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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:08

ousmane ganguéVendredi soir, Ousmane Gangué n’est pas passé inaperçu lors de son deuxième anniversaire et de son groupe, à Mauricom.  Il s’était jusque-là montré très patient et courtois. Mais, cette fois-ci, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour asséner ses quatre vérités.

Lors de son anniversaire, il a aspergé de haut en bas de belles et agréables paroles à Ahmed Ould Hamza, président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN). "Il fait tout pour la musique mauritanienne. Il est toujours là pour accompagner et appuyer les artistes. C’est lui notre ministre de la Culture. Il se déplace à toutes les manifestations", lance Ousmane Gangué, à la fin de son premier morceau qui parle de liberté.

Ce qui était parti pour se limiter à des mots de bienvenue et de remerciements se transformera en critiques, exaspération, ras-le-bol.

Il lance des piques contre le ministère de la culture, de la jeunesse et des sports pour son manque d’appui et d’accompagnement aux acteurs culturels. Après avoir durci le ton, il annonce la création de son Mouvement pour la Jeunesse Mauritanienne, ajoutant qu’il est prêt à se battre pour faire bouger les lignes.

Il revient à la charge pour dénoncer les tracasseries auxquelles sont confrontés les artistes notamment avec la police. Il expliquera que si son anniversaire s’est poursuivi au-delà de minuit, c’est parce qu’il devra payer 50.000 UM pour la prolongation de son autorisation, après avoir déjà payé. A qui ? Au commissariat de Police de Tévragh-Zéina 3, dit-on.

"Ce n’est pas normal, s’exclame-t-il. On est en Mauritanie. On n’est pas en France ni aux Etats-Unis d’Amérique. On est chez nous. Il faut que l’on sente qu’on est chez nous en Mauritanie. "

Le public répond par des cris et des ovations. Son discours devient tendu et dénonciateur. "On n’est pas des volailles. Désormais, si on n’est pas avec nous, on ne sera avec personne. On n’acceptera plus que l’on prenne par le col de la chemise comme on le fait en période électorale", fustige Ousmane Gangué.

L’anniversaire animé par DJ Paco et Kebs Thiam se poursuivra tard, avec les prestations de Bad’s Diom, Cheikh Maal, Fama Mbaye, Adviser, Seydou Sow (Le Roi du Ndjarou), RJ, Abdou Camara, Hamady Gawdel Ba, Mama Thiam, Abou Diouba Junior, Saly Laobé, Ndèye Coumba Dia.

A 40 ans, Ousmane Gangué veut donner une nouvelle dynamique à sa carrière musicale rudement mise à l’épreuve par ses choix personnels. L’heure de la rédemption semble avoir sonné pour lui.

Babacar Baye Ndiaye

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:23

Jeudi soir, lors de son concert à l’Institut Français de Mauritanie (IFM), l’incontesté Président 2la Rue Publik a réussi un retour exceptionnel sur la scène musicale. Un concert qui fera parler, à coup sûr. Reportage.

Aux premières minutes de 18 heures, l’Institut Français de Mauritanie (IFM) est assailli par des milliers de jeunes venus de Tévragh-Zéina, d’El Mina, de la Médina R, de Sebkha, de Ksar, de la Médina 3…A l’extérieur , il est difficile, notamment pour les automobilistes, de se frayer un passage sans klaxonner. De longues files d’attente décorent l’extérieur de l’IFM. Visiblement, personne n’a voulu manquer cette sortie du Président 2la Rue Publik, à l’assaut d’une nouvelle vie musicale.

Au même moment, à l’intérieur de l’IFM, l’ambiance est différente. Les premières lignes du Forum sont solidement occupées par des férus du rap et du Président 2la Rue Publik qu’ils sont venus chouchouter. La sonorisation se fait l’écho des cris de rage du rappeur Bizman et d’Enfant 2la Rue, des voix du rap mauritanien encore dans l’ombre.

