-il.

 

Daouda Kane est certes euphorique, décomplexé voire déroutant sur scène. Mais, en dehors de la scène, il ressemble à une grenade dégoupillée. On se demanderait même si c’est lui !"Je ne suis pas timide. Je suis calme. Quand je sors de la scène, il m’arrive de dire des conneries. Mais, c’est limité", se défend-il.

 

Chez lui, c’est lui qui amuse la galerie, avec la complicité de sa belle-sœur, Aminata Dia. D’ailleurs, elle a été présente à son One Man Show. "On se taquine sans cesse! Dès qu’elle tombe malade, il n’y a plus d’ambiance à la maison", dit-il.

 

Aujourd’hui, Daouda Kane assume, avec humilité, son rôle d’observateur de la société mauritanienne. Daouda Kane, c’est parfois de l’insolence et de la provocation. Mais, jamais, il ne choque. Il aime se moquer des autres. "Je me moque des personnes que je connais, des personnes qui représentent quelque chose pour moi, des personnes que je côtoie le plus souvent…", tient-il à préciser. Il lui arrive parfois d’être sérieux."Par exemple, lorsque je suis avec de grandes personnes, je ne gueule pas trop", dit-il.

 

Daouda Kane ne fait pas que faire rire. En dehors du théâtre, il exerce son métier d’informaticien. Il parvient à allier ces deux métiers même si parfois c’est un peu compliqué pour lui. Lui qui n’a pas sa langue dans sa poche peut s’aventurer sur tous les terrains sauf sur celui de la politique et notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer l’évolution du pays. Ça l’irrite! "Je suis un artiste et non un politicien", affirme-t-il. Le temps de racler sa voix, il rajoute : "C’est vrai en tant que jeune soucieux de son avenir, c’est tout à fait normal qu’on se pose des questions : où va la Mauritanie ?".

 

Au sujet du coup d’Etat du 6 août 2008, il n’a pas voulu mettre ses pieds dans le plat. Pour lui, cela dépasse le cadre artistique. Là-dessus : pas de commentaires ! Il le laisse aux analystes politiques.

 

 

Daouda Kane a la voix, le médium et une présence scénique incroyable. Du cinéma, il en rêve. Item pour une carrière théâtrale internationale. Comme à l’image de ses idoles telles que Jamel Debbouze, Gad, Anna Roumanov…Daouda Kane semble bien tracer son chemin pour arriver à son objectif : devenir une star mondiale de la scène ! En attendant que cela se réalise, il continue son petit bout de chemin avec les éléments de sa compagnie "Vents de Sable" à savoir Safiétou Diallo, Oumar Sy, Coumba Camara, Sarr Amadou, Maimouna Anne, Yasmine Diallo.

 

Babacar Baye Ndiaye

 

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