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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:56

Overdoz.jpg

Le rappeur d’origine mauritanienne Dj Overdoz qui est basé au Sénégal depuis plus de 5 ans a annoncé que son retour en Mauritanie n’est pas encore à l’ordre du jour. Il a fait cette déclaration en marge de la troisième édition d’Assalamalekoum Festival International qui a eu lieu du 17 au 21 mai 2010 à Nouakchott.

 

Aujourd’hui, Dj Overdoz est l’un des rares artistes mauritaniens qui a réussi au Sénégal où ses clips passent en boucle dans les chaines de télévision. Pour autant, et surtout ne vous aventurez pas à lui poser la question de savoir s’il envisageait de revenir en Mauritanie pour faire bénéficier de son expérience et de ses opportunités aux jeunes mauritaniens qui s’identifient en lui ou qui voudraient faire de la musique comme lui.

 

"Revenir en Mauritanie, c’est se jeter dans la gueule du loup. Actuellement, c’est très compliqué d’envisager un quelconque retour au pays. Les choses ne sont pas faciles ici. Le pays est instable. Il y’a eu trop de coups d’Etat. La stabilité politique, c’est la base de tout. Sans cela, rien ne peut suivre derrière", a-t-il indiqué.

 

Dj Overdoz est sans équivoque : revenir en Mauritanie pour le moment, c’est revenir en arrière, croiser les bras et attendre que Dieu arrive. Toutefois, "je suis prêt à revenir sous certaines conditions", nuance-t-il.

 

Cela suppose dans son entendement que les pouvoirs publics s’impliquent davantage dans l’encadrement de la jeunesse, la protection des productions artistiques et le développement de la culture et des arts à travers la mise en place de structures. "La jeunesse n’est pas libre. La jeunesse n’a rien. A part le CCF de Nouakchott qui est aujourd’hui bunkérisé, où peut-elle se produire, se divertir ou s’exprimer ?", lâche-t-il.

 

Il regrette tout de même la pénurie des activités artistiques et culturelles en Mauritanie. Et, promet de faire quelque chose dans ce sens. "Je le ferai dans la mesure du possible", précise-t-il. Dj Overdoz qui n’a pas non plus mâché ses mots envers les pouvoirs publics a expliqué que s’il est aujourd’hui à ce stade de célébrité, c’est grâce au Sénégal et notamment aux médias qui l’ont révélé au grand public.

 

"Ce que je n’ai pas pu avoir en Mauritanie, mon pays", souligne-t-il. Pour autant, il ne renie pas ses origines et a indiqué que son cœur battra toujours pour la Mauritanie. "J’aurais bien aimé revenir en Mauritanie. Mais, franchement, les conditions ne sont pas réunies", ajoute-t-il rappelant que rien n’est encore décidé au sujet de son éventuel retour en Mauritanie.

 

Babacar Baye NDIAYE

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:51

Khalzo.jpgCelui-là, on l’avait presque perdu de la circulation. A tort ou à raison, on l’a accusé, entre temps, de vouloir passer le restant de sa vie au Sénégal où il est actuellement en train de suivre des études en animation 3D, radio et télévision. Il s’est défendu contre toutes ces allégations qui, selon lui, sont infondées et affirme n’avoir aucun dessein de rester au pays d’Abdoulaye Wade.

 

"Certes, le Sénégal offre de nombreuses opportunités. Mais, cela ne me poussera jamais à s’installer dans ce pays. Loin de là. Je suis mauritanien et je le demeure. Je suis parti au Sénégal afin de m’instruire pour éventuellement revenir dans mon pays et s’y investir", a-t-il expliqué.

 

Comme pour narguer ses détracteurs, il a soutenu que sa présence à Assalamalekoum Festival International doit pousser à ces derniers d’éviter de prendre des vessies pour des lanternes. L’animateur, qui est très engagé sur certaines questions comme la discrimination, s’est fendu d’une critique très acerbe à ceux qui voudraient promouvoir les vieux réflexes identitaires à travers la question de l’arabisation.

 

"Nous sommes confrontés à un problème de dialogue. Sinon, on n’en serait pas à ce niveau-là. Aujourd’hui, en Mauritanie, on ne peut pas dire qu’il y’a une véritable cohabitation. Et je crois que tenir des discours discriminatoires ne mènera nulle part notre pays", dit-il.