Monza, pour ce concert, a décidé de mettre en avant Bizman et Enfant 2la Rue. "C’est des jeunes rappeurs que j’essaie de promouvoir. Ils ont du talent. Il est de mon devoir de les aider à s’affirmer sur la scène musicale, à s’y tailler une place de choix", explique le président 2la Rue Publik, avant sa montée sur la scène.

Pendant 30 minutes, Bizman et Enfant 2la Rue, tous deux entourés de leur gang, ont surchauffé, chacun dans son registre, le public. Après eux, le groupe Walfadjiri, qui accompagne le Président 2la Rue Publik pour les besoins de ce concert, se met en place. En attendant que Monza fasse son apparition sur la scène, les musiciens de Walfadjiri improvisent, jouent quelques notes musicales hautes en couleurs.

Ziza, le lauréat d’Assalamalekoum Découvertes 2011, crie, virevolte et gigote dans tous les sens sur la scène. Puis, subitement, tout s’arrête et s’éteint. Les choristes haussent leurs voix. Une voix transperce la nuit : c’est celle de Monza, le Président 2la Rue Publik. Il ouvre le concert par le morceau "Welcome" dans lequel il chante l’Afrique. Puis, il enchaine, sans transition, avec "Le Grand Je", une chanson plutôt personnelle.

Entre deux morceaux, le Président 2la Rue Publik fait entendre ses vérités sans y aller par quatre chemins. "Je fais partie de ceux qui aiment ce pays  dont la construction demande beaucoup d’efforts. Il y’a des gens qui ont kidnappé le pays mais ils ne peuvent pas kidnapper le drapeau, notre citoyenneté", lance-t-il.

Les morceaux se suivent mais les thématiques diffèrent. Tantôt politiques, les messages deviennent revendicatifs dans une atmosphère musicale festive, chaleureuse et entrainante. Le public répond par des trémoussements de corps et des mains en l’air. Du reggae au rap en passant par le serbatt, toutes les musiques se heurtent le plus naturellement du monde.

Monza devient casse-gueule dans "Fou pas malade"et tacle "les racontars de salade". Sa voix s’entremêle aux voix de la foule, d’Ebène et d’Assia pour revendiquer, dans Freedom, la liberté pour "tous les hommes et les femmes".

A la fin de ce morceau, Ziza prend le relais, avec "Le temps de cultiver", pour transporter le public déjà bien servi par le Président 2la Rue. Il interprète ce morceau tourné surtout vers le registre de la dénonciation. "Le temps qu’on récoltait/Il était dans son palais/Le temps qu’on cultivait/Il est venu tout contrôler", entonne-t-il.

Après le passage très remarqué de Ziza sur la scène, Monza revient pour interpréter "Boné-Boné" qui dénonce les rafles illégales de la police et "Libérez les étudiants", une chanson épistolaire adressée à Mohamed Ould Abdel Aziz.

"C’est vrai que je soutiens les étudiants mais je ne soutiens pas la violence.", précise le Président 2la Rue Publik. "C’est le moment pour les mauritaniens d’être solidaires, de ne pas se laisser influencer par des problèmes que nous ne voulons pas en Mauritanie", ajoute-t-il avant de terminer le concert par une note musicale appelant à la libération des étudiants arrêtés.

Babacar Baye Ndiaye

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 18:47

dental_orchestra_acc.jpgLe Dental Orchestra a refait son apparition le 7 février 2012 à l’Institut Français de Mauritanie (IFM). Pour un évènement, c’en était véritablement un. Depuis octobre 2007, Dental Orchestra n’était pas remonté sur la scène de l’Institut Français de Mauritanie (IFM). Entre temps aussi, beaucoup de choses ont changé dans le milieu de la musique mauritanienne.

Mais, aussi, à Dental Orchestra qui a décidé désormais de placer très haut la barre en relookant son image, sa composition et sa flore musicale.

