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Galerie Sinaa : L’aventure de deux françaises mautitanophiles !

L’une s’appelle Antoinette Charlot et l’autre Marie Salesse. Elles sont toutes deux passionnées d’art et de culture. Elles sont les fondatrices de la galerie d’art "Sinaa". Elles ont décidé, à leur manière, de participer à la promotion des objets d’art mauritaniens. "On avait envie toutes les deux de créer un lieu culturel à Nouakchott", se rappelle Antoinette Charlot. Du coup, elles vont matérialiser leur projet surtout qu’à cette époque où elles murissaient leur rêve, il n’y avait pas de galeries d’art à Nouakchott.

 

La galerie "Sinaa" est la première galerie d’art créée à Nouakchott. Et, aujourd’hui, non seulement la galerie "Sinaa" est un lieu convivial mais c’est aussi un lieu où l’on pourrait venir découvrir des artistes résidant en Mauritanie. Cette idée semble tomber à pic. "Il y a peu d’endroits pareils à Nouakchott", note Marie Salesse.

 

Elles sont toutes deux enseignantes. "Par le biais professionnel, on s’est rencontrées et puis on a eu un désir commun de créer cet endroit, ce lieu de rencontres et aussi de promotion de l’artisanat mauritanien", explique Antoinette Charlot.

 

La galerie "Sinaa" organise régulièrement des expositions sur la peinture, la sculpture ou la photographie dans le but de promouvoir des artistes mauritaniens. En collaboration aussi avec des artisans mauritaniens, des objets d’art y sont exposés."Ils laissent leurs objets en dépôt, moyennant un petit pourcentage pour faire fonctionner la galerie. On vend ces produits pour eux. En échange aussi, on a une exigence de qualité, de finition", renseigne Marie Salesse.

 

Ici, le client est mis à l’aise et se sentirait presque comme chez lui. Tout est réalisé pour faire plaisir aux visiteurs. Dans un décor presque douillet, vous vous croirez au milieu des étoiles. Rien n’est négligé ! Même le choix des artistes. Là-dessus, la rigueur est de mise pour marquer les esprits et attirer une clientèle de plus en plus exigeante. "On essaie d’avoir une certaine exigence de qualité, sur la technique. Il faut un minimum d’ancienneté et un certain nombre de tableaux qui composent un ensemble qu’on peut exposer", souligne Marie Salesse.

 

"Il y a de bons artisans qui ont vraiment le sens de la rigueur et un savoir-faire qui correspondent parfaitement à nos exigences. Il y a aussi beaucoup de personnes qui viennent nous voir dans un but d’exposer leurs objets d’art. Mais, nous ne pouvons pas accepter leur demande si cela ne correspond pas à ce qu’on désire exposer", rajoute Antoine Charlot.

 

Toutefois, tout n’est pas rose non plus. "C’est parfois un peu difficile", avoue Antoinette Charlot qui déplore l’absence de moyens. "Les artistes se forment comme ils veulent et comme ils peuvent. Ce n’est pas toujours facile, non plus pour eux. Il n’y a pas assez d’artistes formés par exemple dans le domaine de la peinture en Mauritanie. On tourne vite en rond", explique Antoinette Charlot. D’ailleurs, elles comptent inclure dans leur programme l’organisation de défilés de mode, en plus des journées-dégustation, pour donner un peu de vie et de saveur à leur galerie.

 

Les mauritaniens ne sont pas accros aux objets. D’ailleurs, l’essentiel de la clientèle de la galerie "Sinaa" est composée d’étrangers résidant en Mauritanie. "On a beaucoup de mal à attirer la population mauritanienne. On a conscience que les mauritaniens ont plus du mal à gérer leur temps que de venir à un vernissage qui est arrêté dans le temps", dit Marie Salesse."Il y a aussi un problème de moyens. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir acheter certains objets d’art qui ont été longuement travaillés et qui méritent un certain coût", renchérit Antoinette Charlot.

 

Aujourd’hui, Marie Salesse et Antoinette Charlot se délectent d’avoir participé à l’éclosion de certains artisans mauritaniens qui viennent souvent exposer leurs objets d’art dans leur galerie, devenue une référence dans le domaine de la promotion de l’artisanat mauritanien. Rien ne semble se dresser sur leur chemin. Même la concurrence ne les ébranle pas. "On est très heureuses de savoir que des galeries se développent à Nouakchott. On n’a pas peur de la concurrence. Nous, nous faisons avant tout ce qui nous plaît", affirme Antoinette Charlot avec beaucoup de gaité de cœur.

 

"Ce n’est pas encore un domaine [les galeries d’art] très lucratif en Mauritanie. Ce n’est pas donc une véritable concurrence économique. Si on pense gagner de l’argent, ce n’est pas le bon créneau", prévient Marie Salesse.

 

Pour autant, malgré les multiples difficultés, l’aventure de la galerie "Sinaa" a permis à ces deux fondatrices de s’enraciner dans la société mauritanienne. "Economiquement, on ne peut pas dire qu’on a eu des bénéfices qui ont augmenté. Mais, par contre, d’un point de vue humain, je suis enchantée parce qu’on a rencontré des artistes dans tous les domaines, même nouer des relations beaucoup plus fortes et les gens continuent à passer. On s’est créé un véritable réseau humain beaucoup plus intéressant que ce qu’on aurait pu gagner financièrement", raconte Marie Salesse.

 

Babacar Baye Ndiaye

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