 

Quand Dj Khalzo fait sa sortie, il ne le fait pas à moitié. A ce titre, il a soutenu que la Mauritanie mérite mieux que cette sobre image qu’elle reflète soulignant que le processus de démocratisation que le régime actuel a entrepris ne sera complet que s’il y’a une libéralisation des ondes, ciment de toute liberté d’expression.

 

"Si, aujourd’hui, on organise un concert et qu’à partir de minuit, il y’a la police qui disperse le public, il n’y a pas encore de changement", illustre-t-il. Il ajoute : "Tous les mauritaniens, dans leurs différences veulent s’exprimer. Chaque communauté se méfie de l’autre. Du coup, on se retrouve dans un cercle de méfiance", dit-il, croyant, qu’avec l’avènement de la libération des ondes, on pourra dépasser cette limite.

 

L’animateur a aussi regretté l’absence de dialogue et de communication entre les différentes communautés du pays avant d’appeler la jeunesse mauritanienne à ne pas accepter d’être prisonnière de cette situation.

 

"La jeunesse mauritanienne est victime de tout", dit-il en expliquant qu’elle est victime, à titre d’exemple, de discrimination et surtout de l’indifférence des pouvoirs publics. "Cette jeunesse veut s’exprimer et s’épanouir…", a-t-il avoué, en profitant pour dire qu’il n’y aura pas d’anniversaire pour ses 8 ans de micro pour la bonne et simple raison qu’il est concentrée sur ses études. Dommage !!!

 

Babacar Baye NDIAYE

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:47

Les-coulisses-d-Assamalekoum.jpgJamais une édition d’Assalamalekoum Festival International n’a eu un tel fumet de soubresauts, d’attaques et de récriminations. Après tout, au grand dam des férus de rap, il a résisté et poursuit son petit bonhomme de chemin. Alors, on peut croire, comme l’a été le Festival de Cannes en France, Assalamalekoum Festival International est en train de nous installer dans une perspective prometteuse à condition que Zaza Productions, la structure chargée de l’organisation de cet évènement ait plus d’imagination et soit beaucoup plus conciliante.

 

Cependant, il serait tentant et succulent de se replonger dans l’atmosphère, sans avoir l’intention d’avoir tout vu ou tout entendu d’Assalamalekoum Festival International. Et parler des coulisses de ce grand rendez-vous musical n’a pas manqué, à toute force, de brûler notre cervelle.

 

Assalamalekoum Festival International, sachez-le, ce n’est pas uniquement une tribune de promotion des rappeurs mauritaniens. Il est aussi une tribune de vanité, de vantardise et surtout de rivalité. A propos de rivalité, parlons de celle qui oppose les deux mastodontes de l’animation à savoir Dj Paco et Dj Khalzo. L’histoire de leur antagonisme dégage-t-il un parfum sans haine ?

 

L’un est David, l’autre Goliath. Incontestablement, ils sont à l’heure actuelle, les animateurs les plus sollicités en Mauritanie. Du coup, chacun veut ravir la palme à autrui. Très rarement, ils se retrouvent ensemble pour animer. Ce que les autres évènements n’ont pas réussi à faire, Assalamalekoum Festival International l’a fait.

 

Mais là où le bât blesse, c’est lorsque chacun veut imposer sa suprématie. Ah, là ! Ça devient du charivari. A titre d’exemple, lorsque La Fouine s’apprêtait à faire son apparition sur la scène, tous les deux, dans une cacophonie enfantine, se sont mis à crier le nom du rappeur français.

 

Comme quoi, en Mauritanie, tout le monde fait trop de bruit pour se faire remarquer. Quittons ceux-là et braquons nos projecteurs sur le public qui a été laissé en rade. Certains se régaleront d’avoir vu La Fouine ou Dj Awadi. Par contre, d’autres en voudront aux organisateurs d’Assalamalekoum Festival International. Et pour cause. Après avoir acheté leur ticket d’entrée, ils n’ont pas pu accéder au Centre Culturel Français superbement bunkérisé.

 

Il y’a des signes qui ne trompent pas. Et visiblement, d’année en année, le CCF de Nouakchott devient de plus en plus exigu pour contenir un public aussi nombreux. D’ailleurs, les abords du CCF étaient noirs de monde. Certains ont purement et simplement demandé à ce qu’on déniche Assalamalekoum Festival International du Centre Culturel Français de Nouakchott. Seront-ils entendus ? La prochaine édition nous édifiera.