Le Dental Orchestra a, depuis quatre ans, fait du chemin jusqu’à Atar où il s’est produit à l’Alliance Franco-mauritanienne, à Nouadhibou en 2011 pour les besoins de la Fête de la Francophonie, à la deuxième édition de la Quinzaine des Arts. Les choses s’accélèrent pour ce groupe qui peine toujours à sortir son premier album.

Dental Orchestra scrute d’autres horizons comme celui de la promotion de la culture du dialogue en Mauritanie. Il est à, cet effet, crée, sous la houlette de Babi Sarr, le Festival Culturel pour l’Unité Nationale qui en est à sa deuxième année.


Sur le plan musical, Dental Orchestra s’est transformé en intégrant en son sein de nouvelles voix du chœur en Mauritanie à l’image d’Amy Diallo et de Halsel Diop. Ce soir-là, l’éternel duo de Dental Orchestra, en l’occurrence Sédinté Diawara et Babi Sarr qui ont plus de 30 ans de carrière musicale dans les jambes, appuyé par Lamine Kane à la batterie, Mamadou Konaté à la djembé et Iba Sow à la guitare basse, a sorti tout son bagage musical.

Babacar Baye Ndiaye

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 17:22

la_case_soiree_cult_com.jpgJeudi soir, la présidente de l’AFAM Hanata Mint Sidi a réussi un coup de maître en réunissant, autour d’une culture commune, d’un côté les artistes Dabara et Thialé Arby pour le Mali et d’un autre côté Noura Mint Seymali et Saidou Nourou Gaye pour la Mauritanie.

Ces artistes ont accepté de chanter la "culture commune" qui existe entre la Mauritanie et le Mali. Du côté de l’animation, la soirée a été merveilleusement assurée par l’imposant Samba Pam et notre consoeur Awa Seydou Traoré qui affichait un charme irrésistible.

Côté spectacle, dès la première ligne, Nourou Mint Seymali, mal à l’aise avec la sonorisation, a tenté, malgré elle, de hausser le ton en interprétant successivement Mauritanie, Edenayide et Ennass, une très belle chanson qui appelle au rapprochement.

"Pourquoi l’hypocrisie, pourquoi les conflits, pourquoi les divergences/Plutôt l’unité, toutes les races/Fraternité, Liberté pour la paix", entone Noura Mint Seymali.

La chaleur musicale monte progressivement avec Saidou Nourou Gaye qui surfe sur un registre complètement décapitant. Celui-marque le ton avec ses morceaux Ade sifajimoum, Nana Paama, Wonaa yiddetaan dans un trublion de sauts de danse accompagnés de gestuels ça et là.

Entre deux morceaux, l’homme de Bagalamba (Walalde) lance à toute l’assistance : "Je voudrai saluer cette belle initiative de Hanata Mint Sidi qui vise à promouvoir la cohésion et la fraternité dans la sous-région et dans toute l’Afrique. Je prie pour que la paix s’installe partout en Afrique et dans le Monde".
A leur tour, les artistes maliens Thialé Arby, aux danses qui détonnent et Dabara qui a subjugué le public par sa voix forte ont mis le feu à la Case sous le regard admiratif de l’ambassadeur Souleymane Koné et du Président de la Commununauté Urbaine de Nouakchott (CUN) Ahmed Ould Hamza.

Cette soirée de gala a été rehaussée par la présence de Marième Daddah et d’ambassadeurs accrédités à Nouakchott tels que celui de la Gambie, du Sénégal, de la Turquie, du Soudan, de l’Afrique du sud, du Consul Honoraire de l’ambassade de la Côte d’ivoire.

Babacar Baye Ndiaye

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 20:08

on-refuse-copie-1.jpgMercredi soir, la place Diam Min Tekky, à El Mina, a refusé du monde. Des centaines de personnes en majorité des jeunes sont venus assistés au concert de lancement officiel du mouvement "On refuse".

