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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:23

 

Odette.jpgLundi 31 mai, à l’après-midi, les amis d’Odette au nombre de 13 ont organisé, à l’Alliance franco-mauritanienne (Afm) de Nouakchott une exposition consacrée à Odette Puigaudeau et dont l’objectif est de faire connaître cette française qui voyageait sur son chameau avec un fusil comme un guerrier à travers toute la Mauritanie et qui a fait savoir en outre les us et les coutumes de la communauté maure.

 

Si, aujourd’hui, de plus en plus, de mauritaniens portent tant d’intérêt et d’admiration aux écrits d’Odette Puigaudeau, c’est parce qu’ils leur parlent en les projetant dans leurs us et leurs coutumes. Comme Meimouna Mint Saleck, beaucoup de mauritaniens ont découvert Odette Puigaudeau en lisant ses publications sur la Mauritanie.

 

"Quand, en 2001, j’ai voulu organiser un festival de la coiffure traditionnelle mauritanienne, j’avais besoin de références savantes (dessins, écrits…) sur les coiffures mauritaniennes. A force de faire des recherches, j’ai trouvé Arts et coutumes chez les Maures. En lisant cet ouvrage, j’ai découvert la culture de mon pays et ai appris beaucoup de choses. Lorsqu’on m’a sollicité, au niveau du musée national, pour faire une communication sur l’esthétique de la femme mauritanienne, j’ai utilisé ce livre. J’ai utilisé cet ouvrage, quand on m’a demandé de faire une communication sur la société maure et ses traditions", déclare Meimouna Mint Saleck, une inconditionnelle d’Odette Puigaudeau.

 

Odette Puigaudeau est aujourd’hui considérée comme un capital commun entre la France et la Mauritanie. Presque vingt ans après son décès à Rabat, elle continue à assouvir, de par ses écrits, ceux qui sont à la quête du lointain.

 

"Je tiens presque tout d’Odette. Je considère que c’est une mémoire des racines nomades", confie Mamina Evin, guide touristique à Terres d’Aventure à Atar. Odette Puigaudeau a écrit plus d’une dizaine d’ouvrages sur la Mauritanie. Cependant, elle demeure toujours inconnue en Mauritanie. Une situation qui dépite Mamina Evin qui trouve étonnant d’autre part que le monde de la presse française l’ait rangé dans la layette de l’oubli voire de l’ignorance. "Personne ne mériterait mieux le titre d’exploratrice qu’elle. Donc, je suis consterné de voir que la presse française n’en parle pas", s’indigne-t-il.

 

En marge de cette exposition initiée par Moma Ould Dide, Monique Vérité qui a écrit une biographie sur Odette Puigaudeau a fait un témoignage, depuis la France, sur elle. Il y’a eu également des témoignages et des projections sur Odette Puigaudeau. L’exposition a permis aux visiteurs qui n’ont pas eu la chance de connaitre Odette Puigaudeau d’aller à sa rencontre à travers des portraits, des dessins et des toiles qui évoquent un passé plein de nostalgies.

 

La restitution de ces objets d’art au nombre de 122 nous permet d’arpenter les voies sinueuses d’un pan de notre histoire qui, si, elle existe, aujourd’hui, elle peut être touchée, on peut la deviner, c’est grâce à Odette Puigaudeau. Et que saurions-nous, pour s’en glorifier aujourd’hui, de ce passé, lorsqu’ elle n’avait pas pris la peine et le soin de restituer la vie des habitants du désert ? Pas grand-chose.

 

Ainsi, de ses voyages dans le désert, elle nous a ramenés le portrait des tributaires des Smacides autour d’un puits à Chadouf dans la palmeraie d’Amdia, celui de Moula Mint Saddoum, célèbre musicienne du Tagant et femme de l’interprète et poète En-Naji arrière petite fille de Saddoum Ould Ndjartoum qui, le premier, fixa les règles de la musique maure, celui d’une femme barattant le beurre, de Mohamed Ould Bou Médiana d’Oulad Daiman spécialiste de la tradition et de la vie du prophète Mohamed, de Sidi Ould Sidati chef des Kounta de Ouadane accompagné de son fils et de Sidi Alouia des Amguerridj guide du groupe nomade du capitaine français Lecoq…et celui de l’Emir de l’Adrar.

 

Babacar Baye NDIAYE

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