 

Une manifestation comme Assalamalekoum Festival International ne manque pas de mettre tout le monde sur les nerfs. Est-ce sous l’effet de la pression ? Allez savoir. Comme à l’accoutumée, dans ce genre d’évènements, on ne réfléchit plus.

 

C’est toujours une occasion rêvée pour les forces de l’ordre de matraquer et les sentinelles d’exceller dans la rembarre. Il faut vraiment avoir de la chance pour esquiver de se faire ridiculiser devant tout le monde. S’il y’a des gens qui méritent d’aller à l’école des droits de l’Homme, c’est bien ces deux catégories incommensurablement zélées et toujours promptes à brutaliser les gens.

 

Des larmes et des scènes de syncope, on en a eu à gogo. Ah, les filles ! Elles ne ratent jamais les circonstances pour se faire valoir. Il fallait les voir crier et tomber en syncope comme des mouches à la moindre pantomime par exemple d’Overdoz ou de La Fouine. D’autres par contre, émues, ne pouvaient plus s’empêcher de laisser leurs larmes dégouliner sur leur visage. Heureusement que les organisateurs avaient prévu de dépêcher au CCF des sapeurs pompiers et le pire a été évité.

 

Cette année-ci, tout le monde a constaté que notre Monza national alias Président 2 la rue publik a été moins visible que les deux premières éditions d’Assalamalekoum Festival International. Alors, que s’est-t-il passé El Presidente ?

 

Cerise sur le gâteau, c’est le moins qu’on puisse dire, à défaut d’avoir la présence de madame la Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports en chair et en os, le fils cadet du Président de la République était présent. Faut-il y voir que Mohamed Ould Abdel Aziz serait le supporter Number one du mouvement Hip Hop mauritanien jusqu’à ce qu’il pousse son fils à le représenter à un aussi grand évènement qu’Assalamalekoum Festival International?

 

 

Babacar Baye NDIAYE

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 21:42

Au menu du concert de la troisième édition d’Assalamalekoum Festival International du jeudi 20 au Centre Culturel Français de Nouakchott, il y’avait les mauritaniens Impérial Chergawi, Enfant de la rue et Overdoz qui ont assuré la première partie. Quant à l’affiche de la deuxième partie, elle était assurée par Kontracorriente, un groupe de rap espagnol, qui nous réserve de belles surprises pour la future sortie de leur très attendu premier Long Play (LP) où le groupe sera accompagné de nombreux acolytes du Hip Hop espagnol.

 

On l’attendait celle-là aussi : Moona qui est une jeune artiste béninoise prometteuse d’origine sénégalaise qui évolue dans le milieu du Hip Hop depuis quelques temps. Elle est d’ailleurs membre des "Artistes Unis pour le Rap Africain" (AURA) représentant dix pays de la sous-région depuis 2006 à travers le projet des "Histoires extraordinaires des enfants du poto-poto".

 

Elle a interprété pour le public d’Assalamalekoum Festival International quelques-uns de ses morceaux de son répertoire dont "Désillusion", "Zik ta race", "Toutes les femmes de ta vie". Le morceau qui a le plus retenu l’attention est "Personne", un titre composé en hommage aux personnes vivant avec le VIH/SIDA.

 

"Généralement, les artistes, lorsqu’ils font des morceaux sur le Sida, ils disent souvent : oui, protégez-vous ! Ils ne prennent jamais le rôle des personnes qui sont atteintes du VIH/SIDA. Ils oublient que cette maladie peut toucher n’importe qui et c’est super dur pour les gens atteints qui sont souvent marginalisés et mis en quarantaine. Je connais des gens qui ont vécu ce genre de situation et cela m’a fait mal. Je suis artiste, j’exprime mes sentiments, mes sensations et mes coups de gueules à travers ma musique", explique Moona, à la fin de sa prestation.

 

Comme Kontracorriente, Moona participait pour la première fois à Assalamalekoum Festival International où elle a présenté quelques morceaux de son dernier album dont l’ambiance musicale fait chevaucher Hip Hop et musique moderne, coupé-décalé et dance hall.