 

Au total, 51 groupes de rap, mine de rien, ont dit oui. Presque toutes les grandes voix du rap mauritanien y étaient. Mais, aussi, le coordinateur du Mouvement "Touche pas à ma nationalité", venu témoigner son soutien au mouvement "On refuse" dont une bonne partie des membres participait aux marches et sit-in de cette coordination.

 

"Dans cette lutte que nous menons, toutes les forces sont importantes. Aujourd’hui, c’est un pacte qui est scellé entre les rappeurs mauritaniens et le Mouvement "Touche pas à ma nationalité". Ce combat de la rue est en train de devenir un combat mené par toute la jeunesse mauritanienne pour combattre ce regime de dictature, d’esclavage et de racisme", affirme Wane Abdoul Birane.

 

Bakary Bathily, qui a été pris à partie par des policiers à Kaédi lors des manifestations anti-enrôlement et qui se retrouvera sur un lit d’hôpital pendant des semaines, était aussi là pour supporter le mouvement "On refuse". Ce symbole de la contestation contre l’enrôlement a assuré que le mouvement "On refuse" est la continuité du combat du mouvement "Touche pas à ma nationalité".

 

"Les rappeurs sont conscients de la situation. Ils sont pour l’égalité et la justice que nous avons toujours défendu", a-t-il fait remarquer estimant que "les rappeurs ont leur rôle à jouer" dans l’évolution du pays. "Ils sont en train de faire petits actes mais qui sont forts à nos yeux pour interpeller la classe politique dirigeante par rapport à la souffrance des populations, à la justice et à l’égalité", a ajouté Bakary Bathily.

 

Quant aux orientations que l’on voudrait coller au mouvement "On refuse", le rappeur Omzo qui en est l’inspirateur n’a pas manqué de mettre les points sur les i. "Ce mouvement est un concept artistique. On n’appelle pas à la violence. Notre mission est de sensibiliser la jeunesse mauritanienne. Nous sommes apolitiques. Nous sommes un mouvement indépendant. Mais, nous sommes avec ceux qui luttent pour qu’il y’ait plus de justice et d’égalité entre tous les mauritaniens. On est tous dans la même pirogue. L’essentiel, c’est d’arriver. Où ? A la liberté. On a besoin d’être libres, de se sentir qu’on est dans notre propre pays", explique-t-il.

 

Le concert s’est poursuivi tard dans la soirée avec les prestations de Bad’s Diom, Force Trankil, Habobé Bassal, Minen Tèye et F. Diou de Military Underground, tous venus monter sur la scène pour exprimer haut et fort leur soif de liberté.

 

Babacar Baye Ndiaye

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 19:56

Hamady Gawdel BâEn avril 2010, Hamady Gawdel Bâ avait survolé le Festival des Musiques Traditionnelles de Kiffa en remportant haut la main le Prix de la meilleure voix avec Sabah Mint Bowba Jiddou. Alors qu’il n’a pas fini de goûter au fruit de cette victoire, il s’envole pour la Chine pour y représenter, avec d’autres artistes, la Mauritanie, à l’Exposition Universelle de Shanghai qui a accueilli plus de 70 millions visiteurs.

Depuis, il n’a cessé de prendre l’envol. A 32 ans, il sortira, à Dakar, au mois de février son premier album qui sera composé de huit titres inédits. En attendant Godot, il s’est produit, pour la 4e fois, ce 17 janvier à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) pour un concert abrasif de plus d’un tour d’horloge.

Pour cette grande voix de la musique mauritanienne, l’heure est venue d’imposer sa musique à toute la Mauritanie, à la sous-région et à l’Afrique.

 

Il compte pour y arriver s’appuyer sur la variété et la richesse de sa musique pour imposer son style de musique taillé dans les rythmiques chantantes de l’acoustique, de la musique traditionnelle et de l’afro-beat.

