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Au menu du concert de la troisième édition d’Assalamalekoum Festival International du jeudi 20 au Centre Culturel Français de Nouakchott, il y’avait les mauritaniens Impérial Chergawi, Enfant de la rue et Overdoz qui ont assuré la première partie. Quant à l’affiche de la deuxième partie, elle était assurée par Kontracorriente, un groupe de rap espagnol, qui nous réserve de belles surprises pour la future sortie de leur très attendu premier Long Play (LP) où le groupe sera accompagné de nombreux acolytes du Hip Hop espagnol.
On l’attendait celle-là aussi : Moona qui est une jeune artiste béninoise prometteuse d’origine sénégalaise qui évolue dans le milieu du Hip Hop depuis quelques temps. Elle est d’ailleurs membre des "Artistes Unis pour le Rap Africain" (AURA) représentant dix pays de la sous-région depuis 2006 à travers le projet des "Histoires extraordinaires des enfants du poto-poto".
Elle a interprété pour le public d’Assalamalekoum Festival International quelques-uns de ses morceaux de son répertoire dont "Désillusion", "Zik ta race", "Toutes les femmes de ta vie". Le morceau qui a le plus retenu l’attention est "Personne", un titre composé en hommage aux personnes vivant avec le VIH/SIDA.
"Généralement, les artistes, lorsqu’ils font des morceaux sur le Sida, ils disent souvent : oui, protégez-vous ! Ils ne prennent jamais le rôle des personnes qui sont atteintes du VIH/SIDA. Ils oublient que cette maladie peut toucher n’importe qui et c’est super dur pour les gens atteints qui sont souvent marginalisés et mis en quarantaine. Je connais des gens qui ont vécu ce genre de situation et cela m’a fait mal. Je suis artiste, j’exprime mes sentiments, mes sensations et mes coups de gueules à travers ma musique", explique Moona, à la fin de sa prestation.
Comme Kontracorriente, Moona participait pour la première fois à Assalamalekoum Festival International où elle a présenté quelques morceaux de son dernier album dont l’ambiance musicale fait chevaucher Hip Hop et musique moderne, coupé-décalé et dance hall.
Mais, le rappeur que tout le public attendait était incontestablement La Fouine. Mohamed Kénémé, 14 ans, est là depuis 18 heures pour uniquement, dit-il, regarder, pour sa première fois, son idole, La Fouine qu’il écoute depuis à l’âge de 4 ans. Il a découvert ce rappeur français par l’entreprise de son frère, lui aussi, un fan de La Fouine. En attendant de voir son idole sur la scène, il a déjà réussi à collectionner les autographes du chanteur sénégalo-gambien Mame Balla et d’Overdoz.
Overdoz que tout le monde attendait également a été moins pétillant en proposant au public d’Assalamalekoum Festival International un spectacle à l’américaine où prime souvent l’exhibitionnisme. Mais, lui, s’en est défendu. "Depuis 2003-2004, je n’ai jamais fait un spectacle pareil. C’était de la folie car le public a répondu. J’ai proposé des nouveaux morceaux de mon album et j’ai amené d’autres rappeurs avec moi afin que le public mauritanien les découvre", dit-il.
Tout le public qui est là s’est uniquement déplacé, comme Mohamed Kénémé, pour voir La Fouine. "Je le trouve craquant. Il a réussi à mettre le rap français au goût du jour. Et ce que j’aime chez lui, c’est son côté enflammeur et passionné", confie Khadijétou Bâ, une jeune fille de 19 ans.
A 23 h, La Fouine apparait sur la scène, l’air grave à la Jack Bauer, portant un couvre-chef et caché derrière ses binocles noires. Le public acclame déjà son nom. Il se saisit du micro et déroule ses premières rimes. Le public reprend en chœur les refrains des morceaux de ce rappeur imprévisible et éclectique. A son grand plaisir !
Babacar Baye NDIAYE