 

Mais, le rappeur que tout le public attendait était incontestablement La Fouine. Mohamed Kénémé, 14 ans, est là depuis 18 heures pour uniquement, dit-il, regarder, pour sa première fois, son idole, La Fouine qu’il écoute depuis à l’âge de 4 ans. Il a découvert ce rappeur français par l’entreprise de son frère, lui aussi, un fan de La Fouine. En attendant de voir son idole sur la scène, il a déjà réussi à collectionner les autographes du chanteur sénégalo-gambien Mame Balla et d’Overdoz.

 

Overdoz que tout le monde attendait également a été moins pétillant en proposant au public d’Assalamalekoum Festival International un spectacle à l’américaine où prime souvent l’exhibitionnisme. Mais, lui, s’en est défendu. "Depuis 2003-2004, je n’ai jamais fait un spectacle pareil. C’était de la folie car le public a répondu. J’ai proposé des nouveaux morceaux de mon album et j’ai amené d’autres rappeurs avec moi afin que le public mauritanien les découvre", dit-il.

 

Tout le public qui est là s’est uniquement déplacé, comme Mohamed Kénémé, pour voir La Fouine. "Je le trouve craquant. Il a réussi à mettre le rap français au goût du jour. Et ce que j’aime chez lui, c’est son côté enflammeur et passionné", confie Khadijétou Bâ, une jeune fille de 19 ans.

A 23 h, La Fouine apparait sur la scène, l’air grave à la Jack Bauer, portant un couvre-chef et caché derrière ses binocles noires. Le public acclame déjà son nom. Il se saisit du micro et déroule ses premières rimes. Le public reprend en chœur les refrains des morceaux de ce rappeur imprévisible et éclectique. A son grand plaisir !

 

Babacar Baye NDIAYE

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 17:29

Dj-Awadi.jpgS’il y’a bien un rappeur qui rêve d’une Afrique où les peuples n’attendent rien des politiques, c’est bien Dj Awadi. Toujours, égal à lui-même, ce rappeur sénégalais connu pour son engagement et son militantisme, a dévalé ses quatre vérités sur comment voudrait-il que l’Afrique soit dans les prochaines années à venir.

 

"Tant que nous utiliserons, dans certains pays, le franc CFA, nous ne serons pas indépendants. Tant qu’il y’a encore des présences militaires coloniales dans nos pays, nous ne sommes pas encore indépendants. Tant qu’on n’a pas encore assuré notre autosuffisance alimentaire, nous ne sommes pas encore indépendants. Ceci est également valable sur le plan industriel", a-t-il indiqué soulignant au passage que la célébration des 50 ans d’indépendance de la plupart des pays africains doit être un moment de réflexion et non de divertissements.

 

Dj Awadi est actuellement à Nouakchott dans le cadre de la 3ième édition d’Assalamalekoum Festival International, occasion pour lui de présenter son album "Présidents d’Afrique" sorti le 1ier avril dernier.

 

Cet album n’est un hommage aux présidents africains qui ne respectent pas la liberté d’expression, qui bafouent leur constitution, qui oppriment leur peuple ou qui s’accrochent au pouvoir.

 

"On rend hommage, dans cet album, à ceux qui le méritent, aux gens comme Thomas Sankara ou Patrice Lumbaba, aux progressistes, aux révolutionnaires, aux gens qui sont fiers d’être africains, aux gens qui sont des sources d’inspiration", a-t-il expliqué à l’occasion d’un cocktail de presse organisée ce jeudi matin au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott.

 

Le rappeur sénégalais a précisé qu’à l’antipode de cette Afrique au tableau sombre, il y’a cette Afrique qui bouge et dont la jeunesse est de plus en plus entreprenante et qui veut vivre ses rêves en citant à titre d’exemple Monza.

 

"Des jeunes comme lui font un grand travail pour rassembler les peuples et les talents. Et, nous avons le devoir de les accompagner dans toutes les actions qu’il mène. Pour moi, l’Afrique est un continent où les peuples n’attendent pas les politiques pour construire l’Unité Africaine. Ce que Monza est en train de faire est un pas vers l’unité africaine : montrer aux sénégalais, aux mauritaniens, aux nigériens, aux béninois que nous sommes un même peuple", dit-il convaincu que les artistes africains ont aussi un rôle à jouer dans l’Unité Africaine, un rêve qu’il continue toujours à caresser.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

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