A l’antichambre d’une carrière internationale, Hamady Gawdel Bâ semble avoir déjà les idées solidement vissées dans sa tête par rapport à son plan de carrière musicale. "Il faut varier la musique parce que le public est hétéroclite. Un artiste doit être polyvalent et apprendre toutes sorties de mélodies de musique", explique-t-il.

Rendez-vous dans dix ans pour voir s’il a conquis la Mauritanie, l’Afrique et le Monde. On verra bien s’il a pu arpenter les voies sinueuses de la World Music à l’image de Baba Maal dont il veut catégoriquement se démarquer sur le plan musical.

Babacar Baye Ndiaye

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 03:40

lacase_acc.JPGLes dames de Nouakchott, réunies autour de l’Association Mauritanienne pour la Promotion des Femmes (AMPF), ont organisé vendredi une soirée aux allures décapantes à la Case de Nouakchott.

Seul contrecoup de dernière minute, l’absence de Loubaba Mint Meydah et de Hamady Gawdel Ba. Invités à cette soirée, les deux artistes ont fait faux bond aux organisateurs qui se sont contentés de la prestation de la grande Gawlo Boudy Coumba Thiédel et de Seydou Nourou Gaye.

Lors de cette grande nuit de la femme mauritanienne, l’argent a coulé à flots. Preuve que les dames de Nouakchott ne ressentent pas la crise financière et économique qui frappe l’humanité.

L’envoûtante Diallou Damba, qui a été la grande attraction de la soirée, a promené le public sur le doux matelas de ses chansons rappelant la grande épopée Mandingue. La soirée se terminera tard avec les rythmes endiablés des sonorités distillées par les musiciens de Diallou Damba.

Babacar Baye Ndiaye

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 03:36

ouverture.JPGLa 6e édition du Festival "Les Blues du Fleuve", initié par Baba Maal, a débuté vendredi à l’après-midi, à Podor, dans le nord du Sénégal. Comme chaque année, depuis 5 ans, cet évènement culturel et artistique accueille d’importantes délégations venues notamment de la Mauritanie, du Sénégal, du Mali et de la Guinée Conakry qui partagent l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) dont le fondement est lié à son cadre juridique. Reportage.

Six ans après l’avoir lancé, Baba Maal a fini par imposer le Festival "Les Blues du Fleuve" dans l’agenda culturel des pays de l’OMVS et de l’Afrique. Il est 17h. En cette après-midi de 2 décembre, le temps est un peu lourd. Les narines piquent. La fraicheur se fait désirer. Les abords du quai, où trônent deux imposantes tribunes, sont pris d’assaut par des dizaines de centaines de jeunes, de femmes et de personnes âgées.

Un peu partout, sur le fleuve, des drapelets aux couleurs sénégalaises, mauritaniennes, maliennes et guinéennes flottent. Comme chaque année, le quai de Podor Boubou Sall accueille le Festival «Les Blues du Festival ».

L’évènement réunit plusieurs milliers de spectateurs, de visiteurs et des dizaines d’artistes venus de la Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée Conakry et du Mali. Sur le fleuve, à quelques mètres du quai de Podor, le ferry «Bou El Mogdad», témoin de l’Histoire, imperturbable et majestueux, déroule le tapis des souvenirs d’un siècle.

Au fur et à mesure que le jour s’effiloche, les passions se déchaînent. Les cultures se mêlent et se mélangent. Le temps d’un rassemblement, on oublie nos origines et appartenances étatiques pour célébrer l’entente et la fraternité. Les tam-tams englobent les cris des chanteurs.

Dans l’eau, on aperçoit des hordes humaines, très à l’aise, pagayer. Dans les pirogues, on y voit des hommes enthousiastes et des femmes drapées dans des tenues multicolores pagayer. Le temps passe très vite. Il est 18h 23. Les festivités de la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve » viennent de démarrer.

