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Le festival international de la ville de Ziguinchor dont l’ambition est de montrer toute la richesse culturelle de la Casamance a pris fin le 25 avril dernier avec des têtes d’affiche comme Youssou Ndour, Salif Keita et Magic System. La Mauritanie, à travers l’Union Kajamoor des ressortissants casamançais en Mauritanie qui s’est déplacée avec la troupe "Stars" dirigée par Ousmane Vall, a bien assuré sa présence qui a marqué plus d’un à l’occasion du défilé du Grand Carnaval.
Vendredi 23 avril, sur la place Aline Sitoé Diatta, s’ouvre la cérémonie officielle du 1ier Festival des cultures urbaines et traditionnelles de la ville de Ziguinchor. "Organiser un tel festival, c’est célébré nos traditions ancestrales et faire un lien avec les cultures noires de la diaspora réparties à travers le monde dans toutes leurs diversités", a expliqué, dans son discours, Abdoulaye Baldé maire de Ziguinchor et président du festival.
Le Zig’Fest 2010 a réuni, pendant quatre jours, des milliers de personnes venues un peu partout du Sénégal et notamment de l’étranger. "On est très heureux et tout ce que l’on souhaite, c’est que la paix revienne en Casamance. Notre présence est un témoignage de fidélité à la terre de nos ancêtres", indique Mohamed Fall ressortissant casamançais établi en France.
Le grand carnaval
Le point d’orgue du 1ier festival des cultures urbaines et traditionnelles fut le grand carnaval qui a vu le défilé d’une dizaine de groupes de danses traditionnelles venant de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Casamance. Ce défilé a permis de mettre en lumière toute la diversité de la culture casamançaise ainsi que toute la richesse de son peuple ancré sur les traditions anciennes reposant sur un héritage ancestral méconnu à travers les frontières du Gaabou qui regroupe les pays limitrophes de la Gambie et de la Guinée Bissau.
Véritable voyage initiatique à la découverte de la Casamance, le grand carnaval a vu la procession de 65 groupes folkloriques sur des rythmes du Diambadong Mandingue, du Bougar, de l’Ekonting Diola, du Balafon Balante, du Riti Halpoular, du Bonbolong et des danses Mancagne, Manjak, Bainounk et Manodj.
Le passage de la Mauritanie a été fortement apprécié par la délégation gouvernementale qui a ovationné la prestation de la troupe "Stars" accompagné de la communauté casamançaise habillée en voiles et boubous traditionnels aux couleurs de la Mauritanie. "C’est là l’expression d’une intégration culturelle réelle et d’une commune vision d’un avenir idéal africain que nous devons construire autour de l’unité et de la diversité culturelle", a déclaré un conseiller municipal de la ville de Ziguinchor.
Les concerts
Du 23 au 25 avril, tous les soirs du 1ier festival des cultures urbaines et traditionnelles, l’embarcadère du Port de Ziguinchor accueillait l’Orchestre Casamance, le groupe Fogny, Sambala Kanouté, l’UCAS Band, Fafady, Philip Monteiro, Ma Sané de Waflash de Thiès, Magic System, Daby, Facoly, Abdou Elinkine Diatta, Justino Delgado, Jaliba Kouyaté, Pape Diouf, Mariétou Cissé, Metzo Djatah, Boucotto Mago Band et Salif Keita.
Et pour de nombreux artistes originaires de la Casamance comme Fafady, c’est un rêve qui se réalise. "On a beaucoup de richesses au niveau de la Casamance", confesse Fafady pour qui le Zig’Fest 2010 est une occasion de redonner à la Casamance sa place de creuset culturel du Sénégal. "Aujourd’hui, organiser un tel évènement ne fait que montrer la culture de cette région qui, à mon avis, regorge une diversité culturelle très riche. Cela ne fera que renforcer aussi la paix", a soutenu pour sa part l’artiste Ma Sané du groupe de Waflash de Thiès.
Vendre la destination Casamance
Durant quatre jours, tous les secteurs de l’économie de la ville de Ziguinchor ont vécu au rythme du festival. "Ce festival-là devait être une réponse culturelle à un problème culturel. Le problème casamançais, même s’il prend les contours d’une lutte armée irrédentiste, est un problème culturel et de développement", affirme Malick Sonko.
La première édition du festival des cultures urbaines et danses traditionnelles a permis à la ville de Ziguinchor de vivre des temps forts. Et, à travers ce festival, l’équipe municipale dirigée par Abdoulaye Baldé, veut vendre la destination Casamance. D’ailleurs, un colloque économique sur le thème "Investissement et développement d’une métropole régionale" et une foire internationale sur l’artisanat, le tourisme et l’agro-alimentaire ont été organisés dans ce sens pour booster l’économie de cette région rudement éprouvée par une rébellion d’un quart de siècle. Du coup, l’économie principale de cette région qui reposait sur le tourisme était devenue un secteur laissé en rade.
Pour Malick Sonko, qui est le chef du cabinet civil au niveau du Ministère des Forces Armées Sénégalaises du ministre d’Etat Abdoulaye Baldé et par ailleurs directeur de cabinet politique de ce dernier à la Mairie de Ziguinchor, le festival international de Ziguinchor aura permis à la Casamance de sortir de l’ornière.
"Nous avons constaté qu’avec ce festival les gens sont venus et ont envie de revenir. Nous sommes sûrs, que d’année en année, ce festival-là va grandir et avoir des effets induits qui vont entraîner un développement non seulement des cultures mais également du tourisme et surtout de l’économie", a-t-il dit.
Les organisateurs ambitionnent désormais de faire du festival international de Ziguinchor un festival sous-régional. Rendez-vous en 2012 ou 2013.
Babacar Baye NDIAYE