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Momti Gondi : Les essuyeurs de larmes débarquent !!!

MONZA 7704Le groupe n’a pas encore sorti un album officiel mais déjà le nom résonne un peu partout à Nouakchott, Nouadhibou, Rosso, Atar, Zouérate et Kaédi. Momti Gondi nous invite à écouter les tribulations d’une jeunesse, le sanglot des marginaux, le remords invincible qui bouillonne dans le cœur de ceux qui n’ont point de bouche.

 

Et, ils sont loin d’être prétentieux lorsqu’ils soutiennent tout vouloir changer. Dans le collimateur de leurs critiques, le pouvoir politique. Leurs textes, très solides et débarrassés de préjugés, sont de véritables cris de guerre contre une certaine condition de la vie.

 

"On vit trop de souffrances et d’injustices dans ce bas-monde. Il suffit de jeter le regard autour de nous pour s’apercevoir qu’il y’a trop de gens qui endurent, des jeunes qui ont perdu le goût de la vie, le chômage qui étrangle de plus en plus la jeunesse. On vit des problèmes d’affection et de couple", râle Ousmane Guèye alias Crazy Oussou.

 

A côté de lui, Abdoul Aziz Guèye qui se cache derrière son nom d’artiste, Ziza. "Nous sommes un groupe très engagé et révolutionnaire. Mais, aussi, un groupe qui conscientise la jeunesse, qui pousse cette jeunesse à ne pas sombrer dans la délinquance, la drogue en les mettant devant leurs responsabilités", ajoute Ziza.

 

Aujourd’hui, Crazy Oussou et Ziza, de scènes en scènes et de spectacles en spectacles, ont fini par séduire le public. Pour ces deux jeunes rappeurs, chanter, c’est comme prendre un chausson. Le premier est natif de Zouérate et suit des études de Droit à l’Université de Nouakchott. Il a commencé à rapper d’abord avec un collectif appelé "Hizbu-llah"(Parti de Dieu) et puis avec F.G (Les Frères de la Justice). Le second est natif de Mbout et est actuellement guide touristique. Du reggae, il a viré à 190° au rap avec un certain Moussa Kanté et WH Men de Nouadhibou.

 

MONZA 7708A l’origine de Momti Gondi, il y’a la passion pour le rap, leur hardiesse et leur envie de sonner le glas de l’oppression et de la domination du mensonge et de l’hypocrisie. "On dénonce le système. Quand, ça ne pas va, on dit que ça ne va pas", précise Crazy Oussou.

 

Ainsi, en 2005, à Nouadhibou, ils font connaissance par l’entremise d’autres amis, s’apprécient et du coup mûrissent l’idée de créer un groupe. L’admiration et le respect s’installent très vite. Aussitôt, le courant passe comme sur des roulettes. Le destin accomplira le reste. Et, c’est naturellement qu’ils se sont ligués pour devenir des caisses de résonnance des problèmes et plaintes des populations.

 

"Un jour, Crazy Oussou m’a exprimé son idée de partager avec moi un groupe de rap. On s’est dit qu’il est temps qu’on se sacrifie et qu’on fasse quelque chose ensemble dans le domaine de la musique. On aime la musique. Elle coule dans nos veines. Il est vrai que c’est difficile de faire de la musique en Mauritanie", explique Ziza.

 

Après, cinq années d’existence passée sous la pénombre, Momti Gondi veut s’imposer sur la scène Hip Hop mauritanien, se faire une place, comme on dit familièrement, sous le soleil.

Après Assalamalekoum Festival International, le Festival Musiques et Découvertes de Nouadhibou et Festival Walo Musique de Rosso, ils nourrissent déjà le rêve de se hisser à la hauteur des Diam Min Tekky et Ewlade Leblade. "On veut montrer aux gens ce que l’on a, notre travail. La tricherie n’a pas de place dans la musique. Il suffit juste de bosser", éclaire Crazy Oussou.

 

Aujourd’hui, Momti Gondi a fait sien le principe qui dit que l’art réalise la réconciliation de ceux qui pensent et ceux qui dansent. Leur conception de l’engagement rejoint la particularité de leur musique qui pavoise entre le reggae, le dance hall, le hardcore et le gospel.

 

"Etre engagé de trop, c’est trop. Si, par exemple, on continue aujourd’hui à parler de la colonisation, pour moi, cela n’a pas d’importance. Il faut parler des choses qui peuvent intéresser. Il y’a l’amour qui existe et qui existera toujours dans la vie. L’engagement a des limites aussi", soutient Crazy Oussou.  

 

Le compteur de leur discographie est encore à zéro. Et, leurs admirateurs devront prendre leur mal en patience pour quelques temps encore. "On est prêt à sortir deux albums. Sauf que sortir un album demande beaucoup de temps, de recherche, de concentration. Il faut voyager, aller à la découverte d’autres cultures", note Ziza.

 

Depuis quelques temps, la flamme de l’espoir est allumée chez Crazy Oussou et Ziza qui rêvent déjà de conquérir les podiums de Dakar, Brazzaville, Abidjan, Bamako et Libreville.

 

Babacar Baye NDIAYE

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