La communauté Maure de Podor ouvre le bal. La flûte, jouée par un vieux d’une soixantaine dizaine d’années déchire le fleuve et le ciel. Les deux rives s’entremêlent puis disparaissent dans l’obscurité. Au même moment, les invités s’installent par vagues dans la tribune officielle. On y aperçoit le leader de l’Ajd/mr Ibrahima Moctar Sarr, un ami de Baba Maal, leader du Dandé Léñol.

Puis, on annonce l’arrivée de celui-ci. Les cris du public s’élancent. Les pagayeurs sont surexcités par les chants des chasseurs de crocodile. «Baba avec Baba, jusqu’à la mort», chante en chœur un groupe de jeunes. Podor, une ville culturelle, est en transe. Le Roi du Yella est sur les lieux.

«Baba : merci beaucoup ! Merci d’aimer la ville de Podor. Merci d’aimer ton pays. Merci d’avoir mis ton art au service du développement, de ta communauté, de l’Afrique. A Podor, nous sommes très fiers d’avoir un fils comme Baba Maal», s’exclame le maire de la ville de Podor Aissata Tall Sall.

Puis, Baba Maal, après avoir magnifié le travail de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) dont son Haut Commissaire parraine la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve», se prononce sur ces préoccupations culturelles, la situation politique au Sénégal, de l’Afrique. Baba Maal parle de son Festival qui a, selon lui, une vocation intégrative mais aussi de son combat pour le développement du continent africain. «La démocratie doit arriver à son apogée en Afrique», martèle Baba Maal, chaleureusement acclamé par le public.

Boomerang à Podor

Quelques heures plus tard, le quai de Podor est à nouveau assailli par des dizaines de centaines de jeunes venus des deux rives du fleuve pour assister au concert de Hip Hop. Ce sont les rappeurs de la ville de Podor qui annoncent les couleurs.

Ils seront succédés sur la scène par Bidew Bou Bess qui s’est récemment produit en Mauritanie. Et, puis, le collectif de rap «Bataillon Blindé» s’installe sur le podium. L’un des membres, Fou Malade, est un animateur du Mouvement «Y’en a marre» qui s’élève contre une 3e candidature de Me Abdoulaye Wade. Ce soir, le Hip Hop est à l’honneur de la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve». L’un des Maîtres de Cérémonie (MC) est Samba Pam, l’actuel manager du chanteur Seydou Nourou Gaye. Il s’impose sur la scène. Il est rapidement adopté par le public qui le lui rend si bien.

Il annonce RJ et ses deux complices, venus tout droit de Nouakchott. Ils se propulsent sur la scène et offrent un spectacle de haute facture. Pendant plus d’un quart d’heure, le public scande le nom de RJ. Après eux, un pion du rap sénégalais, Doug E Tee chauffe les esprits avec ces morceaux qui mêlent reggaeton, rap et sonorités traditionnelles.

Il débusque dans ses chansons les difficultés de la vie au Sénégal. Le Festival «Les Blues du Fleuve» réunit chaque année des milliers de jeunes sénégalais rudement touchés par l’absence d’emploi et la précarité. Le temps d’une soirée, le Festival «Les Blues du Fleuve » sert de tribune aux rappeurs sénégalais pour diffuser leurs messages notamment en cette période pré-électorale.

La soirée sera clôturée par Dara-J Family qui sera rejoint sur la scène par le promoteur du Festival «Les Blues du Fleuve», Baba Maal. Celui-ci leur offrira un diplôme de participation. Podor a encore une fois démontré qu’elle est une ville culturelle. Il faut qu’en dehors de RJ, la Mauritanie soit fortement représentée par Noura Mint Seymali et Verrouj Mint Dimi Abba.

Babacar Baye Ndiaye

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 02:49

verrouz.JPGLes prestations de Noura Mint Seymali et de Verrouz Mint Seymali resteront longtemps gravées dans la mémoire des milliers de spectateurs de la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve» organisé par Baba Maal. Pour rendre hommage à feue Dimi Mint Abba, une des figures de la culture mauritanienne, le leader du Dandé Léñol avait débusqué Noura et Verrouz Mint Seymali, deux nouvelles voix promettantes de la musique mauritanienne.

