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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 15:31

yero minenteyeLes mas médias les ignorent et les autorités ne leur accordent aucun intérêt, sauf pour animer, en période électorale leur campagne. Ainsi, s'ils ne sont pas victimes d'intoxication, leurs concerts sont interrompus abusivement par la police.

Après les groupes de rap " Military Underground " et " Diamen Teki " c'est au tour du groupe " Minenteye " (Yéro et Omzo) de subir l'intoxication de ceux qui cherchent à provoquer sur le mouvement hip-hop l'ire des partenaires.

Ces derniers se trouvent aujourd'hui considérés comme des " ennemis publics " à cause de leur engagement et de leur ton clairement dénonciateur. Ils ne font pas de la politique, ni du syndicalisme, et ne sont point partisan d'une quelconques Intifada, mais leur chanson leur sert de moyen d'expression redoutable pour crier la révolte et le mal-vivre de toute une jeunesse laissée pour compte, en rade du développement.

Malgré le refus d'être reconnu et l'absence de toute considération de la part du ministère de la Culture, le mouvement hip hop mauritanien continue de jouer son rôle d'ultime refuge pour une jeunesse mauritanienne que la société a décidé de mettre sur les bancs des indésirables.

Pour Yéro, coleader du groupe " Minenteye " " notre mouvement est plus qu'un groupe de rap, c'est une philosophie, une idéologie ". Selon lui, Minenteye est victime d'une sordide campagne de dénigrement, certains cherchant à la disloquer par les fausses rumeurs.

Poursuivant son intervention l'artiste explique " Omzo et moi avant de rapper, nous étions d'abord des frères, des cousins parce que ma maman et celle de Omzo ont la même mère et le même père. Nous avons grandi, fait les études et chanté ensemble, embrasser une carrière identique. Donc je ne vois pas pourquoi on se séparera.

Nous sommes différents des autres rappeurs qui se sont connus au cours d'une cérémonie ou dans un quartier et ont décidé de former un groupe. Moi et Omzo c'est autre chose. Nous sommes tout simplement des jumeaux et nous partageons l'amour de la musique ". Après la sortie de leur album, ils ont créé la première structure de la musique urbaine en Mauritanie. " Actu-mum " sous la direction de Omzo après la conférence de presse qu’ils ont donné devant toute la presse nationale et internationale en place .

Quant à Yéro, il déclare avoir dirigé en personne le festival Welooti. Malgré toutes ces initiatives individuelles et toutes ces missions, lui et Omzo se retrouvent toujours dans " Minenteye ". Le plus important selon Yéro, ce n'est pas ce que disent les gens mais ce qu'il est en train de se réaliser "Notre séparation, c'est un truc qui n'a jamais existé. Notre absence sur scène est due aux recherches que nous sommes en train de mener " conclut-il pour mettre fin à toutes équivoques.

En outre les rappeurs vivent difficilement de leur métier en Mauritanie, selon Yéro, qui accuse le ministère de Culture soulignant que sans le CCF, ils ne savent pas ce qu'ils auraient pu devenir. Pour expliquer la longue absence de "Minenteye " sur scène, il donne comme alibi, la recherche d'une salle de concert, estimant que la Nouvelle Maison de Jeunes est inadaptée à cause de l'absence d'acoustique et d'équipement, et la prédominance d'échos. " L'Etat ne fait rien, les promoteurs ne bougent plus, ce qui fait qu'un silence règne dans l'ensemble du mouvement hip hop mauritanien .et que ce ne soit pas facile d'être artiste en Mauritanie " témoigne-t-il.

Aujourd'hui, malgré les concerts autorisés, les rappeurs sont victimes à chaque fois du non respect et des abus de certains policiers qui viennent toujours interrompre leurs manifestations et procèdent à des rafles sans justification, soi-disant qu'après minuit, tout le monde doit rentrer. Les mêmes désagréments, "Minenteye " les ont connu après la sortie de leur album, au même titre que d'autres groupes comme le rappeur Adviser. " C'est un problème qui est là et qui continue de prendre en otage le mouvement hip hop mauritanien " regrette-t-il.

Pour Yéro, les conditions d'existence du Rapp en Mauritanie sont fortement compromises par cet état d'urgence qui ne dit pas son nom, surtout à Nouakchott, où il est devenu difficile de se produire, alors que les mariages festives sont autorisés jusqu'à des heures impossibles.

"Nous sommes en train de chercher par quel moyen développer la musique mauritanienne pour pouvoir représenter ce pays ailleurs. Nous nous battons pour le pays. C'est une mission. Que nous nous efforçons de mener en soldats inconnus, pour un pays qui nous combat " conclut Yéro avec tristesse

Cheikh Oumar N'Diaye


Source: L'Authentique(Mauritanie)

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans RapRim
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