Au deuxième jour de la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve», la Mauritanie qui est membre de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) dirigée par Mohamed Salim Ould Merzoug un était à l’honneur.

Avant la montée sur scène de Verrouz Mint Seymali, Baba Maal raconte comment il a raconté en 1986 Dimi Mint Abba, expliquant que c’est Ibrahima Moctar Sarr, leader de l’AJD/MR, qui l’a présenté à la diva de la musique mauritanienne. Avant son décès, Dimi Mint Abba avait participé à l’enregistrement de la chanson dédiée à l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal.

Ce soir, Baba Maal s’est transformé en Disc Jokey (Dj). C’est lui, d’ailleurs, qui va annoncer sur scène Verrouz Mint Seymali. «Je vous demande d’accueillir Verrouz pour célébrer, tous ensemble, cette unité des cœurs et des âmes entre la Mauritanie et le Sénégal. Bienvenue la Mauritanie sur la scène», glisse Baba Maal qui cède le podium à Verrouz Mint Seymali, toute brillante.

Le public s’excite déjà à l’arrivée sur la scène de Verrouz Mint Seymali. Elle est ovationnée. Pendant plus de 30 mn, Verrouz Mint Seymali va électrocuter la foule en revisitant les chansons classiques de sa mère, feue Dimi Mint Abba.

Sa voix irrésistible a propulsé Baba Maal de sa chaise pour venir partager avec elle la scène et  magnifier la fraternité entre la Mauritanie et le Sénégal. Comme sa mère, Verrouz Mint Seymali dégage une voix de grâce et d’amour. Elle a montré, à cette 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve», qu’elle pouvait assumer et porter  l’héritage de sa mère.

Baba Maal s’étonne déjà : «Elle est jeune mais elle a la voix. La valeur n’attend  point le nombre des années. Lorsque sa mère est décédée, j’avais des craintes pour l’héritage de Dimi Mint Abba. Mais, là, je suis vachement rassuré», s’exclame Baba Maal, transporté par la forte voix de Verrouz Mint Seymali.

La musique mauritanienne a eu droit au chapitre à la 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve» comme à l’image de la musique sénégalaise. Après Verrouz Mint Seymali, c’était autour de Noura Mint Seymali d’enthousiasmer le public.  Les organisateurs du Festival «Les Blues du Fleuve» n’y sont pas trompés en invitant cette voix de la musique moderne mauritanienne qui est en train de creuser tranquillement, sans trompettes ni tambours, son sillon. Elle a été découverte, pour la première fois, par Baba Maal, au Festival du Sahel de Loumpoul, au Sénégal en 2010.

"C’est une grande artiste qui a beaucoup de choses à apporter à la musique mauritanienne et africaine. Elle vient d’un pays qui fait partie de la place des peuples nomades qui voyagent en amenant notre Histoire, notre culture, notre civilisation, notre connaissance pour les partager avec d’autres mondes mais aussi qui a donné naissance au grand empire du Mali et du Ghana", témoigne Baba Maal.

Noura Mint Seymali a offert au public de Podor une plongée dans le désert mauritanien en interprétant ses morceaux fouettés à base de zouk, de jazz, de reggae et de musique satinée de paroles entraînantes. Artiste de l’ouverture musicale, Noura Mint Seymali a fait chauffer les pieds des milliers de spectateurs.  La 6e édition du Festival «Les Blues du Fleuve» avait vraiment l’odeur du désert. La participation mauritanienne a été un véritable succès. Au grand plaisir de son promoteur, Baba Maal.

Babacar Baye Ndiaye

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 16:43

cloture.JPGLa 6e édition du Festival Les Blues du Fleuve s’est déroulée, à Podor, dans le nord du Sénégal, du 2 au 4 décembre 2011.

Pendant trois jours, Les Blues du Fleuve ont réuni sur la grande scène du festival Dara-J Family, Noura Mint Seymali, Bidew Bou Bess, Bataillon Blindé, Doug E Tee (un des fondateurs de Positive Black Soul), Verrouz Mint Dimi Mint Abba, Original Ngaal Poulal…

 

A leurs côtés, on trouvait des voix du Podor comme Djiby Sow, Goby Thiam, El Hadj Kane Diallo Niang (fils de feu Mbassou Niang), Abou Thiam, Djiby Sall et Ada Thiokolé.

 

La dernière soirée des Blues du Fleuve a rassemblé le Groupe Mandingue Banaya du Sénégal et Abdou Guitté Seck, une icône de la musique sénégalaise. Cet ex-membre du groupe franco-sénégalais Wock a participé avec feue Dimi Mint Abba, Baba Maal, Ma Kouyaté et Fodé Kouyaté à la chanson dédiée à l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS).

 

Comme au deuxième jour des Blues du Fleuve, Baba Maal s’est mué en Disc Jockey. Artiste engagé, il a transformé la grande scène en tribune pour diffuser ses messages notamment à l’endroit de la jeunesse, pour être leur porte-voix.

 

"Nous avons besoin d’une génération moderne enracinée mais ouverte sur l’avenir. Ce que l’on peut donner comme cadeau à la jeunesse africaine, c’est une très bonne éducation pour leur permettre de faire face aux défis du millénaire. Ce que l’on peut aussi lui donner comme cadeau, c’est l’accès aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour leur permettre de développer leur talent et leur compétence", dit-il.

 

Les spectateurs, des milliers, venus de Podor, des villages des deux rives du Fleuve Sénégal, en voitures ou en charrettes, écoutent religieusement le leader du Dandé Léňol, l’ovationnent, crient son nom.

 

Au même titre que la musique, l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) a eu, elle aussi, droit à ses hommages de la part de Baba Maal. Puisque Mohamed Salim Ould Merzoug a pris la décision de faire des artistes qui ont participé à la chanson "OMVS" des ambassadeurs de bonne volonté de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS).

 

La soirée sera clôturée par la prestation de Baba Maal et son orchestre Le Dandé Léňol pour un concert de plus d’une heure de temps. Cette année, Les Blues du Fleuve, dont on a annoncé la prochaine édition à Boghé, ont confirmé leur vocation intégrative. "Les Blues du Fleuve ont fini par convaincre les esprits les plus sceptiques", juge Issa Dial, le chargé de communication de Baba Maal et du Dandé Léňol.

 

"A l’eau l’Afrique, A l’eau le Monde"

 

La clôture de la 6e édition du Festival "Les Blues du Fleuve" s’est accompagnée par le lancement de l’initiative "A l’eau l’Afrique, A l’eau le Monde" en préparation au 6e Forum Mondial de l’Eau qui aura lieu au mois de mars à Marseille en France. Cette initiative regroupe le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, le Niger.

 

"Nous voulons que l’Afrique, au niveau mondial, ait droit au chapitre dans le domaine de l’accès à l’eau potable", explique Jean Bosco Vazié, directeur général adjoint de l’Ong "Eau Vive", porteuse de l’initiative "A l’eau l’Afrique, A l’eau le Monde".

 

"Il faut que les gens se réunissent, qu’ils discutent et se projettent dans l’avenir pour que toute la population sur cette planète Terre et plus particulièrement celle de l’Afrique puisse avoir accès à l’eau surtout à l’eau potable sans aucune peine", a appelé Baba Maal.

 

L’initiative "A l’eau l’Afrique, A l’eau le Monde" est parrainée par Baba Maal, Touré Kunda, Ousmane Sow, Gaston Kaboré, Iréne Tassembedo, Eric Orsenna qui ont accepté de soutenir la cause l’eau.

 

Babacar Baye Ndiaye pour Cridem

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Published by Babacar Baye Ndiaye dit - dans Evenements-Concerts
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